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Ils sont issus de l'historique de l'escadron de chasse 1/3 "Navarre" de 1915 à 1999 publié par l'auteur de ce site en 1999.
Cet historique a été enregistré à la Grande Bibliothèque de France - Voir cette page : https://data.bnf.fr/13740807/albin_denis/
Travaillant activement sur une seconde édition en plusieurs tomes, je mets en ligne ces chapitres pour qu'ils soient lus par les membres du GC I/4 encore parmi nous, leurs familles,
les collectionneurs ou chercheurs qui pourraient apporter leur pierre à cet édifice.
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Un grand merci à tous ceux qui pourront m'aider. Albin DENIS

Groupe de chasse 1/4 "Navarre"
Période sur P-47D Thunderbolt
en Tactical Command 1944-1945

Comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, le groupe 1/4 "Navarre est partiellement équipé de P-47D Thunderbolt, le 21 juillet 1944. Il appartient de la 4ème Escadre de chasse, en compagnie des GC 2/5 "Lafayette" et GC 2/3 "Dauphiné".

Le Republic P-47D Thunderbolt :

Le P-47D fit l'objet, aux Etats-Unis, d'une première commande, le 13 octobre 1941. En juillet 1943, un P-47D (XP-47K) fut modifié avec un arrière surbaissé et une verrière de Hawker Typhoon qui offrait une visibilité à 360°. Ces modifications furent introduites à partir du lot P-47D-25-RE à Farmingdale et du lot P-47D-26-RA d'Evansville. Avec la modification de la cellule, on augmenta la capacité des réservoirs internes. Cet appareil motorisé avec un R 2800-59 ou R 2800-63 à injection d'eau développant en régime d'urgence de combat une puissance de 2535 cv, fut aussi équipé d'une aile dite "universelle" introduite à partir du lot P-47D-20-RE, qui pouvait emporter des charges sous forme de réservoirs largables ou de bombes. Des hélices de grand diamètre à pales larges furent montées, un point d'emport renforcé fut installé en position ventrale et, à partir du lot P-47D-27-RE, une dérive dorsale fut ajoutée. Cette version fut construite à 2547 pour Farmingdale et 4632 pour Evansville. L'armée de l'air française reçut 446 exemplaires du P-47D.

Données technique du P-47D-35-RA : 585 Km/h à 1500 m, 690 km/h à 9000 m, autonomie avec réservoirs externes à 320 km/h à 3000 m : 2900 km, 4540 kg à vide, 7950 kg en charge, envergure 12,44 m, longueur 11,02 m, hauteur 4,31 m.

Côté gauche du cockpit d'un P-47D Thunderbolt - Photo collection Albin Denis source notice technique du constructeur Republic de mars 1944.

Planche de bord d'un P-47D Thunderbolt - Photo collection Albin Denis source notice technique du constructeur Republic de mars 1944.

Côté droit du cockpit d'un P-47D Thunderbolt - Photo collection Albin Denis source notice technique du constructeur Republic de mars 1944.

Planche de bord du Républic P-47D Thunderbolt du musée de l'Air et de l'espace du Bourget en février 2025 - C'est un ancien avion du GC 1/4 "Navarre", bien qu'il soit aux couleurs du GC 2/5 "La Fayette" - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo Dr. Tarik Mokhtari que je remercie pour son aide.

Missions des P-47D au sein de la 4ème EC :

D'après la note n° 146 / 5 / Cdt / 4ème escadre de chasse.

En règle générale, on peut les définir comme telles :
- missions d'attaque à la bombe et à la mitrailleuse, d'objectifs au sol.
- missions de chasse pure.

Pour de telles missions, l'avion idéal doit avoir de bonnes qualités de vol aux altitudes faibles, un bon blindage, un armement puissant, une excellente visibilité vers le bas. Le P-47D est un bon avion pour ce type de mission mais présente plusieurs défauts dont il faut tenir compte :
- une mauvaise visibilité vers le bas.
- une inertie qui est dangereuse dans les évolutions au ras du sol et en mitraillage.
- un armement inefficace contre les blindages.

Insigne de la 4ème escadre de chasse valable pour la période allant du 1er mai au 31 octobre 1944 - Entièrement équipée de P-47D Thunderbolt, elle était composée de 3 groupes de chasse à 2 escadrilles, à savoir le GC 1/4 "Navarre" (escadrilles héritières des traditions des escadrilles SPA 95 et SPA 153 de la Grande Guerre) - GC 2/3 "Dauphiné (SPA 37 / SPA 81) - GC 2/5 "La Fayette" (SPA 124 / SPA 167) - Insigne conservé par Christian Barbier , fils du Cdt Bernard Barbier - Photo Jean-Jacques Leclercq que je remercie pour son aide.

Types de missions réservées au P-47D :

1. Reconnaissance armée (avec ou sans bombes) :

- à proximité immédiate du champ de bataille, ces missions ont pour but de reconnaître une voie ou un itinéraire et attaquer tout objectif important. Le chef de patrouille ne doit pas se laisser distraire par un objectif sans importance. Les risques du fait de la Flak sont considérables. Une mission s'effectue entre 6000 et 8000 pieds qui permet une reconnaissance optimale et une élimination partielle des dangers de la Flak légère et moyenne. Si un objectif se dévoile, la patrouille attaque et ne fait qu'une seule passe après avoir signalé à son poste de contrôle l'existence de l'objectif. Les pilotes ayant les yeux rivés au sol et occupant un position tactique déplorable pour engager un combat (surprise, infériorité d'altitude, patrouille plus ou moins disloquée), on a nécessité d'employer, dans les zones fréquentées par les chasseurs ennemis, un top cover (patrouille de chasse en protection). Ce type de mission est très dangereux et le risque encouru est souvent comparable au fantassin qui monte à l'assaut. Comme il y a un gros pourcentage d'avions touchés par les tirs venant du sol, un recomplétement de 5 avions par mois est un strict nécessaire pour maintenir l'activité opérationnelle.

- sur les arrières du front, les missions ont pour but de reconnaître une zone ou un itinéraire et de harceler le trafic ennemi. Tout ce qui bouge est à attaquer . ces reconnaissances armées peuvent se faire de nuit avec des conditions météorologiques et topographiques exceptionnelles.

2. Appui direct : ces missions sont effectuées à proximité immédiate des troupes, elles nécessitent des transmissions impeccables avec les troupes au sol et de pouvoir reconnaître sans erreur possible l'objectif à attaquer. La reconnaissance de l'objectif est un problème d'exécution généralement délicat à résoudre par le chef de patrouille dans son monoplace entouré de coups de Flak. Il exige de lui d'être un excellent navigateur et de pouvoir localiser un point au sol à l'aide d'une carte au 1/100.000ème. Ce n'est pas une tâche facile avec un avion rapide, qui vire large et dont les vues vers le bas sont mauvaises. Ces missions exigent de bonnes conditions météo de plafond et de visibilité. Sur la carte au 1/100.000ème employée à cette époque, ce sont les bois qui s'identifient le plus facilement. C'est donc par rapport à eux que sont identifiés les objectifs. Les ordres sont donnés par le PC à une patrouille en alerte au sol. Les délais d'attaque sont plus long mais permettent un briefing rapide et parfois de donner une photo au chef de patrouille quand l'objectif est difficile à repérer.

3. Neutralisation de la Flak lourde : L'attaque des batteries en bombardement en piqué, dans la minute qui précède l'arrivée des bombardiers est la meilleure. Il est nécessaire d'avoir au départ la situation exacte des batteries. Il faut surtout compter pour la neutralisation sur l'effet moral du fait de la menace. On ne peut attaquer que quelques batteries parmi les plus dangereuses. Il est bon de mitrailler au cours du piqué. Le mitraillage des batteries à basse altitude est à proscrire, l'effet de neutralisation est faible et le risque du fait de la Flak légère est considérable et hors de proportion avec les résultats à espérer.

4 . Bombardement à basse altitude : Peu pratiques, elles sont employées dans les cas suivants avec des fusées à retard :

- bombardement de tunnels en s'efforçant de faire entrer les bombes par une des ouvertures.
- bombardement d'un point précis très important. Cette mission doit être exécutée par un ou deux avions de la patrouille pendant que les autres protègent et font diversion.
- bombardement par plafond bas. Une attaque de ce type ne peut se faire que par un nombre restreint d'avions passant de front.

Types de bombes employées :

- Bombe de 500 Lbs et 1000 Lbs explosives : meilleure utilisation pour couper les voies ferrées et les routes. Utilisées avec des fusées allant du très court retard au retard de quelques secondes pour le bombardement à basse altitude et au très long retard de plusieurs heures pour gêner et menacer le trafic nocturne.

Bombe GP AN.M 65A1 de 1000 Lbs (453 kg) - La charge en explosif représente 50 % du poids total - L'amorçage est assuré par une fusée d'ogive AN.M 103 et de culot AN.M 101 A1 - Les effets principaux sont le souffle et les éclats - Ce type de bombe n'était pas privilégié en raison de son poids - Dessin collection Albin Denis extrait d'un manuel de formation.

Bombe GP AN.M 64 de 500 Lbs (226 kg) - La charge en explosif représente 50 % du poids total - L'amorçage est assuré par une fusée d'ogive AN.M 103 et de culot AN.M 101 A1 - Les effets principaux sont le souffle et les éclats - C'est le type de bombe qui a été le plus utilisé par les P-47D du GC 1/4 "Navarre" - Les deux anneaux de suspension supérieurs sont utilisés par les avions américains et l'anneau unique inférieur par les avions britanniques dont les éjecteurs ne comportent q'un seul anneau de fixation - Ce type de bombe pouvait donc être utilisé par tous les chasseurs-bombardiers alliés - Dessin collection Albin Denis extrait d'un manuel de formation.

- Bombe de 250 Lbs incendiaire : contre les dépôts d'essence, de munitions, les bois et les agglomérations. Il y a intérêt à équiper un avion par flight de 4, les autres étant équipés de bombes explosives.

Bombe incendiaire AN.M 76 de 500 lbs (226 kg) - Elle est chargée d'une matière visqueuse contenant du phosphore - L'amorçage est assuré par une fusée d'ogive AN.M 103 et de culot AN.M 106 - Les deux anneaux de suspension supérieurs sont utilisés par les avions américains et l'anneau unique inférieur par les avions britanniques dont les éjecteurs ne comportent q'un seul anneau de fixation - Ce type de bombe pouvait donc être utilisé par tous les chasseurs-bombardiers alliés - Dessin collection Albin Denis extrait d'un manuel de formation.

- Bombes incendiaire au napalm : Leur lancement est effectué à très basse altitude ce qui élimine leur emploi contre les dépôts de munitions et les objectifs fortement défendus par la Flak. Ce type de munition n'a pas été utilisé par les pilotes du GC 1/4.

- Bombe à fragmentation : pour le personnel et les véhicules non blindés.

Bombe à fragmentation AN.M 81 de 260 Lbs (117 kg) - La charge en explosif représente 15 % du poids total - L'amorçage est assuré par une fusée d'ogive AN.M 103 et de culot AN.M 100A2 - Les effets recherchés sont un grand nombre d'éclats - Dessin collection Albin Denis extrait d'un manuel de formation.

Bombe à fragmentation M 82 de 90 Lbs (40 kg) - La charge en explosif représente 15 % du poids total - L'amorçage est assuré par une seule fusée d'ogive AN.M 103 - Ce type de bombe était emporté en paquetage - Les effets recherchés sont un grand nombre d'éclats - Dessin collection Albin Denis extrait d'un manuel de formation.

Les marins quittent le GC 1/4 :

La phase transitoire terminée, les pilotes de la Marine quittent le groupe pour renforcer le GC 2/6 "Roussillon".

Peintures de guerre et codes avions :

Le 24, les avions reçoivent leurs peintures de guerre : nez rouge, bandes jaunes de queue, d'ailes et gros numéros blancs de fuselage. Ces numéros vont des numéros 70 à 99.

Départ pour la Corse :

Le jour précédent, une partie du groupe s'est envolé pour la Corse. Ces éléments vont préparer le cantonnement d'Alto, au sud de Bastia. Sept C-47, accompagnés d'un B-25, seront nécessaire pour acheminer le matériel. Le 25 juillet, le 2éme échelon part à son tour avec neuf C-47. Il se compose de 45 hommes et de 3 jeep, en plus du matériel technique. L'échelon lourd part en direction d'Oran en vue de son embarquement. Il va y rester plus longtemps que prévu !

Terrain d'Alto - Folleli :

Le 27, les dix-sept P-47D du groupe partent pour Alto-Folleli et sont accompagnés d'un Douglas B-26 qui transporte les mécaniciens chargés de dépanner les avions pendant le convoyage. La traversée se déroule sans problème particulier avec une escale à Bone (au GC 3/6) puis un passage le long de la côte ouest de la Sardaigne. Le terrain du 1/4 n'étant pas encore ouvert, les avions se posent le jour même à Seraga, à 5 km au nord sur un terrain très sec et sablonneux, générant une poussière dense que les avions transforment en nuages opaques et aveuglants. Toute la côte Est n'est pratiquement qu'une longue suite de pistes aménagées par les américains à grands coups de niveleuses et de rouleaux compresseurs.

Photo aérienne du terrain d'aviation d'Alto-Folleli prise par un avion de l'institut national géographique (IGN) après guerre - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo extraite du site Géoportail que je remercie pour son aide.

Superposition des photos aériennes de l'immédiat après guerre, de 2020 et d'une carte routière actuelle réalisée par l'IGN - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photos et carte extraites du site "Géoportail" que je remercie pour son aide.

Avec le GC 2/3 "Dauphiné" :

Le soir, ils font le saut de puce et atteignent Alto où ils se joignent à soixante P-47 français et quatre-vingt-dix P-47 américains basés là. Les pilotes sont accueillis par le Cdt Bernard Barbier commandant le GC 2/3 "Dauphiné". C'est un ancien du GC I/4 qui a fait avec lui toute la campagne de France. Les servitudes s'installent prés du village de Folleli, le gros de la troupe campant prés de la rivière sur un terrain en pente. Les repas seront pris au GC 2/3. Chacun aménage son territoire comme il le peut. Le Sgc Pelletier se rappelle : "Les armuriers, y repèrent un léger replat où ils s'aménagent une tente collective confectionnée avec la demi-tente individuelle de chacun d'entre eux. Le tout repose sur un tronc d'arbre et les murs sont fait de roseaux. construiront même une digue pour relever le niveau de la rivière d'un mètre et pouvoir ainsi s’y baigner. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'au moment où il pleut, une pluie torrentielle, rageuse dont les flots dévalent la pente, minent les piquets d'amarrage. En pleine nuit, le manoir des armuriers s'écroule, la poutre maîtresse s'écroule sans trop de dégâts sur le lit où dort le malchanceux Adnet qui, enfin libéré de sa cuirasse de plâtre, vient de rejoindre la formation. La pluie présentera au moins l'avantage d'augmenter le débit de l'Alto qui coule en contre-bas. Pour pouvoir s'y plonger entièrement il a fallu que les armuriers construisent une digue qui a relevé le niveau d'un mètre environ."

Sous-officiers pilotes des groupes de chasse 2/5 "La Fayette" et 1/4 "Navarre" sur le terrain d'Alto-Folleli (Corse), le 13 août 1944 - Les deux chefs pilotes : Gouël du "La Fayette" et Liautard du "Navarre" entourés des sous-officiers pilotes de leurs groupes - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo collection Albin Denis source Lcl André Xima que je remercie pour son aide.
De gauche à droite, assis au premier rang : Ozenne (GC 2/5), Guillemard (GC 2/5), Xima (GC 1/4) avec son chien, Marchand (GC 1/4), Assenza (GC 2/5), Friot (GC 2/5), Poitevin (GC 2/5).
Second rang accroupis : Asner (GC 2/5), Meunier (GC 1/4), Guth (GC 1/4), Dubost (GC 1/4), Raoust (GC 2/5), Boursier (GC 1/4).
Debouts : Lebrun (GC 1/4), Duguet (GC 2/5), Barberis (GC 1/4), Bouthinon (GC 2/5) - Dupuy (GC 2/5), Gouël (chef pilote GC 2/5), Honorat (GC 2/5), Liautard (chef pilote GC 1/4), Hoche (GC 2/5), Farriol (GC 2/5) - Paris (GC 1/4) - Weber (GC 1/4) - Lesieur (GC 2/5).

Nomination au sein du GC 1/4 :

Le 27, le Cne Gérard de Pins passe commandant en second du GC 1/4 "Navarre" et les Ltts Auber et Fabry prennent respectivement le commandement de la 1 et de la 2.

Composition du groupe :

Etat-Major  :
Cne Maurin, commandant le groupe jusque décembre 1944 - Cne de Pins, commandant en second puis commandant du groupe à partir de décembre 1944 - Cne Goupy, commandant en second à partir de décembre 1944 - 3éme bureau (opérations) : Ltt Cavaroz jusqu’au 19 janvier 1945, Ltt Gérand du 19 au 29 janvier 1945 puis Cne Boitelet à partir du 29 janvier 1945 - 2éme bureau : Asp Doussat puis Asp Cabié - Service de santé : Ltt médecin Picamoles - Chiffres : Asp Domenech.

1ére Escadrille :
Cne Auber, commandant l’escadrille jusqu’au 1er septembre 1944 puis Cne Minot jusqu’au 30 décembre 1944 puis Cne Linteau - Pilotes : Ltt Segura - Ltt Bertin - Ltt Chappuis - Slt Collin - Slt Weber - Slt Paris - Slt Guth - Slt Boursier - Asp Duchange - Asp Criticou - Asp Desplanque - Sgc Lebrun - Sgc Casabonne - Sgc Fauville - Sgc Astier - Sgc Dubos - Sgt Seeten - Sgt Barberis - Sgt Raquin - Sgt Bouchard - Sgt Paravy - Sgt Coppin - Sgt Henri Bertin - Sgt Lecea - Sgt Vincent - Sgt Bourdon - Sgt Joubard.

2éme Escadrille :
Cne Fabry, commandant l’escadrille - Pilotes : Cne Allard - Cne Abrioux - Ltt Belleville - Ltt Gérand - Ltt Channet - Ltt Dugard - Ltt Racon - Slt Seguelas - Slt Coutray de Pradel - Slt Liautard - Slt Deshayes - Slt Meunier - Asp Decagny - Asp Menard - Asp Lete - Asp Petitpoisson - Asp Mineau - Adc Veyron - Adj Xima - Sgc Bertin - Sgc Freund - Sgc Guillemot - Sgc Marchand - Sgt Heurtaux - Sgt de la Chapelle - Sgt Allain - Sgt Pochet - Sgt Botella - Sgt Montet - Sgt Gille.

Mécanique :
Adjoint technique : Cne Garello - Officiers mécaniciens : Ltt Lacombe - Slt Schmiederer - Service électricité : Slt Robert - Asp Gillet - Approvisionnement : Ltt Schott - Mécaniciens avions : Adc Castelin - Adj Odin - Adj Pillot - Sgc Bendit - Sgc Grandmagnac - Sgc Collardey - Sgc Chauvin - Sgc Drugé - Sgc Fricker - Sgc L'Hoste - Sgc Kloepfer - Sgc Manzac - Sgc René - Sgc Thomas - Sgc Desfachelles - Sgc Linger - Sgc Réaud - Sgc Bertholet - Sgc Curan - Sgc Cougot - Sgc Joseph - Sgc Laborde - Sgt Discamps - Sgt Louis - Sgt Labrune - Sgt Toublanc - Sgt Jacquin - Sgt Bos - Cal Cazes - Cal de l'Espinay - Cal Hirbecq - Garage : Sgt Chavallier - Mécaniciens armement : Adj Gardeur - Adj Petit G. - Adj Peyron E. - Sgc Adnet - Sgc Beauvieux - Sgc Labrot - Sgc Royer - Sgc Roman - Sgc Vidal - Sgc Pelletier - Sgc Louage - Sgc Fournier - Sgt Petit E. - Sgt Stierle - Cal Schmitt - Cal Grech - Sol Cuesta - Sol Choukroun - Mécanicien artificier : Sgc Rey - Mécaniciens électriciens : Adj Mazade - Adj Peyron J. - Sgc Lamothe - Sgc Guimard - Sgt Favas - Sgt Guiffray - Sgt Simard - Sgt Sabrigues - Cal Telmon - Cal Hornus - Cal Sanchez - Sol Covo - Mécaniciens radio : Adj Adret - Adj Brouard - Sgc Hérin - Sgc Pailler - Sgc Lebretton - Sgc Boissier - Sgc Silvestre - Sgt Klein - Sgt Echarroux - Clc Brandalac - Mécaniciens équipement : Sgc Hugot - Sgc Fourquier - Sgc Lahouratate - Sgc Stocky - Sgc Lassier - Sgc Muller - Sgt Liautaud Service incendie : Adj Bascoul - Infirmerie : Clc Barbiery - Opérations : Sgt Fayes - Cal Riccio - Sol Monicci di Rocca.

Cne Philippe Maurin, commandant du GC 1/4 "Navarre" Commandant du GC 1/4 "Navarre" du 21 juin au 5 décembre 1944, a son arrivée sur le terrain d'Alto-Folleli - C'est lui qui va diriger le groupe pendant les campagnes d'Italie et de France en 1944 - Photo SHD du château de Vincennes que je remercie pour son aide.

Les patrouilles sont formées :

Cette fin 1944, six patrouilles sont formées : chacune d'elles comprend un leader, un chef de patrouille accompagnateur, un premier et un deuxième équipier. En date du 30 juillet 1944, ces patrouilles sont composées des pilotes suivant : leader - 1er équipier - CP accomp - 2éme équipier.

- Ltt Auber, Ltt Dugard, Ltt Linteau, Ltt Choppins.
- Adj Weber, Sgt Dubos, Sgc Guth, Sgt Seeten.
- Cne de Pins, Ltt Segura, Sgt Boursier, Sgt Astier.
- Ltt Fabry, Ltt Racon, Adj Meunier, Sgc Lebrun.
- Adc Liautard, Adj Xima, Ltt Allard, Sgt Barberis.
- Ltt Cavaroz, Ltt Bertin, Sgc Paris, Sgt Marchand.

et le Cne Maurin, Ltt Minot, Ltt Gérand.

Perception de 14 P-47D supplémentaires :

Le groupe percoit 14 autres P-47 qui viennent renforcer la dotation initiale. Ces avions sont directement remis par le commandement américain sur le théatre d’opérations.

Les missions en Tactical Command consistent à détruire le réseau ferré et routier de l'adversaire et à attaquer les terrains d’aviation avec mitraillage des avions au sol. Tous les trains et véhicules, en particulier les locomotives, sont straffés ou bombardés. Le but principal étant de gêner au maximum le ravitaillement des forces allemandes.

Première mission de guerre sur P-47D :

Le 30, le groupe I/4 "Navarre" effectue sa première mission d'attaque d'un pont de voie ferré en coopération avec le GC 2/3. La dotation en avions et en matériel étant incomplète, le 1/4 doit emprunter des lance-bombes aux autres groupes.

Le travail des armuriers :

Avec les missions de bombardement qui arrivent, le travail des armuriers va bien changer. L’Adc Pelletier, alors Sgc se rappelle : "Oublié la délicate synchro, la mécanique pure a presque disparu : les huit 12,7 ne réclament guère que du nettoyage et de l'approvisionnement. La présence des lance-bombes, un sous chaque aile, les apparentent à des dockers ou les forts des halles : courbé en deux pour hisser à la main une lourde charge n'est pas des plus commode. Seul l'accrochage demande un peu d'adresse, avec de l'entraînement, le problème est résolu."

Les bombes les plus utilisées étaient les GP ANM 43 de 500 Lbs (226 kg) explosives. Les GP ANM 44 de 1000 Lbs (450kg) un peu moins car réduisant l'autonomie du P-47.

" Le hissage s'effectuait à l'aide d'une sorte de civière fabriquée par un mécano atelier du groupe : deux longerons réunis par 3 arceaux. La bombe était basculée sur cette civière et celle-ci soulevée par 4 à 5 armuriers jusqu'au lance-bombe sur lequel le dernier armurier assurait l'accrochage."

 Organisation de la mécanique :

La mécanique est toujours organisée en deux niveaux :
- le 1er degré qui assure la préparation pour le vol (pleins d'essence, d'huile, munitions), les révisions moteur des 25 h et les petites réparations sur les cellules (trous facilement réparables).
- le 2éme degré effectué par la S.V.R assure la révision des moteurs 50 et 100 h et à la réparation des cellules (changement d'aile, d'empennage).

Adj Castelin, chef de mécanciens avion du GC 1/4 "Navarre" - Photo collection Albin Denis source Lcl René Freund que je remercie pour son aide.

Attaque d'un pont et d'un terrain d'aviation :

Le 31, attaque en coopération avec le 2/5 d'un pont de voie ferrée à Pizzighettone et d'un aérodrome en Italie. Les avions emportent 2 bombes de 500 Lbs et un réservoir ventral. Le Ltt Auber, chef de la 1ère Escadrille, est accompagné de trois chefs de patrouilles de la une : Ltt Linteau, Adj Weber (P-47D codé "70"), Sgc Guth. Ils font le trajet à 15.000 pieds et utilisent l'oxygène. L'objectif principal est un pont métallique. Les deux premières patrouilles attaquent tandis que la troisième couvre les environs. Dés les premières bombes tombées, la fumée et la poussière couvre l'ensemble de l'ouvrage rendant la visée des avions suivant aléatoire. Tous tirent dans le tas, développent un nuage encore plus grand qui ne permet pas de voir le résultat de cette attaque. Sur l'aérodrome, tous les avions crachent leurs projectiles et laissent deux trimoteurs en flammes et deux autres endommagés. L’attaque, bien que menée très rapidement, déclenche une riposte musclée de la Flak lourde. Deux avions seront légèrement touchés par la DCA. Retour du dispositif à 10.000 pieds.

Exemple d'un bombardement de pont en Italie en août 1944 - Bien entendu, le P-47D Thunderbolt n'emportait que deux bombes de 1000 Lbs ou de 500 lbs - Cette photo a été prise par un B-26 Marauder du GB 1/22 "Maroc" - Elle sera remplacée si je trouve une photo de largage de bombes par un P-47D du GC 1/4 "Navarre" - Photo SHD du château de Vincennes que je remercie pour son aide.

Le 1er août, plusieurs missions en coopération avec les 2/3 et 2/5. Un flight, dirigé par le Ltt Auber, attaque un carrefour de route prés du village de Fessano. Deux des équipiers font leurs premières missions de guerre. Le piqué est trop accentué et les bombes tombent au milieu du village et font sauter un entrepôt. Les équipiers tirent plus court et leurs projectiles écrasent plusieurs maisons. Au retour, straffing du terrain de Villanova. Le Ltt Auber touche deux avions au sol sans les incendier. Le straffing est une méthode d'attaque au sol en basse altitude. Les avions se placent sur une ligne et mitraillent tous les objectifs qui se présentent à eux. Les missions communes dureront jusqu'au 6 août.

Les chiens mascottes :

Le groupe adopte deux mascottes : le chien Bidule et son fils Binz.

Collision au sol :

Le P-47D 27 serial 42.26882 est réformé suite à une collision au sol avec un P-47 américain. En alignant le 882 en bout de piste avant une mission, l'avion dirigé par le Sgc Kloepfer, mécanicien avion, est percuté par un P-47 américain qui roule, la collision est inévitable et se soldera par deux P-47 à réformer. Le 882 se voit amputer d'une grosse partie du fuselage jusqu'au cockpit. Le mécanicien du 1/3 est légèrement blessé par des éclats à la tête mais ses camarades, couchés sur les ailes pour guider le Thunderbolt, sont indemnes. L'autre avion perd une aile, son hélice et le moteur.

Première mission sur la France :

Le 2, la première mission du groupe sur la France est effectuée par le flight du Cne de Pins . Le 5, le Navarre touche un Douglas A-24 (n° 560).

Douglals A-24 Dauntless (serial 42.54560) appartenant au GC 1/4 photographié sur le terrain de la Reghaïa, avant son transfert sur la Corse - Il est arrivé à Alto-Folleli, le 5 août 1944 - Photo collection Albin Denis source Adc Cougot que je remercie pour son aide.

Le 6, le GC 1/4 effectue sa première mission en solo. L'objectif est à nouveau le pont de voie ferrée de Rizzighetone (Italie) qui n'est toujours pas coupé malgré plusieurs missions. Les avions du I/4 arrivent, après un vol de 40 mn dans le mauvais temps et piquent sur le pont. Deux bombes l'encadrent sans le toucher directement, les autres n'auront pas plus de chance et le pont récalcitrant restera debout une mission de plus. En désespoir de cause, ils obtiendront 2 cuts sur la voie ferrée et sur le pont, bloquant pour un moment la circulation des trains à cet endroit. Sur le chemin du retour, les avions straffent une gare et des wagons. Au retour de la mission, collision au sol entre le P-47D-28 (codé "88" serial 42.28874) du Ltt Racon et un avion du 2/5. Les deux pilotes sont indemnes et le P-47 n° 88 sera réformé et servira pour les pièces de rechanges.

P-47D-28 serial 42.28874 codé "88" du Ltt Racon de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Cet avion a été réformé après une collision au sol avec un P-47D du GC 2/5 sur le terrain d'Alto-Folleli, le 6 août 1944 - Dessin Albin Denis.

La plupart des missions en P-47 consistent à neutraliser le réseau ferroviaire, les trains en insistant sur les locomotives et à chasser tous les véhicules des routes. Le but était de gêner au maximum le ravitaillement des troupes allemandes de l'avant et en particulier l'arrivée du carburant tant de l'armée allemande que de la Luftwaffe.

P-47D-27RA serial 42.26876 codé "86" du Cne Jacques Fabry, commandant de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" en août 1944 - Il emporte deux bombes AN-M 64 de 500 Lbs - Cet avion a été détruit, le 22 janvier 1945 - Les marquages de couleur sont réglementaires, ils sont appelés par les américains "Identification Bands" - Dessin Albin Denis.

P-47D Thunderbolt de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Le numéro d'identification au sein du groupe est repris sur la face avant du capot moteur - Le "88" identifie un avion de la 2ème escadrille - Pour rappel, la tranche de numéros d'identification allouée au 1/4 allait du n° 70 au n° 99 - Les n° 70 à 84 pour la 1ère escadrille, les n° 85 à 98 pour la 2ème escadrille, le n° 99 étant réservé au commandant de groupe, le Philippe Maurin, puis le Cne Gérard de Pins - Dessin Albin Denis

Le Sgt Seeten parachuté en Italie :

Le 8, Onze P-47 sous le commandement du Cne Fabry sont chargés de détruire un passage à niveau au nord de Carpi, au nord-ouest de Bologne (Italie). Le P-47D 27 (codé "80" serial n° 42.26877) du Sgt Seeten est endommagé. L'hélice de son avion a certainement été touchée par la bombe que l'avion venait de larguer. Le pilote saute en parachute et réussira à échapper aux allemands plusieurs mois. Le 1er décembre 1944, il sera capturé par les troupes fascistes, abattra un officier italien avant d'être tué dans l'échange de coups de feu. Son corps sera enterré au village de Cortille-di-Carpi. Une autre mission, dirigée par le Cne Maurin, assure la protection d’un dispositif de B-25 allant bombarder le pont d’Avignon.

Sgt Michel Seeten, pilote de 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Titulaire d'une victoire homologuée sur P-39N contre un Junkers Ju 88, le 3 février 1944 - Son P-47D-27 (codé "80" serial n° 42.26877) a été abattu au nord de Carpi (Italie), le 8 août 1944 - Photo collection Albin Denis.

Biographie du Sgt Michel Robert Henri Seeten - Né le 21 septembre 1920 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) - Fils de Henry Georges Seeten et Marie Derouin - Domicilié au 44, rue du Parc de la Fontaine à Pornichet - Elève du centre d’aviation populaire de Saint-Nazaire en 1937 - Breveté pilote civil 1er et 2ème degré - A étudié la mécanique des moteurs et des cellules d’avions - Assure l’entretien des neuf avions du centre et de la section d’aviation populaire - Elève du chef pilote Léon Bauriau, ex-moniteur de la patrouille d’Etampes à Salon-de-Provence - Brevet de pilote militaire n° 27.893 obtenu à l’école de La Rochelle (Charente-maritime), le 23 novembre 1939 - Pilote du GC 1/4 "Navarre" - Une victoire homologuée sur P-39N contre un Junkers Ju 88 abattu dans les environs du Cap Corbelin, le 3 février 1944 - Après avoir décollé du terrain d’Alto-Folleli, il est chargé, avec sa patrouille, de bombarder un passage à niveau dans le région de Carpi (Emilie-Romagne en Italie), le 8 août 1944 - Son P-47D-27RE codé "80" serial 42.26877 est endommagé pendant l'attaque, probablement par la bombe qui a touché l'hélice lors du largage en piqué - Il réussit à évacuer en parachute et échapper aux allemands - Ne pouvant regagner la France, il intègre un groupe de partisans "Aristide " de Cortille-di-Carpi - Il prend alors de nom de guerre de "Michele " - Le 21 novembre 1944, les maquisards de Modèle sont engagés dans une offensive contre les allemands et les troupes fascistes - Le 1er décembre 1944, alors que les partisans remporte une nouvelle victoire sur Cortille-di-Carpi, les troupes fascistes surprennent une partie des partisans logés chez l’habitant - En couvrant la fuite de deux camarades Italo Scalambra et Umberto Bisi, Seeten est arrêté - Il parvient à saisir une arme, réussit à abattre l’officier fasciste William Walter avant d’être grièvement blessé au cours des échanges de coups de feu, le 1 er décembre 1944 - Le même jour, il décède des suites de ses blessures au domicile de Malagoli Halmil, via Rossi à Cortille-di-Carpi - Chevalier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre et citation à l’ordre de l’armée aérienne, à titre posthume, du Slt Michel Seeten, en date du 6 juin 1947  - Un monument à son honneur a été inauguré à Cortille-di-Carpi (Italie) en juillet 1947 - Son corps sera rapatrié à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le 6 juillet 1948 - Sources : Mémoire des Hommes (AI 1Mi 28) - Liste des brevets militaires - Historique EC 1/3 " Navarre " - Base de données Républic P-47 Thunderbolt database - Article de Pierre Sauvage dans la revue Histoire et Mémoires n° 39 - Article Atlante Stagi nazifascite sur les faits du 1 er décembre 1944 - Revue L’aviation française - JORF - Dernière mise à jour 17 mars 2020.

* Chevalier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre et citation à l’ordre de l’armée aérienne, à titre posthume, du Slt Michel Seeten, groupe de chasse 1/4 " Navarre ", en date du 6 juin 1947 : " Pilote de chasse ayant déjà fait preuve de sa valeur en poursuivant un JU 88 de reconnaissance dans des conditions météorologiques particulièrement défavorables et en l’abattant à 100 kilomètres en mer. Faisant preuve d’un entrain extraordinaire au cours des missions lui étaient confiées, fut contraint de se parachuter en Italie occupée, le 8 septembre 1944. S’enrôlant aussitôt parmi les partisans, força leur admiration par son habileté et son courage, trouva une mort héroïque, le 1er décembre 1944 en couvrant à lui seul la retraite d’un groupe de partisans."

Attaque du port d'Impéria :

Le 9, les P-47 du groupe attaquent les docks et les bateaux dans le port d'Impéria. Malgré une Flak précise pendant l'attaque, un MV de 10.000 t est coulé par le Ltt Bertin (codé "92"). Il réussit à placer une bombe qui le coupe en deux. Le navire, désemparé, se couche. Le lendemain, le temps est très couvert et seule une mission est réalisée sur une batterie côtière italienne à Sanova. Le 11, la pluie tombe de plus en plus fort, la piste est inutilisable. De très nombreux navires sont aperçus le long de la côte sud de la Corse.

Ltt Jean Bertin - Titulaire d'une victoire homologuée sur P-39N Airacobra contre un Junkers Ju 188, le 30 mai 1944 - Coule un bateau de 10.000 t d'une bombe qui le casse en deux, dans le port d'Impéria (Italie), le 9 août 1944 - Photo collection Albin Denis.

Livraison de 13 P-47D :

Le 13, treize nouveaux P-47D alu sont affectés au groupe I/4. Dix P-47, équipés en wing tank (bidons d'ailes), décollent direction la France. Deux avions font demi-tour aprés avoir désamorcés leurs bidons d'ailes.

Attaque de la base de Salon de Provence :

Les huit avions restants attaquent la base de Salon de Provence sous la direction du Cne Maurin (codé "70"). Ce n'est pas sans une certaine émotion que les pilotes reviennent attaquer la base qui les a formée. Les Thunderbolt déboulent en piquant par patrouilles décalées sur la gauche. L'école semble détruite ou en donne l'impression et la piste d'origine a été agrandie. Les alvéoles survolées sont vides mais les chasseurs réussissent à débusquer trois Ju 88, 1 Simoun, 1 autre avion, 2 pièces de Flak légères, qui sont copieusement arrosés à la 12,7 mm. La Flak ne les lâche pas et leur envoie un barrage nourri de projectiles de tous calibres. Ils surprennent plusieurs Ju 88 dans un champ et les mitraillent, malheureusement il s'agit de leurres en bois destinés à attirer leurs feux. Le dispositif a de la casse : trois avions sont touchés. Le P-47D du Ltt Bertin (codé "73") reçoit un obus qui lui coupe la commande de direction et endommage le turbo, celui du Ltt Cavaroz porte un trou dans le plan fixe horizontal et celui du Sgc Boursier (codé "77") reçoit une balle dans le capot moteur. Ils arrivent tous à rentrer malgré leurs avaries. Le Ltt Bertin rejoint la Corse en patrouille serrée avec le Cne Maurin qui l’amène jusqu’à l’atterrissage. Le P-47D prouve ici sa solidité et sa puissance qui seront bien utiles pour les futures missions.

Le Thunderbolt laisse au Lcl Freund de bons souvenirs : "Le P-47 était un avion remarquable, puissant, très solide, qui pardonnait souvent les erreurs commises en altitude; mais vu son poids, il fallait être vigilant dans les évolutions à basse altitude. Ne pas le surcharger ! "

Sgt René Freund, pilote de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Photo collection Albin Denis source Lcl René Freund que je remercie pour son aide.

Attaque à la mitrailleuse d'un terrain d'aviation :

C'est une mission délicate étant donnée les défenses généralement affectées à ce genre d'objectif. Elle sera exécutée avec rapidité pour obtenir la surprise maximale. Chaque patrouille reçoit son objectif. Il est donné en fonction des entrées des alvéoles, de la hauteur de celles-ci, de la possibilité d'attaquer les avions plein travers (blindage minimum des avions et plus grande surface apparente), enfin le développement de la Flak. Si cela est possible, chaque pilote doit avoir préalablement étudié l'objectif à l'aide de photos verticales (entrées des alvéoles) et obliques (hauteurs des alvéoles).
Le leader amène son dispositif très ouvert à environ 10.000 pieds à 5.000 mètres du terrain et à grande vitesse. Chaque patrouille se met en place pour un virage approprié, puis attaque dans l'axe qui lui a été assigné. L'attaque est effectuée soit en piquant directement sur l'objectif en venant du soleil, soit en piquant et en se mettant en rase-mottes quelques kilomètres avant l'objectif. L'attaque se fait alors après une brève chandelle à proximité immédiate de l'objectif. Les avions au sol sont attaqués par de courtes rafales au début, même si l'objectif choisi n'est pas dans le collimateur (pour décourager la DCA), puis une longue rafale, à bonne distance, plein travers si possible. Le dégagement en rase-mottes est effectué en tirant de petites rafales sur tous les couverts suspects.

Bilan de la campagne d'Italie du 31 juillet au 5 septembre 1944 :

* 17 missions dont 7 en coopération, 125 sorties pour 265 h 15 de vol, 43,5 tonnes de bombes lancées et 1,5 tonnes larguées.

* Six avions détruits au sol et 9 endommagés, 3 ponts de Voies ferrées détruits, 4 endommagés, 29 coupures (cut) de voies ferrées, 5 locomotives détruites, 6 endommagées, 11 wagons détruits, 75 endommagés, 7 coupures (cut) de routes, 1 camion détruit, 1 camionnette détruite, 1 usine endommagée, 1 gare endommagée, 1 bâtiment industriel détruit, 1 dock endommagé, 2 casernes endommagées, 1 hangar détruit, 4 batteries d'artillerie ou de Flak détruites, 1 station de TSF endommagée, 1 bateau de 10.000 t coulé, 13 maisons détruites.

* Pertes avions : 6 avions perdus ou détruits par la Flak, 1 avion touché par la Flak avec des dégats de 2ème catégorie, 4 avions touchés par la Flak avec des dégats de 1ère catégorie.

* Pertes humaines : trois pilotes tués Sgt Seeten (+ en fin 1944), Ltt Racon et deux pilotes portés disparus : Sgt Vincent, Sgt Allain.

Arrivée de 15 P-47D supplémentaires:

Le 14, retour au "Navarre" du LV Graignic et arrivée du Ltt Soubeirat à la 2ème escadrille. Le groupe touche quinze nouveaux avions que les pilotes vont chercher à Naples. Les mécaniciens travaillent toute la nuit pour donner le maximum d'avions disponibles pour la couverture du débarquement du lendemain.

Couverture du débarquement de Provence :

Le 15 août, tous les groupes présents en Corse couvrent le débarquement de Provence. Le GC 1/4 assurera des attaques de batteries côtières et de ponts routiers prés de Rouzon. Pendant cette semaine, les P-47D vont utiliser toute la panoplie de l'arsenal américain avec des bombes de 1000 Lbs, 500 Lbs explosives, 500 Lbs et 100 Lbs incendiaires. Les premières missions de la journée avec décollage de nuit seront contrariées en raison du plafond très bas qui empêche une couverture efficace du débarquement. Les chasseurs passent à travers une pluie de bombes et dans les obus de la Flak qui ne reste pas silencieuse. Ils larguent leurs projectiles à la mer avant de rentrer, ne voulant pas bombarder au hasard comme les américains. Il faut préciser qu'à cette époque, dès que les bombes étaient armées sous l'avion par l'intervention du pilote par la traction d'une poignée, il devenait trop dangereux de se poser avec les projectiles armés sous les ailes, un choc à l'atterrissage pouvant les détacher et causer l'explosion. Seules les dernières missions de la journée verront leurs bombes de 1000 Lbs arriver à destination. L'Adc Pelletier, armurier du groupe, se rappelle des mouvements aériens incessants : "Avant l'aube, les premiers avions décollent et toute la journée ils appuient les troupes qui débarquent sur les côtes du Var : c'est une vraie noria. Vu du sol, le spectacle est fantastique, les vagues successives de bombardiers et de chasseurs alliés tissent là-haut une toile ininterrompu; ce scénario, ralenti pendant la nuit, reprend le lendemain avec le même intensité."

Le 16, lors de l'attaque d'un train vers Ligure-Cartane, le Cne Auber place deux bombes de 1000 Lbs au milieu de 4 rames de wagons, le tout explose. A Alba, ils mitraillent une locomotive à vapeur qu'ils réduisent au silence. Sur Cerra, pendant l'attaque d'un train électrique, le P-47D 27 (codé "72" serial 42.26884) du Ltt Linteau percute un poteau électrique avec un aileron. Il pourra néanmoins se poser en catastrophe à Seragia. Les jours suivants, les avions du 1/4 vont attaquer tous les objectifs qui se présentent à eux : véhicules, trains, batteries, routes, voies ferrées, batteries côtières. Le 17, pour couper la voie ferrée Marseille-Aubagne, le Cdt Arnaud, commandant la 4ème escadre, lance des bombes à long retard en tir en basse altitude. La voie est coupée à deux reprises. Le 18 commence des missions à longues distances avec bombe de 500 Lbs et bidons de voilure, soit 3 heures de vol. Les contrôleurs américains se trompent dans leurs ordres. Ils ordonnent à la mission du Cne Auber de larguer ses bombes en mer juste après avoir décollé.

Plusieurs avions touchés par la Flak :

Le 19, la mission "Posthole" (couper toutes les voies ferrées et routières à la bombe) sur la côte de Gênes à Nice puis sur la vallée du Var est mouvementée. Plusieurs avions P-47D sont touchés. Le n° 80 serial 878 du Cne Auber reçoit un obus de 37 mm dans l'aile droite entre deux 12,7 mm à la hauteur de Gallimoria. Au-dessus d'Impéria, le P-47D codé "79" serial 328 piloté par le Ltt Chappuis est touché par des projectiles qui laissent quatre trous dans son avion. Au retour, le P-47D de l'Adj Xima est endommagé : " Mon P-47 (n° 88) a été touché par un obus de 88 mm qui a traversé l'aile gauche faisant un trou grand comme la main ouverte entouré de petits trous. Comme l'impact se trouvait sensiblement à l'aplomb d'une roue, je me suis posé au retour sur la roue droite. En fin d'atterrissage, lorsque la roue a touché le sol, l'avion a fait un cheval de bois terminé hors de la piste."

Ltt Jean Pierre Chappuis, pilote de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Photo collection Albin Denis source Cne René Weber que je remercie pour son aide.

Le 20, pendant une reconnaissance armée sur Montpellier par le flight du Cne Auber, les avions surprennent une immense colonne de 200 véhicules à moteur et 100 véhicules hippomobiles. Les allemands sont en pleine retraite. C'est la curée. Les P-47 s'en donnent à cœur joie et détruisent 16 camions et en endommagent de nombreux autres malgré le plafond très bas qui rend les évolutions difficiles. En rentrant sur la Corse, ils sont pris à parti par des péniches de Flak et se pose après 3 h 40 de vol, sans perte, ni dégât. Un autre flight va attaquer les batteries côtières à Saint-Mandrier. Le P-47D de l'Adc Liautard est touché et reçoit un obus dans le plan fixe qui lui fait un trou de 40 cm de diamètre. Le jour suivant, plusieurs avions sont victimes d'ennuis de bidons de voilure (wing tank) et doivent rentrer prématurément. A proximité d'Avignon, plusieurs avions sont touchés par une Flak très dense et très précise : le P-47D du Ltt Cavaroz est touché à plusieurs reprises (cylindre déculassé, fumée blanche) et celui du Ltt Racon a deux pipes d'admission coupées par un obus sans que le moteur ne prenne feu. Du coté Italie, la 12éme Tactical Air Force donne l’ordre de bombarder la ville d'Alessandria à toutes les unités. Six avions du groupe y participent.

Identification des cibles :

Le GC 1/4 "Navarre" est revenu sur les terres de France. Ses pilotes se font un devoir de reconnaître leurs objectifs avant de les attaquer. En effet, contrairement aux américains qui tirent sur tout ce qui bouge, les Français vont à chaque fois que cela sera possible identifier leurs cibles et éviter ainsi de tirer sur des civils. Ce noble principe épargnera la vie de bien des gens, notamment lors d'une patrouille commandée par l'Adc Liautard. Ayant un doute sur les occupants d'un bus, il diffère l'attaque de ses ailiers et ordonne de ne pas tirer. Après l'arrêt du véhicule, ils aperçoivent à leur grande satisfaction des civils descendre.

Le 22, une batterie côtière de l'île de Giens est victime des attaques des huit P-47D menés par le Cne Fabry. Le 23, le dispositif commandé par le Cne Maurin remonte la voie ferrée de Grenoble à Lyon puis redescend la rive Est du Rhône. Le but de cette mission est de mitrailler tout véhicule allemand partant des Alpes vers la vallée du Rhône pour venir en renfort face aux troupes alliées avançant vers le Nord. A Pont-St-Esprit, les avions passent dans un barrage de Flak très dense. Le fleuve est barré par un mur de mitraille sur 10 km et la deuxième patrouille est littéralement encadrée par les flocons de DCA qui explosent de tous cotés. Un obus perce le bidon ventral du P-47D du Cne Auber et le fait exploser. Prévenu immédiatement par un équipier, le pilote largue ses trois bidons et peut rentrer malgré les 450 km qui lui reste à couvrir. Les avions regagnent la base après une mission de 4 h 10 mn. L'autre mission de la journée sera pour l'île de Ratonneau, devant Marseille.

Deux tués dans la même mission :

Le 25 août, toutes les forces allemandes de la région se replient et tentent d'éviter l'encerclement en remontant vers l'Est de la France. Tous les groupes se relayent pour attaquer ces troupes en retraite. La Flak est précise et puissante, le groupe 1/4 va payer le prix fort et perdre deux pilotes. Pendant l'attaque en basse altitude d'un convoi de camions entre Pierrelatte et Donzère, un violent tir de barrage se déclenche sur les deux patrouilles.

Elles se composaient comme telles :
- Patrouille guide: Cne Minot (leader), Ltt Gérand, Lcl Fanneau de la Horie (codé "99") , Ltt Soubeyrat.
- Patrouille haute : Adj Weber (leader / codé "74"), Sgt Dubos (serial 336), Ltt Linteau (codé "73"), Ltt Chappuis (codé "70").

La patrouille du Cne Minot attaque les véhicules mais est vite prise dans un déchaînement de Flak de tous types. Les camions sont détruits mais les P-47D littéralement encadrés sur 8 à 10 km d'obus de 20, 37 et 88 mm. L'autre patrouille est également prise à partie, deux avions qui volaient à moins de 100 m de haut, s'écrasent en flammes. Le P-47D du LTT Pierre Soubeirat est touché au ventre, passe sur le dos et percute à grande vitesse la berge du Rhône à Chateauneuf-du-Rhône.

Slt Pierre Soubeirat, pilote du GC 1/4 " Navarre " du 14 au 25 août 1944 - Tué au cours d'une mission dans la région de Pierrelatte et Donzère, le 25 août 1944 - La promotion 1994 de l'école de l'Air porte son nom - Photo SHD de Vincennes du château de Vincennes que je remercie pour son aide.

Biographie du Ltt Pierre Eugène Soubeirat - Né le 10 octobre 1920 à Lyon 5ème (Rhône) - Fondateur de la troupe 34ème des scouts de France à Sainte-Foy-les-Lyon - Reçu 27ème sur 198 au concours d’entrée à l’école de l’Air, le 31 août 1939 - Engagé volontaire pour huit ans au titre de l’école de l’air de Bordeaux-Mérignac, le 2 décembre 1939 - Nommé Sous-lieutenant, le 10 mars 1940 - Brevet de pilote militaire n° 30.697 obtenu à la base dépôt de Salon de Provence, le 10 mai 1940 - Rejoint le Maroc en décembre 1940 - Fondateur d’une troupe de scouts à Meknès - Brevet de pilote militaire n° 30.697 obtenu à la base dépôt de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), le 10 mai 1940 - Nommé Lieutenant en mars 1942 - Pilote du GC I/2 " Cigognes " de mars à décembre 1943 - Pilote du GC I/5 " Champagne " à Oran en février 1944 où il effectue des missions de Coastal Command - Pilote du GC 1/4 " Navarre " du 14 août 1944 au 25 août 1944 - Après avoir décollé du terrain d’Alto-Folelli (Corse) et pendant une reconnaissance armée, il est tué au cours d’une mission de destruction de camions entre Pierrelatte et Donzère, le 25 août 1944 - Volant à moins de 100 mètres de vol, son P-47D codé " 3V+J " serial 44.20473 a été touché sous le fuselage, passe sur le dos et percute à grande vitesse la berge du Rhône à Châteauneuf-du-Rhône (Drôme), au lieu dit " Chabannas " - Totalisait 430 heures de vol et plus de 50 missions de guerre -Chevalier de la Légion d’Honneur et citation à l’ordre de l’armée, à titre posthume, en date du 13 mai 1946 - Parrain de la promotion 1994 de l’école de l’Air de Salon de Provence - Sources : Mémoire des Hommes (AI 1Mi 28) - Liste des brevets militaires - Historique EC 1/3 " Navarre " - Site internet Aerostèles - Site internet Traditions Air - Site internet de l’association nationale des scouts français anciens combattants (ANSFAC) - Site internet France Crashes 39-45 - JORF - Dernière mise à jour 17 mars 2020.

* Chevalier de la Légion d’Honneur et citation à l’ordre de l’armée, à titre posthume, du Ltt Pierre Soubeirat du groupe de chasse 1/5 "Champagne", en date du 13 mai 1946 : "Jeune officier pilote de chasse de grande classe. Mort au champ d’honneur, le 25 août 1944, en mitraillant un convoi ennemi défendu par une DCA particulièrement active." L’intéressé a été cité à l’occasion de sa mort à l’ordre de l’armée aérienne avec attribution de la croix de guerre avec palme.

Celui du Lcl de la Horie est endommagé et son pilote, blessé, tente de le poser en catastrophe. Malheureusement, en fin d'atterrissage forcé, l'avion percute un mur en pierres en bordure d'une ferme prés de Malataverne et brûle avant d'exploser. Le Lcl Fanneau de la Horie, ancien commandant du GC I/4 à Dakar, avait tenu à faire une mission avec son ancien groupe. Le Cne Maurin, parti pour Oran pour débloquer l’échelon lourd et qui avait prêté son P-47D au Lcl de la Horie, perd son avion fétiche dans ce drame (codé "99" dernier numéro du groupe).

Lcl Guy Fanneau de la Horie - Trouve la mort en effectuant une mission de guerre, au sein du groupe 1/4 qu'il avait commandé à Dakar (Sénégal), le 25 août 1944 - Photo collection Albin Denis source famille Fanneau de la Horie que je remercie pour son aide.

Biographie du Lcl Guy Paul Alphonse Marie Fanneau de la Horie - Né le 24 août 1905 à Paramé-Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) - Fils de Charles Joseph François Marie Fanneau de la Horie (militaire de carrière) et de Valentine Marie Phélie Colette Brindejonc de Bermingham - Domicilié au 57, rue de la République à Senlis (Seine-et-Oise) - Engagé volontaire pour huit ans, le 1 er octobre 1924 - Elève de l’école Polytechnique en 1925 et 1926 - Classé 191ème sur 228 au concours d’entrée de l’école Polytechnique en 1925 - Classé 196ème sur 227 au concours de sortie de l’école Polytechnique en 1926 - Nommé Sous-lieutenant, le 1 er octobre 1926 - Affecté au 3ème groupe d’ouvriers d’aéronautique à Versailles, le 1er octobre 1926 - Envoyé à l’école militaire et d’application de l’aéronautique, quartier des Petites-Ecuries à Versailles (Yvelines) du 6 octobre 1926 au 24 octobre 1927 - Brevet d’observateur en avion en août 1927 - Affecté au 5ème groupe d’ouvriers d’aéronautique et détaché à l’école pratique d’aviation d’Avord, le 24 octobre 1927 - Brevet de pilote militaire n° 21.808 obtenu à l’école d’aviation militaire d’Avord, le 30 décembre 1927 - Affecté au 3ème régiment d’aviation, le 21 avril 1928 - Certificat d’aptitude au tir obtenu à l’école de tir aérien de Cazaux en 1929 - Affecté à l’aéronautique d’Indochine - Embarqué pour Haiphong en 1929 - Affecté à la 4ème escadrille d’Indochine - Retour en France en 1931 - Marié avec Mlle Madeleine Husson en octobre 1931 - Instructeur de l’école de perfectionnement de pilotage d’Etampes en 1931 - Nommé Capitaine en 1933 - Affecté comme instructeur à la direction technique du centre d’essai du matériel aéronautique (CEMA de Vélizy-Villacoublay) en janvier 1934 - A participé, aux commandes d’un Dewoitine D 500, à la tournée de présentation de 14 prototypes en France, Espagne et Portugal en octobre 1934 - Un voyage de 4800 km en 22 escales - Chevalier de la Légion d’Honneur, en date du 28 décembre 1934 - A réalisé les essais aériens des Dewoitine D 510, Potez 551 multiplace et Loire-Nieuport LN-46 en 1935 - Cette école utilise des MS 138, MS 230, Potez 25, Lioré 20, MS 225 - Elève de l’école supérieure de guerre en 1936 - Certificat d’aptitude aux fonctions de commandant d’avion à l’école supérieure de guerre aérienne en 1938 - Affecté à l’état-major de l’armée de l’air - Nommé Commandant, le 2 septembre 1939 - Commandant du GC I/4 du 13 juin 1940 à 19 mai 1941 - Passe en Afrique du Nord, aux commandes du Curtiss H-75 n° 248, le 18 juin 1940 - Officier de la Légion d’honneur, Croix de guerre avec palme et citation à l’ordre de l’armée aérienne, en date du 25 septembre 1940 - Officier chargé de l’emploi de la chasse à l’état-major en 1942 - Commandant, par intérim, du GC I/4 du 16 décembre 1942 au 1 er janvier 1943 - Nommé Lieutenant-colonel, le 25 juin 1943 - Chef d’état-major du commandement de l’air au Maroc en juillet 1943 - Affecté au dépôt 201 et détaché au Groupe de chasse 1/4 "Navarre" de la 4ème escadre de chasse, le 21 août 1944 - Désirant vérifier par lui-même, l’efficacité des attaques au sol de son groupe sur les colonnes allemandes dans la région de Donzère, il intègre un des dispositifs d’attaque du GC 1/4, le 25 août 1944 - Après avoir décollé du terrain d’Alto-Folelli (Haute-Corse), son P-47D Thunderbolt codé " 99 " du GC 1/4 "Navarre" est touché par la Flak allemande - De la Horie, blessé, tente un atterrissage forcé, mais son P-47D percute un muret en pierre en bordure de la ferme de Malataverne (Drôme) et brûle avant d’exploser - Le pilote est tué - Le P-47D codé "99" était l’avion du Cne Philippe Maurin, commandant du GC 1/4 "Navarre" - Citation à l’ordre de l’armée aérienne, en date du 22 février 1945 - Son nom a été donné à la base aérienne 110 de Creil (Oise) - Sources : Liste des brevets militaires - Mémoire des Hommes (AC 21 P 181827) - Historique EC 1/3 " Navarre " - Site internet Armée de l’air française 1939-1940 - Site Internet France Crashes 39-45 - Site internet Aerostèles - Site internet Mémorial Gen Web - Site internet Généanet - Site internet de la bibliothèque centrale de l’école Polytechnique - Revue L’Aérophile - Revue Les Ailes - Revue L’Air - Revue L’Aéro - JORF - Dernière mise à jour : 12 mars 2020.

* Chevalier de la Légion d’Honneur du Cne Guy Paul Alphonse Marie Fanneau de la Horie du centre d’essais du matériel aéronautique, en date du 28 décembre 1934 : " 9 ans de services, 2 campagnes, une blessure, 11 ans de bonifications pour services aériens. "

* Officier de la Légion d’honneur, Croix de guerre avec palme et citation à l’ordre de l’armée aérienne, du Cdt Guy Paul Alphonse Marie Fanneau de la Horie, en date du 25 septembre 1940 : " Brillant officier, chef et exécutant de classe. Après avoir combattu sur le front français à la tête de son groupe de chasse auquel il a su communiquer la foi et l’ardeur qui l’animent, vient de se signaler à nouveau lors des événements de Dakar en évitant, par son énergie personnelle et son ascendant sur sa troupe, la main mise de l’assaillant sur la base aérienne de Ouakam. A complété cette action décisive à terre par une victoire aérienne en abattant, le 25 septembre 1940, un avion de réglage adverse. "

* Citation à l’ordre de l’armée aérienne du LcL Guy Fanneau de la Horie, en date du 22 février 1945 : " Officier supérieur de la plus haute valeur. Pilote de chasse de grande classe et chef incontesté. A trouvé la mort, le 25 août 1944, au cours d’une mission particulièrement délicate, l’avion qu’il pilotait ayant été abattu par la DCA ennemie. Le lieutenant-colonel de la Horie laisse à tous ses camarades de l’armée de l’air le plus beau témoignage qu’un chef puisse donner l’exemple "

Parachutage du Sgt Vincent :

Le 27 août, pendant l'attaque d'un pont, le P-47D-22 (codé "75" serial 42.26218) du Sgt Vincent est touché au moteur par un obus de Flak au cours de la ressource suivant son bombardement. Le pilote largue la verrière, l'avion touche une rangée d'arbres et se pose finalement dans un champ de mais. Le P-47 est tombé à 30 km au sud-ouest de Turin. Le Sgt Vincent est recueilli par les partisans italiens qui lui donnent des vêtements civils et l'aident à brûler son avion. Les allemands, alertés par les flammes, n'arriveront pas à le trouver malgré la perquisition des maisons aux alentours. Un guide l'aidera à passer la frontière dans la région du Mt Viso où il sera récupéré par les FFI à Abriese et rejoindra le groupe, le 08 septembre 1944.

Le 28, escorte de soixante douze B-26 Marauder qui vont bombarder le terrain de Villafranca en Italie. Plusieurs avions sont touchés par la Flak toujours présente : le 29, le P-47D codé "71" du Ltt Bertin et les P-47D des Ltt Linteau (codé "72"), Ltt Ségura (serial 336), Sgc Dubos (codé "87"), le 30.

La mécanique toujours bloquée à Oran :

La mécanique n’est toujours pas au complet. L’échelon lourd, bloqué en Afrique, manque cruellement au Groupe. Le général d'armée aérienne Philippe Maurin se rappelle des circonstances qui l’ont amené à dégager la situation qui devenait critique : "Le problème pour le GC 1/4 est que le gros de l’échelon roulant a été envoyé à Oran où il attend un bateau pour être embarqué. En fait, il ne rejoindra le groupe qu’après le débarquement sur les côtes de France. Apprenant que l’Etat-Major de la 5éme région aérienne d’Alger avait donné l’ordre au commandant de l’échelon roulant de mettre à la disposition de l’état-major plusieurs camions, jeeps et matériels, j’ai fait un saut à Oran le 25 août pour interdire par écrit un tel prélèvement qui aurait retiré de grandes capacités au GC 1/4. Mon ordre a été exécuté et m’a valu une punition de l’état-major d’Alger. En attendant de retrouver en France cet échelon roulant, nous n’avions que quatre jeeps que j’avais fait charger par les Dakota US mis à notre disposition par l’US Tactical Air Command sous les ordres duquel nous étions passés. (12éme Tactical Air Force)."

Embarquement de la mécanique :

Le 30 août, on met en caisses l'échelon A (le lèger), la technique, les opérations et le magasin. Le tout est chargé dans 10 camions et part pour Calvi sous le commandement du Ltt Lacombe, officier mécanicien qui dirigera l'embarquement de la 4éme Escadre pour la France. La mécanique attendra jusqu'au 3 pour embarquer sur un LST américain. Ici encore, le journal de l'Adc Pelletier va nous faire partager l'émotion de la traversée : "Naviguer par gros temps sur un sabot pareil tient du film d'épouvante et la traversée parait interminable. Pendant onze heures, le bateau tangue, roule, se tortille, c'est un vrai bouchon. Quand la vague le prend de face, il se cabre et on ne voit plus que le ciel, lorsque la dite vague dépasse le milieu de la coque et s'abat dans le creux et c'est l'arrière qui sort de l'eau, les hélices en profitent pour s'ébrouer à vide : toute la masse est prise d'un tremblement furieux. Il n'y a pas grand monde à la cambuse. Ouf ! voici la côte; le bateau fonce sur la plage au fond de la baie de Ste-maxime, ouvre les portes, abat le plancher. Enfin, retour à la maison; certains s'agenouillent et embrassent le sable, les visages reflètent la joie la plus intense." L'ensemble reçoit l'ordre de s'installer dans une ferme isolée des environs de Cogolin, à l'est de St-Tropez.

Mort du Cne Auber :

Le 1er septembre, à l’Ouest de Padoue, au retour d’une mission de couverture de B-25 sur Pederoblo, les 88 mm de la Flak entrent en scène et touchent plusieurs avions. Le P-47D (serial 881) du Cne Maurin est touché par un éclat de 88 mm dans le bidon ventral et un autre traverse la verrière du Sgt Marchand et lui frôle le visage. Tous peuvent rentrer au terrain.

Mais le pire reste à venir, lors de l'attaque d'un PC de division dans la vallée de la Roya, dans le secteur de Tende, le Cne Auber, commandant la 1ére Escadrille, commence son attaque par un piqué très prononcé et prolongé plus que d'habitude. Il fait sa ressource à 3000 pieds au-dessus de l'objectif mais son P-47D-27 (codé "70" serial 42.26878) part en tonneau lent à droite en piquant. Il heurte un versant de la montagne, son bidon de fuselage se détache et prend feu. L'avion, qui s’est écrasé dans la forêt au col de Tende, explose avec son chargement de bombes. Ses ailiers pensent qu'il a été touché par des tirs de Flak de 20 mm lors de sa plongée et qu'il n'a pu redresser son avion. Celui-ci en s'écrasant laisse des débris éparpillés sur un rayon de 500 m.

Cne Jean Auber, commandant de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre - Titulaire d'une victoire homologuée sur P-39N Airacobra contre un Junkers Ju 88, le 2 février 1944 - Le 1er septembre 1944, il a été tué quand son P-47D a été touché par la Flak lors de l'attaque d'un PC de division dans la région de Tende - photo collection Albin Denis source Lcl André Xima que je remercie pour son aide.

Biographie du Cne Jean Marie Auber - Né le 23 juillet 1918 à Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine) - Elève du collège Stanislas à Paris de 1937 à 1938 - Elève de l’école de l’air de la promotion 1938 " Lieutenant-Colonel Mailloux " - Nommé Sous-lieutenant, le 2 septembre 1939 - Brevet de pilote militaire n° 28.479 obtenu à l’école de l’air de Bordeaux (Gironde), le 24 novembre 1939 - Stage d’instruction à l’école de chasse de Montpellier - Désigné pour servir en Afrique Occidentale Française (AOF) - Pilote de la 1ère escadrille du GC 1/4 et GC 1/4 " Navarre " du XX décembre 1940 au 1 er septembre 1944 - Nommé Lieutenant en septembre 1941 - Une victoire homologuée contre un Junkers Ju 88, le 2 février 1944 - A introduit au 1/4 la technique de tractage de cibles aériennes d’origine britannique - Il a effectué un stage en Egypte sur cette technique de tir en virage, beaucoup plus réaliste qu’un tir d’entrainement en ligne droite - Nommé Capitaine en juin 1944 - Commandant de la 1 ère escadrille du GC 1/4 " Navarre " du 29 juillet au 1 er septembre 1944 - Après un décollage du terrain d’Alto-Folelli, il est tué au cours d’une mission de bombardement d’un PC mobile allemand, aux commandes du P-47D-27-RE codé " 70 " serial 42.26878, le 1 er septembre 1944 - Après avoir effectué un piqué très prononcé (80°), il redresse à 3000 pieds. Son P-47D, qui vient d’être touché par la Flak, part alors en tonneau lent à droite en léger piqué et après un virage, percute la montagne avant de s’écraser en flammes et exploser sur la côte de Spegi, sur le territoire de la commune de Saint-Dalmas-de-Tende (Alpes-Maritimes) - Totalisait 920 heures de vol - 125 missions de guerre - Jean-Marie Auber repose tombe n° 41 dans la nécropole nationale de Luynes (Bouches-du-Rhône) - Des fouilles sur le site ont été entreprises dès 1989 - La base aérienne 943 de Nice-Mont-Agel porte son nom depuis le 25 septembre 1990 - Une plaque souvenir a été inaugurée par le Général Philippe Maurin, l’ancien commandant du GC ¼ " Navarre " à l’époque de la mort du Cne Auber, le 7 juillet 1992 - Parrain de la promotion 2000 de l’école de l’Air de Salon-de-Provence - Sources : Mémoire des Hommes (AI 1 Mi 28) - Liste des brevets militaires - Historique EC 1/3 " Navarre " - JORF - Site internet France Crashes 39-45 - Site Internet Aéro-ReLIC - Site internet Mémorial Gen Web - Sépultures de Guerre - Dernière mise à jour 17 mars 2020.

* Citation à l’ordre de l’armée aérienne du Ltt Jean Marie Auber du GC 1/4 " Navarre " en date du XXX : " Officier pilote de chasse de grande valeur. Le 2 février 1944, avec l'aide de son équipier, a abattu en mer un Junker 88 dans des conditions remarquables de rapidité et de maîtrise de l'exécution. Premier combat, première victoire. "

* Légion d’Honneur, Croix de guerre et citation à l’ordre de l’armée aérienne du Cne Jean Marie Auber du groupe de chasse 1/4 " Navarre " en date du XXX : " Officier de très grande valeur. Jeune commandant d’escadrille dont les vertus morales et l’esprit de devoir étaient un exemple pour tous. Mort au champ d’honneur, le 1 er septembre 1944 en bombardant un rassemblement ennemi. "

P-47D-27RA serial 42.26878 codé "70" du Cne Jean Auber, commandant de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Il est équipé de deux bidons largables de 108 gallons - Le "70", premier numéro d'identification en vigueur au sein du GC 1/4, était réservé au commandant de l'escadrille - Cet avion, touché par la Flak lors de l'attaque en piqué d'un PC de division, s'est écrasé sur la côte des Spegi, dans la forêt sur le territoire de la commune de Saint-Dalmas-de-Tende (Alpes-Maritimes), le 1er septembre 1944 - Le Cne Auber a été tué - Dessin Albin Denis

Le 2, six avions du groupe bombardent l'autoroute de Rimini-Bologne. De même, pendant une mission d'escorte de bombardiers, une méprise entre patrouilles aurait pu finir mal : des Spitfire britanniques attaquent le flight du LV Graignic. Heureusement l'incident se termine sans casse, malgré quelques rafales envoyées de part et d'autre. Le 3, nouvelle mission sur Naples, le groupe va chercher de nouveaux avions. Les pilotes reviendront avec les P-47 serial 42.75808, 42.75827 et un Douglas A-24.

Mort du Ltt Racon :

Le 4, huit P-47 effectuent une mission de diversion avec mitraillage des batteries de Flak situées sur la rive gauche du Pô, au nord de Benedetto. Cette mission est au profit de bombardiers américains chargés de détruire un pont sur le Pô. Les américains n'ont pas fourni de renseignements, ni de photos sur les positions ennemies. Après avoir croisé des B-26 Marauder qui rentraient de mission, les P-47D piquent vers le sol et continuent le vol rasant en direction de Cremone. Le Sgt Allain témoigne : "Nous tîrames quelques rafales de nos huit mitrailleuses sur des objectifs vite dépassés. Lorsque, quelques instants avant d’arriver en vue du Pô, je tournai la tête pour vérifier mon alignement, j’eus la terrible surprise de voir l’avion (codé "79" serial 328) du Ltt Racon en flammes, laissant derrière lui une épaisse traînée de fumée noire."

Le bidon d'aile gauche atteint, explose et met le feu à l'avion. Les flammes ravagent le milieu du fuselage jusqu'à la queue. Le pilote cabre pour regagner de la hauteur, largue sa verrière mais son P-47 ne le suit pas. Il part en abattée et explose en percutant le sol. Le lieutenant, qui a sauté trop bas, se tue en s'écrasant contre une maison.

Biographie du Ltt Philippe Racon - Né le 31 octobre 1917 à Caudéran (Gironde) - Elève de l’établissement catholique d’enseignement Stanislas-Massena de Nice - Classé 39ème sur 762 au concours d’entrée de l’école spéciale militaire de Sait-Cyr - Elève de l’école spéciale militaire de Sait-Cyr, à compter du 28 septembre 1939 - Engagé volontaire pour 8 ans - Nommé Sous-lieutenant, le 20 mars 1940 - Brevet de pilote militaire n° 30.847 obtenu à la base aérienne 137 de Rabat (Maroc), le 8 mai 1940 - Pilote du GC 1/4 " Navarre " du XXX au 4 septembre 1944 - Le 6 août 1944, aux commandes du P-47D-27RE serial 42-26874, en fin de course d’atterrissage sur le terrain d’Alto-Folelli (Corse), il percute le P-47D-21RE serial 42-25443 du Ltt Gauthier (GC 2/5 La Fayette) qui vient de faire un cheval de bois suite à un éclatement de pneu - Gauthier est blessé et Racon indemne - Les deux avions ont été réformés - Le 4 septembre 1944, huit P-47D du GC 1/4 " Navarre " effectuent une mission de diversion avec mitraillage des batteries de Flak, situées sur la rive gauche du Pô, au nord de Benedetto (Italie) - Cette mission est au profit des bombardiers américains chargés de détruire les ponts du Pô - Après avoir croisé les B-26 Marauder qui rentraient de mission, les P-47 plongent vers le sol pour continuer en vol rasant vers Cremone - C’est à cet instant que le P-47D codé " 79 " serial 328 de Racon est touché par un obus de Flak - Le bidon d’aile gauche explose, embrasant le fuselage jusqu’à la queue - Le pilote cabre pour gagner un peu d’altitude, largue sa verrière et saute en parachute - Son avion part en abattée et explose en percutant le sol - Racon, qui a sauté trop bas, se tue en percutant une maison de la commune de Benedetto (Italie) - Sources : Mémoire des Hommes (AI 1Mi 28) - Liste des brevets militaires - Historique de l’EC 1/3 " Navarre " - Site internet France Crashes 39-45 - Site internet Mémorial Gen Web - JORF - Dernière mise à jour 8 avril 2020.

* Croix de guerre avec palme et citation à l'ordre de l'armée aérienne du Ltt Philippe Racon du GC 1/4 "Navarre", en date du 1er octobre 1948 : "Officier de grande valeur. Pilote de chasse très confirmé. Mort au champ d'honneur, le 4 septembre 1944 en mitraillant des batteries de DCA ennemies particulièrement actives."

Parachutage du Sgt Allain :

Au même instant, le P-47D (serial 271) du Sgt Allain est touché au moteur. "J’entendis une violente explosion semblant provenir de l’avant de mon appareil et une partie de mes instruments de bord devint hors d’usage. Presque immédiatement, une épaisse fumée envahit l’intérieur de l’habitacle. Tout d’abord, je pensais au feu. Après avoir largué les réservoirs supplémentaires, je cabrais afin de gagner de l’altitude en poussant mon moteur au maximum. Pendant la montée, la fumée se dissipa. Je repris espoir, lorsque, subitement, mon moteur cessa complètement de fonctionner. L’altimètre indiquait alors 700 pieds. La vitesse diminuait, la région était parsemée d’habitations, je pris la décision de me parachuter. Utilisant ce qui me restait de vitesse, je passai sur le dos en débouclant mes bretelles de sécurité. Puis je tentais de me dégager. Ce fut d’abord impossible : mon appareil s’engagea dans un piqué et la force centrifuge me cloua au siège. A ce moment, je me crus perdu. J’eus la sensation que tout était fini pour moi. Malgré tout, je repris le manche que je poussai de toutes mes forces vers l’avant. Cette manœuvre avait pour but de me dégager : elle réussit. Je me trouvai bientôt dans le vide. Je portai la main vers la poignée de mon parachute et tirai. Un temps s’écoula, puis je ressentis un léger choc suivi d’un second très violent. Mon parachute venait de s’ouvrir et je venais de rentrer en contact avec le sol. Je tombai à quelques mètres des débris de mon appareil. Deux mille litres d’essence brûlaient et les munitions explosaient.’

Les deux avions sont tombés à moins de 2 km l'un de l'autre. Le pilote se cache dans un bosquet et récupère lentement de son évacuation mouvementée. Les forces de l’Axe pourtant très près, ne le découvriront pas. Il est pris en charge par les partisans et caché. Après avoir passé 6 mois en zone adverse, il rejoint les lignes américaines du Mont Cimone. Il retrouvera le groupe, le 17 mars 1945.

Sgt Jacques Allain, pilote de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Son P-47D serial ..271 est abattu par la Flak en Italie, le 4 septembre 1944 - Aidé par des maquisards, il rejoindra les lignes américaines et reprendra sa place, le 17 mars 1945 - Cette photo prise devant le P-47D serial 44.20695 codé 3U + Q baptisé "Ltt de Castries" date de 1945 - Photo collection Albin Denis source Lcl Jacques Allain que je remercie pour son aide.

Le Ltt Minot, commandant de la Une :

Le 5, le P-47D du Ltt Minot est touché par la Flak, dans la région de Piastre. Volant à 17000 pieds, il largue son bidon ventral et constate que son moteur s'arrête. Il réussit à rejoindre les lignes alliées et à se poser à Rosignario Marittimo sur un terrain américain. Comme il allait sauter après avoir largué sa verrière, il constate que son moteur repart à 5000 pieds mais en donnant un régime bien insuffisant. En se traînant, il arrive à se jeter sur le terrain américain. Il ramènera son avion en Alto sans verrière accompagné du A-24 venu le chercher. Le Cne Minot prend le commandement de la 1ére Escadrille.

Terrain d'Ambérieu-en-Bugey :

Le 6, ordre de départ pour Ambérieu-en-Bugey. Le GC 1/4 refait ses bagages et prépare ce nouveau transfert. Il reçoit un P-47 Razorback déclassé pour l'entraînement. Il est affecté à la Une et facilement reconnaissable par sa queue entièrement peinte en rouge. Le lendemain, départ des avions en deux groupes, le premier se pose à St-Raphael et l'autre au Vallon. En effet, le terrain d'Ambérieu-en-Bugey n'est pas totalement déminé et encore dépourvu d'installations pour le ravitaillement en carburant.

En mouvement vers le terrain d'Ambérieu-en-Bugey qui n'est pas totalement sûr, les P-47D du GC 1/4 "Navarre" se divisent en deux groupes, l'un faisant escale à St-Raphael et l'autre au Valon, une piste annexe d'Istres où ils atterrissent le 7 pour repartir pour Ambérieu, le lendemain - Cette photo montre un des P-47D au ravitaillement sur le terrain du Vallon, le 7 septembre 1944 - Le tracteur chenillé d'aviation américain, au premier plan, est un Cleveland Tractor Co M 2 Chetrac - L'autre véhicule est un camion citerne 6 X 6 de 2,5 t américain - Photo collection Albin Denis source Ltt Edmond Gilles que je remercie pour son aide.

Photo verticale du terrain d'aviation d'Ambérieu-en-Bugey, le 24 août 1945 - En 1939 et 1940, on trouvait sur ce terrain l'usine appartenant à la société nationale de constructions aéronautiques du Sud-Est (SNCASE) où étaient assemblés les Lioré et Oliver LeO 451 - Cette zone est située en bas à droite du cliché - La piste en herbe faisait 1.600 x 1.050 mètres - La piste en béton et les zones de dispersion ont été construites par les Américains en 1944 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo site "Remonter le temps" de l'Institut Géographique National.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Liste des pilotes et de leurs avions :

Liste des pilotes qui effectuent ce transfert : Cne Maurin (P-47 codé "99" serial 42.28305), Cne Minot (code "71" serial 42.26873), Cne De Pins (code "70" serial 42.26881), Cne Fabry (code "86" serial 42.26876), LV Graignic (code "72" serial 42.26884), Ltt Bertin (code "74" serial ….271), LTT Segura (code "79" serial ….328), Ltt Allard (code "97"), Ltt Gerand (code "93" serial 44.28340), Ltt Caravoz (code "88" serial 42.28874), Ltt Dubos (serial 42.28352), Ltt Linteau (code "73" serial 42.26872), Ltt Dugard (code "90" serial 42.26870), Ltt Chappuis (code "82"), Slt Astier (serial 42.28957), Slt Collin (code "80" serial 42.26520), Adj Weber (code "77" serial 42.26871), Aaj Meunier (code "89" serial 42.26897), Sgc Paris (code "76" serial ….347), Sgc Boursier (code "78" serial 42.26522), Sgc Lebrun (code "91" serial 44.20025), Sgt Barberis (code "95" serial 42.28330), Sgt Marchand (code "96"). L'Adc Liautard (code "87" serial 42.26517) rejoindra plus tard.

Pilotes de la 1ère escadrille photographiés dans le village de la Championnière en septembre 1944 - De gauche à droite : Sgt Vincent, Sgc Fauville, Sgt Bouchard - D'abord disparu, le 27 août, le Sgt Vincent rentre au 1/4, le 8 septembre - Trouve la mort au cours d'une mission de Straffing, au nord-est de Cernay, le 17 décembre 1944 - L'Adj Bouchard, toujours pilote du "Navarre" a été tué en Indochine, après que son Spitfire Mk IX ait été touché par la DCA Vietminh, le 11 septembre 1949 - Photo collection Albin Denis source Lcl René Freund que je remercie pour son aide.

P-47D-28 codé "88" du Ltt Cavaroz de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain d'Ambérieu-en-Bugey en septembre 1944 - Cet avion a remplacé le 42.28847 codé "88" détruit à l'atterrissage sur le terrain d'Alto-Folleli, le 6 août 1944 - Photo collection Albin Denis source Lcl André Xima que je remercie pour son aide.

P-47D serial 42.26520 codé "80" du Slt Collin de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain d'Ambérieu-en Bugey en novembre 1944 - Cet avion a remplacé le 42.26877 codé "80" abattu avec le Sgt Seeten en Italie, le 8 août 1944 - Ses marquages sont représentatifs des P-47D du groupe - Photo collection Albin Denis source Lcl René Freund que je remercie pour son aide.

P-47D-25RA serial 42.26520 codé "80" du Slt Gilles Collin de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre sur le terrain d'Ambérieu-en-Bugey en novembre 1944 - Son chargement est composé de deux bombes AN.M 64 de 500 Lbs - Dessin Albin Denis.

Adj René Weber, pilote de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Trois victoires pendant la seconde guerre mondiale, deux au GC I/2 et une au GC 1/4 sur P-39N Airacobra - Photo ECPA / SIRPA du fort d'Ivry que je remercie pour son aide.

P-47D serial 42.26871 codé "77" de l'Adj Weber de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain d'Ambérieu-en-Bugey en novembre 1944 - Photo collection Albin Denis source Adc Paul Desfachelles que je remercie pour son aide.

Arrivée de l'échelon lourd :

L’échelon lourd, enfin arrivé en France, reçoit l’ordre de mouvement et commence sa remontée vers Ambérieu-en-Bugey. La mécanique est pour la première fois depuis bien longtemps au grand complet. Le 8, les avions du "Navarre" se posent à Ambérieu-en-Bugey. Le terrain et la base n'offrent pas un visage souriant : la piste boueuse, les bâtiments saccagés systématiquement par l'adversaire en retraite. Les hommes sont logés au village de la Championnière où chacun s'installe où il peut et dans les meilleures conditions possibles. Quelques heureux sont hébergés dans des chambres réquisitionnées, les autres rouvrent leur lit de camp dans des granges propres où il fait chaud. Les deux escadrilles réinstallent leur popote et rivalisent de talent pour les installer et les décorer. Plusieurs dessins et peintures seront réalisées par l'Adj Xima, l'artiste du groupe.

Adj André Xima, pilote de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" - En plus d'être pilote, Xima était l'artiste caricaturiste du groupe - Photo collection Albin Denis sources Lcl René Freund que je remercie pour son aide.

Bar de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre à Ambérieu-en-Bugey - De gauche à droite et derrière le bar : X, Sgc Curan - Devant le bar : Sgc Bertin, Sgt Boursier, Sgc Marchand et deux reporters de la presse écrite - Il a été décoré par l'Adj André Xima qui a également peint celui de Dôle-Tavaux - Photo SIRPA / ECPA du fort d'Ivry que je remercie pour son aide.

Ils sont accueillis par la mécanique qui est arrivée en C-47 dans l'après-midi. Ils sont suivis par les deux A-24 Dauntless (n° 560 et 561) du groupe qui arrivent directement d'Alto. A l'atterrissage, le P-47D (serial 873) du Ltt Linteau se fait raboter un bout d'aile par un autre avion.

Second Douglals A-24 Dauntless (serial 42.54561) appartenant au GC 1/4 photographié sur le terrain d'Ambérieu-en-Bugey en septembre 1944 - Photo collection Albin Denis source Adc Georges Fourquier que je remercie pour son aide.

L'échelon roulant en remontant de Cogolin sur Ambérieu n'a croisé que des colonnes allemandes détruites, la désolation et partout une population française qui crie sa joie d'être enfin libre. Avec l'arrivée sur ce nouveau terrain, va commencer des missions sur l'Alsace et la Lorraine. Le GC 1/4 va attaquer tous les objectifs qui en valent le coup : trains, wagons, gares, péniches, véhicules.

Bar de la 2ème escadrille à la Championnière - Assis à la table, où trône la radio, l'Adc Henri Liautard, chef pilote du groupe de chasse 1/4 "Navarre" - Photo collection Albin Denis source adjudant-chef Adrien Pelletier que je remercie pour son aide.

Les mécaniciens étaient logés dans le village de la Championnière, près du terrain d'Ambérieu-en-Bugey en septembre 1944 - De gauche à droite : Sgt Euller, Sgc Stocky, Sgc Hérins, Sgt Boissier, Sgt Echaroux, Sgt Sylvestre - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo collection Albin Denis source commandant Luien Stocky que je remercie pour son aide.

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Le P-47D du LV Graignic abattu :

Le 9, au cours d'une reconnaissance armée sur les Vosges et l'Alasce et pendant un mitraillage de bateau sur le Rhin, le P-47D-28 (code "91" serial n° 44.20025) du LV Graignic est touché au moteur. Il dégage flammes et fumées par l'échappement du turbo compresseur. Son pilote largue immédiatement ses bidons et tente un atterrissage forcé dans un champ à 23 km de Strasbourg. L'avion capote et prends feu, le moteur arraché tombe à 30 m. Heureusement, l'officier a eu le temps de quitter son Thunderbolt avant qu'il ne s'embrase. Il est recueilli par des paysans alsaciens qui l'aident à rejoindre la Suisse et reviendra au 1/4, le 18 novembre 1944.

Mort du Sgt Le Brun :

Le 10 septembre, au retour de la reconnaissance armée sur l'Alsace et les Vosges et en sortant d'un barrage de Flak, le moteur du P-47D-27 (serial n° 42.26883) du Sgc Le Brun peine, a des ratées qui vont en s'amplifiant pour finalement s'arrêter complètement à 10 km du terrain. L'avion part en léger piqué puis bascule sur le coté. Le pilote saute et heurte de la tête, l'empennage. Inanimé, il ne peut ouvrir son parachute et s'écrase au sol, près du terrain d’Ambérieu-en-Bugey.

Sgt Maurice Lebrun, pilote de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Tué, au retour d'une mission sur l'Alsace, quand il évacue son avion en perdition près d'Ambérieu, le 10 septembre 1944 - Photo collection Albin Denis source Lcl André Xima que je remercie pour son aide.

Biographie du Sgt Maurice Jean Joseph Le Brun - Né le 3 novembre 1919 à Vannes (Morbihan) - Brevet de pilote militaire n° 27.024 obtenu à l’école d’Angers (Maine-et-Loire), le 8 mai 1939 - Pilote du GC 1/4 "Navarre" - Le 10 septembre 1944, au retour d’une reconnaissance armée sur l’Alsace et les Vosges, et en sortant d’un barrage de Flak, le moteur du P-47D-27 serial 42.26883 a des ratés qui vont en s’amplifiant pour finalement s’arrêter à 10 km du terrain - L’avion part en léger piqué, puis bascule sur le côté. Le pilote saute mais heurte de la tête l’empennage - Inanimé, il est dans l’incapacité d’ouvrir son parachute et s’écrase au sol, sur le territoire de la commune d’Ambronay (Ain), non loin du terrain d’Ambérieu - Sources : Mémoire des Hommes (AC 21 P 73152) - Liste des brevets militaires - Historique EC 1/3 " Navarre " - Site internet France Crashes 39-45 - Dernière mise à jour 17 mars 2020.

Accident de l'Adc Liautard :

Le même jour, n'ayant plus de moteur en Corse et après plusieurs points fixes au sol, l'Adc Liautard tente de ramener le P-47D-25 (code "87" serial 42.26517) dont le moteur régule jusqu'à Ambérieu où on pourra changer le Pratt & Whitney. Malheureusement, le moteur grippe dés le décollage d'Alto. Le pilote voyant la catastrophe arriver, rentre le train, largue les bidons de voilure, ferme l'essence et coupe le contact pour poser son avion sur le ventre en bout de piste. N'ayant pas pris assez de hauteur, le P-47D s'écrase sur ses bidons qui n'ont pas eu le temps de s'éloigner suffisamment. Le feu prend instantanément à l'arrière et embrase l'avion dés son arrêt.

L'aviateur saute sur l'aile gauche et s'éloigne très rapidement. Il est indemne car prévoyant un peu l'accident qu'il allait avoir, il s'était équipé en conséquence : cagoule, casque, lunettes, gants, ceintures bien serrées et surtout services de sécurités prévenus et en place. D'ailleurs, les pompiers américains stoppent rapidement le sinistre. L'avion réparé, reviendra au 1/4 à peine 10 jours après son accident. L'après-midi même, l'Adc Liautard ramènera un autre P-47D (serial 830) du GC 2/3 de Bastia, à Ambérieu.

Adc Henri Liautard, chef pilote du GC 1/4 "Navarre" et lui-même affecté à la 2ème escadrille - Ce pilote s'est illustré pendant la campagne de 1940 au sein du GC I/8, où il a remporté 4 victoires homologuées - Photo collection Albin Denis source Adc Paul Fricker que je remercie pour son aide.

Mort du Cdt Arnaud, cdmt de la 4ème EC :

Le 12, lors une reconnaissance armée sur l'Alsace et au retour d'une attaque de train entre Montreux-Vieux et Dannemarie, les quatre P-47D du GC 2/3 menés par le Cdt Arnaud (commandant de la 4ème escadre) sont pris à partie par une Flak dense et étendue. L'avion du chef de patrouille est touché au ventre. Le feu prend aussitôt et s'étend à la queue. Le Cdt Arnaud vire à gauche pour essayer de sortir de la DCA qui l'encadre et n'y parvient pas. A 50 m d'altitude, son P-47D-25 (code "78" serial 42.26522) pique, percute le sol et explose sur le territoire de la commune de Roppe, près de Belfort. Malheureusement, juste avant l'attaque, le chef de la 4éme escadre, en panne radio, avait passé le commandement du dispositif au Cdt Menu (GC 2/3). Ses ailiers n'ont pu lui signaler ses avaries et peut-être le sauver.

Biographie du Cdt Henri Antoine Jean Arnaud - Né le 24 août 1907 à Paris 3ème (75) - Classé 338ème sur 455 au concours d'entrée de l'école Centrale des arts et manufactures, le 30 août 1925 - Classé 109ème sur 205 au concours d'admission à l'école centrale des arts et manufactures, le 27 août 1927 - Ingénieur de l'Ecole Centrale des arts et manufactures - Classe 1927 - Recrutement du 6ème bureau de la Seine (Paris) - Entré dans l'aéronautique militaire en juin 1930 - Brevet de pilote militaire n° 23.177 obtenu à l'école d'aviation Morane, le 26 septembre 1930 - Nommé Sous-lieutenant de réserve d'aéronautique, le 16 octobre 1930 - Affecté au 3ème groupe d'ouvriers d'aéronautique - Nommé Lieutenant, le 16 octobre 1932 - Suit les cours de perfectionnement de l'école d'acrobatie d'Etampes - Nommé Capitaine en 1938 - Commandant de l'escadrille d'instruction au pilotage de Salon-de-Provence en juin 1939 - Victime d'un grave accident qui lui interdit de prendre part à la campagne de France de 1940 - Replié sur Pau puis en Afrique du Nord - Commandant de la 3ème escadrille (traditions de la N 124 "La Fayette" de la Grande Guerre) du GC II/5 d'octobre 1940 à juin 1941 - Chevalier de la Légion d'Honneur, le 20 décembre 1940 - Commandant du GC 2/5 "La Fayette" de juillet 1943 à février 1944 - Commandant de la 4ème escadre de chasse du 13 juin 1944 au 12 septembre 1944 - A participé aux campagnes de l'île d'Elbe, de Corse, d'Italie et de France - A reçu les félicitations du Gal de Lattre de Tassigny pour l'action de la 4ème escadre pendant la conquête de l'Ile d'Elbe - A effectué 200 missions de guerre - Tué au retour d'une mission de mitraillage de trains entre Montreux-Vieux et Dannemarie, le 12 septembre 1944 - Son P-47D-25-RE codé "78" serial 42.26522 a été touché par la Flak, le pilote a sauté en parachute, mais à une altitude beaucoup trop basse - Son parachute n'a pas eu le temps de s'ouvrir et il a été tué en percutant le sol près de la forêt sur le territoire de la commune de Roppe (Belfort) - Son corps a d'abord été enterré dans le cimetière du village de Roppe - Henri Arnaud repose caveau 14 dans la Mémorial Mont-Valérien (Suresnes) depuis le 10 novembre 1945 - Son nom a été donné à la 3ème escadron d'instruction du vol de l'école de chasse de Meknès, puis de Tours - Sources : Site Internet "Mémoire des Hommes" (cote Ai 1Mi 28) - Liste des brevets militaires - Journal de marche de la 4ème escadre de chasse - Site internet "Traditions des escadrilles de l'armée de l'air" d'Henri Guyot - Site internet "France Crashes 39-45" - Site internet "Aérostèles" - Site Internet "Gallica" de la Grande Bibliothèque de France - Revue "Aviation Magazine" - Revue "Les Ailes" - Journal "Combat" - Bulletin municipal officiel de la ville de Paris - JORF - Dernière mise à jour : 16 mai 2020.

Pilotes du GC 1/4 "Navarre" en septembre 1944 :

Etat-major : Cne Maurin, commandant le GC 1/4 - Cne de Pins, commandant en second - LTT Caravoz, opérations.

1ére Escadrille : Cne Minot, commandant l’escadrille - Pilotes : Ltt Linteau - Ltt Ségura - Ltt Bertin - Ltt Chappuis - Slt Collin - Adj Weber - Sgc Paris - Sgc Guth - Sgc Bertin - Sgc Fauville - Sgt Astier - Sgt Dubos - Sgt Raquin - Sgt Bouchard.

2ème Escadrille : Cne Fabry, commandant l’escadrille - Pilotes : Ltt Allard - Ltt Gerand - Ltt Charret - Ltt Dugard - Slt Seguelas - Adc Liautard - Adj Xima - Adj Maunier - Sgc Casabonne - Sgc Freund - Sgt Bourdon - Sgt Barberis - Sgt Marchand.

Mort du Sgt Boudon :

En cette période, les pluies incessantes ne permettent pas le décollage en pleine charge avec bombes et bidons. Seules les vols d'entraînement à vide sont possibles. Le 21 septembre, après une mission d'entraînement au bombardement en piqué, le P-47D-15 (serial n° 42.75808) piloté par le Sgc Boudon s'écrase en rentrant au terrain. Le pilote sort le train, les volets à 50 mètres d'altitude et vire brusquement à gauche pour éviter un rideau d'arbres. Son avion décroche par l'aile droite, percute le sol et s'embrase. Bourdon est tué sur le coup.

Sgc Robert Alexandre Jean Antoine André Boudon - Né le 18 août 1919 à Domeyrat (Haute-Loire) - Brevet de pilote militaire n° 27.660 obtenu à l’école de Royan (Charente-maritime), le 6 septembre 1939 - Pilote du GC 1/4 " Navarre " du XXX au 21 septembre 1944 - Le 21 septembre 1944, au retour d’une mission d’entrainement au bombardement en piqué et en approche du terrain, aux commandes du P-47D-15-RE serial 42.75808, il annonce à son chef de patrouille qu’il ne peut suivre - Il sort le train et les volets à 50 mètres d’altitude, fait un court palier à 30 mètres, reprend sa descente, avant de virer brusquement à gauche pour éviter une haie de peupliers - Le P-47D exécute alors un tonneau déclenché complet, percute le sol presque en ligne de vol - La queue touche en premier et se replie entièrement - Quelques secondes après l’impact, le réservoir principal s’embrase, transmet le feu à tout l’appareil et aux munitions d’ailes - Le pilote a été tué par l’incendie de son appareil - Le P-47D s’est écrasé sur le territoire de la commune de Château-Gaillard, à 1,5 km à l’ouest d’Ambérieu-en-Bugey (Ain) - Robert Boudon a été inhumé initialement dans le cimetière d’Ambérieu (Ain) - Sources : Mémoire des Hommes (AC 21 P 29070) - Liste des brevets militaires - Historique EC 1/3 " Navarre " - Site internet France Crashes 39-45 - Dernière mise à jour 18 mars 2020.

L'échelon lourd bloqué à Marseille :

Le 22, le 12ème Tactical command et les P-47 américains quittent Ambérieu-en-Bugey pour Dôle-Tavaux. La piste principale, malgré les plaques PSP, ne permet plus l'envol des P-47 lourdement chargés. Elle doit faire l'objet de réparations et les avions vont être provisoirement basés à Lyon-Bron. La météo est exécrable et il pleuvra tous les jours jusqu'au début octobre. L'échelon lourd arrive enfin à Fréjus, les Ltn Hawkins et Asp Doussat, accompagnés des premiers éléments de l'échelon roulant ne rejoindront Ambérieu que le 29 septembre, soit plus de deux mois de retard sur les avions. Le matériel lourd de la mécanique est encore bloqué à Marseille. Le 28, perception du P-47D 28 (serial 44.19673) qui est affecté à la 2.

Photo verticale de la base aérienne de Lyon-Bron, le 25 août 1945 - A gauche, le fort Séré de Rivières de Bron qui servait de casernement et au centre, la base aérienne 105 de Lyon-Bron - Son terrain, en surface gazonnée tout temps sur sol sablonneux, fait alors 1.830 x 1.510 mètres après des travaux allemands de la limite Est et l'angle Sud-Est réalisées en 1943 - La zone a été bombardée par les Américains à deux reprises. D'abord par 240 B-17G Flying Fortress, le 30 avril 1944, la plupart des hangars, des ateliers ont été détruits, ainsi que 26 avions au sol, principalement des avions école, puis le 14 août 1944, pendant lesquelles la piste d'atterrissage allemande et les alvéoles avion, à l'Est du terrain, ont été prises pour cible - A droite, la piste en béton allemande mesurait initialement 1.190 mètres - En 1943, elle a été prolongée à l'extémité Sud pour la porter à 1.510 mètres - Elle a été dotée d'une zone de dispersion en février 1944 qui comportait neuf abris couverts pour avions, de taille moyenne et 18 zones de desserrement non protégées - Les pilote du GC 1/4 "Navarre" ont utilisé ce terrain quand celui d'Ambérieu-en-Bugey était en réparations - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo extraite du site "Remonter le temps" de l'IGN.

Le Ltt Chanet se pose à Besançon :

Le 1er octobre, les avions décollent pour Lyon-Bron. Les pilotes feront la navette tous les jours jusqu'à ce que la piste soit réparée. Le 2, après une reconnaissance armée sur l'Alsace et sur l'Allemagne, le P-47D (codé "96") du Ltt Chanet est touché par un obus qui lui coupe un cylindre. Il passe les lignes avec difficultés et réussit à se poser à Besançon.

Le général Chanet se rappelle : "C'est le Cne de Pins qui m'a conduit jusqu'à Besançon et qui m'a demandé de me poser train sorti alors que le terrain était une vrai pataugeoire. Au moment où je passai les balises de la piste, je vis un homme agiter un drapeau rouge. Je n'avais plus le choix et me posai train sorti, heureux de ne pas finir la tête en bas mais seulement embourbé là. Une Jeep se dirige alors vers moi avec un officier pilote américain qui me dit : Ne restez pas là ! Il me raconta ses malheurs. Ce n'était pas la Flak allemande mais un collègue qui l'avait obligé à se poser pour obtenir le même résultat que moi. Ce matin, son avion, fin prêt, avait été mitraillé par un Focke Wulf ! "

Attaque de deux Me 109 :

Le 6, arrivée de la dernière partie du matériel. Ce convoi amène toutes les affaires personnelles laissées il y a plus de 2 mois. Le 11, la patrouille du Ltt Chappuis et du Sgt Astier, rentrant seule sur ennui moteur, est attaquée, au nord de Mulhouse, par deux Me 109 qui font une passe sans insister.

Mort du Sgt Joubard :

Le 13, pendant une reconnaissance armée à 4 avions du 1/4 "Navarre" et de 3 du 2/5 "La Fayette" sur la forêt noire et l'Alsace, le P-47D-27 (codé "73" serial 42.26872) du Slt Jacques Joubard disparaît. Sa patrouille, dirigée par le Ltt Allard, est sur le chemin du retour. Elle découvre une colonne ennemie composée de plusieurs blindés et quelques camions près du village de la Chapelle. La Flak adverse ouvre immédiatement le feu sur les avions qui déboulent. Les P-47D staffent les pièces et disparaissent aussitôt dans la couche nuageuse toujours suivis des traçantes de plus en plus précises. Le 73 est touché, la fumée a envahi le cockpit et le pilote est probablement touché. Plusieurs témoins au sol aperçoivent l'avion en légère descente gardant une trajectoire presque rectiligne et semant un panache de fumée noire. Le Thunderbolt monte ensuite à la verticale, part en perte de vitesse et glisse sur l'aile. Il s'écrase finalement à plat à l'ouest du village de Leimbach, près de Thann. Le lendemain, les Allemands ayant quitté le secteur, l'infortuné pilote est porté en terre par les habitants du village.

Biographie du Sgt Jacques Joubard - Né le 2 mai 1916 à Paris 18 ème (Paris) - Nommé Caporal - Brevet de pilote militaire n° 25.279 obtenu à l’école de Bourges (Cher), le 29 septembre 1936 - Le 13 octobre 1944, au cours d’une reconnaissance armée réunissant quatre P-47D du GC 1/4 et trois du GC 2/5, le P-47D-27 codé " 73 " serial 42.26872, qu’il pilote, disparait au cours de la mission – Son avion a été abattu par la Flak - Le pilote est tué dans les environs de Leimbach (Haut-Rhin) – Jacques Joubard repose dans le cimetière communal de Leimbach (Haut-Rhin) - Sources : Mémoire des Hommes (AI 1Mi 28) - Liste des brevets militaires - Historique de l’EC 1/3 " Navarre " - Site Internet France Crashes 39-45 – Site Internet Aérostèles – Site internet Geneanet - Dernière mise à jour 17 mars 2020.

Le Ltt Guillemot alors sergent-chef et pilote à la 2ème escadrille se rappelle d'une mission : "En Alsace, nous avons attaqué un convoi hippomobile en straffing. Je revois encore les chevaux affolés s'enfonçant dans la neige avec leur chariot et leurs conducteurs. Nous commencions nos bombardements en piqué en échelon refusé vers 14.000 pieds. On suivait le précédent par un demi-retournement, nous étions en général une douzaine à nous suivre en piqué en ajustant chacun l'objectif dans son viseur. Vers 5000 pieds, on larguaient les bombes puis ressource vers 3000 pieds pour monter rejoindre le dispositif. Si on était mal présenté, on gardait les bombes et on recommençait avec ceux qui avaient encore leurs bombes."

P-47D codé "72" de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" en mission de reconnaissance armée - Photo collection Albin Denis source Ltt Edmond Gille que je remercie pour son aide.

Atterrissage forcé du Slt Collin :

Le 14, pendant le décollage, le P-47D-26 (serial 42.28330) du Slt Collin est victime d'une baisse de régime, hélice au pas fixe. Le pilote fait tout de suite demi-tour, l'avion s'enfonçant. Il est obligé de se poser à 450 m du début de la piste, fauchant des bidons avec son train gauche, perdant une bombe, pliant 2 pales d'hélice. Le 330 est toutefois réparable et sera envoyé au 88ème Service Squadron US de Lyon-Bron.

Slt Gilles Collin, pilote de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Photographié en compagnie du Sgc Marcel Mazoyer sur le P-47D-30RE serial 44.20682 du Cne Gérard de Pins, commandant du GC 1/4 - Cette photo date de 1945 - Photo SIRPA / ECPA du Fort d'Ivry que je remercie pour son aide.

Le Cne Fabry frôle la catastrophe :

Le 15, aux environs de Luxeuil, après une mission de bombardement de route, le Sgc Casabonne saute du P-47D 27(n° 70 serial 4226881). Des vibrations de plus en plus importantes n'ont pu être endiguées, même la surpuissance, la surpression, le changement de réservoir n'y ont rien fait. Le pilote est contraint d'abandonner son avion avec tout son chargement et rentrera le lendemain. Au retour de la même mission, le P-47D (n° 85) du Ltt Allard entre en collision avec un camion citerne. Le 17, le Cne Fabry qui doit ramener le P-47D 27 (n° 85 serial 4226880) à Bron, tente un décollage à Ambérieu malgré la boue. L'avion lève péniblement la queue, arrive rapidement en bout de piste, essaye de s'élever à l'approche des arbres. Il fait un petit bond, retombe lourdement sur le sol, sa jambe de train droite n'y résiste pas. Mais miracle, le Thunderbolt décolle quand même. Cette pièce va d'ailleurs terminer sa course non loin de mécaniciens qui en seront quitte pour une bonne frayeur. Bien sur, l'atterrissage ne se passe pas bien et le 85 capote dans un grand bruit de ferraille et de boue sur la piste en terre de 600 m de long, la bande d'atterrissage principale étant toujours en réfection. Ce P-47D ne volera plus et servira pour les pièces détachées. Le 20, le P-47D du Sgt Astier est touché par la Flak.

Cne Jacques Fabry, commandant de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Bien plus tard, comme général de corps aérien, il commandera la force aérienne tactique de 1968 à 1973 - Photo collection Albin Denis source Lcl André Xima que je remercie pour son aide.

Le 22, le temps est complètement bouché, la patrouille du Ltt Ségura largue ses bombes sur une route et revient à la base. Les équipiers sont bien surpris d'apprendre par la tour, qu'ils ont toujours leurs bombes actives sous les ailes. Elles partiront finalement dans les profondeurs du Rhône.

Mort de l'Asp Decagny :

Le 29, pendant un bombardement dans les environs de Cernay, le P-47D-25 (serial 42.26517) piloté par l'Asp Decagny est touché par la Flak pendant son piqué. L'avion percute et explose au sol. Ce jeune pilote effectuait sa 2éme mission de guerre. Le 31, la météo étant impossible, la patrouille du Cne de Pins (P-47D codé "79" serial 052) largue ses bombes dans les profondeurs du lac du Bourget.

Biographie de l'Asp Jacques Decagny - Né le 6 août 1919 à Paris 3ème (Paris) - Elève pilote du 3 ème détachement (P-47) des CFPN Amérique à Gunter Field puis à Craig Field (Alabama / USA) - Brevet de pilote militaire n° 30.341 obtenu au CFPM Amérique, le 12 mars 1944 - Pilote du GC 1/4 " Navarre " du XXX au 29 octobre 1944 - Le 29 octobre 1944, pendant un bombardement dans les environs de Cernay, le P-47D-25 serial 42.26517, qu’il pilote, est touché par la Flak alors qu’il est en piqué - Il ne peut redresser et s’écrase au sol sur le territoire de la commune de à Wittelsheim (Haut-Rhin) - Le jeune pilote, qui effectuait sa 2 ème mission de guerre, a été tué sur le coup - Jacques Decagny repose dans le cimetière communal de Wittelsheim (Haut-Rhin) - Sources : Mémoire des Hommes (AI 1Mi 28) - Historique EC 1/3 " Navarre " - Site internet Les centres de formation du personnel navigant en Amérique - Dernière mise à jour 17 mars 2020.

Deux P-47D détruits :

Le 1er novembre, le Slt Seguelas décolle de Lyon-Bron pour convoyer le P-47D-27 (codé "89" serial 42.26879) vers Ambérieu-en-Bugey. L'avion prend toute la piste pour s'arracher, se traîne entre les maisons, touche de l'aile la base d'un poteau, touche le sol avec l'aile gauche et s'écrase en cheval de bois, victime d'un retour au carburateur. Son pilote est indemne et sort lorsque l'avion commence à prendre feu. Le 4, une aventure similaire arrive au Ltt Bertin qui voit son P-47D-26 (codé "93" serial 44.28340) s'écraser au décollage avec ses bombes après une perte de régime. Il parcourt 1500 m en ligne droite en traversant haies, taillis pour terminer sur le ventre avec encore une de ses bombes accrochée. L'avion est détruit mais son pilote est sauf. Les autres patrouilles doivent se dérouter et se poser à Dôle-Tavaux en raison d'une météo guère encourageante. Au départ de Dôle, le P-47D-26 (codé "99" serial 42.28305) du Cne de Pins éclate une roue et percute en fin de course trois avions bordant la piste. C’est surtout la queue d'un B-26 Marauder qui n'appréciera pas la rencontre.

P-47D-26 serial 42.28305 codé "99" du Cne Philippe Maurin, puis du Cne Gérard de Pins - Il a été détruit lors d'une collosion au sol contre trois avions, dont un B-26 Marauder sur le terrain d'Ambérieu-en-Bugey, le 3 novembre 1944 - Dessin Albin Denis.

P-47D-27RA serial 42.26876 codé "86" de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain d'Ambérieu-en-Bugey en novembre 1944 - De gauche à droite : Sgc Fricker, Adj Odin, Sgt Jacquin - L'avion emporte deux bombes de 500 Lbs (226 kg) et un bidon ventral de 200 gallons (757 litres) - Il sera perdu près de la chaîne des Goupis (Jura), le 22 janvier 1945 - Son pilote, le Sgt de la Chapelle, sera tué - Photo collection Albin Denis source Adc Paul Fricker que je remercie pour son aide.

Plusieurs armuriers du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain d'Ambérieu-en-Bugey - De gauche à droite, sur l'aile : Sgc Romand, Sgc Beauvieux - Debouts : Adj Peyron, Adj Petit, Adj Gardeur, Sgt Etienne Petit - Assis : X , Sol Cuesta, X - L'avion est destiné au commandant du GC 1/4 ou à son adjoint - Ces deux officiers volent aux commandes de P-47D portant l'insigne du groupe ou des deux escadrilles - Celui-ci emporte deux bombes de 500 Lbs et un réservoir ventral de 200 gallons (Flat belly tank) - Le double insigne n'est pas terminé - Si vous êtes capables d'identifier les deux armuriers restés inconnus, je vous demanderais de bien vouloir entrer en contact avec l'auteur du site - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo collection Albin Denis source Adc Etienne Petit que je remercie pour son aide.

Adj André Odin, mécanicien avion de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" à Ambérieu-en-Bugey en novembre 1944 - Ce P-47D porte un insigne d'escadrille un peu particulier, de forme ronde. Une photo montrant l'intégralité de cet avion est visible juste en dessous - Photo collection Albin Denis source adjudant-chef Paul Fricker que je remercie pour son aide.

Le Sgt Lecea se perd deux fois :

La piste d'Ambérieu-en-Bugey est réparée. Elle fait maintenant 1800 m sur 30 m entièrement en plaques PSP et les avions peuvent revenir le 4. Ils seront desserrés en alvéoles à partir du 8. Le 18, le Sgt Lecea avec le P-47D (codé "73" serial 028) part en mission et perd sa patrouille, il se joint à des P-47 américains qui passaient dans les environs et se pose avec eux à Dôle. Il se ravitaille et repart pour Ambérieu. Ayant largement dépassé le temps de vol normal pour relier ces deux terrains, il comprend qu'il est à nouveau égaré. Il fait demi-tour et rejoint une patrouille du GC 2/5 qui mitraillait en Alsace. Le leader de cette formation constate avec beaucoup d'étonnement qu'il a un avion en plus dans son groupe, ce qui est plutôt rare. Notre égaré explique sa situation et les avions du 2/5 le ramène une nouvelle fois à Dôle où un avion du 1/4 viendra le rechercher. Le LV Graingnic, qui vient de rejoindre, sera utilisé par le 2éme bureau Terre pour aider à la pénétration en Alsace, avec les avants-gardes de la 1ére Armée française.

Un P-47D au départ pour une mission de reconnaissance armée avec emport de deux bidons de 150 gallons de voilure - Les avions peints ont, petit à petit, laissés la place aux avions aluminum - En effet, la supériorité aérienne alliée n'oblige plus un camouflage systématique et les avions sont remplacés si vite qu'il est beaucoup plus commode de les livrer tel quel - Photo collection Albin Denis source Adc Henri Cougot que je remercie pour son aide.

Le 22, pendant une mission de reconnaissance armée sur l'Alsace, le P-47D-26 (serial 42.28340) du Ltt Bertin est touché par la Flak (dégats de 2ème catégorie) et celui du Sgt Astier est victime d'une panne électrique qui provoque une baisse de pression. Le pilote largue son bidon et atterrit avec son avion dans un champ. Les roues touchent le remblai de la route avec une aile et effectue un 180°. Il a posé son P-47D-28 (serial 42.20025) à Roulans, situé à 25 km de Besançon.

Trois pilotes du GC 1/4 "Navarre" - Au premier plan, Sgc Boursier, Sgc Astier et Asp Coutray de Pradel, allongé sur le ventre - Photo collection Albin Denis source Asp Jean Mineau que je remercie pour son aide.

Noms de baptèmes pour les avions :

On peint sur les capots moteurs, le nom des pilotes du "Navarre" disparus. Le groupe reprend ici, une de ses vieilles traditions déjà utilisée sur H-75 et P-39.

Collision au sol :

Le 25, lors du rassemblement pour l'envol, le P-47D-28 (serial 44.20011) du Sgc Bouthinon entre en collision avec un P-47D-28 (serial 44.20010) placé devant lui. Le 011 est endommagé à l'hélice, au bord d'attaque tandis que le 010 est touché à l'aile droite qui est à changer. Au retour de la reconnaissance armée, le P-47D-26 (serial 42.28340) du Ltt Bertin revient à la base, le pare-brise couvert d'huile. Ayant en plus un problème de réservoir, le pilote le pose train rentré, droit devant lui et termine sa course dans un bois. Les dégâts sont très importants, mais heureusement le pilote est sauf.

Le 2 décembre, le Sgt Heurteaux avec son P-47D (serial 049) largue ses bombes dans le lac du Bourget. L'avion a un problème de bidon ventral et doit faire demi-tour au cours d'une attaque de voie ferrée entre Fribourg et Brisach. Le P-47D (codé "86") du Ltt Cavaroz est touché par la Flak. Le 3, malgré une météo très mauvaise avec nuages noirs très bas, l'ordre de décollage est maintenu. La patrouille reviendra sans jamais apercevoir un trou et larguera ses bombes inertes au nord-est de Bâle.

La brume épaisse et tenace enserre les environs et cloue les avions au sol. Le matin, l’avion météo donne son verdict et c’était presque toujours "Stand-By" à une heure. Les avions doivent alors décoller en une heure, après l’ordre d’exécution de la mission.

Le Cne Philippe Maurin est fait prisonnier :

Le 5, pour une mission de bombardement de la gare de Lorrach, douze P-47D du groupe sont engagés. Le Cne Fabry décolle à la tête d'un dispositif de huit P-47D chargés en bombes. Le Cne Maurin commande le groupe de quatre qui assure la couverture contre la chasse adverse. Le temps est franchement mauvais et le plafond très bas : les trois patrouilles volent dessous une couche continue qui descend parfois à moins de 1000 mètres. Les collines du Jura sont bouchées et noyées dans la crasse. Boxcar (station de guidage) signalant le beau temps sur l’objectif, le Cne Fabry emmène son dispositif à travers la masse nuageuse. Au voisinage de la cible, les avions descendent à 600 mètres d’altitude. Il fait un temps épouvantable, les avions traversent un nuage de grêle. Le Rhin est sauté et l’objectif en vue. Impossible de bombarder en piqué en raison du plafond bas. Les pilotes lâchent leurs bombes à moins de 100 mètres d'altitude en vol horizontal en prenant la gare en enfilade. La plupart des projectiles touche les voies et les bâtiments. La réaction de la Flak, manifestement surprise, est trop tardive. Ensuite cap vers la rive droite du Rhin pour mitrailler tout ce qui roule sur les routes et voies ferrées. Une patrouille en straffing et les deux autres en protection. Le mauvais temps sépare les patrouilles, le groupe du Cne Maurin (Cne Maurin, Ltt Chanet, Ltt Dugard, Sgc Freund) remonte la plaine d'Alsace, en restant au-dessus de la rive droite. Le général d'armée aérienne Philippe Maurin nous raconte maintenant les dernières minutes de sa mission : " Une patrouille était en protection, mais étant donné le plafond bas, cette mission devenait inutile et j’annonçais au Cne Fabry que j’allais mitrailler un convoi allemand qui circulait en Allemagne, dans la plaine à l’Est du Rhin. Au cours du 2éme mitraillage, mon avion (P-47D-28 serial 44.20057) est touché dans le moteur et à l’emplanture du plan gauche. Je saute le Rhin au Sud de Neuf-Brisach et fait un crash dans un champ à 5 km de Mulhouse. J’étais, hélas, dans les avants postes Allemands."

Il est sauf mais sera capturé par les troupes ennemies qui tiennent le secteur. Après avoir été transféré plusieurs fois et interrogé, il est envoyé, le 31 décembre au Stalag Luft 1 au bord de la Baltique. Il s’en évade le 30 août avec trois camarades et rentre en France, le 18 mai 1945.

Cne Philippe Maurin, commandant du GC 1/4 "Navarre" du 21 juin au 5 décembre 1944 sur son P-47D codé "99" - Ce numéro était réservé au commandant d'unité - Bien plus tard, le général d'armée aérienne Philippe Maurin deviendra chef d’état-major de l’armée de l’Air du 27 février 1967 au 12 décembre 1969 - Cette photo a été prise après guerre - Photo SHD du château de Vincennes que je remercie pour son aide.

Biographie du général d'armée aérienne Philippe Henri Maurin - Né le 1 er janvier 1913 à Paris (75) - Fils de Louis Maurin (Ministre de la Guerre) et de Anne-Marie Bigault - Ils ont eu ensemble 6 enfants (Jean 1903, Jacqueline 1906, Antoinette 1910, Philippe 1913, Marie-Thérèse 1915, François 1918) - Etudes aux lycées Concordet et Saint-Louis à Paris - Diplôme d’ingénieur de l’école Centrale des Arts et Manufactures - A satisfait aux épreuves d’aptitude au grade de Sous-lieutenant en 1937 - Dirigé vers le centre école d’Avord (Cher), le 8 septembre 1937 - Elève de l’école de l’air de la promotion 1938 " Lieutenant-colonel Mailloux " - Brevet de pilote militaire n° 26.049 obtenu à l’école d’Ambérieu, le 26 septembre 1937 - Nommé Sous-lieutenant, le 20 octobre 1937 - Elève de l’école d’application - Pilote de la 6ème escadrille du GC II/1 d’Etampes du XX 1939 au 14 mai 1940 - Nommé Lieutenant, le 20 octobre 1939 - 1ère victoire homologuée contre un Henschel He 126 abattu dans les environs de Vrigne-aux-Bois (Ardennes) , le 14 mai 1940 - Le même jour, il est blessé par deux balles dans le bras et gravement brûlé à la face et au mains après que son Bloch 152 n’ait été descendu au combat, le 14 mai 1940 - Il est récupéré par les personnels d’une batterie d’artillerie française en retraite - Il est évacué sur l’hôpital de Tours - Croix de Guerre avec palme et citation à l’ordre de l’armée aérienne, en date du 27 mai 1940 - Il quitte l’hôpital, replié sur Marmande, non encore guéri et rejoint son escadrille qui stationne au Luc, le 23 juin 1940 - Citation à l’ordre de l’armée aérienne, en date du 23 juin 1940  - Affecté au GC I/4 stationné à Dakar (Sénégal) - Commandant de la 1ère escadrille du GC I/4 du 23 juillet 1942 au 11 janvier 1944 - Nommé Capitaine, le 25 mars 1943 - Commandant en second du GC 1/4 "Navarre" pour les opérations de Coastal Command sur P-39 Airacobra du 11 janvier au 21 juin 1944 - 2ème victoire homologuée, en coopération avec le Ltt Linteau, contre un Junkers Ju 88 au large d’Alger, le 11 mai 1944 - Commandant du GC 1/4 "Navarre" pour les opérations en Tactical Command sur P-47D Thunderbolt du 21 juin au 5 décembre 1944 - Chevalier de la Légion d’Honneur, en date du 29 juin 1944 - Le 5 décembre 1944, après avoir décollé du terrain d’Ambérieu (Ain), pendant une mission de bombardements des gares de Lorrach (Allemagne) et du pont de Neuf-Brisach (Haut-Rhin), son P-47D-28-RE codé " 99 " serial 44.20057 est touché par la Flak dans les environs de Sausheim, au nord de Mulhouse - Il pose son P-47D dans un champ - Il a juste le temps de détruire sa radio avant d’être fait prisonnier par les Allemands - Il est transféré sur Rustenhart (Haut-Rhin) - Croix de Guerre 39-45 avec six citations à l’ordre de l’armée - Après sa libération, commandant du GC II/6 stationné à Salon-de-Provence - Commandant de la 1ère escadre de chasse du 16 mars au XX juillet 1946 - Nommé Commandant, le 25 mars 1946 - Marié avec Mlle Lucienne Devaurs, le 17 mai 1946 - Ils ont eu trois enfants (Christian, Xavier, Laurence) - Officier de la Légion d’Honneur, en date du 1 er septembre 1946 - Affecté en Indochine - Breveté parachutiste en Indochine en 1947 - Nommé chef d’état-major du commandement de l’air en Extrême-Orient à Saïgon en 1948 - Commandant de la 2 ème escadre de chasse venue en relève en Indochine - Croix des TOE avec trois citations à l’ordre de l’armée aérienne, en date du 18 octobre 1948 - Rentre en France en 1949 - Commandeur de la Légion d’Honneur, en date du 13 janvier 1949 - Directeur du centre d’expériences aériennes militaires en 1949 - Croix de la Valeur militaire - Nommé Lieutenant-colonel, le 1er avril 1950 - Ecole supérieure de guerre en 1951 - Commandant de la base aérienne de Mont-de-Marsan en 1951 - Breveté d’état-major en 1952 - Chef du bureau des plans d’emploi à l’état-major de l’armée de l’Air en 1952 - Stage au centre d’essais de vol de Brétigny - Nommé Colonel, le 1 er octobre 1954 - Commandant de la 30ème escadre de chasse de nuit et de la base aérienne de Tours en 1956 - Nommé à l’état-major particulier du ministre des Armées en mai 1958 - Nommé Général de brigade, le 1er février 1959 - Commandant du groupe aérien tactique n° 1 basé à Constantine - Affecté à l’état-major particulier du président de la République du 1er octobre 1960 au 1er novembre 1962 - Nommé Général de division aérienne, le 1er août 1961 - Commandant du 1er corps aérien tactique (CATAC) et des forces aériennes françaises en Allemagne du 1 er novembre 1962 au 30 avril 1964 - Nommé Général de corps aérien en 1963 - Commandant des forces aériennes stratégiques, le 27 février 1964 - Assure la mise en œuvre du Dassault Mirage IVA doté de l’arme nucléaire AN 52 - Nommé Général d’armée aérienne, le 1er février 1967 - Nommé Chef d’état-major de l’armée de l’Air du 27 février 1967 au 12 décembre 1969 - Grand Croix de la Légion d’Honneur - Admis en congé définitif du personnel navigant en 1970 - Quitte le service en ayant effectué plus de 9000 heures de vol - Président-directeur général de la Société française du tunnel sous la Manche de 1971 à 1975 - PDG de la société Précision mécanique Labinal de 1975 à 1981 - Président d’honneur de la société Précision mécanique Labinal à compter de 1981 - Décédé à Paris (75), le 13 mai 2008 - Les obsèques de l’ancien chef d’état-major de l’armée de l’Air de 1967 à 1969 ont eu lieu en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, le 19 mai 2008 - Philippe Maurin repose dans le cimetière du père Lachaise à Paris - Sources : Liste des brevets militaires - Historique EC 1/3 " Navarre " - Site Internet " Who’s Who en France " - Site internet " Geneanet " - Site internet " Armée de l’Air française 1939-1940 " - Site Internet " France crashes 39-45 " - Site Internet du Ministères des Armées - Journal Le Monde - Site internet " P-47 Data base " - Revue Aérojournal - Site internet " Gallica " de la Grande Bibliothèque de France - Livre " L’entourage du Général de Gaulle " - JORF - Dernière mise à jour : 19 mars 2020.

* Croix de Guerre avec palme et citation à l’ordre de l’armée aérienne du Ltt Philippe Henri Maurin, du GC II/1, en date du 27 mai 1940 : " Jeune officier très brave, excellent pilote de chasse. Le 14 mai 1940, s'est porté résolument à l'attaque de nombreux avions de bombardement dans une zone particulièrement dangereuse et a abattu, avec un pilote de sa patrouille, un de ses adversaires. Blessé au cours du combat, a réussi à se poser en pleine campagne avec son avion criblé de balles et d'éclats d'obus. "

* Citation à l’ordre de l’armée aérienne du Ltt Philippe Henri Maurin, du GC II/1, en date du 23 juin 1940 : " Brillant officier possédant les plus belles qualités militaires. Pilote de chasse remarquable. Grièvement brûlé, a quitté l'hôpital avant d'être guéri pour rejoindre son escadrille, le 23 juin 1940. Le 21 juin, a participé à l'attaque au sol contre une colonne ennemie dont plusieurs véhicules ont été incendiés. Déjà cité. "

Tous les avions de la patrouille touchés :

Les avions de ses équipiers ont tous été touchés : le P-47 D du Ltt Chanet est obligé atterrir à Luxeuil en "emergency", celui du Ltt Dugard (codé "86") prend un obus de 37 mm dans l'empennage horizontal qui nécessitera des réparations de 2ème catégorie et finalement l'avion du Sgc Freund (serial 884) est touché par les éclats d'un obus de 88 mm qui explose sous lui. L'autre formation du 1/4 est elle aussi touchée : les avions des Cne Fabry (codé "93"), Sgc Guillemot (serial 873) et Sgt Barberis reviennent à Ambérieu avec plusieurs impacts. Le Lcl Freund se rappelle encore le regard effaré de son mécanicien à son retour au parking.

Ltt Jean Chanet, pilote de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Son P-47D a été gravement endommagé par la Flak au cours de la mission qui a vu la capture du Cne Philippe Maurin, commandant du groupe, le 5 décembre 1944 - Chanet a été contraint de faire un atterrissage en urgence à Luxeuil - Photo collection Albin Denis source Sgt Maurice Pochet que je remercie pour son aide.

Organisation de la mécanique :

Il convient maintenant de détaillet les différents échelons de la mécanique :

- 1er échelon, consiste à la préparation pour le vol (pleins essence, huile, munitions), révisions moteur des 25 heures et petites réparations. Le 1er échelon est un travail de piste.
- 2ème échelon, consiste à la révision moteurs à 50 et 100 heures, grosses réparations de cellules (changement d'ailes, d'empennage), changement ou remplacement de pièces moteur.

et les catégories de réparation :

- la 1ère catégorie ne nécessite pas de moyens lourds. Ces travaux sont réalisés directement en piste par le personnel mécanicien et consiste, par exemple, à boucher les trous d'éclats, changer une gouverne de direction, de profondeur ou un capot moteur.
- la 2ème catégorie nécessite des moyens de remise en état importants. Ils sont à la charge de l'échelon lourd qui réalise les opérations longues et difficiles comme les changements moteurs, d'ailes, restauration après dégâts Flak importants.(opérations de plus de 24 heures)

L'Adc Manzac nous livre le mode opératoire de pose ou de dépose des moteurs : " La roulette de queue était prise sur un bidon de 200 litres, l'appareil en ligne de vol et le moteur accroché à un palan fixé à une araignée. Nous arrangions alors pour fixer ou retirer le moteur de son bâti."

Les mécanciens SVR du groupe 1/4 "Navarre" (section de vérification et de réparations) - De gauche à droite debouts : Sgt Henri Roure, Sgt Marin Guiffray, Sgt Maurice Chevalier, Sgc André Manzac, Sgc Grandmagnac, Sgt Pierre Curan, Sgc Jean Lhoste, Sgc Benoit - Assis au second plan, Sgt Toublanc, Sgc Eugène Kloepfer - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo collection Albin Denis source adjudant-chef Eugène Kloepfer que je remercie pour son aide. Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Aide-mécaniciens avions du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain d'Ambérieu-en-Bugey en novembre 1944 - Si vous êtes capable d'identifier ces hommes, veuillez prendre contact avec l'auteur du site - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo collection Albin Denis source adjudant-chef Paul Fricker que je remercie pour son aide.

Devant un chariot porte-bombes où sont chargées les bombes de 500 Lbs, quelques armuriers du groupe. De gauche à droite : Sgt Etienne Petit, Sgc Adrien Pelletier, Sgc Louis Roman, Adj Georges Petit - Photo collection Albin Denis source Adc Adrien Pelletier que je remercie pour son aide.

Guidés par un Fieseler Storch :

Le 8, on essaie une nouvelle technique d'attaque, le Horse Fly, qui met en scène un avion léger d'observation et une patrouille de P-47D. Le Fieseler Storch, récupéré aux Allemands, recherche les objectifs, les signale aux Thunderbolt qui les attaquent aussitôt. C'est la 1ére Escadrille qui ouvre le bal avec le Ltt Segura avec le P-47D serial 871. Le 9, le Cne de Pins procède aux essais d'un nouveau réservoir à napalm. On prend un bidon d'aile ou de fuselage et on le remplit avec une composition d'essence, de palmitate de sodium ou d'aluminium et d'huile. On amorce le tout avec une grenade incendiaire. Le résultat explose et fait beaucoup de fumée.

Fieseler Fi 156 Storch du GC 1/4 "Navarre" - Cet avion capturé intact par les troupes françaises a été utilisé pour plusieurs mission de Horse Fly (Taon en français) par le groupe, à compter du 8 décembre 1944 - Pour éviter les méprises avec la chasse alliée, il a été peint de larges bandes du débarquement sur les ailes et le fuselage - Photo collection Albin Denis source Jean Barberis que je remercie pour son aide.

Ltt Alfred Segura, pilote de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre", aux commandes du P-47D affecté au commandant du groupe et codé "Z" - Le mécanicien est le Sgc Marcel Mazoyer - Photo collection Albin Denis source Cdt Roger Desplanques que je remercie pour son aide.

 

 

 

 

 

Le 9, le P-47D (codé "92") prend feu alors qu’il est en route depuis quelques minutes. L'incendie est impossible à maîtriser, son pilote, le Sgt Barberis n'a que le temps de l'évacuer avant qu'il ne brûle entièrement.

Sgt Jean Barberis, pilote de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Photo collection Albin Denis source Adc André Manzac que je remercie pour son aide.

Le GC 1/4 passe à la 3ème escadre de chasse :

Le 11 décembre 1944, le GC 1/4 "Navarre passe à la 3ème escadre de chasse en compagnie du GC 1/5 "Champagne" arrivé depuis peu à Ambérieu.

Les missions effectuées au cours du mois de décembre vont être encore plus difficiles avec attaques de voies ferrées, routes, concentration de troupes, dépôts, ponts surtout dans la poche de Colmar. Les allemands y ont placé de la Flak lourde et légère à proximité des villes et de tous les objectifs potentiels .Cette DCA omniprésente va faire des ravages au sein des groupes de P-47.

Mort du Sgt Vincent :

Le 17, au cours d'un mitraillage au sol (straffing) prés de Mutzenheim, le P-47D-28 (codé "82" serial 44.20049) du Sgt Vincent est touché de plein fouet par un obus de 88 mm qui explose à l'arrière du cockpit et dans le réservoir central. L'avion s'embrase immédiatement, fait un demi tonneau, part en vrille et s'écrase au sol dans la forêt de l'Allmend, au sud-ouest d'Ensisheim.

Biographie du Sgt Maurice Lucien Vincent - Né le 8 novembre 1921 à Brain (Côte-d’Or) - Nommé Sergent - Brevet de pilote militaire n° 30.236 obtenu au CFPN Amérique, le 8 février 1944 - Pilote du GC 1/4 " Navarre " du XXX au 17 décembre 1944 - Le 17 décembre 1944, après avoir décollé du terrain d’Ambérieu-en-Bugey (Ain) et au cours d’une mission en straffing (mitraillage au sol) dans la région de Mutzenheim, le P-47D-28 codé " 82 " serial 44.20049 qu’il pilote, est touché en plein fouet par un obus de 88 mm qui explose à l’arrière du cockpit et dans le réservoir central - L’avion s’embrase immédiatement, fait un demi-tonneau, part en vrille et s’écrase au sol dans la forêt d'Allmend, sur le territoire de la commune d’Ensisheim (Haut-Rhin) - Vincent est tué sur le coup - Maurice Vincent repose dans le carré militaire du cimetière municipal d’Auxonne (Côte-d’Or) - Sources : Mémoire des Hommes (AI 1Mi 28) - Historique de l’EC 1/3 " Navarre " - Dernière mise à jour 17 mars 2020.

Ces missions ont laissé un bon souvenir au Ltt Guillemot, il nous fait partager ses souvenirs : "Quand nous faisions du straffing (nous aimions tous çà), nous étions en échelon refusé pour ne pas se gêner en vrai rase-mottes et on tirait sur ce qui se présentait devant soi, locomotive, wagons, camions, troupes. Au retour, chacun racontait ce qui s'était présenté. Comme on allait vite et qu'on évoluait prés du sol, c'était un peu la surprise pour chacun."

Le 26, le Sgt Barberis prend du retard au départ de la mission AO 84 et ne peut le rattraper. Il rentre seul et éclate la roue droite en se posant. L'hélice et le moteur de son P-47D-27 (codé "90" serial 42.26870) sont à changer suite à sa sortie de piste. Le groupe apprend son transfert sur Dôle-Tavaux.

Terrain de Dôle-Tavaux :

Le 28, les 5 premiers GMC, une Jeep, une Citroen partent pour préparer le camp de Dôle. L'installation ne se fait pas dans les meilleures conditions, la neige et les températures très basses (-20°c) paralysant les moindres mouvements. Il fait tellement froid pendant l'hiver 1944-1945 que la mécanique va devoir effectuer des points fixes toutes les heures pour réchauffer les moteurs afin d'assurer la première mission de la journée. Le lendemain, les 15 premiers P-47D du groupe se pose à Dôle-Tavaux. Le P-47D-26 (serial 42.28352) du Cne de Pins se pose avant le seuil de la piste, victime d'une panne moteur. Son pilote est indemne mais l'avion est détruit. Au départ de la mission suivante, une collision qui aurait pu mal tourner. Ne voyant pas l'avion devant lui, le Sgt Paravy, aux commandes du P-47D-28 (serial 44.19673) découpe le P-47D-28 (codé "78" serial 44.20012) du Ltt Segura jusqu’à la moitié de son fuselage et s'arrête à un mètre du pilote.

Assemblage de photos verticales du terrain d'aviation de Dôle-Tavaux en 1947 - Les Allemands ont repris le développement de ce terrain au début de 1943 - En juillet 1943, les travaux étaient terminées et la base prête pour l'accueil d'unités de chasse de nuit - La zone d'atterrissage en herbe faisait 2.100 x 1.000 mètres et la piste principale en béton faisait 1.600 mètres - En avril 1944, le terrain était équipé de 23 abris pour avions de grande taille et 10 aires de stationnement pour avions - Cette photo montre la piste avec ses impacts de bombes réparés et les zones de dispersion construites par les Allemands - Le GC 1/4 "Navarre" a occupé ce terrain du 28 décembre 1944 au 21 avril 1945 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo site "Remonter le temps" de l'Institut Géographique National.

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Sur le terrain de Dôle-Tavaux pendant l'hiver 1944-1945, les avions du groupe sont alignés comme à la parade. La menace aérienne allemande n'est plus prise en considération, les avions ne sont ni camouflés, ni dispersés. Chaque nuit, les mécaniciens font tourner les moteurs toutes les heures pour assurer le premier tour du matin dans les bonnes conditions - Photo collection Albin Denis sources Adc Paul Fricker que je remercie pour son aide.

Les chutes de neige n'épargent pas les avions parqués en plein air sur le terrain de Dôle-Tavaux en janvier 1945 - Le P-47D porte le numéro d'identification "88" - Début février 1945, un nouveau système est adopté pour les groupes de chasse sous commandement français - Pour le GC 1/4 "Navarre", ce sera d'abord des lettres de A à Z puis vers avril-mai 1945, un codage en 3U + A à Z - Le + marquant l'emplacement de la cocarde - Photo collection Albin Denis sources Adc Paul Fricker que je remercie pour son aide.

Les P-47D Thunderbolt du GC 1/4 "Navarre" parqués en plein air sur le terrain de Dôle-Tavaux en janvier 1945 - Photo collection Albin Denis sources Adc Paul Fricker que je remercie pour son aide.

La mécanique assure une permanence 24 h sur 24 auprès des avions soumis à des conditions atmosphériques extrêmes sur le terrain de Dôle-Tavaux - Devant la tente de piste, Sgc René Laborde, Sgc Pierre Fricker, Sgc René Joseph, Sgt Georges Favas - Photo collection Albin Denis source Adc Pierre Fricker que je remercie pour son aide.

Une petite partie des mécaniciens et aide-mécaniciens du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain de Dôle-Tavaux - Le P-47D est chargé de deux bombes de 500 Lbs - Photo collection Albin Denis source Gal Gérard de Pins, que je remercie pour son aide.

Logés dans l'annexe d'un asile :

Les sous-officiers et la troupe du 1/4 sont logés dans l'annexe d'un asile de fous à St-Ylie, au sud de Dôle. Quelques souvenirs reviennent au Sgc Guillemot : " Il faisait très froid et nous étions dans une grande bâtisse, de l'autre coté de la route, nous allions prendre des douches chaudes chez nos amis les fous et les folles. On se mettait à la queue avec eux, c'était très cocasse, ils nous ont même fait des petits travaux de mobilier pour l'escadrille. En général, c'était très sympathique."

Le 30, après avoir attaqué la gare de Fribourg, le P-47D (codé "89") du Ltt Chappuis se met en pylône en roulant sur la piste, l'hélice est à changer.

Année 1945 :

Le mois de janvier 1945 verra une intensification des missions en Alasace et en Allemagne, la plupart du temps avec des conditions météorologiques désastreuses. Le 1er, bombardement entre Fribourg et Bingen sans but précis. En effet, la météo est si mauvaise qu'il est impossible à la patrouille du Slt Meunier d'apercevoir le moindre objectif. De même, l'humidité ambiante malmène quelque peu les installations radio, les Sgc Guillemot (P-47D serial 214) et Sgt Marchand (P-47D serial 330) en feront l'expérience.

Cne de Pins commandant du GC 1/4 "Navarre" :

Le 1er janvier 1945, le Cne Gérard de Pins est nommé officiellement commandant du GC 1/4 "Navarre", il assurait l'intérim depuis la disparition du Cne Philippe Maurin.

Cne Gérard de Pins, commandant du GC 1/4 "Navarre" par intérim depuis la disparition en mission du Cne Philippe Maurin, le 5 décembre 1944 - Il est nommé à la tête du groupe, le 1er janvier 1945 - Photo SHD du château de Vincennes que je remercie pour son aide.

Biographie du Cne Gérard Joseph Roger Marie comte de Pins - Né le 19 mars 1915 à Montpellier (Hérault) - Fils de Bernard Odon André de Pins (propriétaire) et de Suzanne Marie de Fortanier - Ils ont eu trois enfants : Madeleine (1913) - Gérard (1915) - Françoise (1917) - Elève de l'école Polytechnique en 1936 - Classé 65ème à l'examen d'entrée - Classé 96ème sur 231 à l'examen de passage en 2ème année - Classé 114ème sur 231 aux examens de sortie - Sorti de l'école Polytechnique, le 12 août 1938 - Nommé Sous-lieutenant, à titre définitif, le 15 septembre 1938 - Affecté à l'école de l'Air, centre école de Versailles-Villacoublay, le 19 septembre 1938 - Administré par le bataillon de l'air n°107 pendant sa période à Versailles - Affecté comme pilote au GC I/10 - Cette unité a été créée en novembre 1939 - Affecté comme pilote au GC I/1, le 11 juin 1940 - Une victoire probable, le 20 juin 1940 - Commandant de la 1ère escadrille (SPA 31) du 3 au 18 août 1940 - Croix de Guerre et citation à l'ordre de l'armée aérienne, en date du 3 septembre 1940 - Nommé Lieutenant, le 15 septembre 1940 - Affecté au GC I/4 stationné à Dakar-Ouakam (Sénégal) en novembre 1940 - Pilote de la 1ère escadrille (traditions de la SPA 95) du GC I/4 - Le 22 juin 1941, il effectue un atterrissage forcé, aux commandes d'un Potez 29, dans la forêt entre Thiès et Kaye - Le Slt Moulinet, passager, a une jambe cassée - Le pilote et les autres passagers, le Sgc Trichet et l'aumônier de la base, sont indemnes - Il pilote le Curtiss H-75A3 n° 301 codé "2" de la 1ère escadrille du GC I/4 à la fin 1941 - A participé, avec le Ltt de Montravel, aux essais de lance-bombes sur Curtiss H-75 - En juillet 1942, met au point, en compagnie des Ltts de Montravel, Maurin, une technique de bombardement en piqué sur Curtiss H-75 - Tous les essais ont été réalisés sur le Curtiss H-75A n° 327 - Le 25 février 1943, prend part, avec la 1ère escadrille, au déplacement sur Bamako - Elle rentre sur Dakar-Ouakam, le 19 avril 1943 - - Il pilote le H-75 n° 237 - Le 4 juin 1943, la 1ère escadrille remonte sur Meknès - Le groupe 1/4 passe sur P-39N Airacobra - Le 14 juillet 1943, le groupe 1/4 part pour La Médiouna - Le Cne De Pins est aux commandes du P-39N serial 42.18761 - Le 3 septembre 1943, le GC 1/4 - devient le GC 1/4 "Navarre" - Nommé Commandant de la 1ère escadrille (SPA 95) du GC 1/4 "Navarre", le 4 février 1944 - Commandant en second du GC 1/4 "Navarre", le 27 juillet 1944 - Le 30 juillet, six patrouilles sont formées - Celle du Cne De Pins se compose du Ltt Segura, Sgt Boursier et Sgt Astier - Sa patrouille exécute la première mission du GC 1/4 sur le France occupée, le 2 août 1944 - Lors du transfert sur le terrain d'aviation d'Ambérieu-en-Bugey, il pilote le P-47D codé "70" serial 42.26881, le 8 août 1944 - Le 4 novembre 1944, le P-47D-26 codé "99" serial 42.28305 piloté par le Cne De Pins éclate une roue et percute en fin de course trois avions bordant la piste - Les trois avions sont un Piper Cub (44.80176), un B-25 Mitchell (41.30403) et un DC-3 (42.92684) - Il est indemne - Un soldat américain, le LAC D.H. Doherty a été grièvement blessé au bras droit et à la hanche - Il a été amputé du bras droit jusqu'à l'épaule - Le 29 décembre 1944, à l'atterrissage sur le terrain de Dôle-Tavaux, le P-47D-26 serial 42.28352 piloté par le Cne De Pins se pose avant le seuil de piste, victime d'une panne moteur - Le pilote est indemne mais l'avion détruit - Le 5 décembre, le P-47D du Cne Philippe Maurin, commandant du GC 1/4 "Navarre", est abattu - Il saute en parachute à 5 km de Mulhouse mais est fait prisonnier - Le Cne Gérard De Pins assume le commandement, par Intérim, du groupe entre le 5 décembre 1944 et le 1er janvier 1945 - Grade de Chevalier de la Légion d'Honneur, en date du 16 juin 1945 - Commandant du GC 1/4 "Navarre" du 1er janvier 1945 au 1er avril 1946 - Le 1er février 1945, au cours d'une mission sur un pont routier, son P-47D (serial 037) est touché par la Flak - Le 21 mars 1945, le Cne de Pins est victime d'un problème moteur avec son P-47D - Il est contraint de quitter la reconnaissance armée sur AO 84 et rentrer seul - Il en profite pour larguer ses bombes en bordure du Rhin et pour mitrailler le bois à l'est de Kappel - Le 12 avril, le GC 1/4 "Navarre", avec 20 P-47D, part pour nettoyer les poches de l'Atlantique et se pose sur le terrain de Bordeaux-Mérignac - Le Cne De Pins est aux commandes du P-47D codé "3U+A" serial 037 - Citation à l'ordre de l'Armée Aérienne du groupe de chasse 1/4 "Navarre", en date du 17 juillet 1945 - Croix de Guerre 1939-1945 avec six citations dont quatre à l'ordre de l'armée - Médaille commémorative 1939-1945 - Air Medal - Blessé deux fois en service aérien commandé - Affecté à la section chasse du CEAM de Mont-de-Marsan en 1946 - Nommé Commandant, le 25 décembre 1946 - Commandant en second de la 3ème escadre de chasse en 1947 - Marié avec Mlle Claude Marie Charlotte Fradin de Bellabre à Campet (Landes), le 11 février 1947 - Il ont eu 4 enfants : Gilles (1949) - François (1950) - Jean-Jacques Marie (1952) - Patrick (1958) - Grade d'officier de la Légion d'Honneur, en date du 25 juillet 1947 - Reçu au concours d'admission à l'école supérieure de guerre aérienne en 1948 - Domicilié au 13, rue Juliette Récamier à Lyon en 1949 - Officier instructeur du centre d'enseignement de guerre aérienne en 1949 - Affecté au 3ème bureau de l'état-major général des forces armées - Nommé Lieutenant-colonel, le 1er février 1951 - Titulaire du brevet d'état-major de l'armée de l'Air, en date du 27 mars 1952 - Nommé adjoint au général major général de l'armée de l'Air - Grade de Commandeur de la Légion d'Honneur - Fait partie de la délégation militaires françaises du groupe permanent de Washington - Nommé Colonel en 1955 - Nommé Chef du bureau "Plans d'emplois" - Chef du bureau "Etudes générales" de l'état-major de l'armée de l'Air - Commandant de la base aérienne 118 et du CEAM de Mont-de-Marsan du 10 mai 1958 au 30 avril 1960 - Nommé Général de brigade aérienne au début décembre 1959 - Totalise 3.700 heures de vol en 1960 - Mis en disponibilité, sur sa demande, le 1er janvier 1962 - Profession Directeur des participations industrielles de la Société industrielle et commerciale des automobiles Peugeot - Domicilié au château de Campet à Campet-et-Lamolère (Landes) - Décédé à Campet-et-Lamolère (Landes), le 16 octobre 1998 - Le Général Gérard De Pins repose dans le cimetière communal de St-Martin-d'Oney (Landes) - Sources : JORF - Fichier des décès de l'INSEE - Journal "Les Ailes" - Journal "Le Figaro" - Site Internet de la Bibliothèque Centrale de l'Ecole Polytechnique - Site Internet "Geneanet" - Site Internet "France-Crashes 39-45" - Site Internet "Armée de l'Air française 1939-1940" - Dernière mise à jour : 13 août 2023.

* Croix de Guerre et citation à l'ordre de l'armée aérienne du Slt Gérard de Pins, pilote du GC I/1, en date du 3 septembre 1940 : "Jeune officier pilote de chasse qui, dès son arrivée en escadrille, s'est jeté vaillamment dans la bataille. Le 20 juin, au cours de l'une de ses premières sorties sur les lignes, a attaqué, avec sa patrouille, un avion qui a été abattu dans nos lignes."

* Citation à l'ordre de l'Armée Aérienne du groupe de chasse 1/4 "Navarre" en date du 17 juillet 1945 : " Unité d’une rare valeur que ses chefs successifs : le Capitaine Maurin abattu en Alsace et le Capitaine de Pins, ont d’étape en étape, entraînée irrésistiblement sur le chemin de la victoire finale. En Méditerranée, veillant sur les convois alliés et arrachant six nouvelles victoires entre ciel et mer, sur la plate-forme corse, prenant une part active aux opérations offensives en Italie, de la côte d'Azur au Rhin, du Rhin au lac de Constance, appuyant au plus près les troupes à terre, délivrant l’Alsace harcelant les communications ennemies, détruisant ses dépôts ; sur l’Atlantique, effaçant la tache de Royan et de la pointe de Grave.  Partout s’est engagé à fond, avec la même fougue, le même mépris du danger, en dépit des lourdes pertes infligées par la DCA ennemi. Depuis la reprise des opérations en septembre 1943, a totalisé plus de 9000 heures de vol de guerre."

Reception de P-47D-30 :

Le 9, arrivée au groupe de six P-47D-30 avec freins de piqué et système de largage électrique (les serial 349, 368, 678 sont affectés à la 1ére escadrille et les 371, 665,....à la 2éme). Le 11, malgré une météo toujours fidèle à elle même, la patrouille du Cne Linteau (P-47D serial 363) reçoit l'ordre de décoller. Elle se rend vite compte qu'il n'est pas possible de se frayer un chemin et largue ses bombes dans l'étang de Chaussin avant de rentrer. Les bombes sont armées en vol sur ordre du chef de dispositif. Au moment propice, le leader commande l'armement des munitions qui consiste à tirer une poignée située en bas du tableau de bord. Le câble libère l'éolienne d'armement des fusées de bombes. Ce système simple a le principal défaut de ne pas être réversible. Une fois armé, un choc important peut détacher une des bombes qui explose presque à coup sûr. Plusieurs pilotes dans l'obligation de le faire vont en faire la difficile expérience. Le 13, on place des avions en bout de piste, les pilotes prennent l'alerte malgré le vent, le froid, le brouillard glacé et tenace.

Accident du Slt de Pradel :

Le 20, début des opérations pour réduire la poche d'Alsace. Le 21, après une mission infructueuse en raison du temps, la mission du Cne Goupy largue ses bombes dans l'étang de Chaussin. Le P-47D-26 (codé "95" serial 42.28330) du Slt Coutray de Pradel en profite pour le lâcher. Son moteur donne 3 explosions, s'arrête. L'avion s'enfonce aussitôt et le pilote ne peut que le poser droit devant. Il ne trouve qu'une petite bande sur la berge d'une île du Doubs, touche, continue, le train rentre et la course se termine au milieu du fleuve. Le P-47D, toujours porteur de ces 2 bombes de 500 Lbs est détruit. Cet avion restera sur place jusqu'aux années 80. Une tentative pour le sortir de sa gangue de sable et de gravier échouera, l'épave se brisera en morceaux, seul le moteur sera récupéré.

Slt Coutray de Pradel, pilote de la 2ème escadrille du Gc 1/4 "Navarre" - Le 21 janvier 1945, le moteur du P-47D-26 serial 42.28330 codé "95" tombe en panne - Son pilote, le Slt Coutray de Pradel en est quitte pour un bain forcé dans le Doubs - Il a dû avoir froid - Photo collection Albin Denis source Sgt Maurice Pochet que je remercie pour son aide.

P-47D-26 serial 42.28330 codé "95" du Slt Coutray de Pradel, pilote de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Cet avion a été détruit au retour d'une mission, le 21 janvier 1945 - En panne moteur, l'avion a terminé sa course d'atterrissage dans le Doubs où il a été abandonné sur place - Dessin Albin Denis.

P-47D-26 serial 42.28330 codé "95" du Slt Coutray de Pradel de la 2ème escadrille plongé dans le Doubs, le 21 janvier 1945 - En panne moteur, l'avion a terminé sa course d'atterrissage dans la rivère où il a été abandonné sur place - Photo collection Albin Denis source LcL René Freund que je remercie pour son aide.

Mort du Slt de la Chapelle :

Le 22, au cours d'un vol d'entraînement avec le Slt Meunier, le Sgt de la Chapelle perd le contrôle de son avion après une évolution serrée. Il a du perdre connaissance et se réveiller trop tard. Le P-47D-27 (codé "86" serial 42.26876) percute prés de la chaîne des Goupis (Jura). Le pilote est tué et son avion détruit. Le même jour, deux nouveaux Thunderbolt arrivent au GC 1/4. Malheureusement, à l'atterrissage, le Ltt Chanet oublie de sortir le train de son P-47D-30 (serial 44.20371) et se pose sur le ventre. Les dégâts sont mineurs.

Biographie du Sgt Adhémar Gaston Albert Morel de la Colombe de la Chapelle - Né le 15 avril 1910 à Pierrelatte (Drôme) - Nommé Sergent - Brevet de pilote militaire n° 24.309 obtenu au EFSOPN d’Istres (Bouches-du-Rhône), le 5 juillet 1934 - Le 22 janvier1945, au cours d’un vol d’entrainement, en compagnie avec le Slt Meunier, il perd le contrôle de son P-47D-27 (codé " 86 " serial 42.26876) après une évolution serrée - Il a dû perdre connaissance et se réveiller trop tard - L’avion percute près de la chaîne des Goupis (Jura) - Le pilote est tué et son avion détruit - Sources : Mémoire des Hommes (AI 1Mi 28) - Liste des brevets militaires - Historique EC 1/3 " Navarre " - Dernière mise à jour 17 mars 2020.

P-47D-30 (serial 44.20371) posé sur le ventre par le Ltt Jean Chanet sur le terrain de Dôle-Tavaux, le 22 janvier 1945 - Arrivé tout droit de Casablanca avec un avion neuf, Chanet oublie de sortit le train à l'atterrissage - Heureusement, l'avion est solide et les dégats minimes - Le P-47D reprendra vite le combat après être passé dans les mains expertes de la mécanique - Photo collection Albin Denis source Lcl André Freund que je remercie pour son aide.

Nombreux dégats de la Flak :

Le 24, en atterrissant à Dôle, après la mission météo, le Ltt Bertin pose son P-47D-27 (code "90" serial 42.26870) sur le ventre, la jambe de train droit refusant obstinément de sortir. Le 26, le P-47D (code "93") du Ltt Chappuis reçoit un obus dans l'aile droite, pendant un straffing sur la lisière de la forêt de Bolwiller. Il rentre avec un énorme trou dans sa voilure. Trois P-47D arrivant de Naples, sont perçus par le groupe (dont les serial 674 et 707). Le 30, en attaquant, le P-47D (serial 674) du Sgc Guillemot est touché par la Flak. Il rentre avec un bout d'aile et un aileron endommagé.

Le 1er février 1945, au cours d'une mission contre un pont routier, la cible ne peut être vue en raison de la météo. Les avions larguent leurs bombes sur un village des environs. La Flak touche plusieurs avions du dispositif mené par le Cne de Pins. Les avions touchés en première catégorie sont les P-47D (serial 037) du Cne de Pins et Cne Hirschauer (serial 884). A la fin de la 2ème mission de la journée, les avions larguent leurs bombes en "Egg Basket" sur l'Allemagne, avec l'autorisation de la station de guidage américaine Boxcar.

Ps : Boxcar, Rennedy, Kosher, Choxline sont les indicatifs des stations de contrôle US.

Mission Eeg Basket :

L'Eeg Basket est une technique pour se débarrasser des bombes quand le temps est bouché. Les avions se mettent en échelon refusé (à l'enculette), prennent le cap donné par la station de contrôle et larguent leurs munitions au top dans un piqué à la verticale.

Le lendemain, c'est au tour des P-47D des Ltt Bertin (serial 673), Cne Fabry (serial 665), Ltt Dugard (serial 382) d'être touchés en 1ére catégorie par la Flak. Le 673 pendant l'attaque du village de Hugelheim, les 665 et 382 pendant la mission AO 85.

Le Sgc André Manzac examine les dégats occasionnés par la Flak au P-47D-30 (serial 42.0382 codé "U" baptisé "Ltt Leroux") piloté par le Ltt Dugard de la 2ème escadrille pendant la mission AO 85 sur la région de la forêt de Hartz, le 2 février 1945 - L'avion est rentré au terrain de Dôle-Tavaux - Les dégats causés par l'obus allemand sont nettement visibles - Photo collection Albin Denis source Adc Pierre Fricker que je remercie pour son aide.

Gros dégats d'un tir de la Flak sur l'aile droite d'un P-47D de la 2ème escadrille - Les réparations sont trop importantes pour être effectuées au 1er échelon - L'aile est à changer et seul un équipement adapté permettra de remettre l'avion en ligne de vol - Chque mois, c'est une moyenne de 5 P-47D neufs qui sont livrés au 1/4 à Dôle-Tavaux - Photo collection Albin Denis source Adc Pierre Fricker que je remercie pour son aide.

Les codes avions changent :

Au début février 1945, le GC 1/4 "Navarre" étant passé sous le commandement de la 3ème escadre de chasse du Cdt Jean Machet de la Martinière, les codes avions changent progressivenent. Auparavant, les P-47D de la 4ème escadre de chasse, sous commandement américain, étaient codés par une combinaison de chiffres allant de 70 à 99. Désormais, les P-47D du groupe, sous commandement national, seront codés d'abord d'une lettre code de A à Z, puis vers avril-mai 1945, d'un code complet en 3U + A à Z. Le + marquant l'emplacement de la cocarde de fuselage. Sur les carnets de vol, on constate que l'adoption des lettres code A à Z, sur les avions, est terminée, le 27 février 1945.

Cne Gérard de Pins, commandant du GC 1/4 "Navarre" du 1er janvier 1945 au 1er avril 1946, date à laquelle il passe le commandement de l'unité à son second, le Cne Claude Goupy - Photo ECPA / SIRPA du fort d'Ivry que je remercie pour son aide.

P-47D-30 serial 44.20682 codé "Z" du Cne Gérard de Pins, commandant du GC 1/4 "Navarre" du 5 décembre 1944 au 1er avril 1946 - Photo collection Albin Denis source Ltt André Didion que je remercie pour son aide.

P-74D-30 serial 44.20682 codé "Z" du Cne Gérard de Pins, commandant du GC 1/4 "Navarre" au début 1945 - Cet avion a effectué 88 missions de bombardement - Il porte les fanions des deux escadrilles du GC 1/4 - Les vues de détails montrent la lettre d'identification Z reprise sur l'avant des lance-bombes, les 88 bombes symbolisant autant de missions et le marquage donnant le numéro de série de l'appareil situé sous le montant avant de la verrière - Dessin Albin Denis.

P-47D-30 serial 44.20365 codé "X" de l'état-major du GC 1/4 "Navarre" au début 1945 - Les surfaces plus claires révèlent les parties changées, ici la dérive, le capot moteur et la verrière - Cet avion a effectué 40 missions de bombardement - Il porte deux réservoirs largables de 150 gallons - Dessin Albin Denis.

Accident du Cne Boitelet :

Le 3, alors qu'il décolle de Dôle pour un vol de prise en main, le P-47D-27 (codé "E" serial 42.26873) piloté par le Cne Boitelet est victime d'ennuis de carburation. Le colonel Boitelet nous raconte son expérience : "Au décollage, j'ai eu une panne. J'ai pu cependant arracher mon P-47 au bout de piste, rentrer le train, le maintenir au second régime jusqu'à un champ propice dans l'axe de la piste. Le feu a pris pendant le crash qui s'est bien passé." Le bidon ventral, écrasé pendant l'atterrissage forcé, prend feu. L'incendie se communique à tout l'avion qui brûle entièrement. Le capitaine, qui a réussi à évacuer le 873, est indemne.

Biographie du Cne Hubert Raymond Marcel Boitelet - Né le 7 décembre 1911 à Panderma (Turquie) - Fils de René Alexandre Jean Baptiste Boitelet (observateur de l’escadrille R 213) et de Mme XXX - Domiciliés rue du Château à Bergerac, à compter du 16 septembre 1938 - Elève boursier de l’école de pilotage Caudron d’Ambérieu - Brevet de pilote militaire n° 23.348 obtenu à l’école de pilotage Caudron d’Ambérieu, le 23 juillet 1931 - Engagé en septembre 1931 - Affecté au 2ème groupe aérien d’Istres, le 5 novembre 1931 - Pilote du GC I/5 stationné à Lyon (Rhône) - Nommé Sergent en 1932 – A obtenu son brevet de pilote de 2 ème dégré, par équivalence en janvier 1935 - Pilote du GC I/7 à Dijon (Côte d’Or) en septembre 1937 - A réussit le concours de l’Ecole militaire de l’Air, le 2 juillet 1937 - Elève de l’école de l’air, centre école de Versailles (Yvelines), caserne des Petites-Ecuries, à compter du 17 juillet 1937 - Admis au cours des sous-officiers élèves officiers, le 24 août 1937 - Nommé Sous-lieutenant, le 15 septembre 1938 - Pilote de la 2ème escadrille du GC I/5 en septembre 1938 - Nommé Lieutenant en 1939 - 1ère victoire homologuée, en collaboration avec le Sgc Tallent du GC I/5, les Slt Stenou et Sgc Boymond du GC III/6, l’Adj Delarue du GC III/7, contre un Dornier Do 17P du 4(F)./22 abattu dans les environs du Mont Cornillet, à l’Est de Reims (Marne), le 11 avril 1940 - 2ème victoire homologuée, en collaboration avec le Sgc Tallent du GC I/5, contre un Messerschmitt Me 109 abattu au Nord de Montmédy (Meuse), le 12 mai 1940 - Croix de guerre avec palme et citation à l’ordre de l’armée aérienne, en date du 15 mai 1940 - Au retour, 3ème victoire homologuée, en collaboration avec le Sgc Tallent et le Sgc Delparte contre un Heinkel He 111 isolé contraint d’atterrir sur le ventre, le 15 mai 1940 - L’équipage allemand est fait prisonnier – Boitelet a tiré 1600 cartouches - 4ème victoire homologuée, en collaboration avec le Ltt Vybiral et le Sgc Bressieux, contre un Heinkel He 111 du KG 55 abattu dans les environs de Langres (Haute-Marne), le 5 juin 1940 - 5ème victoire homologuée, en collaboration avec le Slt Brian, le Sgc Tallent, le Cal Kothera, contre un Henschel He 126 abattu dans les environs de Les Riceys, le 16 juin 1940 - Citation à l’ordre de l’armée aérienne, en date du 23 juin 1940  - Chevalier de la Légion d’Honneur et citation à l’ordre de l’armée aérienne, en date du 24 juin 1940  - Placé en congé d’armistice, le 15 décembre 1940 - A perçu un avion neuf à Bourges - Traverse seul la méditerranée aux commandes de son Curtiss H-75, il rejoint le GC I/5 déjà sur place - Nommé commissaire de police de 4 ème classe de la 19 ème brigade régionale de police mobile à Annecy - Réintègre l’armée de l’Air - Pilote de la 3 ème escadrille du GC II/8 sur Bloch 152 en août 1941 - Démobilisé en décembre 1942 - Intègre la résistance en Dordogne - Passe en Afrique du Nord en décembre 1944 - Stagiaire au centre d’instruction de chasse de Meknès - Victime d’un grave accident aérien au décollage, aux commandes d’un Dewoitine D 520 - Remise de ses blessures, effectue le stage de transformation sur P-47D Thunderbolt - Pilote du GC I/4 " Navarre " sur P-47D Thunderbolt de janvier à mai 1945 - Nommé Capitaine en 1944 - Le 3 février 1944, après avoir décollé du terrain de Dôle-Tavaux, pour un vol de prise en main, le P-47D-27RE serial 42.26873 codé 3U+E est victime d’ennuis de carburation - Boitelet réussit à arracher son avion en bout de piste, rentrer le train et le maintenir au second régime jusqu’à un champ propice dans l’axe de la piste - Le bidon ventral, arraché pendant l’atterrissage forcé près de Chaussin (Jura), prend feu et communique l’incendie à tout l’avion qui est entièrement détruit - Boitelet qui a évacué à temps est indemne - Effectue un total de 40 missions de bombardement et strafing au sein de cette unité - Commandant du groupe " Transformation " sur Arado 96 et Sipa 11 à Cognac en fin 1945 - Nommé Commandant, le 1 er octobre 1949 - Commandant de la division " Instruction " de l’école de Marrakech - Commandant en second de la base aérienne 136 de Friedrichshafen (Allemagne), le 16 octobre 1951 - Commandant des moyens généraux de la base école de Meknès (Maroc) en août 1953 - Commandant du sous-groupement opérationnel du Maroc, stationné à Oudja (Maroc) en 1955 - Chef du 3 ème bureau " Réserves " de l’état-major de la 3 ème région aérienne en septembre 1956 - En retraite, le 1 er janvier 1959 - A effectué des périodes volontaires dans la réserve - Nommé Colonel dans la réserve, le 1 er octobre 1967 - Vice-président de l’aéroclub de Bergerac - Décédé le 21 août 2009 - Sources : Liste des brevets militaires - Historique de l’EC 1/3 " Navarre " - Témoignage du Col Hubert Boitelet du 9 juin 1993 - Site des archives départementales de Paris pour la fiche matricule de son père - Site internet " Mémoire des Hommes " - Ils étaient là de Paul Martin - Les As de la guerre 1939-1945 - JORF - Revue Les Ailes - Revue L’Aérophile - Revues Icare La drôle de guerre (n° 53) et La chasse (n° 55) - Dernière mise à jour : 10 avril 2020.

* Croix de guerre avec palme et citation à l’ordre de l’armée aérienne du Slt Hubert Boitelet, pilote du GC I/5, en date du 15 mai 1940 : " Chasseur ardent et tenace. Le 11 avril 1940, chef de patrouille légère, a intercepté un avion de reconnaissance ennemi, l’a poursuivi sur une centaine de kilomètres et a contribué à l’abattre en flammes. S’était déjà conduit courageusement au cours de deux précédents combats. "

* Citation à l’ordre de l’armée aérienne du Slt Hubert Boitelet, pilote du GC I/5, en date du 23 juin 1940 : " Le 12 mai 1940, équipier d'une patrouille double, prend en chasse un peloton de dix-huit bombardiers et en abat deux avec le concours de ses coéquipiers. "

Chevalier de la Légion d’Honneur et citation à l’ordre de l’armée aérienne du Slt Hubert Marcel Boitelet, pilote du GC I/5, en date du 24 juin 1940 : " Officier pilote de chasse allant, enthousiasme et d’une ténacité digne d’éloges. Le 5 juin 1940, a intercepté un groupe de vingt bombardiers protégés par dix chasseurs allemands et a abattu avec le concours des membres de sa patrouille, un Heinkel 111, puis, le 15 juin 1940, a abattu un Henschel 126 en collaboration avec ses équipiers. A abattu au total cinq avions avec l’aide de ses équipiers. "

Deux avions abattus :

Le 4, le temps est brumeux. L’ordre est donné de réaliser une mission d’appui direct. Le Cne Hirschauer, pilote du groupe en 1940, y participe. Il se rappelle : "Briefing devant la carte tachée des emplacement de Flak, barrée par la position des troupes. C’est la fin de la campagne d’Alsace. Venant du sud et du nord, les alliés ont fait leur jonction à Colmar. L’ennemi résiste désespérément le jour pour permettre au gros de ses troupes de passer le Rhin à la faveur de la nuit. Tous les ponts sont coupés; dès le soir, avec des péniches amarrés le long du fleuve, les allemands refont les ponts de bateaux. Ce sont les fameuses portières du Rhin terriblement défendues. Les huit pilotes de la mission sont là, équipés, attentifs, le leader explique la mission : bombardement de Bremgarten, point de passage important des unités allemandes qui se replient, puis straffing donné en l’air par Rennedy, la station avancée, qui nous transmet les ordres des unités terrestres. Tout le monde sauta dans la Dodge, en route pour les avions. Je suis équipier du chef du 2éme flight. Besançon, Mulhouse défilent ; nous sommes à 10.000 pieds. Au sol, tout est blanc de neige. De gros cercles noirs nous encadrent, parsemés de quelques éclatements rouges. Le Rhin est passé, l’objectif, un gros village, est devant nous. « Attention, formation de bombardement, armez vos bombes ! départ"

Les avions du premier flight basculent à la file et plongent à la verticale. La Flak couvre maintenant le ciel. A 6000 pieds, les bombes sont larguées. Les avions redressent ensuite en passant dans les flocons. La station de guidage donne ensuite l’autre objectif : ‘Straffing d’une portière de pont à hauteur de Bremgarten, c’est un sale coin. Tant pis. Le Rhin est bordé d’une bande boisée dans laquelle les allemands s’entassent avec leurs véhicules pour les dissimuler à nos feux et leur faire passer le Rhin dès la tombée de la nuit. Dans cet espace étroit, des armes de tous calibres nous attendent. Notre dispositif s’est mis en ligne. Les 8 avions plongent de front, le sol se rapproche, nous ouvrons le feu. Les gerbes de traçantes s’enfoncent dans le bois. L’ennemi riposte durement. Nous passons dans un vrai feu d’artifice. J’ai a peine le temps de voir à gauche une grosse boule de feu percuter le sol’.

Le P-47D (serial 44.20665) du Sgt Lecea est touché de plein fouet et tombe en flammes au sud-est de Neuf-Brisach. Le pilote est tué.

Biographie du Sgt Emile Michel Lécéa - Né le 5 septembre 1920 à Pellegrue (Gironde) - Nommé Sergent - Brevet de pilote militaire n° 30.355 obtenu sur avion bimoteur au CFPN Amérique, le 12 mars 1944 - Pilote du GC 1/4 " Navarre " du XXX au 4 février 1945 - Après avoir décollé du terrain de Dôle-Tavaux (Jura), lors d’une mission de strafing sur un pont aux environs des Bremgarten (Allemagne), son P-47D-30-RE serial 44-20665 est touché par la Flak, le 4 février 1945 - En flammes, l’avion percute le sol et explose près du village d’Obersaasheim, à 3 km du sud-est de Neuf-Brisach (Haut-Rhin) - Le pilote est tué - Emile Lécéa a été initialement inhumé dans le cimetière du village - Il repose désormais dans le cimetière communal du Puy (Puy-de-Dôme) - Sources : Mémoire des Hommes (AI 1Mi 28) - Site internet France Crashes 39-45 - Site internet Aérostèles - Dernière mise à jour 17 mars 2020.

Le Cne Hirschauer reprends : "J’entends le ring assourdi d’un éclat qui a touché mon avion. J’ai l’impression que je ne sortirai jamais de cette zone infernale, encore un ring, je suis passé. Je suis comme après un gros effort."

Son P-47D (serial 44.20809), bien que gravement touché au radiateur d’huile, se traîne en basse altitude jusqu’à Colmar. Le capitaine pose son Thunderbolt train rentré, sur le bidon ventral, au nord de la ville. Il est indemne.

Biographie du Cne Jean Louis Edouard Marie André Hirschauer - Né le 28 janvier 1915 - Fils de Charles Hirschauer (conservateur de la bibliothèque de Versailles) et de Thérèse Prat - Elève de l’école spéciale militaire de Saint-Cyr suite au concours de 1933 - Brevet de pilote militaire n° 25.319 obtenu au centre école d’Avord, le 25 septembre 1936 - Affecté à la 4 ème escadre d’aviation légère de Reims - Marié avec Mlle Alice Morel, le 23 avril 1937 - Pilote de la 1 ère escadrille du GC I/4 du (avant 1939) au 10 mai 1940 - Le 22 novembre 1939, 1ère victoire homologuée, en coopération avec le Ltt André Weis, contre un Heinkel He 111 (5J + FA) du STAB / KG 4 de Quackenbruck - L’équipage allemand est contraint de poser le bombardier sur le ventre dans les environs de Wevelgem (Belgique) - Le pilote est indemne mais les trois membres d’équipage qui ont sautés en parachute au-dessus de la mer, se sont noyés - Croix de guerre avec palme et citation à l’ordre de l’armée aérienne, en date du 7 mars 1940 - Commandant de la 1 ère escadrille (traditions de l’escadrille SPA 95 de la Grande Guerre) du GC I/4 du 10 au 17 mai 1940 - 2ème victoire homologuée, en coopération avec sept pilotes du GC I/4, contre un Heinkel He 111 abattu dans la région de Halle (Belgique), le 11 mai 1940 - Le même jour, après avoir décollé du terrain de Dunkerque-Mardyck (Nord), le Curtiss H-75 A1 n° 71 immatriculé " X-870 ", qu’il pilote, est endommagé pendant un combat contre des Messerschmitt Me 109 - Il pose son avion sur le ventre et n’est pas blessé - Une victoire non homologuée ou probable contre un Me 109 contraint d’atterrir dans les lignes françaises de la 7 ème armée (Belgique), le 17 mai 1940 - 3ème victoire homologuée, en coopération avec 8 pilotes du GC I/4, contre un Me 109E abattu dans la région de Halle (Belgique), le 11 mai 1940 - Blessé au cours d’un combat aérien, le 17 mai 1940 - Contraint de faire un atterrissage forcé à Clinge, près de Hult (Pays-Bas) - Il a pu regagner la base - Citation à l’ordre de l’armée aérienne, en date du 26 mai 1940 - Nommé Lieutenant, le 15 juin 1940 - Chevalier de la Légion d’Honneur et citation à l’ordre de l’armée, en date du 24 juin 1940 - Trois victoires homologuées et une probable pendant la campagne de France de 1939-1940 - Le 4 février 1945, au cours d’une mission sur Bremgarten (Allemagne), après avoir décollé du terrain de Dôle-Tavaux, le P-47 D-28RE serial 44-20809 codé 3-U ? du GC 1/4 " Navarre " qu’il pilote, est touché par la Flak - Hirschauer est contraint de faire un atterrissage sur le ventre dans les alentours de Jebsheim (Haut-Rhin), à 10 km au nord-est de Colmar - Il est indemne - Repose dans le cimetière Montparnasse à Paris 14 ème (75) - Sources : Liste des brevets militaires - Site internet Armée de l’air française 1939-1940 - Livre Mémorial de l’aéronautique - Site internet France Crashes 39-45 - Revue Les Ailes - JORF - Dernière mise à jour : 15 mars 2020.

* Croix de guerre avec palme et citation à l’ordre de l’armée aérienne du du Ltt Jean Louis Edouard Marie André Hirschauer, pilote du groupe de chasse I/4, en date du 7 mars 1940 : " Officier pilote de chasse de tout premier ordre. Chef de patrouille adroit. Animé des plus belles qualités de bravoure et de sang-froid. Le 22 novembre 1939, a attaqué un avion de reconnaissance ennemi à 7000 mètres d’altitude. A réussi à l’aide de son équipier, a abattre cet avion après 17 minutes de combat. N’a pas hésité à se placer à plusieurs reprises à très courte distance sous le feu des mitrailleurs ennemis, pour obtenir une décision "

* Citation à l’ordre de l’armée aérienne du Ltt Jean Louis Edouard Marie André Hirschauer, pilote du groupe de chasse I/4, en date du 26 mai 1940 : " Magnifique combattant de l’air. S’est dépensé sans compter durant les journées des 11, 12 et 13 mai, au cours desquels il livra quatre combats, rentrant deux fois avec des balles dans son avion. Le 11 mai, a attaqué le premier et gravement endommagé un Heinkel 111 qui a été abattu par la suite. Le 12 mai, a attaqué un Heinkel 111 qui a réussit à s’échapper dans un nuage, bien que semblant atteint. "

* Chevalier de la Légion d’Honneur et citation à l’ordre de l’armée aérienne du Ltt Jean Louis Edouard Marie André Hirschauer, pilote du groupe de chasse I/4, en date du 24 juin 1940 : " Officier pilote d’une valeur et d’un enthousiasme inébranlables. A pris part à tous les engagements de son unité en Belgique et en Hollande. Le 17 mai 1940, au cours d’un dur combat livré contre un adversaire supérieur en nombre, a été abattu en flammes à la tête de sa patrouille. Grièvement blessé, puis fait prisonnier, s’est évadé pour rejoindre son unité alors qu’il était à peine remis de ses blessures. A réussi, malgré les plus grandes difficultés, à regagner le territoire ami après avoir franchi plus de 500 kilomètres en territoire occupé par l’ennemi. Déjà deux fois cité (deuxième victoire). "

Trois autres P-47 du GC 1/4 ont été touchés par la Flak : le P-47D du Sgt Gille ramène une multitude d'impacts dont un trou dans le fuselage à l'emplanture de la queue pouvant laisser passer un homme sans toucher les bords, le 357 du Sgt Barberis lui aussi criblé, revient avec un bout d'aile en moins et le 055 du Cne Boitelet, touché par un obus de 20 mm qui lui a coupé un bout de cylindre et un autre de 37 mm qui lui fait un trou de 80 cm dans la queue au niveau du turbo, l'avion est rentré péniblement.

Deux tués au GC 1/5 "Champagne" :

Le GC 1/5, en opérations dans le même secteur, perd le Cdt Marin la Mélée, l'As des As de la campagne de 1940 et le Sgc Pierre Uhry. Ils sont abattus par la Flak qui a fait des ravages, ce jour là, au sein de la chasse française.

Bilan de la campagne de France du 15 août 1944 au 10 février 1945 :

* 154 missions dont 33 en coopération, 1026 sorties pour 2430 h 50 de vol, 336 t 30 de bombes lancées, 32 t larguées.

* 1 avion détruit au sol, 4 ponts de voies ferrées détruits, 10 endommagés, 31 coupures (cut) de voies ferrées, 39 locomotives détruites, 17 endommagées, 224 wagons détruits, 327 endommagés, 1 pont de route détruit, 6 endommagés, 32 coupures de route, 135 camions détruits, 107 endommagés, 1 citerne détruite, 1 endommagée, 3 remorques détruites, 6 endommagées, 32 voitures légères détruites, 20 endommagées, 19 voitures hippomobiles détruites, 13 endommagées, 1 canal endommagé, 1 centrale électrique détruite, 6 péniches détruites, 65 endommagées, 1 usine détruite, 2 gares détruites, 4 endommagées, 3 bâtiments industriels détruits, 5 endommagés, 1 hangar détruit, 2 entrepôts détruits, 1 caserne détruite, 82 maisons détruites, 37 endommagées, 5 portières de pont détruites, 2 endommagées, 2 bacs détruits, 1 ouvrage militaire détruit, 2 blindés détruits, 4 endommagés, 5 batteries d'artillerie ou de Flak détruites, 5 endommagées, 2 concentrations de troupes bombardées avec succés, 3 escortes de bombardiers accomplies.

* Pertes avions : 10 avions perdus ou détruits par la Flak, 4 avions perdus ou détruits par accident, 20 touchés par la Flak avec des dégâts de 2ème catégorie, 29 touchés par la Flak avec des dégâts de 1ère catégorie.

* Pertes humaines : douze pilotes tués : Cne Auber, Lcl Fanneau de la Horie, Ltt Soubeirat, Sgc Le Brun, Cdt Arnaud, Sgt Boudon, Sgt Joubard, Sgc Casabonne, Asp Decagny, Sgt Vincent, Sgt de la Chapelle, Sgt Lecea et deux pilotes portés disparus : LV Graignic, Cne Maurin.

Mort du Cne Allard :

Le 12 février, le Groupe touche trois nouveaux P-47D. Le 13, pendant une mission AO 81, deux P-47D sont à nouveau touchés par la Flak allemande. Les avions des Cne Fabry (codé "C" serial 44.33674) et Sgt Heurtaux (codé "T" serial 045) rentrent avec des dégâts de 1ére catégorie. Le 14, au cours du bombardement d'un pont de voie ferrée prés de Offenbourg, les P-47D-30 des Cne Allard (serial 44.20705) et Slt de Pradel (serial 44.20684) de la 2ème Escadrille entrent en collision et s'écrasent au sol. Le pilote du 684 réussit à sauter dans les environs de Mosbach, au sud d'Achern. Fait prisonnier, il reviendra au groupe, le 13 mai 1945. Le 705 est parti en piqué en dégageant une épaisse fumée blanche et percute presque à la verticale, prés de Haft (entre Bulh et Achern). Le Cne Allard est tué.

Biographie du Cne Antoine Marie Allard - Né le 19 septembre 1920 à Paris 15 ème (Paris) - Elève de l’école d’air en 1938-1939 - Nommé Sous-lieutenant, le 2 septembre 1939 - Brevet de pilote militaire n° 28.476 obtenu à l’école de l’air de Bordeaux (Gironde), le 25 novembre 1939 - Pilote de la 2 ème escadrille du GC 1/4 " Navarre " du XXX au 14 février 1945 - Le 14 février 1945, au cours d’une mission de bombardement d’un pont de voie ferrée près d’Offenbourg, les P-47D-30 serial 44.20705 du Cne Allard et du P-47D-30 serial 44.20684 du Slt Coutray de Pradel entrent en collision et s’écrasent - De Pradel réussit à sauter en parachute, dans les environs de Mosbach, au sud d’Achern, et est fait prisonnier - Il ne rejoindra le GC 1/4 que le 13 mai 1945 - L’autre P-47D, parti en piqué en dégageant une épaisse fumée blanche, s’écrase presque à la verticale au lieu dit " Haft " à Ottersweier (Allemagne), le 14 février 1945 - Le Cne Allard a été tué - Le 8 août 2015, des fouilles entreprises par Uwe Benkel de l’association recherche de disparus ont permis de retrouver une partie de l’épave dont le moteur, à 8 mètres de profondeur - Le corps du pilote n’a pas été retrouvé - Une délégation de l’escadron de chasse 1/3 " Navarre ", héritier direct du GC 1/4 " Navarre " a participé aux fouilles - Sources : Mémoire des Hommes (AC 21 P 6027) - Liste des brevets militaires - Historique EC 1/3 " Navarre " - JORF - Site internet Aerostèles - Dernière mise à jour 17 mars 2020.

* Chevalier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre et citation à l’ordre de l’armée du Cne Antoine Marie Allard du groupe de chasse 1/4 " Navarre ", en date du 18 avril 1946 : " Magnifique officier pilote de chasse, fanatique de son métier. S’est rapidement imposé par sa fougue et son adresse au combat, comme un des plus brillants chefs de dispositifs. Au cours de quarante-huit missions de Tactical sur les fronts d’Italie et d’Allemagne, détruisit un important matériel ferroviaire et routier. Mort au champ d’honneur, le 14 février 1945, au retour d’un bombardement d’un pont de voies ferrées d’une importance capitale pour l’ennemi et défendu par une DCA des plus meurtrières. "

Adc Henri Liautard, chef-pilote de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain de Dôle-Tavaux au début 1945 - Son P-47D-28RA serial 42.28363 codé 3U + U - Photo collection Albin Denis source Sgt Maurice Pochet que je remercie pour son aide.

Devant le tableau des opération du GC 1/4 "Navarre" du 15 février 1945, le Cne Claude Goupy, commandant en second du GC 1/4 et le Ltt Joseph Schmiederer, officier mécanicien du groupe depuis la campagne de 1940 - Sur ce tableau, qui comprend tous les avions du groupe, on peut noter les lettres d'identification, ainsi que les trois derniers chiffres du serial avion - C'est d'ailleurs l'utilisation systématique de ces trois chiffres du numéro avion qui a compliqué les recherches - En effet, sur les cahiers d'ordres, on trouve, soit les lettres d'identification (ex : A, T, X, Z), soit les trois derniers chiffres du serial (ex: 045 pour le 42.20045) et pratiquement jamais l'association des deux - Il est donc difficile d'associer les deux et de donner des listes complètes - Photo collection Albin Denis source Cdt Roger Desplanques que je remercie pour son aide.

Ltt Christian Linteau, pilote de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Trouve la mort, près de Weingarten, le 24 février 1946 - Photo collection Albin Denis

P-47D-28 serial 42.29363 codé 3U + U du Cne Christian Linteau de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" en mai-juin 1945 - Cet avion emporte deux bombes à fragmentation AN.M 81 de 260 Lbs - Dessin Albin Denis.

Accueil des jeunes pilotes :

Le 19, six pilotes, formés en Amérique, sont affectés au Groupe. Les premiers à se présenter sont les aspirants Lete et Petitpoisson. Le Lcl Lete nous raconte son arrivée au 1/3 : " Nous nous rendons sur le terrain de Dôle-Tavaux où est stationné le groupe. Nous demandons à voir le Commandant de Groupe, car nous sommes deux jeunes pilotes affectés au "Navarre". On nous répond qu’il est en mission, que ce n’est la peine de l’attendre, que nous ferions mieux d’aller à l’hôtel où se trouve notre logement et où nous retrouverons tout le monde. Une fois à l’hôtel, arrive, comme par hasard, l’Asp Ménard , un ancien d’Amérique. Il nous indique nos chambres où nous nous installons. Nous avons des lits de camp américains et nos cantines. Nous sommes plusieurs par chambre. Une fois installés, sommairement, nous rejoignons Ménard qui nous attend au bar pour nous présenter aux officiers du groupe. En premier, Ménard nous présente à un capitaine qui vient d’arriver, c’est le commandant du groupe. Accueil très chaleureux, très content de nous voir, il nous invite à prendre un pot. Nous trinquons avec un verre de vin blanc et il fait "cul sec", pas nous, nous nous contentons de ne boire qu’une petite gorgée. Il nous demande : "Qu’est ce que c’est ce travail ?" Au groupe, on boit "cul sec". Nous lui expliquons que nous arrivons des Etats Unis où nous n’avons pas bu d’alcool depuis plus d’un an. Il nous dit alors qu’au groupe, tous doivent faire cul sec et pour nous entraîner, il nous en fait faire au moins trois à la suite. A partir de ce moment là se produit une chose curieuse. Les officiers arrivent les uns après les autres, nous leurs sommes présentés et tous veulent trinquer avec nous. Résultat, au moment de se mettre à table, nous avons déjà fait, nous, au moins une douzaine de "culs secs". Pas eux, parce qu'après chaque présentation, ils s’esquivent les uns après les autres. Entre temps, arrive l’aumônier du groupe, le Cne Garello. C’est un emmerdeur, il ne veut pas que l’on déshabille les filles au mess (en réalité, c’est n’est pas l’aumônier, mais l’officier mécanicien). Nous étions très gênés d’entendre parler ainsi de l’aumônier.

Enfin arrive le moment de passer à table et je dis à Ménard, Heureusement que c’est fini, nous n’aurions pas tenu le coup bien longtemps. Mais, catastrophe, juste à ce moment là, le commandant de groupe nous appelle et nous fait asseoir à ses cotés, Petitpoisson à sa gauche, moi à sa droite. Pendant le repas a lieu une discussion entre un jeune sous-lieutenant (qui en réalité est le commandant de la 2éme escadrille) et l’as du groupe, le capitaine Durand, (en réalité, il n’est ni pilote, ni capitaine, il n’est que l’aspirant interprète chargé des relations avec les américains). Pendant le repas, nous apprendrons plus tard, que dans chacun de nos verres de vin blanc était ajouté un petit verre d’alcool. Ce qui devait arriver, arriva. Petitpoisson fut très digne jusqu’au moment où il s’écroula raide. Quant à moi, cela n’allait pas très bien, mais j’ai gardé jusqu’au bout une certaine dignité… Je repars sur mes jambes… si l’on peut dire, les couloirs n’étaient pas assez larges. Je fus obligé de rejoindre ma chambre en titubant et en remontant, tout seul, l'escalier, mais à quatre pattes. Je dus aller aux toilettes, crachant par tous les bouts, je suis malade comme un chien. Un sous-lieutenant, (en réalité le commandant de groupe) est venu me dire que je manquais de tenue. Il devait un peu s’inquiéter des suites que devaient avoir pour nous cet abus d’alcool.

Au réveil, j’avais un peu la gueule de bois. On m’emmena au PC du groupe qui se trouvait à Saint-Ylie, entre Dôle et Tavaux où se trouvait le terrain. Je fut convoqué par le commandant de groupe et fus reçu par un officier qui ne ressemblait en rien à celui avec qui nous avions mangé hier soir. Il était entouré d’un certain nombre d’autres officiers. Le capitaine me confirma que j’étais affecté à la "deux", me demanda des nouvelles de mon frère qu’il connaissait. Je commençais à me poser des questions et en sortant je demandais au planton comment s’appelait cet officier, et il me répondit : "le Capitaine de Pins , le commandant de groupe". J’ai vaguement pris conscience qu’il s’était passé des choses du coté des galons la veille au soir. Mais j’étais loin d’avoir saisi l’ampleur des permutations de grades. Pourquoi toute cette mascarade en temps de guerre. Je me suis posé la question et je pense avoir découvert plusieurs réponses : La première est qu’elle permet aux membres du groupe de se détendre, de compenser la tension des missions. La deuxième est que nous étions deux jeunes pilotes qui arrivions dans un ensemble cohérent, soudé où nous arrivions en étrangers et dans nos petits souliers. Cela nous a permis de nous sentir tout de suite accueillis et acceptés dans le groupe. Il y a peut-être une troisième réponse : c’est de permettre aux anciens de découvrir rapidement le caractère des nouveaux arrivants. Ils ne peuvent dissimuler pendant toute une soirée leur vrai caractère."

Le P-47D du Sgc Fauville part en fumée :

Le 22, à l'atterrissage à Dôle, après l'attaque de la gare de Haussach, le P-47D-30 (serial 44.20677) est la proie des flammes. Une odeur tenace d'essence avait envahie le cockpit et laissait présager une fuite. Le Sgc Fauville, son pilote, a le temps d'évacuer avant que l'avion ne soit entièrement détruit par le feu.

Personnels du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain de Dôle-Tavaux pendant le printemps 1945 - De gauche à droite debouts : Ltt Picamole (médecin), Slt Gilles Collin, Cne Hubert Boitelet, Cne Claude Goupy, Cne Christian Linteau, Ltt Jean Bertin, Ltt François Schmiederer (officier mécanicien) - Assis : Sgc Jacques Allain, Sgt Joseph Raquin, Sgt Astier, Sgc Ferdinand Bouchard - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo collection Albin Denis source Asp Jean Mineau que je remercie pour son aide.

L'Asp Lété échappe de peu à la mort :

Le même jour, l’Asp Lete effectue un vol de prise en main en compagnie de son commandant de groupe. Celui-ci s’en rappelle parfaitement : "Le Cne Fabry, mon commandant d’escadrille m’a emmené faire un vol de prise en main pour me faire connaître les procédures propres au groupe et à l’escadrille, et peut-être aussi, pour voir ce que j’avais dans le ventre. Toujours est-il, que nous voilà partis en vol tous les deux. Je devais suivre toutes ses évolutions et bien garder ma place d’équipier. A un certain moment, il m’a demandé de me mettre en échelon refusé pour un simulacre de mitraillage en piqué sur une charrette lorraine de paysan. J’ai pris ma position près de lui, mais je me suis mis trop près derrière et j’ai été pris dans son souffle au moment de la ressource. J’ai déclenché un tonneau sur la gauche, au ras du sol. C’est là que j’ai apprécié l’entraînement reçu aux USA. Ce n’est pas moi qui ai décidé. Ce sont les automatismes qui ont joué : un peu de manche à droite et avec un temps de retard un coup de palonniers à droite et j’avais rétabli ma ligne de vol. Honnêtement, ce n’est pas moi qui ait fait les manœuvres, mais les réflexes acquis au cours de mon écolage. Ce que je peux dire, c’est que je vois encore aujourd’hui défiler les sillons de labour, grandeur nature, au bout de mon aile. J’ai quand même eu un peu la frousse."

Le 24, pendant une mission de bombardement en Allemagne ayant pour but la gare de Loffingen, le P-47D piloté par l’Asp Lete est victime d’ennuis moteur. Il nous en parle : " C’était ma 2ème mission de guerre et je devais être l’équipier du Cne Fabry. Je volais sur le P-47D codé "I". Nous étions au-dessus de l’Allemagne entre 4000 et 5000 m d’altitude, à 40 km au sud-est de Fribourg-en-Brisgau. Nous étions aussi à 30 km de la frontière suisse. C’est à ce moment que mon moteur a choisi d’avoir des ratées, avec des explosions très importantes. C’était, comme cela s’est révélé au retour, un problème de carburation, l’avion a été indisponible 3 jours. J’étais assez inquiet, ne sachant trop que faire, prévenir mon chef de patrouille, je ne voulais pas le faire tout de suite. Après chaque cafouillage, je perdais un peu de terrain puis je rejoignais. J’ai attendu de voir si je pouvais quand même poursuivre la mission. Mais en attendant je cogitais ferme dans ma tête pour savoir, si en cas de besoin, il me serait possible de rejoindre la Suisse en planant ? 30 km de plané avec le P-47, cela n’était pas évident pour moi, même en partant de 4500 mètres d’altitude. Cela n’a pas été nécessaire et j’ai poursuivi la mission."

Au retour d'une reconnaissance armée, le 25, le Sgt Coppin est victime du même phénomène, émanations d'essence dans la cabine. Le moteur de son P-47D-28 (serial 42.26516) s'étouffe, crache des flammes. Il ne peut que couper au plus court, touche un tas de pierres qui arrache le train et le bidon. Le 516 s'arrête sur le ventre et prend feu aussitôt. Ici aussi, l'aviateur sort de sa carlingue à temps.

Pilotes de la 2ème escadrille et mécaniciens du GC 1/4 "Navarre" - De gauche à droite : Sgt Guillemot (pilote), Slt Liautard (pilote), Mazoyer (mécanicien derrière Liautard), Asp Ménard (pilote), Ltt Chanet (pilote), Sgt Heurtaux (pilote) et cinq mécaniciens avions dont les Sgts Louis, Bourreau, Jacquin - En arrière plan, le P-47D-30 serial 44.20672 codé "V" de la 2ème escadrille. Le 25 avril 1945, cet avion terminera sa carrière, quand une bombe, qu'il transporte, se décroche et explose. Le P-47D est complétement détruit mais son pilote, le Sgc Marchand, est indemne - Photo collection Albin Denis source Lcl André Freund que je remercie pour son aide.

Très tôt le matin et plusieurs fois dans la journée, les armuriers déposent devant chaque avion le chargement de la mission à venir - Les bombes de 500 Lbs sont roulées directement sur le sol et seront levées jusqu'aux lance-bombes par une civiève à bras pour hommes forts - L'avantage de cette méthode est le gain de temps mais se relève très vite comme usant pour les hommes - Il faudra toujours beaucoup de main-d'oeuvre pour assurer le chargement en bombes destinées aux nombreuses missions qui se succédent le long des journées - Le nombre de bandes jaunes sur les bombes identifient le type d'explosif - Photo collection Albin Denis sources Adc Pierre Fricker que je remercie pour leur aide.

Chargement des bidons de 150 gallons sur le terrain de Dôle-Tavaux - A gauche et les mains dans les poches : Adc Castelain, chef de piste, à droite, Sgt Henri Bertin et 2ème à partir de la droite : Sgt Marcel Mazoyer - Photo collection Albin Denis sources Lcl André Freund que je remercie pour leur aide.

Le P-47D serial 42.20037 codé "A" de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" en entretien moteur sur le terrain de Dôle-Tavaux - La zone de travail des mécaniciens est protégée sommairement des intempéries - Photo SIRPA / ECPA que je remercie pour leur aide.

L'accueil de l'Asp Mineau :

En cette fin de mois, quand il arrive au groupe, l'Asp Mineau est reçu par le Cne de Pins. Il a encore en mémoire son message d'accueil : "Soyez le bienvenu au Groupe de chasse Navarre. Compte tenu des pertes que nous subissons, vous serez rapidement chef de patrouille."
Ce message fort le faisait entrer de plein pied dans la réalité qu'il allait bientôt vivre. Son premier vol au groupe, une remise en mains du P-47, sera le plus périlleux de sa carrière. "Le responsable en est le belly tank (réservoir supplémentaire), nouveauté dont j'avais oublié la présence en dernier virage. A 800 pieds, les ailes au-delà de la verticale, l'avion décroche subitement et passe sur le dos. Je ne retrouvais des conditions normales de vol qu'au raz des cockpits d'une ligne de P-47 au sol. Le midi, au mess, je dois acquitter la plus forte amende prévue pour le rab de vie, un arrosage général."

Asp Jean Mineau, pilote de la 2ème escadrille - Photo collection Albin Denis source Asp Jean Mineau que je remercie pour son aide.

Un peu plus tard, une autre mésaventure va lui causer bien d'autres frayeurs : "J'ai un souvenir marquant d'une promenade laborieuse par le passage de mon moteur en survitesse au décollage. L'avion, toujours en phase d'accélération au sol, la vitesse déjà élevée et la longueur de piste restante interdisait l'arrêt dans les limites de celle-ci. Suit le décollage des sept tonnes à la limite extrême de la piste, avant d'avoir atteint la vitesse de décollage. L'avion est alors littéralement accroché à l'hélice dans une assiette très cabrée, la vue que j'ai vers l'avant est nulle, masquée par l'énorme moteur. L'hélice bloquée sur plein petit pas le moteur hurle, ma vitesse ne croit pas, je suis à une hauteur très faible et la moindre sollicitation sur la profondeur se traduit par les signes avant coureurs du décrochage. J'exclus le largage de mes bombes dites à composants nouveaux et pouvant exploser sans avoir été armées. Puis, je me trouve au-dessus d'un village, les toits à quelques dizaines de centimètres sous l'avion, puis le passage de la base du clocher de l'église à quelques mètres de mon aile droite. Sortit du survol du village, je passe deux lignes téléphoniques; survient alors, me barrant la route, une ligne de peupliers. Ne pouvant virer sur un court rayon, je maintiens le cap, essaye encore mais sans succès de gagner un peu de hauteur et percute les arbres à deux ou trois mètres de leur cime. L'avion fait alors, expérience jamais encore vécue, une descente à plat qui m'amène très, très près du sol, puis la marche en avant reprend ainsi que la hauteur perdue. Par nécessitée, je continue de garder l'aiguille du badin dans la plus grande fixité, gage de la poursuite du vol. La campagne maintenant dégagée sur la droite, j'engage un virage à très faible inclinaison et après un long 270°, je me retrouve à la verticale de l'extrémité de la piste que je découvre en la survolant. Puis nouveau circuit au jugé pour rejoindre l'autre extrémité en vue de l'atterrissage. En survolant une zone marécageuse, j'y largue mes bombes, je gagne en vitesse et en hauteur, ouvre le canopy libérant la fumée dense qui était concentrée dans le cockpit et je prépare la machine pour l'atterrissage. La suite se passe normalement. Merveilleux a été mon Pratt et Whitney pour avoir tenu sans la moindre défaillance dans des conditions hors normes vingt minutes durant."

Une journée qui commence :

Au cours de la nuit du 26 au 27, la température est descendue à -20 degrés au-dessous de zéro. Une équipe de mécaniciens assure la permanence et fait tourner les moteurs toutes les demi-heures afin de les préserver du grand froid. Ils sont tous tassés autour du brasero, à attendre que le jour se lève et que la première équipe de la journée arrive les relever. Les ordres arrivent à 4 heures du matin. L’officier de permanence se réveille en grognant et prend connaissance des missions à venir. Aussitôt, le bâtiment qu’occupe le groupe à Saint-Ylie entre en effervescence. Le caporal de service réveille les mécaniciens, les armuriers, les chauffeurs du garage, les cuisiniers. L’officier de jour part ensuite pour le "Grand Hôtel" de Dôle où sont logés les pilotes. Le briefing est à 6 heures et demie et le Dodge part dans une 1/2 heure. Le Ltt Schmiederer, officier mécanicien, démarre la Jeep et part immédiatement. Le Dodge pilote suit. Après un rapide petit déjeuner, les pilotes revêtent rapidement leur combinaison de vol et s’agglutinent autour du poêle qui chauffe. Dehors il fait tellement froid. Les officiers Ops et Rens sont partis à l’escadre pour ramener la liste des objectifs, les photos et les derniers détails sur les cibles à traiter. Dehors, il fait encore noir et il neige. Les armuriers, sous la direction de l’Adj Gardeur, s’affairent autour du porte-bombes. A 7 h 30, vingt P-47D doivent être équipés. Sitôt, les renseignements de l’escadre arrivés, le leader de la 1ére mission, le Cne Fabry, réunit ses pilotes pour le briefing. Il y a ici les Cne Fabry , Sgt Heurtaux , Sgc Marchand, Asp Petitpoisson, Cne Goupy, Asp Lete, Ltt Dugard, Slt Seguelas, Slt Meunier, Asp Menard , Ltt Chanet, Sgt Bertin.

Sgt Henri Bertin, pilote de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Photo collection Albin Denis source Lcl Henri Freund que je remercie pour son aide.

La situation tactique est la suivante : la 1ère Armée borde le Rhin de Bâle à Strasbourg. Les allemands, qui ont pu repasser le Rhin, tentent de se réorganiser. C’est ce qu’il faut empêcher. La mission des P-47D est de faire un maximum de coupures de voies ferrées et de détruire le plus grand nombre possible de locomotives et des wagons. Du point de vue météo, la situation n’est guère brillante. Le plafond est de 900 pieds et il neige. Beaucoup de secteurs sont couverts par de la Flak lourde : Lorrach, Neuenbourg, Fribourg, Haslach, Zell.

La première mission est dénommée AO 86, elle consiste en une reconnaissance armée sur la Forêt Noire et à l’attaque des voies ferrées du secteur. Les douze avions de la mission seront divisés en 3 patrouilles qui seront chacune chargées d’un secteur distinct. Il faut maintenant attendre l’ordre de décollage. Les pilotes sont en Stand-By à 1/2 heure. L’ordre arrive enfin à 11 heures. Les pilotes bondissent dans le Dodge qui attend devant la porte. Sur chacun des P-47, un mécanicien se dresse sur l’aile gauche. Parachute à la main, casque en tête et laryngophone, autour du cou, les pilotes se dirigent rapidement vers les avions. Quelques instants plus tard, les moteurs vrombissent, soulevant des trombes de neige. Un à un, les douze Thunderbolt s’arrachent et se rassemblent en formation de combat. Au sol, tous ceux qui assistent au départ sont envahis d’un drôle de sentiment mêlé d’admiration, de crainte et d’envie. Mais il faut vite se remettre au travail car d’autres missions vont partir. C’est le quotidien du groupe.

Les avions rentreront après avoir attaqué trois gares. Ils auront à déplorer un avion endommagé (codé "W") qui atterrira à Luxeuil. L’autre mission de la journée mettra, elle aussi, 12 avions en l’air. Ici encore, les voies de chemin de fer et les gares allemandes feront les frais de la visite du 1/4.

Les P-47D roulent vers le bout de piste, chacun emportent généralement deux bombes de 500 Lbs et un réservoir largable - Le camion, visible à l'arrière plan, sert de tour de contrôle et assure le guidage des avions vers le terrain de Dôle-Tavaux - Photo collection Albin Denis source Col Jean Machet de la Martinière que je remercie pour son aide.

Avant de partir en mission, les pilotes identifient les zones de Flak présentes en Alsace et indiquées par le service renseignement du groupe - De gauche à droite : Sgc Boursier, pilote de dos non identifié, Sgc Curan (mécanicien), Sgc Bertin - Photo posée pour le photographe des armées à Dôle-Taux, en mars 1945 - Photo ECPA / SIRPA du fort d'Ivry que je remercie pour son aide.

Devant le PC du GC 1/4 "Navarre" à Dôle-Tavaux en mars 1945 - De gauche à droite : Sgt Pochet, Sgc Freund, Asp Petitpoisson, Asp Ménard - Photo collection Albin Denis source Sgt Maurice Pochet que je remercie pour son aide.

Devant le PC du GC 1/4 "Navarre" à Dôle-Tavaux en mars 1945 - De gauche à droite : Sgc Freund, Sgt Pochet, Sgc Marchand, Sgt Heurtaux, Sgt Allain, Sgt Bertin - Photo collection Albin Denis source Sgt Maurice Pochet que je remercie pour son aide.

Terrain de Dôle-Tavaux en mars 1945 - De gauche à droite : Sgt Henri Bertin, Sgt Maurice Pochet, Sgt Montet, Sgc Maurice Marchand, Sgc Jean Guillemot, Sgt Heurtaux, Sgt Jacques Allain - Photo collection Albin denis source Lcl André Freund que je remercie pour son aide.

Les P-47D de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" alignés sur le terrain de Dôle-Tavaux en mars 1945 - Ils sont tous porteurs de deux bombes de 500 Lbs et d'un réservoir largable de fuselage. Le P-47D-28 au premier plan est le 42.20045 codé "T" baptisé "Sgc Lebrun". Cet avion a été touché par la Flak, le 12 février 1945 et remis en état - Photo collection Albin Denis source Sgt Maurice Pochet que je remercie pour son aide.

Après s'être alignés en bout de piste, les différentes patrouilles du "Navarre" s'élancent pour une longue course de décollage - La moindre défaillance du moteur Pratt & Whitney est catastrophique à cet instant, plusieurs pilotes en feront l'expérience - Avec le P-47D qui était un avion solide, il valait mieux se poser droit devant plutôt que de risquer de faire demi-tour et de tomber en perte de vitesse - Cette photo montre à gauche l'unique Razorback du GC 1/4 "Navarre" - Ce P-47D, à cabine fermée, était déclassé et servait à terminer l'entrainement des jeunes pilotes affectés au groupe - C'est malheureusement la seule photo où il apparait - Photo collection Albin Denis source Cdt Roger Desplanques que je remercie pour son aide.

Réception de roquettes et visite des Me 262 :

Le 9 mars 1945, le P-47D (serial 028) du 1/4 est équipé de roquettes et des tirs d'instructions se déroulent au Val-Dahon, à 20 km de Besançon. Le 16, deux Me 262 passent au-dessus d'une patrouille du groupe, ils partent sans attaquer la formation. Après l'attaque d'une gare, le 18 mars, le Cne Linteau pose son P-47D (serial 42.26884) en campagne, avec une pression d'huile à zéro. L'atterrissage, au nord de Strasbourg ne se déroule pas comme prévu, l'avion est détruit mais son pilote s'en tire sans égratignure.

Slt René Meunier, pilote de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre", aux commandes du P-47D serial 42.20045 codé "T" sur le terrain de Dôle-Tavaux en 1945 - Photo collection Albin Denis source Adc Fernand Jacquin que je remercie pour son aide.

P-47D-28 serial 44.20045 codé "T" de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain de Dôle-Tavaux en mars 1945 - Cet avion porte les marques de 35 missions - Il emporte deux bombes de 500 Lbs et un réservoir largable de 200 gallons - Dessin Albin Denis.

Sgt Maurice Pochet, pilote de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" à Dôle-Taux au début de l'année 1945 - Son P-47D porte les marques d'un grand nombre de missions de bombardement - Photo collection Albin Denis source Sgt Maurice Pochet que je remercie pour son aide.

Plusieurs attaques par des Me 262 et Me 109 :

Le 19, prés de Karlsruhe, le dispositif de huit P-47 du Ltt Segura est approché par un Me 262 qui se contente d'observer sans attaquer. Le 20 mars, autre rencontre avec les avions ennemis. Au cours d'une mission de reconnaissance armée, les douze P-47 du dispositif du 1/4 se divise. Plusieurs Messerschmitt Me 262 s'approchent par l'Est et amorcent une manœuvre pour se placer dans le soleil. Le chef de l'ensemble, le Cne Fabry ordonne le regroupement. Pendant cette manœuvre, plusieurs Me 262 font une passe sur quatre P-47D à la traîne, heureusement sans insister. Le Sgc Guillemot qui faisait partie du dispositif en train d'attaquer la voie de chemin de fer se rappelle : "Pendant notre 2éme piqué, j'ai entendu "Attention, nous sommes attaqués". J'ai largué mes bombes et suis parti en virage très serré pour voir passer des traçantes qui m'étaient destinées. Les Me 262 avaient tiré de trop loin. Après notre regroupement, ils n'ont pas insisté et nous, incapables de les rattraper." Devant un groupe homogène qui veut se défendre, les chasseurs allemands préfèrent rompre l'engagement. Dix minutes plus tard, c'est un autre groupe de Me 109 qui apparaît et passe à 700 m au-dessus des avions du 1/4. Cette fois, la menace est prise très au sérieux, le chargement de bombes est largué pour alléger les avions. Encore une fois, l'affrontement direct est refusé par les allemands. Le Cne Fabry dirige l'ensemble de son dispositif dans les environs de Stuttgart avec la ferme intention de surprendre les chasseurs allemands à l'atterrissage. Malheureusement, la patrouille qui a déjà attaqué un passage à niveau signale un niveau d'essence tout juste suffisant pour rentrer. Les P-47D rentrent à vitesse réduite et c'est cette fois, deux Me 109 qui tentent une attaque, dix minutes après, en tirant dans l'arrière des Thunderbolt. Ils ont fait feu de trop loin et leurs obus s'autodétruisent à 500 m derrière les P-47D. Ils disparaissent aussi vite qu'ils étaient apparus. Lors d'une autre mission, (AO 81) l'avion du Sgt Botella reçoit un éclat qui traverse la verrière mais ne le touche pas.

Sgc Jean Guillemot, pilote de la 2ème escadrille et le Sgc Paul Fricker, mécanicien de la même unité sur le terrain de Dôle-Tavaux - Le P-47D-20RA serial2 42.28363 codé 3U + U - Photo collection Albin Denis source Adc Paul Fricker que je remercie pour son aide.

Le 21, au cours de la mission AO 84, deux P-47D sont touchés par la Flak, les 42.26913 du Cne Segura et 028 du Sgc Fauville. Le 22, le Cne de Pins, victime de problèmes sur son P-47D, doit quitter la reconnaissance armée sur AO 84 et rentrer seul. Il en profite pour larguer ses bombes en bordure du Rhin et pour mitrailler le bois à l'est de Kappel.

Capture du Slt Deshayes :

Le 23, au cours d'une attaque de train, le Slt Deshayes perçoit un impact d'obus de Flak, à l'avant de son avion P-47D (serial 028) mais arrive quand même à placer ses bombes au but. Il effectue sa ressource et constate aussitôt que la température d'huile monte sans arrêt. Il tente plusieurs manœuvres pour faire baisser l'aiguille, réduction des tours moteur, blocage du pas de l'hélice, ouverture des volets de capots. Rien n'y fait, le moteur dégage maintenant une épaisse fumée bleue, la température d'huile monte à 150°c, celle des cylindres à 230°c, les tours moteur diminuent de plus en plus pour arriver à 1450 tours/minutes. L'hélice s'arrête et se met en croix, malheureusement l'altitude a beaucoup diminuée et à 500 pieds, il n'est plus possible de sauter. Le pilote largue son bidon, détruit son IFF et se pose à 500 m d'une ferme au sud d'Haslach (sud-est d'Offenburg). Il échappe 4 jours et 4 nuits à la capture mais finalement est fait prisonnier à 1500 m de la frontière suisse et envoyé au Stalang de Ludwigaburg. Il sera libéré par les français, le 21 avril 1945 et reviendra le 23 au "Navarre".

Slt Deshayes, pilote de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Photo collection Albin Denis source SHD de Vincennes que je remercie pour son aide.

PS : Pas de l'hélice : les hélices à pas fixe ou à pas réglable au sol sont adaptées à une vitesse de vol horizontal à une seule altitude et à un seul régime moteur, pour lesquels le calage des pales assure un régime normal du moteur, à la pleine ouverture des gaz et à sa puissance nominale. Pour toutes les autres conditions de vol, leur rendement diminue beaucoup en particulier au décollage et à l'atterrissage. Le réglage du calage des pales en vol, permet une utilisation correcte de l'hélice à toutes les vitesses de vol. )

Sgt Fernand Jacquin, mécanicien avion, au travail sur un P-47D du groupe 1/4 sur le terrain de Dôle-Tavaux - Cet avion porte les marques de 55 missions de bombardement - Les bombes portent également le nombre de bombes larguées par missions - La photo n'est pas assez nette pour détailler ces marquages - Photo collection Albin Denis sources Adc Fernand Jacquin que je remercie pour son aide.

Mécaniciens du GC 1/4 au travail sur un moteur Pratt & Whitney R-2800 sur le terrain de Dôle-Tavaux en mars 1945 - De gauche à Droite : X - Sgt Maurice Chevalier - Sgc André Manzac - Sgt Eugène Kloepfer - Photo collection Albin Denis source Sgt Maurice Pochet que je remercie pour son aide.

Une vue des entrailles de la bête, en l'occurence un Pratt & Whitney R-2800-59 de 2535 Cv - On peut remarquer l'accès très aisé au propulseur qui équipe le Thunderbolt - Photo collection Albin Denis source Cdt Roger Desplanques que je remercie pour son aide.

Une partie des mécaniciens avions du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain de Dôle-Tavaux en 1945 - Si vous pouvez mettre des noms sur ces aviateurs, veuillez entrer en contact avec l'auteur du site - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo collection Albin Denis source Asp Jean Mineau que je remercie pour son aide.

Le 24, en décollant, le P-47D (serial 354) du Sgt Botella éclate une roue. La mission se déroule normalement et c'est en atterrissant qu’il fait un cheval de bois. Le 354 n'est pas trop abîmé et pourra revoler.

Bar de la 2ème escadrille :

Entre deux missions, les personnels navigants et mécaniciens de la 2ème escadrille aménagent un bar d'escadrille à Dôle-Tavaux. Comme précédemment à Ambérieu-en-Bugey, c'est l'Adj André Xima qui assure la décoration des murs. Une manière de mettre un peu de gaité dans ce monde en guerre.

Adj André Xima, pilote de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" - C'est lui l'auteur des décorations des différents bars de son escadrille, sur les terrains d'Ambérieu-en-Bugey et Dôle-Tavaux - Photo collection Albin Denis source Lcl André Xima que je remercie pour son aide.

Bar de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" à Dôle-Tavaux en mars 1945 - Toutes les décorations murales ont été peinte par l'Adj André Xima, un pilote - Photo collection Albin Denis sources Lcl André Xima que je remercie pour son aide.

Détails des peintures du bar de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" à Dôle-Tavaux en mars 1945 - Toutes les décorations murales ont été peinte par l'Adj André Xima - Photo collection Albin Denis sources Lcl André Xima que je remercie pour son aide.

Détails des peintures du bar de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" à Dôle-Tavaux en mars 1945 - Toutes les décorations murales ont été peinte par l'Adj André Xima - Photo collection Albin Denis sources Lcl André Xima que je remercie pour son aide.

Terrain de Luxeuil-les-Bains :

Le 25 mars, le groupe dde chasse 1/4 change de terrain et fait mouvement sur Luxeuil. Les douze premiers P-47 se posent après leur mission. Une partie de la mécanique part pour aménager le cantonnement.

Le 26, force est de constater que l'hébergement initialement prévu est trop délabré, les hommes du Navarre changent une nouvelle fois de logement. Les officiers sont hébergés chez l'habitant à Raddon-Breuchotte, un village à 7km de Luxeuil et les sous-officiers, la troupe à Froideconche. Ici encore, en raison des températures, les points fixes de nuit seront nécessaire pour assurer le premier tour de la journée.

Rattachement du GC 3/6 "Roussillon" :

Le 28, le GC 3/6 "Roussillon" est rattaché à la 3ème escadre de chasse qui comprend maintenant trois groupes (GC 1/4 "Navarre", GC 1/5 "Champagne" et GC 3/6 "Roussillon")

A partir du 30, une mission est préparée pour réduire les poches de l'Atlantique, la 3éme Escadre fera partie du dispositif.

Les Me 262 attaquent :

Le 1er avril, alors qu'elle est en plein straffing à l'est de Stuttgart, la reconnaissance armée dirigée par le Ltt Segura, est surprise par un couple de Messerschmitt Me 262. Les avions à réaction font une passe sur le dispositif de douze P-47D du 1/4 qui s'éparpille, largue ses bidons et fait face en tirant. Les allemands n'insistent pas.

Mort du Ltt Belleville :

Le 2, pendant l'attaque de la gare de Stuttgart, le P-47D-28 (codé 3U + S serial 44.20055) du Ltt Belleville est touché par la Flak. Son avion, premier du dispositif, touche d'abord le sol avec l'aile droite, rebondit 10 mètres plus loin et finalement explose dans la gare. Le pilote est tué.

Cne Serge Léon Jean Jules Belleville - Né le 23 avril 1916 à Bourges (Cher) - Admis comme élève officier à l’école de l’Air de Salon-de-Provence en 1938 - Classé 112 ème au concours d’entrée à l’école - Ajourné temporairement du personnel navigant en attente d’expertise médicale, le 12 septembre 1937 - Admis à rejoindre l’école de l’air de Salon-de-Provence, le 19 septembre 1938 - Nommé Sous-lieutenant - Brevet de pilote militaire n° 28.487 obtenu à l’école de l’air de Bordeaux (Gironde), le 18 décembre 1939 - Pilote du GC 1/4 " Navarre " du XXX au 2 avril 1945 - Tué au cours d’une mission de mitraillage quand son P-47D a été abattu par la Flak pendant l’attaque de la gare de Kornwesthein (Allemagne), le 2 avril 1945 - Chevalier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre et citation à l’ordre de l’armée, à titre posthume, en date du 18 avril 1946 - Sources : Mémoire des Hommes (AI 1Mi 28) - Liste des brevets militaires - JORF - Dernière mise à jour 17 mars 2020.

* Chevalier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre et citation à l’ordre de l’armée, à titre posthume, du Cne Serge Léon Jean Jules Belleville du groupe de chasse 1/4 " Navarre ", en date du 18 avril 1946 : " Officier pilote de chasse de grande valeur, remarquable par son courage et sa ténacité. A effectué de nombreuses missions de Tactical, s’acharnant contre les communications ennemies avec une ardeur qui le faisait citer en exemple à ses camarades. Le 2 avril 1945, trouva une mort glorieuse en mitraillant une gare très importante en dépit d’une DCA des plus intenses. "

La Flak, toujours la Flak :

Le 5, l'avion du Sgt Pierre Botella rentre au terrain de Luxeuil en dégageant de la fumée noire. En se posant, il heurte le sol avec son aile gauche et fait un demi-tour complet. Le P-47D (serial 44-20908 / codé 3U + Y) se disloque et prend feu. Le pilote l'évacue à temps et est légèrement brûlé à la face. Le même jour, touché par des éclats d'obus de Flak, le Ltt Segura est blessé à l’œil gauche , la cabine est inondée d'essence et son moteur donne des signes de faiblesses. Le pilote pense un instant à l'obligation de se poser en territoire ennemi mais réussit à force de courage à regagner la base. Son P-47D (codé 3U + C serial 408) est gravement touché. Le 5, jour décidément faste pour la Flak allemande, verra le P-47D (serial 870) du Slt Boursier lui aussi touché. La pression d'huile tombe à zéro et son pilote doit se poser dans un champ au sud de Colmar.

Le 8, au cours de la mission AO 83 dirigée par le Cne Goupy , douze P-47 assurent l’accompagnement de bombardiers. Un des pilotes, l’Asp Lete nous livre ses impressions : " A propos de peur, celui qui dit n’avoir jamais eu peur est un menteur …ou un inconscient. Je m’en suis rendu compte, en particulier au cours de la mission AO 83. Cela consistait à voler en "Top" au-dessus de la formation de B-26 Marauder, et entre parenthèse d’admirer leur calme pendant les attaques de la Flak. Ils restaient sur leur cap, jusqu’au largage de leurs bombes. Quant à nous, arrivés à une certaine distance de l’objectif, nous quittions le dispositif pour aller, avant leur arrivée, mitrailler les batteries de DCA qui entouraient l’objectif. Pendant que nous effectuions ce mitraillage en piquant sur les positions de DCA, nous voyons monter des traçantes qui venaient vers nous. C’est à ce moment là qu’on se souvenait de ce que nous avait dit un ancien : "Tu vois monter une balle, et puis une autre. Eh bien ! entre les deux, il y en a cinq que tu ne vois pas". Autant vous dire que l’on se faisait tout maigre dans le cockpit."

Cne Claude Goupy, commandant en second du GC 1/4 "Navarre" à partir de décembre 1944 - Il prend le commandement du groupe, le 1er avril 1946 - Photo collection Albin Denis source Asp Jean Mineau que je remercie pour son aide.

Accidents à Luxeuil :

Le 9, à LuxeuilL, au retour de la mission AO 81, le Sgt Montet n'aperçoit pas un rouleau compresseur en bout de piste. Son P-47D-27 (serial 42.26870) était victime d'une fuite d'huile et la visibilité du pare brise très compromise. La collision est très brutale et se termine par une aile droite, un moteur et une hélice à changer. Le pilote en est quitte pour une bonne peur rétroactive. Le 10, les bombes à fragmentation sous l'aile gauche du P-47D-30 (serial 4420913) piloté par le Sgt Paravy explosent au décollage de Luxeuil. L'avion brûle aussitôt, son pilote arrive à l'évacuer et s'en tire sans une égratignure.

Mise en pylône du P-47D-28 serial 44.19673 codé "E" baptisé "Ltt Michaud" de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain de Luxeuil en avril 1945 - Les dégats, minimes, se limitent à l'hélice - Collection Albin Denis source Alain Duvernoy que je remercie pour son aide.

Sgt Heurtaux, pilote de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" et le Sgt Henri Cougot, mécanicien avion sur le terrain de Dôle-Tavaux en 1945 - Photo collection Albin Denis source Lcl André Freund que je remercie pour son aide.

Le 11, l’Asp Lete participe à la mission A0 178 au bord du lac de Contance : "Nous attaquons des véhicules militaires. En nous voyant arriver, ils s’arrêtent et les soldats courent sur la route ; Je revois encore cet allemand engoncé dans sa capote et ses bottes, qui se jetait dans un fossé. Nous avons tiré dessus. Qu’est il advenu de lui ? Il y avait encore dix avions derrière moi. "
"Ce n’est pas pour rien que les allemands nous appelaient "Jabo", pour Jager-Bomber (chasseurs-bombardiers). Ils nous craignaient pire que la peste. Voici la copie d’un ordre à la police, à la gendarmerie et la "Volksturm" (milice populaire donné par le Gauleiter de Westphalie, Albert Hoffmann : "Aucun pilote de chasseurs-Bombardiers abattu ne sera protégé de la rage du public. J’attends de toutes les organisations du Parti qu’elles n’agissent en aucune manière comme protectrice de ces gangsters." Partout fleurissait des pancartes : "Achtung JABO." 

Nettoyage des poches de l'Atlantique :

Le départ pour Bordeaux intervient le 12 avril. C'est un total de vingt P-47D du Navarre qui font le déplacement.

Pour la 1ère Escadrille : Cne de Pins (codé 3U + A serial 037), Cne Linteau (serial 910), Cne Abrioux (serial 031), Ltt Segura (Codé 3U + C serial 408), Ltt Chappuis (serial 3382), Ltt Boursier (serial 684), Asp Desplanques (serial 378), Sgc Astier (Codé 3U + B serial 336), Sgc Fauville (serial 371), Sgc Coppin (serial 924).

Pour la 2ème Escadrille : Cne Fabry (Codé 3U + N), Cne Boitelet (Codé 3U + Z), Ltt Dugard (Codé 3U + R), Ltt Chanet (Codé 3U + P), Slt Seguelas (Codé 3U + Q), Asp Menard (Codé 3U + T), Sgc Marchand (Codé 3U + V), Sgc Guillemot (Codé 3U + S), Sgt Bertin (Codé 3U + W), Sgt Heurtaux (Codé 3U + X).

Roulage du P-47D serial 336 codé 3U + B piloté par le Sgc Astier, pilote de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" au départ du terrain de Bordeaux - Il va décoller chargé de deux bombes à fragmentation - Le GC 1/4 déplace un total de vingt P-47D sur la Gironde - L'objectif principal est de réduire les poches allemandes et de rendre l'estuaire libre à la navigation - Pendant six jours, les missions de bombardement vont se succéder pour annihiler les points de résistance - Photo collection Albin Denis source Asp Jean Mineau que je remercie pour son aide.

Retour de mission sur les poches de l'Atlantique - De gauche à droite : Sgt Raquin, Sgc Guillemot, Sgt Heurtaux, Sgt Allain - Photo collection Albin Denis source Asp Jean Mineau que je remercie pour son aide.

Quatre pilotes du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain de Bordeaux en avril 1945 - De gauche à droite : Sgt Heurtaux, Cne Chanet, Cne Linteau, Ltt Dugard - Photo collection Albin Denis source Asp Jean Mineau que je remercie pour son aide.

La mission principale est de nettoyer la poche de Royan et de rendre à la navigation, les deux cotés de l'embouchure de la Gironde. Pendant 6 jours, une force aérienne importante va épauler les troupes au sol. Le GC 1/4 va participer à ces attaques qui mettront en œuvre une grande variété d'avions et d'unités. Les P-47D sont plus particulièrement chargés des attaques en piqué et des missions de straffing. L'ennemi dispose, dans la zone, de nombreux ouvrages bétonnés et il faut la plus grande précision pour toucher ou même encadrer de tels objectifs.

Ensemble des ouvrages allemands de la pointe de Grave et du fort du Verdon en avril 1945 - Sur cette photo sont repérés plus de 15 blockhaus possédant des pièces de Flak - Le village de Verdon-sur-Mer est litéralement encadrés par les constructions bétonnées - Photo SHD du château de Vincennes que je remercie pour son aide.

Attaque du PC du Contre-amiral Michaelles :

Le 14, les P-47D du groupe attaquent à la bombe le PC du Contre-amiral Michaelles, plusieurs batteries et ouvrages fortifiés. Des coups directs sont observés sur les blockhaus. En effet, la Flak est quasiment inexistante et les pilotes peuvent viser à loisir. Le lendemain, les avions attaquent plusieurs pièces de 20 mm de Flak et placent leurs bombes au but. Le village de la Tremblade, où les allemands se sont retranchés, est attaqué dans sa partie ouest. Le straffing des avions, à 1500 mètres des troupes amies, permet la prise du village sans perte pour les français.

Vue d'une batterie pour des canons de 165 mm sous casemates de la région de la pointe de Coubre en avril 1945 - Cet ensemble comprend trois pièces de 165 mm sous béton (marquées casemates 1, 2 , 3) deux blocs de Flak (DCA 1, 2) et un blockhaus d'observation et de direction de tir (poste obs) - Du 14 au 20 avril, c'est sur ce type d'objectifs que les P-47D du groupe vont concentrer leurs feux et neutraliser les dernières résistances allemandes - Photo SHD du château de Vincennes que je remercie pour son aide.

Le 16 verra l'attaque de batteries, d'ouvrages et de bateaux dans l'estuaire de la Gironde. Aucun des navires ne sera touché en raison d'une épaisse fumée sur l'objectif. L’Asp Lete, resté à Luxeuil pour faire des vols de contrôle et un rodage avion, rejoint en C-47 Dakota. Le 17, les bateaux partis, les avions attaquent les casemates de la forêt de la Courbe, plusieurs ouvrages bétonnés dont une batterie de 4 canons de 240 mm. Ici encore, de nombreux coups directs sont réussis. Le reste de la journée est consacrée au bombardement du fossé antichar et des blocs qui le protègent.

Blockhaus allemands de la région de la pointe de Coubre, près de Royan - Pendant six jours, les différentes unités françaises vont pilonner les ouvrages allemands qui résistent encore - La Flak n'étant plus vraiment présente,l'altitude de sécurité va diminuer et les coups au but devenir plus fréquents - Sur cette photo, on distingue nettement quatre blockhaus littéralement encadrés par des impacts de bombes de tous types - Photo SHD du château de Vincennes que je remercie pour son aide.

Le 18, les P-47D du groupe attaquent à nouveau le secteur du fossé antichar, bombardant les ouvrages à sa proximité. Pendant la mission AO 32, l’avion de l’Asp Lété est touché. Il nous raconte cet incident qui aurait pu mal finir : "Au cours d’un mitraillage d’ouvrages à Soulac que mon réservoir ventral a été touché par une balle perforante. Je ne me suis rendu compte de rien sur le moment, je n’ai vraiment pas ressenti l’impact de la balle. C’est au cours du retour vers Bordeaux, étant déjà en formation de défilé avant de venir nous poser, que mon moteur a cafouillé, je n’ai eu que le temps de passer sur mes réservoirs d’aile pour reprendre ma place dans la formation. Cela ne m’a pas empêché de me faire engueuler pour avoir troublé la formation. C’est pendant le debriefing qu’un mécanicien est venu demander qui pilotait le "L" et signaler que le réservoir ventral avait été percé par une balle. C’est en refaisant le plein qu’ils ont vu l’essence couler gros comme le pouce du réservoir. J’ai eu peur, rétrospectivement d’accord, mais peur quand même. Si cela avait été une traçante ou une incendiaire, je ne serais pas en train de raconter l’incident."

Le 19, une patrouille est équipée de bidons de napalm et attaque les casemates de la Pointe de Grave. Toutes les autres missions de la journée seront pour ce secteur. En ces six jours, les pilotes du " Navarre" ont permis d'ouvrir des brèches importantes dans le mur antichar, permettant ainsi aux troupes au sol de le franchir. Ils ont également contribué à neutraliser ou à paralyser de nombreuses casemates du secteur.

Le P-47D-30 serial 44.20382 codé "R" baptisé "Ltt Leroux" de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" en mai-juin 1945 - Cet avion est un vétéran avec 86 missions de bombardement effectuées - Photo collection Albin Denis source Alain Duvernoy que je remercie pour son aide.

P-74D-30 serial 44.20392 codé "3U + R" baptisé "Ltt Leroux" de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" en mai-juin 1945 - Cet avion porte les marques de 86 missions de bombardement et emporte deux bombes à fragmentation AN.M 81 de 260 Lbs - Dessin Albin Denis.

P-47D-30 serial 44.20365 codé "X" baptisé "Ltt Racon" en mars-avril 1945 - Cet avion appartenant à l'état-major du GC 1/4 "Navarre" porte 40 silhouettes de bombes, symboles d'autant de missions de bombardement - Photo collection Albin Denis source Ltt André Didion que je remercie pour son aide.

Bilan de la campagne de Royan du 14 au 19 avril 1945 :

* 32 missions dont 2 en coopération, 237 sorties pour 288h40 de vol, 129,25 tonnes de bombes lancées.

* 3 ouvrages militaires détruits, 11 endommagés, 9 batteries de Flak ou d'artillerie détruites, 7 endommagées, 5 carrefours de routes détruits, village de la Tremblade bombardé, le PC de l'amiral Michaellis bombardé, 7 fossés antichars endommagés, divers casemates et blockhaus détruits ou endommagées.

* Pertes avions : 2 avions touchés par la Flak avec des dégâts de 1ère catégorie.

Retour sur Luxeuil :

Le 20 avril 1945, le Groupe rentre sur Luxeuil. Les missions sur l'Allemagne reprennent le lendemain.

P-47D de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Cet avion porte la marque de 43 missions de bombardement - Il a été baptisé du nom du Cne Jean Auber, mort au champ d'honneur, le 1er septembre 1944 - Cette pratique d'honorer les morts au "Navarre" date de la période Curtiss H-75A à Dakar - Elle a été perpétuée sur P-39N Airacobra et P-47D Thunderbolt - Une manière de ne pas oublier le sacrifice des pilotes - Photo collection Albin Denis.

L'Asp Desplanques échappe de peu à la mort :

Le 21, pour une mission Rennedy, sept avions bombardent un viaduc en AO 151, l'Asp Desplanques place deux projectiles de 500 Lbs au but. Le 25, le Sgc Marchand ramène une bombe qu'il n'a pu larguer. Elle refuse obstinément de tomber et le pilote doit se poser avec, malgré les risques encourus. Au touché des roues, elle se détache et explose. Le P-47D-30 (serial 44.20670) atteint, brûle. L'aviateur qui a réussi à s'échapper, est indemne. Le 27, au cours d'une mission sur la gare de Lindeau, le P-47D (serial 031) du Cne Goupy est touché par la Flak.

Les pilotes de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" prise par un photographe du service cinématographique des armées à la toute fin de la 2ème guerre mondiale - De gauche à droite : Sgc Fauville, Sgt Raquin, Slt Collin, Ltt Bertin, Cne Linteau, Ltt Segura, Slt Boursier, Ltt Chappuis - Accroups au premier rang : Sgt Bouchard, Sgt Bertin, Sgc Dubos, Sgc Astier - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo SIRPA / ECPA du fort d'Ivry que je remercie pour son aide.

Les pilotes de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" prise par un photographe du service cinématographique des armées à la toute fin de la 2ème guerre mondiale - De gauche à droite : Sgc Freund, Cne Chanet, Slt Liautard, Cne Fabry, Slt Deshayes, Sgc Guillemot, Adj Meunier, Asp Menard - Dans le cockpit, Sgc Mazoyer, mécanicien avion - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo SIRPA / ECPA du fort d'Ivry que je remercie pour son aide.

Derniers conseils avant le départ en mission - De gauche à droite : Sgc Fauville, Ltt Chappuis, Sgt Raquin, Slt Collin, Sgc Dubos - Photo posée pour un photographe du service cinématographique des armées à la toute fin de la 2ème guerre mondiale - Photo SIRPA / ECPA du fort d'Ivry que je remercie pour son aide.

Débriefing à chaud pour le reporter du service cinématographique des armées à la toute fin de la 2ème guerre mondiale - De gauche à droite : Cne Fabry, Sgc Freund, Cne Abrioux, Ltt Liautard (de dos), Cne de Pins, Asp Menard, Sgc Guillemot, Slt Meunier, Slt Deshayes - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo SIRPA / ECPA du fort d'Ivry que je remercie pour son aide.

Asp Roger Desplanques pendant le convoyage d'avions neufs entre Casablanca et Strasbourg en mai 1945 - Le P-47D est le 054 - Photo collection Albin Denis source Cdt Roger Desplanques que je remercie pour son aide.

Sgc Joseph Marchand, pilote de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain de Dôle-Tavaux - Son P-47D porte 22 bombes symbolisant autant de missions de bombardement réalisées par cet avion - Photo collection Albin Denis source Sgt Maurice Pochet que je remercie pour son aide.

Mécaniciens de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" sur le terrain de Luxeuil en avril 1945 - De gauche à droite : Sgc René, Sgt Labrune, Sgt Louis, Sgt Delespinay, X, X, Sgt Bos, X - Accroupis : Sgt Discamps, Sgc Curan - Si vous êtes capables d'identifier les 3 mécaniciens marqués d'un X, veuillez prendre contact avec l'auteur du site - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo collection Albin Denis source Adc Gilbert Discamps que je remercie pour son aide.

Au même endroit sur le terrain de Luxeuil en avril 1945 - Debouts de gauche à droite : Sgt Cougot, Sgc Manzac, Sgt Curan, Sgt Louis - Assis : Sgc Fauville, Sgt Labrune - Photo collection Albin Denis source Adc André Manzac que je remercie pour son aide.

Terrain de Strasbourg-Entzeim :

Le 29 avril, nouveau transfert. Cette fois, le 1/4 va à Geispolsheim, prés de Strasbourg. Les avions allant quant à eux sur le terrain de Entzeim.

Pilotes de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" devant un Dornier Do 335 à Friedrichshafen (Allemagne) en mai 1945 - De gauche à droite : Cne Segura, X, Cne Chanet, Sgt Allain, Sgt Pochet, Sgt Heurtaux, Sgt Bouchard, Asp Menard - Si vous êtes capable d'identifier le pilote marqué d'un X, veuillez prendre contact avec l'auteur du site - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo collection Albin Denis source famille Jacques Allain que je remercie pour son aide.

Autre photo du Do 335 sur le terrain de Friedrichshafen (Allemangne) en mai 1945 - Photo collection Albin Denis source famille Jacques Allain que je remercie pour son aide.

Les pilotes de la 2ème escadrille devant le P-47D codé "Y" sur le terrain de Strasbourg-Entzeim en mai 1945 - De gauche à droite : Sgt Bouchard, Sgt Heurtaux, Sgt Pochet, Cne Segura, commandant de la 2ème escadrille, Asp Ménard, Cne Chanet, commandant en second de la 2ème, Sgt Allain, X - Si vous êtes capable d'identifier le pilote marqué "X", veuillez prendre contact avec l'auteur du site - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo collection Albin Denis source famille de Jacques Allain que je remercie pour son aide.

Strasbourg-Ensheim en mars 1945 - De gauche à droite : Sgt Heurtaux, Sgt Pochet, Sgt Montet, Sgt Allain - Photo collection Albin Denis source Lcl André Freund que je remercie pour son aide.

Mécaniciens du GC 1/4 "Navarre" à Geispolsheim en mai 1945 - De gauche à droite debouts : Sgc Sylvestre, X, Adj Brouard, X, Sgc Hérin, X, Sgt Lassier, Adj Adnet - Accroupis : Sgc Boissier, Sgc Pailler, Sgc Stocky - Si vous êtes capables d'identifier les trois mécaniciens marqués d'une croix, veuillez prendre contact avec l'auteur du site - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo collection Albin Denis source Cdt Lucien Stocky que je remercie pour son aide.

Dernière mission de la 2ème GM :

Le 1er mai, le groupe de chasse 1/4 "Navarre" effectue sa dernière mission de la 2ème guerre mondiale. Après avoir lâché des tracts, le dispositif reçoit une demande d'aide des troupes françaises au sol qui sont arrêtées dans leur progression. Les Allemands, retranchés dans des maisons, bloquent nos forces. Après avoir mitraillé les forces adverses, les avions passent au milieu des tracts.

Le lieutenant-colonel Lete qui participait à cette mission s’en rappelle : " A la fin de la guerre, nous avons effectué des missions un peu inhabituelles. Nous larguions des tracts sur les populations allemandes leur demandant de se rendre. Pour appuyer ces tracts, nous repassons derrière en mitraillant au-dessus d’eux. Ces missions de lâchés de tracts n’étaient pas de tout repos. Il fallait entrouvrir la verrière à vitesse réduite et lancer les paquets de 200 tracts d’un seul coup. Il ne fallait pas qu’ils s’ouvrent dans le cockpit, car alors c’était le brouillard le plus complet avec les tracts qui tourbillonnaient à l’intérieur."

Le matin du 8 mai 1945, les hostilités avec l'Allemagne cessent. Les cloches annoncent la victoire. C’est la fin du cauchemar pour les pilotes et un peu de repos pour toute la mécanique qui n'a cessée de prodiguer ses bons soins depuis l'arrivée en Corse.

Bilan de la campagne d'Allemagne du 11 février au 8 mai 1945 :

* 134 missions dont 29 en coopération, 1438 sorties pour 3255h35 de vol, 508,65 tonnes de bombes lancées et 13,65 tonnes larguées.

* 2 pont de voies ferrées détruits, 5 endommagés, 282 coupures (cut) de voies ferrées, 76 locomotives détruites, 32 endommagées, 1184 wagons détruits, 760 wagons endommagés, 1 tunnel endommagé, 2 ponts de routes détruits, 29 coupures (cut) de route, 92 camions détruits, 7 endommagés, 8 citernes détruites, 1 endommagée, 9 tracteurs endommagés, 2 remorques détruites, 17 voitures légères détruites, 23 endommagées, 131 voitures hippomobiles détruites, 86 endommagées, 1 voiture radio détruite, 3 casernes endommagées, 1 gazomètre détruit, 1 endommagé, 1 centrale électrique endommagée, 4 péniches détruites, 13 endommagées, 2 usines détruites, 8 endommagées, 15 gares détruites, 11 endommagées, 42 bâtiments industriels détruits, 29 endommagés, 642 maisons détruites, 109 endommagées, 3 postes d'aiguillages détruits, 1 dépôt détruit, 4 endommagés, 1 portière de pont détruite, 1 bac détruit, 12 chars ou automitrailleuses endommagés, 4 escortes de bombardiers accomplies, 3 surveillances de secteur, 1 sweep, 1 lancement de tracts.

* Pertes avions : 2 avions perdus ou détruits par la Flak, 7 avions perdus ou détruits par accident, 6 avions touchés par la Flak avec des dégats de 2éme catégorie, 14 avions touchés par la Flak avec des dégâts de 1ére catégorie.

* Pertes humaines : 2 pilotes tués : Cne Allard, Ltt Belleville et 2 pilotes portés disparus : Slt de Pradel et Slt Deshayes.

Récapitulatif de toutes les campagnes sur P-47D Thunderbolt :

* 337 missions dont 71 en coopération, 2826 sorties pour 6240h20 de vol, 1017,70 t de bombes lancées et 47,15 t larguées.

* 7 avions détruits au sol, 9 endommagés au sol, 9 ponts de voies ferrées détruits, 19 endommagés, 342 coupures (cut) de voies ferrées, 120 locomotives détruites, 55 endommagées, 1419 wagons détruits, 1062 endommagés, 3 ponts de route détruits, 6 endommagés, 68 coupures de route, 228 camions détruits, 114 endommagés, 9 citernes détruites, 2 endommagées, 9 tracteurs endommagés, 5 remorques détruites, 6 endommagées, 50 remorques légères détruites, 43 endommagées, 150 voitures hippomobiles détruites, 99 endommagées, 1 canal endommagé, 3 bacs détruits, 6 portières de pont détruites, 2 endommagées, 10 péniches détruites, 78 endommagées, 1 centrale électrique détruite, 1 endommagée, 3 usines détruites, 9 endommagées, 46 bâtiments détruits, 34 endommagés, 8 dépôts détruits, 4 endommagés, 17 gares détruites, 16 endommagées, 2 hangars détruits, 1 dock endommagé, 1 caserne détruite, 5 endommagées, 737 maisons détruites, 146 endommagées, 1 gazomètre détruit, 1 endommagé, 1 tunnel endommagé, 1 voiture radio détruite, 1 station TSF endommagée, 4 ouvrages militaires détruits, 11 endommagés, 21 batteries d'artillerie ou de Flak détruites, 13 batteries d'artillerie ou de Flak endommagées, 2 automitrailleuses ou chars détruits, 16 endommagés, 1 bateau de 10.000 tonnes coulé, 2 concentrations de troupes bombardées, 7 escortes de bombardiers, 3 surveillance de terrains, 1 sweep, 1 lancement de tracts.

* Pertes avions : 19 avions perdus ou détruits par la Flak, 11 avions perdus ou détruits par accident, 27 avions touchés par la Flak avec des dégâts de 2éme catégorie, 49 avions touchés par la Flak avec des dégâts de 1ére catégorie.

* Pertes humaines : 16 pilotes tués: Sgt Seeten, Cne Auber, Ltt Racon, Lcl Fanneau de la Horie, Ltt Soubeirat, Sgc Le Brun, Cdt Arnaud, Sgt Boudon, Sgt Joubard, Sgt Casabonne, Asp Decagny, Sgt Vincent, Sgt de la Chapelle, Sgt Lecea, Cne Allard, Ltt Belleville et 6 pilotes portés disparus et qui ont rejoint ensuite : Sgt Vincent, Sgt Allain, LV Graignic, Cne Maurin, Slt de Pradel, Slt Deshayes.

P-47D de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Immatriculation de "70" à "84" - Période d'août 1944 à février 1945 - Ces listes ne sont pas complètes car il est difficile d'associer les numéros d'identification, les trois derniers chiffres du serial et le serial complet - Les carnets d'ordres et carnets de vol de l'époque sont suivis, soit des numéros d'identification, soit des trois dernier chiffres du serial, mais jamais les deux en même temps.

P-47D de la 1ère escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Immatriculation de "A" à "M" - Période de février à mai 1945 - Ces listes ne sont pas complètes car il est difficile d'associer les numéros d'identification, les trois derniers chiffres du serial et le serial complet - Les carnets d'ordres et carnets de vol de l'époque sont suivis, soit des numéros d'identification, soit des trois dernier chiffres du serial, mais jamais les deux en même temps.

P-47D de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Immatriculation de "85" à "99" - Période d'août 1944 à février 1945 - Ces listes ne sont pas complètes car il est difficile d'associer les numéros d'identification, les trois derniers chiffres du serial et le serial complet - Les carnets d'ordres et carnets de vol de l'époque sont suivis, soit des numéros d'identification, soit des trois dernier chiffres du serial, mais jamais les deux en même temps.

P-47D de la 2ème escadrille du GC 1/4 "Navarre" - Immatriculation de "N" à "Z" - Période de février à mai 1945 - Ces listes ne sont pas complètes car il est difficile d'associer les numéros d'identification, les trois derniers chiffres du serial et le serial complet - Les carnets d'ordres et carnets de vol de l'époque sont suivis, soit des numéros d'identification, soit des trois dernier chiffres du serial, mais jamais les deux en même temps.

Citation à l'ordre de l'armée du GC 1/4 "Navarre" :

* Citation à l'ordre de l'Armée Aérienne du groupe de chasse 1/4 "Navarre" en date du 17 juillet 1945 : " Unité d’une rare valeur que ses chefs successifs : le Capitaine Maurin abattu en Alsace et le Capitaine de Pins, ont d’étape en étape, entraînée irrésistiblement sur le chemin de la victoire finale. En Méditerrannée, veillant sur les convois alliés et arrachant six nouvelles victoires entre ciel et mer, sur la plate-forme corse, prenant une part active aux opérations offensives en Italie, de la côte d'Azue au Rhin, du Rhin au lac de Constance, appuyant au plus près les troupes à terre, délivrant l’Alsace harcelant les communications ennemies, détruisant ses dépôts ; sur l’Atlantique, effaçant la tache de Royan et de la pointe de Grave.  Partout s’est engagé à fond, avec la même fougue, le même mépris du danger, en dépit des lourdes pertes infligées par la DCA ennemi. Depuis la reprise des opérations en septembre 1943, a totalisé plus de 9000 heures de vol de guerre."

Total des victoires obtenues par les pilotes du GC I/4 et GC 1/4 "Navarre" pendant la seconde guerre mondiale.

Attention, ce texte et les photos associées ne sont pas libres d'utilisation.
Ils sont issus de l'historique de l'escadron de chasse 1/3 "Navarre" de 1915 à 1999 publié par l'auteur de ce site en 1999.
Cet historique a été enregistré à la Grande Bibliothèque de France - Voir cette page : https://data.bnf.fr/13740807/albin_denis/
Travaillant activement sur une seconde édition en plusieurs tomes, je mets en ligne ces chapitres pour qu'ils soient lus par les membres du GC I/4 encore parmi nous, leurs familles,
les collectionneurs ou chercheurs qui pourraient apporter leur pierre à cet édifice.
Si vous détenez des documents officiels, états de service, livrets militaires, fiches matricules, citations, carnets de vol, notes, journal personnel, photos, souvenirs, insignes,
bref tous éléments permettant de préciser, compléter et corriger ce chapitre, je vous demanderais de bien vouloir me contacter à l'adresse Mail ci-dessus.
Un grand merci à tous ceux qui pourront m'aider. Albin DENIS.

Remerciements à :

- M. Patrice Gout pour l'envoi des photos des insignes de sa collection.
- M. Docteur Tarik Mokhtari pour l'autorisation de diffusion des photos du poste de pilotage du P-47D Thunderbolt du Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget.
- M. Philippe Castellano pour la transmission des photos du Dr. Tarik Mokhtari.

Bibliographie :

- Historique de l'escadron de chasse 1/3 "Navarre" de 1915 à 1999 par l'Adj Albin Denis - publié à compte d'auteur en 1999.
- L'aviation française 1914-1940, ses escadrilles, ses insignes
par le Commandant E Moreau-Bérillon - publié à compte d'auteur en 1970.
- 50éme Anniversaire de la libération / inauguration d'une stèle souvenir du pilote Jacques Joubard éditée à Leimbach - 1994.
- Notice n° A-121 traitant des vérifications périodiques sur les avions Thunderbolt P-47B, P-47C et P-47D.
- Les "As" français de la guerre 1939-1945 en deux tomes par Daniel Porret - éditeur SHD - 1991.
- Site Internet "Insignes des escadrilles de l'Armée de l'Air" de Henri Guyot - Voir le lien
- Aircraft bombs du department of Navy, bureau of Ordnance, édition du 30 août 1955.
- Site Internet "Mémoires des Hommes" du Ministère de la Défense - Voir le lien
- Cahier du Cne J.M Auber par A.Auber - imprimerie du palais - 1946.
- Comptes-rendus missions du GC 1/4 "Navarre" - SHD cartons n° G 7845 et G 7846.
- Journal de marche et d’opérations de la 3ème escadre de chasse - SHD carton n° 7661.
- Témoignage du Gal Philippe Maurin daté du 9 décembre 1998.
- Témoignage du Gal Jacques Fabry daté du 20 juin 1994.
- Témoignage du Gal Denis Lacombe daté du 21 février 1993.
- Témoignage du Lcl Henri Liautard daté du 23 mars 1993.
- Témoignage du Lcl André Xima daté du 7 juillet 1993.
- Témoignage du Cne René Weber daté du 20 avril 1993.
- Carnets de vol du Cne René Weber.
- Témoignage du Cne Georges Petitpoisson daté du 28 février 1997.
- Témoignage de l'Asp Jean Mineau daté du 15 mai 1995.
- Témoignage du Cdt Roger Desplanques daté du 31 mai 1997.
- Témoignage du Lcl René Freund daté du 2 mars 1993.
- Témoignages de l'Adc André Manzac datés du 11 et 16 décembre 1992.
- Témoignage du Sgt Maurice Pochet daté du 21 avril 1993.
- Témoignage du Col Hubert Boitelet daté du 9 juin 1993.
- Témoignage du Sgt Jean Barberis daté du 24 janvier 1993.
- Témoignage et journal personnel de l'Adc Adrien Pelletier daté du 8 février 1993.
- Témoignage du Cdt Lucien Stocky daté du 23 janvier 1993.
- Témoignage du Ltt Edmond Gille daté du 23 février 1993.
- Témoignage du Ltt Jean Guillemot daté du 20 mai 1993.
- Témoignage de l'Adc Eugène Kloepfer datés du 30 mars et 11 octobre 1993.
- Témoignage du Cdt Lucien Stocky daté du 23 janvier 1993.
- Témoignage de l'Adc Paul Desfachelle datés de 6 janvier et du 15 février 1993
- Témoignage de Mr Charles Marbach daté du 18 septembre 1994, membre du comité initiateur de la stèle Jacques Joubard.
- La gloire du "Navarre" page 575 à 580, collection Troupes d'élite aviation - Editions Atlas 1988.
- Achtung Jabo ou Le groupe de chasse "Navarre" au combat par l’Asp Cabré publié après guerre en deux versions de 32 puis 96 pages.
- Chasseurs bombardiers Front Ouest publié par Curial-Archereau en octobre 1945.
- Cahiers d’enregistrement des heures de vols des escadrilles. - SHD de Vincennes.
- Comptes-rendus d’engagements aériens du GC 1/4 "Navarre". - SHD de Vincennes.
- Journaux d’escadrilles des pilotes du groupe de chasse 1/4 "Navarre" - SHD de Vincennes.

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