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Adj René Munier

René Henri Munier est né à Norroy (Meurthe-et-Moselle), le 16 mai 1913. Il est le fils de Camille Munier et de Marie Jeanne Clausse. Ils auront trois autres enfants, André, Marcel, Marie-Thérèse. Après l'école primaire à Norront, il poursuit ses études au collège de Pont-à-Mousson où il obtient le brevet élémentaire.

Classe 1920-1921 de M. Colin - Dernier rang de gauche à droite : Camille Gauthier - Léon Navé - Paul Antoine - Charles Vincent - Paul Maire - C Vincent - René Munier (*) - G Naudin - Deuxième rang de gauche à droite : Léon Huard - René Singhe - René Cacatte - René Toussenot - Roger Chapelier - Nornette - André Post - Premier rang de gauche à droite : René Thirion - Maurive Rusier - Alphonse Vincent - R. Lallemand - Georges Antoine - André Vincent - René Chapelier - Gaston Denis - Gabriel Chapelier - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Il est engagé comme dessinateur industriel aux ateliers de Belleville de la société Pont à Mousson S.A. Il étudie les différentes techniques de fonderie. Il est doué en dessin (industriel et caricatures).

Obtient une bourse de pilotage :

Devant effectuer son service militaire, il porte sa candidature à une bourse d'instruction de pilote aviateur, grâce à Monsieur Colin. Pour cela, il passe les épreuves écrites et orales en janvier 1930.

Ecole Morane-Saulnier de Villacoublay :

Ayant réussi les épreuves, il est envoyé à l'école civile Morane-Saulnier à Villacoublay en février de la même année. Il est alors élève pilote boursier.

Carte postale des aéroplanes Morane-Saulnier à Villacoublay - Elle présente un Morane-Saulnier MS 130, un excellent avion école et d'entrainement - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

René Munier, élève pilote de l'école d'aviation civile de Villacoublay - L'avion est le Morane-Saulnier MS 231 n° 3 immatriculé F-AJUK - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Elèves pilotes de l'école d'aviation civile Morane-Saulnier de Villacoublay pendant l'été 1930 - René Munier est au premier rang, le second à partir de la droite - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Ecole d'aviation civile Morane-Saulnier de Villacoublay pendant l'été 1930 - On aperçoit deux immatriculations d'avions de la photo, le F-AJUK, le MS 231 n° 3 et le F-AJHZ, le MS 147 n° 97 qui a été livré à l'école, le 26 août 1930 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Livret militaire de René Munier - Document transmis par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Brevet de pilote militaire :

Les élèves boursiers de l'école Morane-Saulnier de Villacoublay étaient les suivants : Raymond François brevet n° 23.354, le 13 juillet 1931 - Louis Castelnovo brevet n° 23.355, le 13 juillet 1931 - Jean Aldias brevet n° 23.356, le 13 juillet 1931 - Henri Jardet brevet n° 23.373, le 27 juillet 1931 - Jean Bayssade n° 23.394, le 1er août 1931 - Christian Dubosc n° 23.396, le 1er août 1931 - Edmond Marin La Meslée n° 23.396, le 1er août 1931 - Pierre Péry n° 23.397, le 8 août 1931 - Léo Huyghues-Despointes n° 23.398 du 1er août 1931 - Edouard Chazottes n° 23.399 du 4 août 1931 - Jacques Beix n° 23.400 du n° 5 août 1931 - Gérard Dauchez n° 23.401 du 5 août 1931 - René Munier n° 23420 du 7 août 1931 - René Dudouit n° 23.421 du 7 août 1931 - Max Rives n° 23422 du 10 août 1931. (prénom, nom, n° de brevet militaire, date d'obtention du brevet)

Il obtient le brevet de pilote militaire n° 23.420 à l'école Morane-Saulnier, le 7 août 1931. Il est envoyé ensuite pour suivre un cycle de perfectionnement à l'école pratique d’aviation d’Istres du 28 décembre 1931 au 7 mars 1932.

Brevet papier de pilote militaire n° 23.420 à l'école Morane-Saulnier, le 7 août 1931 - En outre, il a reçu l'insigne métallique (macaron) de pilote militaire n° 22.229 - Document transmis par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Ayant bénéficié d'une bourse de pilotage et après avoir obtenu son brevet de pilote militaire, il est tenu de s'engager dans l'aviation militaire pour une durée minimale d'une année. C'est ce qu'il fait en signant pour un an, au titre du 2ème groupe d'ouvriers d'aéronautique, le 28 décembre 1931.

A droite, le Cal René Munier, brevet de pilote militaire n° 23.420 à l'école Morane-Saulnier, le 7 août 1931, pendant sa formation à l'école pratique d’aviation d’Istres du 28 décembre 1931 au 7 mars 1932 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Pilotes et mécaniciens sous-officiers et hommes du rang en formation à l'école pratique d’aviation d’Istres du 28 décembre 1931 au 7 mars 1932 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Brevet de pilote d'avions de tourisme :

Etant maintenant titulaire du brevet militaire, il demande à l'Aéroclub de France, le brevet et la licence de pilote d'avions de tourisme qui lui sont décernés, par équivalence, sous le n° 448, le 4 novembre 1931.

Certificat de visite pour pilote d'avions de tourisme valable du 2 octobre 1931 au 2 octobre 1932 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Document transmis par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Page du brevet d'aptitude de pilote d'avions de tourisme n° 448 décerné à René Munier, le 4 novembre 1931 - Document transmis par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Recto-verso de la carte d'identité de pilote militaire d'avion de René Munier - Document transmis par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Affecté à la 7ème escadrille du 38ème RAM :

Le 7 mars 1932, il est affecté au 38ème régiment d'aviation mixte de Thionville. Sa formation de perfectionnement étant terminée, il quitte la base aérienne d'Istres pour rejoindre la Moselle, le 7 mai 1932.

Insigne métallique du 38ème régiment d'aviation mixte de Thionville-Basse-Yutz (Moselle) - Photo droits réservés.

Base aérienne de Thionville-Basse-Yutz (Moselle) - Ce terrain était le lieu de stationnement du 38ème régiment d'aviation mixte - En haut à gauche, les hangars des différentes escadrilles et de la section d'entrainement se trouvent en bordure de terrain - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Sources : Remonter le temps de l'IGN.

Le 38ème régiment d'aviation est un régiment mixte car il est composé de quatre escadrilles d'observation et trois de Chasse. Elles sont respectivement les 1ère (SAL 51), 2ème (SPAbi 54), 11ème (BR 260), 12ème escadrilles (SAL 22) volant sur Potez 25 et les 5ème (SPA 95), 6ème (SPA 153), 7ème (SPA62) volant sur Gourdou-Lesseure-Loire LGL 32.

Arrivé à Basse-Yutz, il est affecté à la 7ème escadrille (traditions de la SPA 62) du régiment. Il est nommé Caporal-chef, le 1er juin 1932.

Clc René Munier, pilote de la 7ème escadrille (traditions de l'escadrille SPA 62) du 38ème RAM de Thionville-Basse-Yutz (Moselle) pose en compagnie de son Gourdou-Lesseure LGL-32 - René a rejoint le régiment d'aviation mixte, le 7 mars 1932 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Gourdou-Lesseure-Loire LGL 32 en service dans les escadrilles de chasse du 38ème régiment d'aviation mixte de Thionville-Basse-Yutz (Moselle) - Les premiers exemplaires de cet appareil ont été livrés à partir de la seconde moitié de l'année 1929 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Constitution de la 1ère escadre de chasse :

Le 1er juillet 1932, par décret portant sur la réorganisation de l'armée de l'Air, le 34ème régiment d'aviation mixte est dissous. Il en est de même pour le régiment de Thionville. Avec les éléments constitutifs du 34ème RAM sont formés deux formations : la 34ème escadre d'observation et la 1ère escadre de chasse.

La 7ème escadrille du 38ème RAM quitte Thionville pour constituer, avec la 7ème escadrille (traditions de la SPA 94) du 34ème RAM du Bourget, un nouveau groupe de chasse, le GC II/1. Suite à la réorganisation des unités aériennes, René Munier passe en gestion à la base aérienne du Bourget-Dugny, le 1er juillet 1932.

Base aérienne du Bourget-Dugny, le 1er janvier 1933 - Sur l'image agrandie, on distingue parfaitement les escadrilles réparties sur les différentes parties du terrain - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Sources : Remonter le temps de l'IGN.

Entrée de la base aérienne du Bourget en 1934 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Le 1er juillet 1932, la 1ère escadre de chasse est créée sur le terrain du Bourget. Elle est placée sous le commandement du Cdt Poupon. Cette nouvelle unité est constituée de deux groupes de chasse, les GC I/1 et GC II/1. Le GC I/1 est composé des 1ère escadrille (SPA 31) et 2ème escadrille (SPA 48) et le GC II/1 est composé des 3ème escadrille (SPA 94) et 4ème escadrille (SPA 62). Le GC II/1 est placé sous le commandement du Cdt Dauphinet. Les quatre unités sont progressivement équipées de Nieuport 62 et 622. Les GC I/1 et GC II/1 restent stationnés au Bourget du 1er juillet 1932 au 1er décembre 1934.

Insigne et devises des escadrilles composant le groupe de chasse II/1 - Document transmis par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Insigne du GC II/1 - Ce groupe de chasse est composé d'un état-major et de deux escadrilles dont les traditions ont été héritées de la Grande Guerre, les 3ème escadrille (SPA 94) et 4ème escadrille (SPA 62) - Document transmis par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Mariage de Mlle Madeleine Antoine et de M. Pierre Dozard en 1932 - Madeleine est la soeur de Paulette que René Munier épousera, le 11 août 1935 - René et Paulette sont remarqués par deux étoiles - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Nommé Sergent :

Il signe un nouvel engagement de deux ans, au titre de la base aérienne du Bourget-Dugny dans le personnel navigant, à compter du 28 décembre 1932.

Quatrième à partir de la gauche, le Sgt René Munier pose en compagnie de ses camarades sous-officiers et soldats, pilotes et mécaniciens du 34ème régiment d'aviation du Bourget-Dugny en 1932/1933 - Les régiments d'aviation étant sur leur fin, le 34ème RAM va laisser la place à la base aérienne du Bourget-Dugny, abritant la 1ère escadre de chasse, créée le 1er juillet 1932 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Le 4 janvier 1933, il est nommé Sergent.

Piquet de renfort commandé par le Sgt René Munier un dimanche au Bourget en 1934 - Il est composé d'un sous-officier et de cinq soldats - On peut remarquer que deux d'entre eux sont pilotes - C'est un aspect moins plaisant de la carrière militaire pour les navigants - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Terrain du Bourget-Dugny en 1934 - Les Nieuport-Delage 62 du GC II/1 sont rassemblés devant leur hangar - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide. Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Nieuport-Delage NiD 62 de la 4ème escadrille du GC II/1 alignés sur la base aérienne du Bourget-Dugny en 1934 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide. Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Nieuport-Delage NiD 622 de la 4ème escadrille du GC II/1 sur la base aérienne du Bourget-Dugny - A droite, un NiD 62 de la 3ème escadrille (traditions de la SPA 94) et au fond à gauche, un NiD 62 de la 2ème escadrille (traditions de la SPA 48) du GC I/1 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Le coq, emblème de la 4ème escadrille du GC II/1 - Les avions sont des Nieuport-Delage NiD 62 - Base aérienne du Bourget en 1934 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Sgt René Munier pendant son séjour sur la base aéronavale de St-Raphael en 1934 - Remarquez l'insigne métallique de son escadrille, le coq combattant hérité de la glorieuse SPA 62 de la Grande Guerre - Le GC II/1 a effectué une campagne de tir à partir de cette base de la Marine - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Base aéronavale de Fréjus-St-Raphael, le 5 mai 1926 - En bas, la partie de mise en oeuvre des hydravions - En haut, la partie réservée aux avions terrestres - C'est sur cette zone qu'a été déployé le GC II/1 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Sources : Remonter le temps de l'IGN. Cliquez sur l'image pour l'agrandir

En décembre 1934, les unités de la 1ère escadre de chasse font mouvement sur la base aérienne de Villacoublay. René Munier signe un nouvel engagement de deux ans, à compter du 28 décembre 1934.

Portrait du Sgt René Munier, pilote de la 4ème escadrille du GC II/1 du Bourget - Remarquez la marque de son escadre de chasse de rattachement, la "1" sur sa patte de col - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Le 15 avril 1935, Le Lcl Rozoy prend le commandement de la 1ère escadre de chasse.

Son mariage avec Paulette :

Il se marie avec Mlle Paulette Berthe Camille Antoine, le 11 août 1935.

René Munier se marie avec Paulette Antoine, le 11 août 1935 - Photo transmise par François Iung, leur petit-fils que je remercie pour son aide.

Mariage de Paulette Antoine et de René Munier, le 10 août 1935 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, leur petit-fils que je remercie pour son aide.

Appareil photographique Zeiss Ikon Nettar 8 de 6 x 9 de l'Adj René Munier - Il permet des vitesses de 1/25, 1/50 et 1/100 s - Focale de prise de vue F 6,3 - Il utilise un film 120 - Ce type d'appareil a été vendu entre 1934 à 1939 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

En février 1936, le Col Mathis prend le commandement de la 1ère escadre de chasse. Le 29 juin, le Lcl Pitault lui succède à la tête à la 1ère escadre.

Le 1er septembre 1936, il est affecté administrativement à la base aérienne de Villacoublay, en prévision du déplacement de la 1ère escadre de chasse.

Sgt René Munier, pilote de la 4ème escadrille du GC II/1 sur la base aérienne de Villacoulblay en 1936 - Sur l'aile supérieure, à droite, la ciné-mitrailleuse - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Cantonnements de la 1ère escadre de chasse sur la base aérienne de Villacoublay en 1936 - Les troupes et les sous-officiers célibataires ont séjourné dans ces bâtiments de décembre 1934 à octobre 1936 - Carte postale d'époque.

Chambrées de la 1ère escadre de chasse sur la base aérienne de Villacoublay en 1936 - Carte postale d'époque.

Chambrées de la 1ère escadre de chasse sur la base aérienne de Villacoublay en 1936 - Carte postale d'époque.

Insigne du GC II/1 en 1939-1940 - Photos droits réservés

Insigne de la 3ème escadrille du GC II/1 - Fabrication A. Augis Lyon de 1940 - La lame de la faux ne touche pas la tête - Photo Patrice Gout que je remercie pour son aide.

Insigne de la 4ème escadrille du GC II/1 stationnée sur le terrain d'Etampes-Montdésir ayant appartenu à l'Adj René Munier - Les pattes du coq, très fragiles, n'ont pas survécu à l'usure du temps - Photo François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Il participe au grand gala international de l'acrobatie et du parachute organisé sur le camp des Loges à Saint-Germain-en-Laye, le 17 mai 1936.

Le 29 octobre 1936, les groupes de chasse de la 1ère escadre sont affectés sur la base aérienne d'Etampes-Mondésir. Bien entendu, René fait partie du voyage. Il signe un nouvel engagement d'un an, à compter du 28 décembre 1936.

Passage sur Dewoitine D 500 et D 510 :

Le 29 octobre 1936, les deux GC I/1 et II/1 quittent Villacoublay pour s'installer sur celui d'Etampes-Mondésir. Au début du mois de novembre 1936, le GC II/1 prend en compte ses cinq premiers Dewoitine D 510 (n° 253, 260, 261, 262, 270). Il faudra attendre juin 1938 pour que le groupe soit entièrement transformé. Moins d'un an après, ces avions seront complétement dépassés.

En novembre 1936, René s'installe en famille au 41bis, rue du Haut-Pavé à Etampes.

Terrain d'aviation de Buc en 1936 - Cette photo montre les installations de l'aéroparc - De gauche à droite : les hangars d'origine utilisés par la SFCA, le bâtiment principal et ses deux petits hangars, locaux du Touring-club de France. A l'extrême gauche, et absents de la photo, les trois hangars construits à la fin des années vingt, accueillant les activités de Blériot-Aéronautique et divers petits constructeurs, et le hangar du motoriste Emile Régnier - A la perpendiculaire, la tribune, dont le hangar héberge les avions du club Roland-Garros. Ne figurent pas sur la photo le pavillon du club Roland-Garros et le hangar Hélève-Boucher, situés dans l'alignement de la tribune - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Arrivée du Dewoitine D 510 :

La 1ère escadre de chasse est renforcée par un 3ème groupe de chasse, le GC III/1 qui héritent des traditions des escadrilles VB 135 et RXI 239, à partir du 1er avril 1937. Les trois groupes sont équipés d'avions Dewoitine D 510 à compter de 1937.

Le 1er août 1937, il reçoit le certificat d'aptitude au commandement suite aux épreuves qu'il a passé les 18 septembre 1936 et 31 juillet 1937.

Certificat d'aptitude au commandement du Sgc René Munier de la 1ère escadre de chasse d'Etampes - Document transmis par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Nommé Sergent-Chef :

Nommé Sergent-chef, le 1er juillet 1937.

Le Sgc Munier fait visiter son unité à son épouse Paulette en 1937-1938 - René porte, dans ses bras, le coq, emblème de son escadrille - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Le circuit des Alpes :

En juillet 1937, le Cne Robillon, commandant du GC II/1, participe au meeting de Zürich-Dübendorf et au circuit des Alpes. Il est engagé aux commandes d'un Dewoitine D 510 à moteur Hispano-Suiza 12 Ycrs de 860 ch. Les résultats sont catastrophiques pour l'armée de l'Air qui a engagé la fine fleur de sa chasse. Sur ce circuit, le Cne Robillon, le pilote français le mieux classé avec 321 km/h, ne se classe que 5ème, derrière le Ltn Hans Seidemann (388 km/h), aux commandes du Messerschmitt Bf 109 V8, puis trois Avia B 534 tchécoslovaques (360 km/h). Même le Dornier Do 17M V1 engagé hors concours, réalise le parcours à la moyenne de 368 km/h. Seule la patrouille de la 5ème escadre de chasse se comportera bien en se classant seconde derrière les trois Bf 109 allemands. Le Allemands ont pris de l'avance et maintenant cela se voit.

En manoeuvres en Afrique du Nord :

Le 6 octobre 1937, le groupe est désigné pour effectuer une campagne de manoeuvres de trois mois en Afrique du Nord. Son personnel et ses dix-huit avions Dewoitine 510 (huit par escadrille + 2 pour le commandant de groupe et son adjoint), embarqués le 2 novembre à Hyères, arrivent à Bizerte, le 4. Le personnel mécanicien et les lots de rechanges font mouvement par avions, à bord de deux Bloch 200.

Composition du GC II/1 à cette date :

Etat-major du groupe : Cne Robillon (cdmt du GC II/1), Cne Veniel (adjoint au cdmt de groupe).
3ème escadrille (traditions de la SPA 94) : Cne Labit (cdmt de l'escadrille) - Ltt Calmon (adjoint au cdmt d'escadrille) - Slt Brun - Adc Baillet - Adj Crocq - Sgc Petit - Sght Dussart - Sgt des Courtis - Sgt Mondange - Sgt Mazo - Sgt Jouany (mitrailleur) - Sgt Le Cozanet (mitrailleur).
4ème escadrille (traditions de la SPA 62) : Ltt Coiral (cdmt de l'escadrille) - Slt Gabez (adjoint au cdmt d'escadrille) - Slt Rousseau - Adj Richardin - Sgt Becquet - Sgc Munier - Sgt Pissote - Sgt Patoor - Sgt Perrin - Sgt Robert - Sgt Bonnefoy (radio) - Sgt Chamblay (radio).

Porte-hydravions Commandant Teste - Il a été construit par les forges et chantiers de la Gironde à Bordeaux entre le 6 septembre 1927 au 12 avril 1929 - Il a été admis au service actif au sein de l'escadre de la Méditerranée, le 18 avril 1932 - Il a été conçu pour servir de base flottante pour l'entretien et le ravitaillement des hydravions, pour transporter les appareils nécessaires aux porte-avions et aux bases aériennes d'outre-mer et de servir de plate-forme de lancement d'hydravions en appui d'une force navale - Il était équipé de 4 catapultes à air comprimé Penhöet, 5 grues d'une capacité de 12 tonnes, d'une rampe d'amerrissage à l'arrière du batîment - Il emportait un important approvisionnement en carburant, huile - Son vaste hangar de 84 m x 27 x 7 m permettait l'accueil de 10 hydravions torpilleurs ou 20 hydravions de plus petite taille - Il était armé de 12 pièces de 100 mm modèle 1927, 8 canons de 37 mm modèle 1925 et six mitrailleuses doubles de 13,2 mm modèle 1929, toutes destinées à la lutte anti-aérienne - Sa vitesse de navigation était de 20,5 noeuds - C'est ce navire qui a assuré le transport de 18 Dewoitine D 510 du GC II/1 d'Etampes, 5 D 510 pour le 5ème groupe autonome de Sidi-Admed et 5 NiD 622, en partant de Hyères, le 2 novembre 1937 - Ce navire sera sabordé à Toulon, le 27 novembre 1942 - Renfloué par les Italiens, il sera coulé par les bombardements alliés en 1944 et finalement démoli en 1963 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Chargement du Dewoitine D 510 n° 7 du Cne Robillon, commandant du GC II/1 à bord du porte-hydravions "Commandant Teste" à Hyères, le 2 novembre 1937 - Il porte l'insigne du groupe sur le fuselage - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Chargement du Dewoitine D 510 codé "1" n° 276 du commandant de la 4ème escadrille (SPA 62) du GC II/1 à bord du porte-hydravions "Commandant Teste", le 2 novembre 1937 - Malgré la taille généreuse du hangar avec ses 84 m de long x 27 m de largeur x 7 m de hauteur, les Dewoitine D 510, qui ne possèdent pas d'ailes repliables, ne peuvent entrer dans le sens normal - Il faudra les faire pivoter et les rentrer perpendiculairement au hangar - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Le Dewoitine D 510 codé "1" n° 276 du commandant de la 4ème escadrille (SPA 62) du GC II/1 a été chargé sur le pont du porte-hydravions "Commandant Teste", le 2 novembre 1937 - Il est maintenant positionné perpendiculairement au hangar avant s'être introduit dans la zone de stockage - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Pont du porte-hydravions "Commandant Teste" pendant la traversée entre Hyères et Bizerte du 2 au 4 novembre 1937 - Les avions, qui n'ont pu prendre place dans le hangar du navire, ont été placés sur le pont - Pendant cette traversée, c'est un total de 28 avions qui sont transférés de France vers l'Afrique du Nord, à savoir 18 Dewoitine D 510 du GC II/1 d'Etampes, 5 D 510 destinés au 5ème groupe autonome de Sidi-Admed et 5 NiD 622 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Les Dewoitine D 510 du GC II/1 ont été parqués à bord du hangar du porte-hydravions "Commandant Teste" - Il faisait 84 m x 27 x 7 m - Le second appareil est l'avion du Cne Robillon, commandant du groupe II/1, viennent ensuite des avions de la 3ème escadrille (traditions de la SPA 94 de la Grande Guerre) - Une autre partie des avions a été entreposée sur le pont du navire - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Pilotes des 3ème et 4ème escadrilles du GC II/1, à bord du porte-hydravions "Commandant Teste" qui les amène à Bizerte - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Déchargement des Dewoitine D 510 du GC II/1 dans le port de Bizerte, le 4 novembre 1937 - L'avion, au premier plan, est celui du Slt Gabez, adjoint au commandant de la 4ème escadrille (SPA 62) du GC II/1 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

A la mi-février 1939, sur le terrain d'aviation d'Alger-Maison-Blanche, le Sgc René Munier pose, en compagnie de son mécanicien avion, devant le Dewoitine D 510 n° 274 codé "93 qu'il pilote habituellement - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Alignement des Dewoitine D 510 de la 4ème escadrille (SPA 62) du GC II/1 sur un des terrains de desserrement d'Alger-Maison-Blanche ou d'Oran-la-Sénia, à compter du 22 novembre 1937 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Pilotes de l'état-major et des deux escadrilles du GC II/1 à Alger entre le 22 novembre 1937 et le 6 février 1938 - Le Sgc René Munier est marqué d'une croix - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Pilotes et quelques mécaniciens de la 4ème escadrille du GC II/1 à Alger entre le 22 novembre 1937 et le 6 février 1938 - Même à cette époque, les insignes d'escadrille ne sont pas légion, on en compte 7 sur 23 aviateurs - Le Sgc René Munier est marqué d'une croix - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Le 11 novembre 1937, le groupe prend part au défilé aérien sur Tunis et s'installe sur El Hamma où il participe aux manoeuvres impériales, les 12 et 13. Il rentre sur Bizerte-Sidi-Admed, le 14. Le 22 novembre, le II/1 envoie deux détachements (échelons volant et routier) : l'un à Alger-Maison-Blanche (4ème escadrille) avec escale à Sétif, l'autre sur Oran-La-Sénia (3ème escadrille). Durant la liaison entre Bizerte-Sidi-Admed et Alger-Maison-Blanche, trois pilotes se perdent et sont contraints d'atterrir en plein bled. Il s'agit de l'Adj Richardin, dont l'atterrissage se terminera en pylône, le Sgc Munier et le Sgt Perrin. Ils sont tous les trois indemnes. Pendant plus de trois mois, les pilotes poursuivent leur entrainement, progressant en effectuant des exercices de combat et de tir. Les patrouilles réalisent des reconnaissances et des exercices de couverture des ports d'Alger et Oran contre des incursions d'avions étrangers.

Admis dans le corps des Sous-officiers de carrière :

René est admis dans le corps des sous-officiers de carrière, le 30 novembre 1937.

Le 6 février 1938, la 4ème escadrille rejoint la 3ème sur le terrain de Bizerte-Sidi-Admed. Le 22 février 1938, dix D 510 sont hissés à bord du porte-hydravions Cdt Teste. Les autres avions du groupe sont laissés sur place, 5 étant versés au 5ème groupe autonome et les autres abandonnés sur place pour pièces, usures ou pertes suite à plusieurs accidents d'atterrissage. Le séjour en Afrique du Nord prend officiellement fin, le 23 février 1938. A cette date, le groupe, qui s'est reconstitué depuis quelques jours, à Bizerte, s'embarque pour la France. Il est de retour à Etampes, le 26 février.

Naissance de sa fille Anne :

Le 23 avril 1938, naissance de sa fille Anne à la maternité des Prémontrés à Pont-à-Mousson.

Du 14 mai au 3 juin 1938, les avions sont à Perpignan pour effectuer une campagne de tir. Les avions rentrent à Etampes, le 4. Le mois de juin permet d'effectuer la révision des avions, de procéder à plusieurs vols de nuit, à des exercices de tir et de radio.

Pilote moniteur :

Le 1er juillet 1938, il est affecté comme pilote moniteur au groupe aérien d'Etampes. Ce groupe d'instruction militaire est commandé par le Ltt Lécrivain.

Sgc René Munier, pilote moniteur de la section d'entrainement de la 1ère escadre de chasse d'Etampes-Mondésir pose devant un Morane-Saulnier MS 231, en 1938 - Il a été nommé à ce poste, le 1er juillet 1938 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

René Munier a piloté les appareils suivants : Morane 130, 133, 191, 231, 230 - Gourdou LGL 32 - Caudron 59 - Nieuport 62 et 622 - Dewoitine 500 et 510 - Potez 25 - Potez 43 - Bloch 200 - Lioré-et-Olivier 20 - Mureaux 113 - Simoun C 63. Il compte alors 1150 heures de vol pour 50 heures de vol de nuit.

Le Cne Labit, commandant de la 3ème escadrille, est affecté à l'état-major de la 1ère escadre de chasse. Le Cne Véniel est nommé commandant de la 3ème escadrille (SPA 94). En juillet, les pilotes s'entrainent pour le défilé du 14 juillet. Le 16, ils sont sur la base aérienne de Dijon jusqu'au lendemain, puis ils bougent sur Berck, Amiens et Reims où ils réalisent des exercices de radiophonie et des attaques de bombardiers.

Dewoitine D 510 n° 269 codé "4" de la 3ème escadrille du GC II/1 - Photo transmise par François Iung que je remercie pour son aide.

En août 1938, le Ltt Calmoy est affecté à l'état-major du GC II/1 et le Slt Matras, à l'état-major de la 3ème escadrille (SPA94). Du 1er au 3 août, les pilotes s'entrainent à la reconnaissance du terrain d'aviation de Coulommiers. Du 7 au 10, ils sont en manoeuvres à Coulommiers. Le 12, le Ltt Matras est affecté à la 4ème escadrille (SPA 62). Du 18 au 20, les avions sont à Deauville. En août 1938, la 4ème escadrille a volé 203 heures 20 mn et 7 heures en vol de nuit. En septembre, l'escadrille ne vole pas beaucoup malgré des conditions météo favorable. Le 27, des pilotes sont lâchés sur Dewoitine D 510 puis d'autres s'entrainent sur Bloch du 28 au 30 septembre. En octobre, les pilotes, quand ils peuvent voler, effectuent des patrouilles serrées et des entrainements contre un plastron avec des montées à 4000 mètres.

Mort du Col Pitault, commandant la 1ère escadre :

Le 25 octobre 1938, le Col Pitault, commandant de la 1ère escadre de chasse, héros de la Grande Guerre et de la campagne de Syrie trouve la mort en atterrissant, lors d'un exercice, sur le terrain de Gray. Ses obsèques eurent lieu sur le terrain d'aviation d'Etampes, le 27. Il est remplacé par le Lcl Dauphinet, à compter du 12 décembre.

Les sergents Challe (pilote) et Chamblay (radio) sont affectés à Villacoublay. Le Sgt Guittard, qui arrive de l'école d'Istres, est affecté à la 3ème escadrille (SPA 94). Il est rejoint dans la même unité par le Slt Sallier. Le 21, début de l'instruction militaire d'hiver avec instructions sur l'armement et la navigation. Le 6 décembre 1938, le Ltt Guizard est victime d'un accident d'atterrissage pendant lequel son avion est endommagé. Le 15, les pilotes suivent une instruction sur la conduite à tenir en cas de panne.

L'année 1939 :

En janvier 1939, en raison des conditions météorologiques catastrophiques, seulement 10 heures de vol sont réalisées par l'ensemble de l'escadrille, c'est à dire moins d'une heure par pilote. En février, c'est encore pire avec aucun vol. Départ des pilotes Des-Courtis et retour de Mazo de la 3ème escadrille (SPA 94). En mars, après 24 jours sans vol, 15 heures de vol sont réalisées. Le 13 avril, le Sgt Guilhain se tue en service aérien.

Le 7 avril 1939, René Munier reçoit le certificat d'aptitude aux fonctions de chef de patrouille.

Certificat d'aptitude aux fonctions de chef de patrouille du Sgc René Munier, délivré par le général commandant la 2ème région aérienne, le 7 avril 1939 - Il s'agit d'une régularisation du certificat délivré par le Colonel commandant la 1ère escadre aérienne, le 29 octobre 1937 - Document transmis par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Pilote de la 3ème escadrille du GC II/1 :

Le 11 avril 1939, il est affecté à la 3ème escadrille du GC II/1. Cette unité détient les traditions de l'escadrille SPA 94 de la Grande Guerre.

Le 24 mai, arrivée de l'Adc Autier qui est affecté à la 4ème escadrille. Du 30 mai au 9 juin, la 4ème escadrille stationne à Lézignan pour effectuer des exercices de tir sur manche tractée. Après être rentrés sur Etampes, les avions stationnent sur le terrain de Melun, les 27 et 28 juin.

Carte d'identité de sous-officier de carrière du Sgc René Munier, pilote à la base aérienne d'Etampes, donnant droit au tarif militaire en 2ème et 3ème chasse - Document transmis par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

De gauche à droite : Sgc Munier, Albert Balmer, X, Maurice Lièvre, X devant le De Havilland DH-88 Comet F-ANPY (n° 1995) de l'escadrille ministérielle sur le terrain d'aviation d'Etampes, le 24 juillet 1939, - L'avion ne porte pas encore sa bande tricolore de fuselage - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par Lionel Brunet, petit-fils d'Albert Balmer que je remercie pour son aide.

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Pour le défilé aérien du 14 juillet, la 1ère escadre s'entraine au-dessus de Chartres et de Châteaudun. Le 19 juillet, les Adc Autier et le Sgt Guitard sont en stage à Avord. Le 28 juillet, le Potez 630 n° 44, piloté par l'Adc Autier, perd une hélice en vol et se pose normalement à Rouen.

Mis en état d'alerte :

Les premières mesures d'alerte de l'armée de l'Air sont rendues exécutoires dans la nuit du 21 au 22 août 1939. Sur le terrain d'Etampes, l'alerte est donnée à minuit. La mécanique active le branle-bas de combat, les mécaniciens préparent les avions, les magasiniers chargent les camions de l'échelon roulant et les armuriers, aidés des radios et des pilotes, préparent les chargeurs. Les permissionnaires, rappelés, commencent à rejoindre et les réservistes sont rappelés.

Les premiers réservistes arrivent dans la nuit du 24 au 25. Il s'agit des lieutenants Ridray et Escoffier, le Slt Fontaine qui appartiennent à leur escadrille depuis de longues années et ont participé à toutes les manoeuvres. Ils sont accueillis chaleureusement par leurs camarades d'active. Ils avaient déjà été rappelés pour la fausse guerre de septembre 1938. Le 25, le Sgt Trincano, un ancien du groupe des cigognes, est affecté à la 3ème escadrille (SPA 94).

Le 27 août, à une heure, le groupe est placé en alerte générale. L'ordre est donné de mettre en route l'échelon roulant sur Buc, le terrain de desserrement désigné. Les premières voitures et camions partent à 6 heures. Un nouveau pilote, le Sgc Janin, pilote d'essais de la société Caudron, est affecté à la 4ème escadrille (SPA 62). Après une journée à observer les groupes de chasse, équipés de Morane-Saulnier MS 406, partir vers leurs terrains de desserrement en passant au-dessus du terrain, l'ordre est donné aux avions de décoller à 18 heures. Le GC II/1 prend la direction de Buc et le GC I/1 sur Chantilly. Il s'agit pour les deux escadrilles de protéger la région parisienne, au grand dam des personnels qui s'attendaient à partir dans le Nord ou dans l'Est.

Terrain de Buc :

Le même jour, René Munier est rattaché administrativement au bataillon de l'air n° 111. A l'arrivée à Buc, le terrain est encombré par des civils qui paraissent participer à un meeting. Ils font mauvais accueil au groupe mais ne tardent pas à partir de la zone. La compagnie de l'Air, qui en théorie devait préparer l'installation, n'arrivera que le 30. Ce sont les personnels du groupe qui devront s'occuper de leur installation. Les difficultés sont nombreuses car les bâtiments et hangars sont partiellement occupés par des services civils qu'il faut déloger en réquisitionnant les locaux. Tout cela ne se fera pas sans heurt. Les pilotes et mécaniciens sont logés à Buc ou dans les environs, à des distances entre 1 et 3 km du terrain. La troupe s'installe dans les batiments de la base. Des terrains de desserrement sont reconnus, seuls deux sont utilisables en toutes saisons, Villepreux et Brétigny. La défense du terrain est assurée par des jumelages de mitrailleuses Vickers et quatre dispositifs à 4 mitrailleuses MAC.

La base aérienne de Buc est située au Sud-Ouest de Paris, aux environs de Versailles, à l'Est du fort du Haut Buc. Les casernements et l'administration de la base sont groupés dans l'angle Nord-Est du terrain et les hangars, l'un en bordure Nord et les autres, en bordure Est de la piste. La plate-forme est très visible en vol, et de très loin, en raison de sa teinte unie et de la disposition de ses bâtiments aéronautiques. A partir du 29, le régime d'alerte des pilotes commence avec 3/4 h avant le lever du soleil jusqu'à 3/4 h après le coucher du soleil. Bien entendu, l'amplitude de travail des mécaniciens est encore plus grande.

Le 28, plusieurs officiers rejoignent le GC II/1, d'abord le Cne de Mac Mahon qui devient adjoint au commandant de groupe puis le Ltt Clère, un ancien pilote de la Grande Guerre, affecté au cadre sédentaire, prend le poste d'officier administratif. Le 30 août, le bar de l'Aéro-club Roland-Garros est réquisitionné pour les officiers, la popote passe sous le commandement du Slt Jallier.

Laissez-passer du Sgc René Munier, pilote du GC II/1, pour entrer de jour comme de nuit sur le terrain d'aviation de Buc - Il a été établi, le 12 septembre 1939 - Document transmis par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Déclaration de guerre :

Le 2 septembre, la mobilisation générale est décrétée et le lendemain, en réaction à l'envahissement de la Pologne, l'Angleterre et la France déclare la guerre avec l'Allemagne.

Composition du GC II/1 à la date du 3 septembre 1939 :

Etat-major du groupe : Cne Robillon (cdmt du GC II/1), Cne de Mac-Mahon (adjoint au cdmt de groupe).
Radio-navigant : Asp Bonnefoy.
Mécanique : Ltt Matz (officier mécanicien) - Moyens généraux : Adc Chenivesse - Asp Grasset - Adj Larivé.
Mécaniciens : Adj Tourniaire - Sgc Guillain - Sgc Lorfenfant - Sgc Clément Mijot - Sgt Léon Mijot - Sgc Pautret - Sgt Delage - Sgt Grison - Sgt Rieupet - Sgt Roux - Sgt Rolland - Sgt Texier - Clc Ameline - Clc Cajean - Clc Vibert - Sol Bureaux.
Armuriers : Sgc Cruzel - Sgc Gassin - Sgc Fresnoy - Sgt Pinson - Sgt Weber - Sgt Thierry - Sgt Dufaux.
Equipement électricité et radio : Sgt Poissonnier - Sgt Marigot.
Section administrative : Ltt Clère (officier administratif) - Sgt Debosse - Sgt Laurent.

3ème escadrille (traditions de la SPA 94) : Cne Veniel (cdmt de l'escadrille) - Cne Guisard (adjoint au cdmt d'escadrille) - Ltt Escoffier (réserve) - Ltt Brun - Slt Hutter - Slt Jaillier - Slt Fontaine (réserve) - Adc Autier - Adc Crocq - Adj Argeyrolles - Sgc Munier - Sgt Trincano - Sgt Duverdier - Sgt Gaudon - Sgt Guitard - Sgt Largeau.

4ème escadrille (traditions de la SPA 62) : Cne Coiral (cdmt de l'escadrille) - Cne Duval (adjoint au cdmt d'escadrille) - Ltt Ridray (réserve) - Slt Matras - Slt Maurin - Slt Belland - Adc Richardin - Adj Becquet - Sgc Janin - Sgt Brisou - Sgt Chenelot - Sgt Montfort - Sgt Pattor - Sgt Robert - Sgt Roquerbe.

Des moyens aériens dépassés :

A cette date, le groupe de chasse II/1 compte 26 Dewoitine 510, 3 Potez 631 et 1 Potez 630. Les deux derniers types sont des triplaces de commandement. Il ne faut pas cacher que le Dewoitine 510 est complétement dépassé à cette date. Avec 380 km/h maximum et son armement, il n'a aucune chance contre un Messerschmitt Bf 109 qui peut voler à 570 km/h et possède un armement de bord très puissant ou un Messerschmitt Me 110 (550 km/h). Sans parler des combats contre chasseurs, le D 510 n'est même pas capable de rattraper les bombardiers de type Heinkel He 111 (425 km/h) et Dornier Do 17 (440 km/h). Il en est de même pour les triplaces de commandement qui ne sont pas assez armés et eux aussi trop lents. De plus, leurs moteurs Ghôme et Rhône K 14, qui les équipent, présentent de graves déficiences.

L'échelon roulant du groupe se compose de : 3 voitures de liaison - 5 camions de 2,5 t - 4 camions de 5 t - 1 camion atelier électricité - 1 autocar salle de renseignement - 2 remorques armurerie - 1 remorque cuisine roulante - 1 remorque citerne à eau - 2 motocyclettes - 4 bicyclettes.

Premières missions de couverture :

Le GC II/1 est affecté au groupement de chasse 21, commandé par le général de brigade aérienne Pinsard, un As de la Grande Guerre. Il est lui-même placé sous les ordres du Général d'Astier de la Vigerie, commandant de la zone d'opérations aériennes Nord. Le PC du groupement de chasse 21 est installé à Chantilly.

Le groupement de chasse 21 est composé des unités suivantes :

  • Groupe I/1 (1ère escadrille / SPA 31 et 2ème escadrille / SPA 48) sur Dewoitine D 510 sur le terrain d'aviation de Chantilly-les-Aigles,
  • Groupe II/1 (3ème escadrille / SPA 94 et 4ème escadrille / SPA 62) sur Dewoitine D 510, Potez 630 et 631 sur le terrain d'aviation de Buc,
  • Groupe I/2 (1ère escadrille / SPA 3 et 2ème escadrille / SPA 103) sur Morane-Saulnier MS 406 sur le terrain d'aviation de Beauvais-Tillé,
  • Groupe II/2 (3ème escadrille / SPA 65 et 4ème escadrille / SPA 57) sur Morane-Saulnier MS 406 sur le terrain d'aviation de Clermont-les-Fermes,
  • Groupe III/2 (5ème escadrille / SPA 83 et 6ème escadrille / SPA 100) sur Morane-Saulnier MS 406 sur le terrain d'aviation de Cambrai-Niergnies,
  • Groupe III/6 (5ème escadrille / Masque africain sur fond bleu et 6ème escadrille / Masque africain) sur Morane-Saulnier MS 406 sur le terrain d'aviation de Villacoublay,
  • Groupe aérien régional de chasse 1/561 sur Nieuport 62 sur le terrain d'aviation de Rouen-Boos,
  • Groupe aérien régional de chasse 3/561 sur Nieuport 62 sur le terrain d'aviation de Calais-Saint-Inglevert,
  • Groupe aérien régional de chasse 4/561 sur Nieuport 62 sur le terrain d'aviation de Villacoublay.

La mission du GC II/1 :

L'ordre d'opérations n° 1 pour le jour J + 1 du commandement de l'aviation de chasse de la 1ère armée aérienne défini la mission assignée au GC II/1 de la manière suivante :

1ère urgence :

  • Couverture aux coups de la région parisienne dans le secteur situé à l'Ouest de la ligne définie de la route nationale n° 20 Etampes-Paris, route nationale n° 2 Paris-Villers-Cotterets,
  • Couverture des terrains de Buc et de Villacoublay.

2ème urgence :

  • Couverture aux coups des voies ferrées dans la zone n° 5,
  • Concentration à l'aller.

Pendant la guerre de position de septembre 1939 au 10 mai 1940, le groupe participera à la couverture de la région parisienne. Pendant cette longue période, et malgré la volonté du commandant du groupe et ses pilotes, aucune patrouille ne sera engagée, ni envoyée en renfort de groupes de la zone Est. Plusieurs décollages sur alerte auront lieu, mais en raison de l'organisation déficience du service de guet aérien et l'imprécision des renseignements fournis sur les survols d'avions ennemis, ces tentatives d'interception ne donneront rien.

Le 3 septembre, le régime d'alerte en vigueur dans les unités du GC 21 passe de 1/2 de l'effectif en alerte, 1/4 en attente, 1/4 en repos à 1/3 en alerte, 1/3 en attente, 1/3 en repos.

Premier décollage en alerte :

Le 4 septembre, une patrouille légère de la 3ème escadrille (SPA 94) est envoyée contre une formation de dix bombardiers venant de Rouen et signalée par le service de guet aérien. L'Adj Crocq et le Sgt Duverdier, arrivés sur zone, ne voient rien. Ils sont rappelés par radiophonie, les avions suspects étaient probablement britanniques.

Le guet aérien d'affole :

Le 6 septembre, le guet aérien déclenche une série de décollages sur alerte. D'abord à 7 heures, une patrouille simple de la 4ème escadrille (SPA 62), composée du Ltt Ridray, Sgt Patoor, Sgt Robert est envoyée sur une fausse alerte. A 10h20, un service du guet aérien signale une formation de 50 bombardiers venant du Nord-Est. Une patrouille triple de la 4ème escadrille (SPA 62) décolle immédiatement avec le ferme espoir de barrer la route aux avions ennemis. Ces patrouilles se composent de la manière suivante : Cne Coiral / Sgt Janin / Sgt Robert et Cne Duval / Slt Maurin / Sgt Roquerbe et Adj Becquet / Sgt Patoor. Deux Potez 630 du groupe se joignent au dispositif, ils sont pilotés par l'Adc Richardin et l'Adc Autier. Le patrouille triple de la 3ème escadrille (SPA 94) reste en alerte sur le terrain de Buc.

Le dispositif de la 4ème monte à 6000 mètres et tourne vainement pendant 1 h 30 dans le ciel de la région parisienne. Sur le terrain, les pièces de DCA sont mises en batterie et les personnels placés dans l'attente d'une attaque ennemie. Soudain, les éclatements d'obus sont aperçus dans le ciel, c'est la DCA qui tire sur les avions de la patrouille, particulièrement sur les Potez 630, qui sont confondus avec des Messerschmitt Me 110, eux aussi bimoteurs. Heureusement, l'ordre d'arrêt des tirs de DCA est envoyé et pas un des avions n'a été touché. En fin d'après-midi, le capitaine de vaisseau, commandant des batteries de DCA en question, a rendu une petite visite aux aviateurs.

Aguerrissement des pilotes :

Malgré le bilan négatif de ces missions qui ne débouchent sur rien de concret, les pilotes vont peu à peu de s'aguerrir, en étant obligé de décoller à toute heure et par presque tous les temps. Progressivement, ils vont se familiariser aux moindres recoins de leur secteur qui n'auront plus de secrets pour eux.

 

Accident d'un Blenheim :

Le 9 septembre, un bombardier britannique Blenheim atterrit dans la brume matinale, trompé par l'étroitesse du terrain, il termine sa course par un superbe cheval de bois et coupe en deux le Dewoitine D 510 du Cne Duval. L'équipage anglais, composé de 2 officiers et 3 sous-officiers, revenait d'une mission de sept heures en vol de nuit, pendant laquelle il avait lancé des tracts sur l'Allemagne. Le lendemain, une équipe de mécaniciens d'Outre-Manche arrive sur place pour réparer le bombardier. Devant l'étendue des dégâts, les moteurs sont enlevés, les ailes démontées, ne laissant sur place que le fuselage. Bien plus tard, le 22 octobre, une seconde équipe de mécaniciens viendra dans le but de récupérer le fuselage. Hélas pour eux, il ne restait que la carcasse, les mécanos français ayant récupérés le revêtement métallique pour en faire des abris.

Heureusement, le Bloch MB 152, tant attendu, pointe son nez. Le 13 septembre, le Cne Guizard et l'Adj Becquet partent pour Orléans-Bricy où est mis sur pied une escadrille d'expérimentation sur cet avion moderne. Le 18, la 3ème escadrille (SPA 94) perd le Sgt Trincano, ancien pilote d'active particulièrement confirmé, qui rejoint la 1ère escadrille (SPA 3) du GC I/2.

Camouflage en bordure d'un bois :

La 3ème escadrille (SPA 94), mal installée dans les emplacements qui lui ont été assignés, migre dans les bois où les hommes se font un devoir de creuser de nombreux trous. Le Cne Véniel se fait construire un abri en bois et en paille, pas vraiment adapté pour lutter contre les bombes incendiaires. Les avions sont placés dans des alvéoles mais les hommes attendront longtemps les filets de camouflage et les grilles pour lutter efficacement contre la boue qui devient envahissante.

Le mois de septembre se termine par une dernière mission sur alerte, qui met en oeuvre une patrouille double de la 4ème escadrille (SPA 62) dirigée par les Slts Matras et Maurin. Cette fois encore, l'ennemi n'est pas aperçu et nos chasseurs rentrent bredouilles.

La boue et la pluie :

Les beaux jours ensoleillés de septembre ont laissé la place en des pluies continues et froides avec de la boue et de l'humidité persistantes. Les abords des tentes-abris se transforment en marécage, difficiles à traverser même avec les bottes en caoutchouc reçues en dotation par les personnels. Pour limiter les méfaits de l'eau, des caillebotis en planches sont installés sur les chemins d'accès.

Le 3 octobre, le Général d'Harcourt, inspecteur et commandant supérieur de l'aviation de chasse, vient inspecter le GC II/1. A cette occasion, il expose aux personnels les enseignements tirés des premiers combats de chasse. Le 8, le Cne de Mac-Mahon part pour Orléans-Bricy, où il est chargé de diriger l'entrainement des pilotes du groupe sur Bloch MB 152.

Début de l'entrainement sur Bloch MB 152 :

A partir du 9 octobre, les patrouilles se succèdent à Bricy pour s'entrainer activement sur les nouveaux avions qui étaient tellement attendus. Les difficultés sont nombreuses, surtout en raison de l'état du terrain qui a été transformé en une suite de flaques d'eau. Heureusement pour le GC II/1, aucune alerte ne viendra perturber l'entrainement des pilotes et de la mécanique.

Le 23 octobre, le PC du groupe est assailli par un nombre anormal de messages provenant du service de guet aérien. Une patrouille est placée en super-alerte (pilotes en place dans les cockpit) mais aucun avion ne décolle. Dans l'après-midi, l'explication arrive. Le Cdt Fabre de Thierrens, commandant le service de guet dans ce secteur de la région parisienne et As de la SPA 62 pendant la Grande Guerre, vient à Buc pour expliquer la nervosité matinale causée par un officier, nouvellement affecté dans son unité, et qui s'est laissé déborder par les nombreux messages dont le tri lui incombait.

Le Bloch MB 152 :

Le Bloch MB 152 a une vitesse maximale de 490 km/h, est armée de deux canons d'ailes Hispano-Suiza type 404 de 20 mm et deux mitrailleuses d'ailes MAC 34 de la Manufacture d'armes de Châtellerault de 7,5 mm. Il surclasse de très loin, sur tous les domaines, le Dewoitine D 510. Toutefois, l'entrainement encore insuffisant ne permet d'arriver à l'égalité avec la chasse adverse. Il s'agit maintenant de porter l'accent sur l'instruction du tir aérien et d'entrainer les pilotes pour qu'ils se montrent meilleurs manoeuvriers que leurs adversaires.

Arrivée à Buc des premiers Bloch MB 152 :

Le 3 novembre, les quatre premiers Bloch 152 arrivent à Buc, ils ont été convoyés par le Cne Caël, de la base de Bricy, le Cne de Mac-Mahon, l'Adc Autier et le Sgc Munier. Les autres arriveront tout au long du mois de novembre. Chacun des avions livrés sont ensuite convoyés sur Etampes pour qu'ils soient soumis à divers réglages. Le lendemain, trois pilotes partent pour convoyer trois autres MB 152 à partir d'Orly, avec une escale à Etampes pour les régler. Le 6 novembre, trois nouveaux MB 152 sont convoyés par Jallier, Crocq et Guitard depuis Orly. Munier, partis d'Orly, en amène un à Etampes.

Reversement des D 510 :

Les Dewoitine D 510 sont peu à peu reversés sur le base aérienne d'Orléans-Bricy par des pilotes qui rentrent aux commandes de MB 152 flambants neufs, un superbe échange ! Malgré leur enthousiasme de piloter un avion moderne, ils deviennent vite critiques en estimant la maniabilité insuffisante, une inertie trop grande et la puissance du moteur trop faible.

A partir de cette période, les pilotes vont enchainer les vols de prise en main, les évolutions de combats, les manouevres et des exercices de visée mais les problèmes arrivent vite car pour 10 minutes de vol, l'avion reste parfois indisponible pendant plus de huit jours.

Beaucoup de problèmes de mise en oeuvre :

Peu de temps après le GC I/1, le GC II/1 est entièrement équipé du Bloch MB 152, devenant le second groupe doté de cet avion conçu par l'ingénieur Marcel Bloch (futur Marcel Dassault). Comme les modifications demandées par les services techniques ne sont pas appliquées par le constructeur, ce sont les équipes des mécaniciens du groupe qui s'en chargent, malgré l'étendue des travaux, contraignant à de nombreuses indisponibilités d'avions et des interdictions de vol fréquentes. Parmi les problèmes rencontrés, on peut citer des ruptures d'antennes de réception, des blocages d'hélice à un pas quelconque, un fonctionnement aléatoire des postes radio dû à l'humidité, des ruptures de la patte d'attache de l'arbre de transmission du démarreur et de grosses difficultés de mise en route par temps froid.

Des délais de réparations trop longs :

Il faut également ajouter des délais inconcevables pour le ravitaillement en pièces détachées, par exemple, un mois pour obtenir une magnéto. C'est pour cette raison que le groupe ne peux aligner que 10 à 12 avions disponibles par jour (sur 20). La grosse difficulté vient de l'éloignement de la section spécialisée du groupe, maintenue au Parc 12/118 au Bourget, et représentée à Buc pour un simple échelon très léger. Il en résulte que la moindre réparation rend l'avion indisponible trois jours. Le Parc 12/118 est lui-même faiblement outillé et dépourvu de matériel de rechange. La plupart du temps, les réparations seront réalisées par l'entreprise civile. Sur le point des réparations, les carences du parc et de la section spécialisée seront presque totales.

Prise en main des MB 152 est terminée :

Au début du mois de novembre, la prise en main des Bloch MB 152 est entièrement terminée par les pilotes. Ils s'entrainent particulièrement sur les vols en altitude, les tirs de fonctionnement et les vols en pilotage sans visibilité. Les mécaniciens ont gagné en connaissance de leur nouveau matériel, les départs sont facilités, les pannes légères sont vite découvertes et réparées.

Dotation de 26 MB 152 :

Le 10, le GC II/1 est en possession de sa dotation complète, c'est à dire 26 Bloch MB 152 et trois Potez 631. Une alerte généralement est lancée car le commandement s'attend à une offensive générale sur le front. Les messages du guet aérien sont particulièrement nombreux les 6, 7, 10, 13 et 20 novembre. A chaque fois, les patrouilles partent et à chaque fois reviennent bredouilles. Pourtant, les avions de reconnaissance allemands se manifestent en larguant des tracts sur Paris.

Nouvelle mission :

Le 12 novembre, le GC II/1 reçoit, par message, la mission de :

1ère urgence :

  • Couverture aux coups directs, sur alerte, de la région parisienne dans le secteur situé au Sud de la ligne Maisons-Laffitte - Porte de la Villette - Vaires. Le commandant du GC II/1 gardera en permanence 75 % de son effectif pour la mission de première urgence.

2ème urgence :

  • Couverture directe aux vues et aux coups sur alerte du terrain de Buc.
  • Couverture directe aux vues et aux coups sur alerte des terrains de Nangis et de la Ferté-Gaucher.

3ème urgence :

  • Couverture par alerte contre la grande reconnaissance aérienne de la zone Meaux - La-Ferté-sous-Jouarre - La-Ferté-Millon par une patrouille légère en alerte renforcée de 10h30 à 13h30.

Le 18 novembre, les derniers Dewoitine D 510 sont reversés aux services de l'aéronautique maritimes stationnés sur la base aérienne d'Orly.

Régime d'alerte :

Le 21, à 19h30, un avion ennemi survole le terrain à 1500 mètres et largue des tracts. Dès le lendemain, la couverture aérienne de la région parisienne est assurée de 10 h à 14 h 30 de manière continue par des patrouilles légères des groupes de chasse I/1, II/1 et I/2. Le 23, pour lutter contre les vols de grande reconnaissance allemands, le GC II/1 doit assurer la couverture aérienne de la région de Pierrefonds - Crépy-en-Valois - Esbly - Coulommiers - Charly-sur-Marne - Neuilly-Saint-Front et Pierrefonds. Les moyens engagés sont une patrouille légère à 6500 mètres et une autre patrouille légère à 5000 mètres.

Accident du Sgt Monfort :

Le 23 novembre, le Sgt Montfort, pilote de la 4ème escadrille (SPA 62), tombe en panne sèche en finale d'une mission de couverture prolongée pendant une durée de 1h55. Ne pouvant faire autrement, il pose son MB 152 dans un champ de l'autre côté de la route qui borde le terrain et capote. Son appareil n'est que faiblement endommagé et le pilote sauf.

A compter du 24 novembre, le groupe doit mettre en alerte permanente une patrouille simple (moteurs chauds), une patrouille simple en attente et le reste de l'effectif en position de repos. Pour les personnels assurant la défense antiaérienne, le service normal est demandé, et le service renforcé devant être mis en place moins de 20 mn après réception du message d'alerte. Aucun des décollages sur alerte ne permettra une interception d'appareil adverse.

Le 27 novembre, le Sgt Patoor, pilote de la 4ème escadrille (SPA 62), est victime d'un accident d'atterrissage qui endommage son avion.

Un hiver très rigoureux :

L'hiver 1939-1940 a été particulièrement froid, avec, dès la fin novembre, des chutes de neige et des journées entières de brume. Cette brume interdisant toutes sorties. Comme plusieurs missions de reconnaissance allemandes ont été interceptées, le commandement s'attend que ces missions soient escortées par des chasseurs lourds ou légers. Il n'est donc plus question d'engager des patrouilles légères (2 avions) mais d'envoyer des dispositifs beaucoup plus sérieux.

Le 2 décembre, le GC II/1 reçoit de nouveaux ordres d'engagement :

1ère urgence :

  • Couverture aux vues sur alerte de l'agglomération parisienne.

2ème urgence :

  • Couverture aux vues, sur alerte, du secteur La-Ferté-Millon - Meaux - La-Ferté-sous-Jouarre entre 10h30 et 13h30, à l'altitude de 5500 m à 7500 m.

Les moyens aériens engagés sont :

  • 2 patrouilles légères, échelonnées en altitude, pour le dispositif normal,
  • 4 patrouilles légères, échelonnées en profondeur et altitude, pour le dispositif renforcé.

En décembre, la dotation en véhicules est accrue avec l'arrivée de trois voitures Técalémit réchauffeuses d'air. Elles devenaient nécessaires par période de grand froid. Une modification apportée à l'hélice des Bloch contraint à suspendre les vols pendant quelques jours. A chaque fois que les vols ne sont pas possible en raison de la météo, les personnels s'occupent à renforcer les installations.

Le 7 décembre, deux patrouilles légères de la 3ème escadrille (SPA 94), réunissant Escoffier, Largeau et Autier, Fontaine, décollent sur alerte, puis croisent à 7000 mètres dans les environs de Paris. Soudain, Autier aperçoit un avion de grande taille, 5000 mètres en dessous. Il pique aussitôt à la verticale, son équipier le suit. Malheureusement, il s'agit d'un Farman F 222. Quelle déception pour les pilotes qui rêvaient d'affronter l'ennemi.

Le 15 décembre, le Slt Jallier, pilote de la 3ème escadrille (SPA 94), est affecté comme instructeur au groupe de chasse I/9 à Oran-la-Sénia où est constitué le Centre d'instruction de la chasse d'Oran.

Première campagne de tir sur Bloch MB 152 :

A partir du 19 décembre, une première campagne de tir est effectuée sur les monts de Moronvilliers, à Mourmelon. Quatre pilotes de la 4ème escadrille (SPA 62) comprenant le Cne Duval, Slt Belland, Sgt Montfort et Sgt Largeau. sont détachés, avec leurs avions. Un échelon routier, arrivé quelques jours auparavant, séjournera sur place pendant la durée des tirs.

Essais de tir en haute altitude :

Le 23 décembre, la patrouille légère de la 4ème escadrille (SPA 62) du Ltt Maurin et Adc Girardin effectue des tirs de fonctionnement à très haute altitude (9000 m) au-dessus de la mer entre Fécamps et Saint-Valéry-en-Caux. Au retour, informés par radio que le terrain de Buc est noyé dans la brume, la patrouille se sépare, Maurin atterrissant à Rouen-Boos, le terrain du GC II/10 et l'Adc Richardin à Villacoublay.

Tests comparatifs entre le MS 406 et le MB 152 :

Une étude comparative des performances de montée en altitude et de vitesse du Morane-Saulnier MS 406 et Bloch MB 152 est demandée au groupe. Elle a lieu, le 21 décembre, au départ du terrain d'aviation de Buc. Elle met en oeuvre deux MS 406 du GC I/2 (Slt Pichon et Adj Le Martelot) et deux MB 152 du GC II/1 (Cne Coiral et Adj Becquet). La supériorité du MB 152 est incontestable sur le MS 406. Les tests suivants portent sur la tenue lors des combats tournoyants et sont effectués les 27 et 28 décembre. Cette fois, la supériorité du MB 152 est minime.

Dans la nuit du 20 au 21 décembre, treize MB 152, laissés sur la piste, sont découverts le lendemain couverts d'une couche de glace de 2 cm provoquant une grosse colère du Général Pinsard. Il s'agissait pourtant qu'un phénomène très localisé car aucun des autres groupes de la région parisienne, malgré des avions parqués en plein air, n'avait observé l'apparition de cette couche de glace.

Le 27 décembre, le Cne Guizard, adjoint au commandant de la 3ème escadrille (SPA 94), prend le commandement de la 4ème escadrille du GC II/561 (qui deviendra le GC III/10, le 11 janvier 1940). Le GC II/561 est commandé par le Cdt Risacher, un As de la Grande Guerre et stationné sur le terrain du Havre-Octeville et chargé de la protection de la Basse-Seine.

Le 29 décembre 1939, 20 cm de neige recouvre la piste. Cette couche de poudreuse s'épaissit encore les jours suivants et un froid très vif (-10 °) vient compliquer fortement le travail de tous.

Inspection du Gal d'Astier de la Vigerie :

Le 1er janvier, le général d'Astier de la Vigerie, commandant de la zone d'opérations aériennes Nord, à laquelle le GC 21 est subordonné, vient inspecter le groupe. Il est accompagné du général Pinsard, commandant du groupement de chasse n° 21. Ces deus officiers généraux déjeunent à la popote du groupe.

Rapport du Cne Coiral, commandant du GC II/1 :

Le 8 janvier 1940, le Cne Coiral, commandant du GC II/1 a rédigé un rapport suite à ces tests qui furent considérés comme concluants. Ces essais ont été réalisés avec des MB 152 à moteur Gnôme et Rhône 14 N 25 et ouverture de capot Delm. Les Bloch MB 152 à moteur Gnôme et Rhône 14 N 49 et capot de 80 cm, qui sont livrés à cette période ont des performances supérieures, en vitesse et en piqué. L'instabilité latérale du Bloch MB 152 en virage serré est désastreuse et interdit le tir. Par contre, en ligne droite, même à très grande vitesse, les commandes sont très douces et le tir facile à ajuster. Le pilote d'un MB 152 doit rechercher le combat par passes successives, en profitant de la supériorité de ses performances, plutôt que le combat continu en cherchant à rester derrière son adversaire. Entre 7000 à 9000 mètres, le MB 152 reste facile à manoeuvrer. Sa vitesse horizontale varie de 180 à 450 km/h et sa vitesse ascensionnelle varie de 7 m/s à 7000 m à 3,5 m/s à 9000 mètres. A ces altitudes, le MS 406 semble essoufflé.

Retour des 4 pilotes en campagne de tir :

Le 10 janvier, les quatre pilotes détachés en campagne de tir à Mourmelon rentrent et sont remplacés par le Cne de Mac-Mahon, Cne Duval, Ltt Matras, Sgt Robert, Sgt Duverdier, tous de la 4ème escadrille (SPA 62), le 13. Hélas pour eux, au retour du premier tir, ils reçoivent l'ordre de regagner Buc de toute urgence, en prévision de l'alerte qui se prépare. Tous les groupes de chasse sont mis en alerte à partir du 15.

Défaillances de l'armement du MB 152 :

Les quelques tirs de fonctionnement, exécutés en haute altitude, ont souligné les graves défaillances de l'armement du Bloch MB 152. Ils sont dûs au mécanisme de détente et au dispositif de réchauffage. Ces problèmes récurrents ne pouvant être éliminés, deux armuriers, les sous-officiers Fresnoy et Gassin parviennent, après des essais persévérants, à monter des dispositifs de réchauffage et de cloisonnage permettant aux armes de tirer. Les essais en altitude sont concluants mais il faudra beaucoup de temps pour que les services techniques du Ministère de l'Air donnent leur approbation pour cette invention qui ne porte pas leur cachet mais dont l'intérêt sera démontré lors des premiers combats de mai 1940.

Il faut préciser qu'avant l'adoption du dispositif de réchauffage conçu par les sous-officiers Fresnoy et Gassin, le rapport écrit par le Cne Coiral avait valu la visite de l'ingénieur Lévy, représentant la firme Messier. Plusieurs organismes techniques s'étaient mis au travail, proposant des dispositifs bien trop perfectionnés et peu adaptés au temps de guerre. Aucun de ces dispositifs ne sera adopté. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, qui était l'adage de nombreux services techniques de l'époque !

Le 26 janvier, un premier dégel transforme le terrain, ses abords et les routes d'accès en patinoire.

Au début février, le Cne Duval, commandant adjoint de la 4ème escadrille (SPA 62), est nommé commandant de la 6ème escadrille du GC III/3 sur le terrain de Toul-Ochey (Meurthe-et-Moselle). Du 12 au 18, le froid fait une nouvelle offensive avec - 10°, suivi par un dégel généralisé qui transforme la plate-forme aérienne en un océan boueux incompatible avec les opérations aériennes.

Départ des trois Potez 631 :

Le 13 février, les trois Potez 631 de commandement du groupe II/1 doivent être reversés et convoyés jusqu'à Lyon-Bron. Ces avions présentaient de graves insuffisances au niveau de leurs moteurs. Sous le commandement du Slt Matras, les Adc Richardin, Autier et Adj Argeyrolles décollent. Sur Corbeil, Adj Arguyrolles doit faire demi-tour et rentrer sur Buc. Sur Montereau, les deux autres avions rebroussent chemin, pour se poser à Melun-Villaroche, victimes tous les deux d'une fuite d'huile importante causée par le givrage de la mise à l'air libre du réservoir d'huile. Il faudra attendre, le 21 février pour que les trois avions se posent à Bron et quitte définitivement la dotation du groupe. Le GC II/1 est désormais entièrement équipé d'avions monoplaces.

Accident d'un Potez 38 :

Le 21 février, l'Adj Becquet effectue une présentation dynamique du Bloch MB 152 devant une centaine d'élèves officiers de réserve cantonnés au fort de Buc. Le 26, un Potez 38 de l'école d'Etampes, monté par les lieutenants Caboz, Segala et Fournier, victime d'une erreur de pilotage, s'écrase sur la piste, à seulement 25 mètres du poste de commandement. L'équipage est heureusement indemne mais l'appareil détruit.

L'Adj René Munier en compagnie de son épose Paulette et de leur fille Anne en 1940 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Inspection du Gal d'Astier de la Vigerie :

Le 5 mars, le général d'Astier de la Vigerie, commandant de la zone d'opérations aériennes Nord et le général Pinsard, commandant du groupement de chasse n° 21 viennent inspecter le groupe.

Arrosé par la DCA :

Le 8 mars, le MB 152 piloté par le Ltt Escoffier, au cours d'un exercice avec la défense anti-aérienne du camp retranché de Paris, est pris pour un avion ennemi et copieusement arrosé. Heureusement pour notre pilote et pour les avions ennemis, les batteries ont été incapables d'abattre l'avion, ni même de le toucher en plein jour. Cet exemple a souligné l'inefficacité des tirs de DCA, l'incapacité du personnel et les insuffisances du matériel.

Essais en vol du dispositif de réchauffage des armes :

Les vols d'entrainement reprennent le 14 mars. Le même jour, des essais, à haute altitude, d'un dispositif de réchauffage des armes, conçu par l'Adj Fresnoy et le Sgc Gassin, armuriers du GC II/1, sont entrepris par le Ltt Brun, pilote de la 3ème escadrille (SPA 94). Ils s'avèrent très satisfaisants. L'officier pilote part pour Cazaux pour effectuer des tirs réels sur le polygone. Malheureusement, en cours de route, il fait escale sur le terrain de Tours où il met son avion en pylone. Un dernier essai, réalisé par l'Adc Richardin sera effectué à 9000 mètres d'altitude, et confirmera la bonne tenue du dispositif.

Le 20 mars, une patrouille de la 3ème escadrille (SPA 94) se rend à Orléans-Bricy pour effectuer des exercices de combat. Elle réunit les Ltt Escoffier, Slt Fontaine et l'Adc Crocq. Des Potez 63 leur servent de plastron. Le 22, la 4ème escadrille (SPA 62) se déplace, par voie routière, pour reconnaitre les terrains de desserrement de Guyancourt et Villepreux.

Nommé Adjudant :

René Munier est nommé Adjudant, le 1er avril 1940.

Montée en ligne du GC I/8 :

Le 1er avril 1940, le GC I/8 (Cdt Colin), venant de Cherbourg, fait escale à Buc. Le temps d'escale est occupé à faire les pleins des Bloch MB 152 qui poursuivent ensuite leur route sur Toul-Velaine-en-Haye (Meurthe-et-Moselle). Cinq canons de 25, reçus en avril 1940, ne seront installés qu'à partir du 12 mai. Le Colonel Domino, commandant du secteur de l'Air a interdit le montage de ces armes avant l'arrivée d'un officier spécialiste de l'artillerie. Un comble. Tous ne font pas la même guerre. En avril 1940, livraison de deux camions de 5 tonnes au groupe.

La guerre se rapproche avec les beaux jours et tous en sont conscients. Le retour du beau temps provoque de nombreux survols par les reconnaissances ennemies. Le manque d'organisation du guet aérien conduit parfois une débauche de messages, par exemple 215 messages pour la seule journée du 17. Deux patrouilles, sous les ordres des Ltt Matras et Adc Richardin, décollent sur alerte. Malgré les orientations successives données par le groupement 21, les chasseurs manquent le Dornier Do 17 qui était signalé. Ils ne le verront même pas. Le même jour, une patrouille de la 3ème escadrille (SPA 93), composée du Ltt Escoffier, Adj Argeyrolles, Adj Munier, assure la protection du Caudron Goëland qui transporte le général Weygand du Bourget à Reims.

Montée en ligne repoussée :

Le 9 avril, le GC II/1 est averti de l'emminence de sa montée en ligne, en remplacement du GC III/3 du groupement n° 22 qui a déjà été éprouvé par plusieurs pertes. Le commandant de groupe, contre toutes attentes, demande et obtient de prolonger encore son séjour à Buc le temps d'achever la mise au point du dispositif de réchauffage de l'armement de bord et celle d'un système photoélectrique de détection destiné à épargner aux pilotes les surprises par l'arrière. Le 11, le groupe reçoit 125 messages en provenance du guet aérien. Quatre patrouilles légères décollent et rentrent bredouilles.

Grosse alerte de nuit :

Dans le nuit du 14 au 15 avril, toute la chasse est alertée. Le commandement s'attend à une offensive imminente du gros des forces allemandes à travers la Belgique et la Hollande. Toute la nuit, les mécaniciens vont travailler d'arrache-pied pour mettre au point tous les avions, ceux-ci étant prêts à décoller dans la journée du 15. Le 14, deux patrouilles du GC I/8, arrivant de Châteaudun où elles ont perçu des MB 152 modifiés, font escale à Buc et poursuivent leur route vers Velaine-en-Haye, le lendemain. Le 23, la patrouille légère, commandée par l'Adc Richardin, est de nouveau canonnée par la DCA française. Il commence à en avoir l'habitude. Le 29, un appel téléphonique annonce le déplacement du groupe sur St-Omer, malheureusement, l'ordre est annulé le lendemain.

Bloch MB 152 codé "3" de la 3ème escadrille du GC II/1 - Photo transmise par François Iung que je remercie pour son aide.

Visite du général inspecteur de l'aviation de chasse :

Le 5 mai, le général d'Harcourt, inspecteur et commandant supérieur de l'aviation de chasse, atterrit, aux commandes d'un MS 406, sur le terrain de Buc. Il promet la montée vers la zone d'opérations aériennes de l'Est dès que le groupe aura reçu les Bloch MB 152 modifiés.

Nouvelle alerte générale :

Le 8 mai, une patrouille triple par groupe de chasse est placée en alerte renforcée. Le lendemain, d'importants mouvements de troupes allemandes sont signalés à la frontière belge. Pendant cette période de fausse guerre, le groupe a effectué 193 sorties de guerre, de couverture ou sur alerte, protections d'avions transportant des personnalités, sans avoir à livrer le moindre combat.

Adj René Munier, pilote de la 3ème escadrille du GC II/1 en 1940 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Casquette et fourragère de l'adj René Munier - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Composition du GC II/1 à la date du 10 mai 1940 :

Le 10 mai 1940, le groupe de chasse II/1 comprend les effectifs suivants : Cdt Robillon (cdmt du groupe), Cne de Mac-Mahon (adjoint au cdmt de groupe), Cdt Constantini (off de renseignement).

* 3ème escadrille (traditions de la SPA 94) : Cne Véniel (cdmt 3ème escadrille), Ltt Escoffier, Ltt Brun, Slt Hutter, Slt Fontaine, Adc Autier, Adc Crocq, Adj Argeyrolles, Adj Munier, Sgc Duverdier, Sgc Gaudon, Sgc Guitard, Sgt Largeau.

* 4ème escadrille (traditions de la SPA 62) : Cne Coiral (cdmt 4ème escadrille), Ltt Ridray, Slt Matras, Slt Maurin, Slt Belland, Adc Richardin, Adj Becquet, Sgc Robert, Sgc Roquerbe, Sgt Brisou, Sgc Chenelot, Sgt Monfort, Sgt Patoor.

Les enchainés de la 3ème escadrille (SPA 94) au début mai 1940 : Mécanicien X - Sgt Largeau (pilote) - Adj Munier (pilote) - Slt Fontaine (pilote réserve) - Cne Veneil (cdmt 3ème escadrille) - Sgt Weber (armurier) - Adc Autier (pilote) - Adc Crocq (pilote) - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

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L'attaque allemande du 10 mai 1940 et la première victoire :

Le 10 mai 1940, au petit jour, les sirènes de Paris et de sa banlieue hurlent. La patrouille triple légère d'alerte de la 4ème escadrille (SPA 62) décolle. Les chasseurs aperçoivent tout à coup, vers le Nord-Est, des points noirs poursuivis par des éclatement d'obus de DCA. En s'approchant plein moteur, ils distinguent la vraie nature des appareils, il s'agit de bombardiers allemands du type Heinkel He 111. Le Sgt Monfort remporte la première victoire homologuée de la 4ème escadrille et du groupe II/1. Deux He 111 ont été interceptés. Le Sgt Montfort en a mitraillé un à coups de canon, puis a dû arrêter la poursuite, les bombardiers s'enfuyant vers l'Est. L'un d'eux tombera en flammes, près d'Epernay. Le second est rattrapé par le Ltt Maurin après une course de 25 mn plein gaz, à l'Est de la forêt d'Argonne. L'officier pilote fait cinq passes sur son adversaire, seule la mitrailleuse gauche tire. Le mitrailleur dorsal ne riposte plus, probablement touché mais le bimoteur adverse réussit à l'échapper. Dès qu'ils atterrissent, les pilotes apprennent l'offensive générale contre la Hollande, la Belgique, le Luxembourg. Les formations ennemies pullulent dans le ciel de France. Les bases aériennes de Chartres et de Châteauroux sont bombardées.

De gauche à droite : Sgt Largeau - Adj Munier - Adc Autier - Scc Guitard, le 10 mai 1940 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo transmise par Jacques Hemet que je remercie pour son aide.

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Le 11 mai, les nouvelles ne sont pas bonnes. Les troupes aéroportées allemandes ont sauté sur les aérodromes d'Amsterdam et de Rotterdam. Des vagues de bombardiers allemands s'en prennent aux bases de Reims, Orléans et Montargis. Le GC II/1 couvre la base aérienne de Buc, la gare d'Etampes et le parc principal d'aviation de Châteaudun. Toute la nuit, les pilotes restent équipés, sous la tente, avec leur combinaison de vol et les moteurs maintenus chaud par la mécanique. Une sale période d'attente !

Seconde victoire homologuée :

Le 12, à 14h45 une patrouille double légère décolle sur alerte et rejoint la région au Nord de Vendôme. Des bombardiers ennemis viennent de bombarder Châteaudun. La patrouille, composée du Cne Véniel et Slt Hutter, qui croise entre 5000 et 6000 mètres dans un ciel très clair, repèrent trois Heinkel He 111, en patrouille serrée, se dirigeant avec l'Est-Sud-Est, à l'altitude de 6000 mètres. A 15h30, le Slt Hutter distance peu à peu l'avion de son chef de patrouille, dont le moteur ne pousse pas normalement. Seul, il se met en chasse du dispositif adverse et le rejoint, à l'Est d'Orléans. Les mitrailleurs ennemis dorsaux et ventraux se défendent par des tirs croisés. Le Slt Hutter gagne 500 mètres d'altitude et effectue cinq passes par l'arrière sur l'un des bombardiers. Celui-ci reste à l'arrière et descend lentement. L'un des moteurs est en feu mais l'incendie s'éteint peu de temps après. Les deux autres He 111 mettent le cap à l'Est en prenant progressivement de l'altitude et ne tardent pas à disparaitre. Malheureusement, l'armement du Bloch MB 152 de Hutter montre ses limites, l'un des canons à tiré 35 obus, l'autre canon et les deux mitrailleuses se sont enrayés dès les premiers tirs. Avec une seule arme de bord, le pilote préfère rentrer au terrain pour réparer. Le He 111, qu'il a mitraillé, volant sur un seul moteur, a atterri près de Chablis, près d'Auxerre. L'intervention énergique de quatre témoins a empêché l'équipage d'incendier leur bombardier. Les membres d'équipage reconnaissent avoir été descendu par un chasseur isolé entre Orléans et Auxerre. L'avion est homologué au Slt Hutter, ce He 111 est la seconde victoire homologuée du GC II/1. Le groupe a assuré 23 sorties.

Déploiement de la 4ème escadrille à Couvron :

Le lendemain, seules 19 sorties sont réalisées. L'impatience gagne l'ensemble du groupe qui voudrait bien participer, d'une manière plus active, aux combats du Nord et de l'Est. Le soir, l'ordre est reçu de mettre à la disposition du groupement 23 une patrouille triple (9 MB 152), à partir du terrain d'aviation de Laon-Couvron. Le commandant du GC II/1 ordonne la mise en place d'une patrouille triple (9 avions) et deux avions de remplacement par la 4ème escadrille (SPA 62) sur le terrain de Couvron, à partir du 14.

Les effectifs déployés à Couvron se composent de la manière suivante :

Pilotes :
1ère patrouille : Cne Coiral - Ltt Maurin - Sgt Robert,
2ème patrouille : Ltt Ridray - Adc Richardin - Sgt Roquerbe,
3ème patrouille : Ltt Matras - Adj Becquet - Sgc Patoor,
Remplaçants : Sgt Brisou (1ère patrouille) - Slt Bellant (3ème patrouille).

Personnels non navigants :
Un avion de transport est mis à la disposition de la 4ème escadrille (SPA 62) et effectue deux transferts de personnels Cet avion restera à la disposition du GC II/1 pendant toute la durée des missions au profit du groupement 23.

1er transfert : Adj Gouin - Sgc Léon Mijot - Sgc Pautret - Sgc Roux - Sgt Texier - Sgt Delage - Sol Renard.
2ème transfert : Adj Tourniaire - Sgc Lorfanfant - Sgc Rieupet - Sgt Vibert - Sgt Ameline - Sol Dufresne - Sol Préjeant.

Chaque mécanicien emporte sa trousse d'outillage et son masque à gaz. L'Adj Gouin amènera quatre chargeurs canon et 4 chargeurs mitrailleuse pleins par avion, soit 44 de chaque type. Le Sol Dufresne emporte des fusibles et des lampes de rechange.

Un camion Matford transporte onze jeux de chargeurs canon et mitrailleuse, soit la quantité de munitions pour réaliser deux missions, l'ensemble du matériel armement, trois batteries d'accumulateurs chargés et des vivres pour tout le personnel. Ces provisions se composent de corned-beef, sardines et pain pour deux repas de 28 hommes. Son équipage est composé du Sgc Mijot (chef de bord), Sol Michau (conducteur) et Sol de St-Fuscien (passager).

Le front de la Meuse :

Sur le front de la Meuse, la situation est extrêmement préoccupante. Les formations blindées ennemies ont débouché dans les Ardennes, malgré les difficultés de progression par des voies d'accès réduites. Malheureusement, malgré la défense héroïque des troupes françaises qui sont pilonnées par l'artillerie et les Ju 87 Stuka, les Allemands passent la Meuse et commencent à pénétrer en France. Il faut réagir très vite et détruire les ponts et ponts de bateaux érigés par l'ennemi sur la Meuse. Mais ces sites vitaux pour l'ennemi, sont efficacement protégés par une Flak très précise et une importante couverture d'aviation de chasse.

Départ de la 4ème escadrille :

Après une mise en route à 5h15, les Bloch MB 152 décollent à 5h30. La 1ère patrouille assurera, jusqu'à 7h, la couverture à 6000 mètres du terrain d'aviation de Couvron. La 3ème patrouille protégera l'avion de transport qui amène la mécanique et les munitions sur l'itinéraire Buc - Orly - Couvron. L'avion de transport a décollé de Buc à 4h du matin.

Quand les MB 152 arrivent à Couvron, ils trouvent sur place, une patrouille double de la 2ème escadrille du GC I/1 (Cne Garde). Ils sont arrivés l'avant veille et travaillent sur les lignes. Le tableau de la situation, qu'ils décrivent à leurs camarades, n'est guère brillant et marqué par beaucoup de confusion. Ces informations sont complétées, pour les pilotes des deux groupes, au PC du groupe de reconnaissance II/52 du Cdt Gourillon. Sur la carte, ils constatent avec effarement la progression des forces adverses.

Mission dans les environs de Dinant :

La patrouille triple du GC II/1 reçoit pour mission de couvrir la région de Flize-Sedan, attaquée par des Junkers Ju-87 Stuka. Celle du GC I/1 exécutera une mission similaire sur Dinant. Les patrouilles de la 4ème escadrille (SPA 62) du GC II/1 sont modifiées de la manière suivante :

Patrouille guide : Cne Coiral (chef de patrouille) - Ltt Maurin - Sgt Largeau (SPA 93),
1ère patrouille d'accompagnement : Adc Richardin (chef de patrouille) - Sgt Roquerbe - Slt Belland,
2ème patrouille d'accompagnement : Adj Becquet (chef de patrouille) - Sgc Patoor - Ltt Matras.

Deux victoires sur des Stuka :

A 10h15, le dispositif de la 4ème escadrille arrive sur la zone qui lui a été affectée, les différentes patrouilles s'étageant l'une au-dessus de l'autre entre 2000 et 2800 mètres. Peu de temps après, les patrouilles repèrent une formation de neuf Junkers Ju-87 Stuka. Après un virage à 180° en montant dans le soleil, les MB 152 attaquent plein gaz, par avions successifs. A 10h20, deux Ju-87 sont abattus, un par l'Adc Richardin dans les environs de Sedan-Flize et l'autre par le tandem Slt Belland et Sgt Roquerbe, dans le même secteur.

Une victoire sur un Hs 126 :

La patrouille guide aperçoit un Henschel Hs 126 et se met à sa poursuite. C'est ce type d'avion qui guide les tirs de l'artillerie et définit les cibles à attaquer par les Stuka. Cependant, le HS 126 est un avion très maniable et difficile à abattre, surtout quand il vole à très basse altitude. L'équipage allemand, se voyant mitraillé par trois MB 152, pique à mort vers ses lignes, en direction d'un point de Flak. Très vite, nos chasseurs sont accueillis par des éclatements d'obus de DCA. Le Cne Coiral se dégage à temps mais le MB 152 du Ltt Maurin est sérieusement touché et contraint son pilote à regagner Couvron. Le Sgt Largeau (SPA 93) continue sa poursuite au-dessus de la zone adverse et abat le Henschel, déjà en flammes, dans les environs de Vrignes-au-Bois. A cet instant, il est attaqué par trois Me 109. Ayant épuisé ses munitions dans la poursuite du He 126, il rompt le combat et réussir à leur échapper en rase-mottes. L'avion allemand a été homologué aux trois pilotes qui ont mené des passes de tir sur lui et qui ont contribué à sa perte.

Mort du Cne Albert Coiral :

La chasse allemande, qui couvrait de loin, les Stuka, est intervenue. Par patrouille de deux, piquant de très haut et par l'arrière, le Bloch MB 152 du Ltt Matras, touché par un obus, est mis hors de combat, obligeant le pilote à rentrer au terrain. Les autres MB 152 dégagent en virage en montant et réussissent à esquiver les attaques. La limite de carburant étant atteinte, les avions rentrent sur Couvron, mais sans le MB 152 du Cne Coiral qui ne rejoint pas. Son Bloch MB 152 n° 304 a été abattu entre Artaise-le-Vivier et Thin-le-Moutier / Clavy (Ardennes), probablement par un Me 109 du 2./JG 53 "Pik As". Né le 10 avril 1909 à Perreux (Loire), il était le fils d'un employé des Poste et Télégraphes et d'une institutrice. Devenu ingénieur civil des Mines de Saint-Etienne. Il avait ensuite intégré l'Ecole d'application de l'Air de Versailles et avait terminé comme major de promotion. Il obtient le brevet de pilote militaire n° 23.920 à l'école d'aviation de Bourges, le 5 octobre 1932. Il a intégré l'Ecole de l'Air, le 2 octobre 1933. Il a été affecté à la 1ère escadre de chasse en 1935. Il laisse une veuve et deux fils, Pierre et Jean-Claude. Son avion et son corps ne seront pas retrouvés, tombés en pleine forêt ardennaise.

Seconde mission de la journée :

Au début de l'après-midi, une nouvelle mission est demandée à la 4ème escadrille. Il s'agit cette fois d'assurer la protection du Potez 63-11 du groupe de reconnaissance II/52 chargé de renseigner le commandement sur la situation dans le secteur Dinant-Ciney et de déterminer la ligne atteinte par les éléments avancés ennemis. Le dispositif de protection, placé sous le commandement du Ltt Schmidt du GC I/1 comprend une patrouille triple qui se définit de la sorte :

Patrouille guide du GC I/1 : Ltt Schmidt (chef de patrouille) - Slt Kral - Slt Manfroy,
1ère patrouille d'accompagnement du GC II/1 : Ltt Maurin (chef de patrouille) - Sgt Robert - Sgt Brisou (3ème escadrille / SPA 94),
2ème patrouille d'accompagnement du GC II/1 : Adj Becquet (chef de patrouille) - Slt Ballard - Sgc Patoor.

Violent combat aérien :

Les nuages stagnent entre 1200 et 1500 mètres sur la région de Dinant (Belgique). Ils contraignent le Potez 63-11 à voler en basse altitude, c'est à dire dans la zone d'efficacité maximale de la Flak. Arrivée sur la zone en reconnaitre, les neufs MB 152 français se heurtent à une soixantaine d'avions, des Me 109 et surtout des Me 110. Le Potez 63-11, attaqué, est dégagé par le Ltt Schmidt, dont la patrouille assure la protection rapprochée de l'avion de reconnaissance. Un violent combat aérien oppose les deux patrouilles d'accompagnement du GC II/1 avec les chasseurs ennemis qui sont en large supériorité aérienne. Les patrouilles de Me 110, avec des avions plus puissants et mieux armés que les Bloch, se succèdent.

Le combat du Sgt Robert :

Lors de l'attaque, le Sgc Patoor se joint à la 1ère patrouille du GC II/1. Le Sgt Brisou rompt le cercle vers la droite en piquant, puis le Sgc Patoor disparait, visiblement touché. Le Sgt Robert se retrouve seul. Grâce à leur intervention, les pilotes du GC II/1 ont empêché une nouvelle attaque sur le Potez 63-11 et son escorte. Robert, après avoir évité plusieurs passes de Me 110, aperçoit un de ces camarades, probablement le Sgt Brisou, au combat contre un Me 110, à 4 km à Sud-Est de Dinant. Un autre Me 110 le mitraille de loin. Heureusement, la vue des traçantes l'alerte et lui permet de dégager à droite en cabrant, puis en virant à gauche. A cet instant, un Me 110 se présente à 30 mètres en plein arrière. Il ajuste et tire avec ses canons. Les obus rentrent dans l'avion qui semble exploser et s'abattre. Aussitôt, il repart en direction d'un autre MB 152. Arrivé à portée de ses armes, il tire sur le Me 110 qui s'en prenait à son camarade. Presque au même moment, son avion est touché par une rafale qui déverrouille son train d'atterrissage. Contraint de rompre le combat, il passe dans les nuages et à la sortie, tombe sur une formation de Heinkel He 111. Immédiatement, quatre Me 110 en protection du dispositif l'engagent, 3 par la droite, un par la gauche. Les traçantes entourent plusieurs fois son avion. Dans la mêlée, il tire sur l'un d'eux à 40 mètres en 3/4 arrière. Le bimoteur lourd s'écrase près de l'étang de la Folie. L'engagement continue, cette fois à 3 contre 1. Une nouvelle rafale atteint son avion au moteur qui perd progressivement du régime et s'arrête à 20 mètres du sol. Depuis 30 km, il a volé avec le train d'atterrissage sorti. Un des Me 110 mitraille son avion au sol, puis apercevant le pilote, commence une série de 5 passes sur lui, sans le toucher. Des soldats français, arrivés sur place, tirent au mousqueton sur l'avion sans résultat. Probablement à court de munitions, l'équipage ennemi rentre sur son terrain.

Le combat du Sgt Brisou :

Le Sgt Brisou, séparé de sa patrouille, a manoeuvré très brusquement et a subi plusieurs attaques de Me 109 et en ajuste un qu'il voit tomber en flammes. Engagé en même temps par trois Me 109 et deux Me 110, à bout de munitions et en panne de moteur, il se pose en campagne, train rentré. Au sol, il est mitraillé par les avions allemands. Son Bloch MB 152 est criblé de projectiles. Encore dans son cockpit, il est touché à la tête par un projectile. Il est recueilli, perdant son sang avec abondance, par une ambulance voisine et ne pourra rejoindre son unité que le surlendemain. Très éprouvé par sa blessure, il refusa de se faire évacuer et sera envoyé en convalescence sur l'ordre express du commandant de groupe.

MB 152 du Sgt Brisou après son atterrissage forcé du 14 mai 1940 - Au sol, son avion a été mitraillé par les Allemands et il a été touché par une balle à la tête - Une blessure superficielle mais qui a beaucoup saigné, comme toutes les blessures à la tête - Photo transmise par François Iung que je remercie pour son aide.

L'Adj Becquet, le Slt Balland et le Sgc Patoor abattent un Me 110, déjà attaqué par le Sgt Brisou, dans les environs d'Onhaye, à 5 km à l'Ouest de Dinant (Belgique). Mitraillé à bout portant par trois adversaires, le MB 152 du Sgc Patoor tombe en vrille, redresse près du sol et réussit à rejoindre Connantre, après avoir atterrit à Maubeuge.

Le Ltt Maurin abattu en combat aérien :

Le Ltt Maurin abat probablement un Me 110 mais ne rentre pas au terrain. Vers 15 heures, il été descendu en combat aérien, au Nord de Dinan. Parachuté, il est brûlé à la face et au poignet. Il a été blessé par des éclats d'obus au bras gauche. Malgré les violents combats, le Potez 63-11 a pu exécuter sa mission et rentrer au terrain pour livrer au commandement les photos de sa reconnaissance.

Troisième mission de la journée :

En fin d'après-midi, une 3ème mission est demandée au groupe sur le secteur de Dinant-Yvoir. Le détachement de la 4ème escadrille du GC II/1 ne peut plus fournir qu'une patrouille simple, composée de l'Adc Richardin, Ltt Matras et Sgt Roquerbe. Ils composent la 2ème patrouille d'accompagnement d'une patrouille triple constituée par le GC I/1, commandée par le Cne Garde. La patrouille triple des GC I/1 et GC II/1 est elle-même le haut du dispositif (6000 mètres) d'une patrouille triple basse (2500 mètres) du GC III/10 (Cne Guizard) et d'une patrouille moyenne (4500 mètres) du GC II/10 (Cne Dulac). Les pilotes des deux derniers groupes sont presque tous réservistes et vont recevoir le baptême du feu. Pas vraiment l'idéal pour une mission aussi importante !

Combats contre les Me 110 :

A 18h30, les avions décollent de Couvron et se dirigent vers la Sambre, en direction de Charleroi. La mission, contre les bombardements, est de couvrir la 1ère division cuirassée attaquant la tête de pont ennemie entre Dinant et Yvoir. La visibilité est parfaite et le ciel bleu. L'arrivée des Français est saluée par d'intenses tirs de la Flak, en batterie aux abords de la Meuse, puis c'est au tour d'une trentaine de Me 110 d'attaquer sur tous les étages, en arrivant du soleil. Chacune des patrouilles fait une passe rapide, tire et dégage en montant pour aller se placer derrière les patrouilles précédentes.

Combat de l'Adc Richardin :

L'Adc Richardin réussit à éviter la première attaque en piquant sur la patrouille allemande immédiatement inférieure et la mitraille. Il regagne de l'altitude en virant pour former le cercle avec ses équipiers. Il dégage un Bloch MB 152, poursuivi par un Me 110, en envoyant une courte rafale de mitrailleuses sur un Me 110 qui passait dans son champ de tir. L'équipage ennemi ne demande pas son reste, rompt le combat en virant et en montant par la gauche. Se retrouvant seul, il rejoint le point de ralliement et rentre avec deux autres patrouilles de Bloch MB 152.

Combat du Sgc Roquerbe :

Le Sgc Roquerbe, après avoir dégagé un des ses camarades poursuivi par un Me 110, refait de même pour un autre dans les mêmes conditions. Comme il est seul, il rejoint le point de ralliement. Il aperçoit alors une quinzaine d'avions et s'approche d'eux pour les identifier. Hélas ce sont des Me 109 qui l'attaquent immédiatement. En piquant, Roquerbe dégage dans le soleil et n'apercevant plus d'adversaire, regagne le terrain de Couvron.

Le Ltt Matras abattu en combat aérien :

Le Ltt Matras a abattu un Me 110 mais n'est pas rentré. Il a également été abattu en combat aérien vers 19 heures, à l'Est de Maubeuge. Il a évacué son avion en perdition et a sauté en parachute. Il a été blessé par balle au coude gauche. Dans la soirée, sept des pilotes détachés le matin à Couvron sur onze, regagnent la base de Buc, dont quatre dans l'avion de transport. Sur les trois Bloch MB 152 qui rentrent à la 4ème escadrille (SPA 62), deux sont endommagés.

Le bilan de la journée :

Neuf victoires ont été homologuées. Quatre pilotes ont été portés disparus. Heureusement, les sergents Robert et Brisou rejoindront le lendemain, le Ltt Matras, quelques jours plus tard. Malgré les recherches de Mme Lherbier-Montagnon, chef de la mission de recherche des morts et disparus de l'armée de l'Air, le corps et l'avion du Cne Coiral ne sera pas retrouvé, probablement tombé à la verticale dans la vaste forêt ardennaise. Le commandement, par intérim, de la 4ème escadrille (SPA 62) est assuré par le Ltt Ridray.

La journée funeste du 15 mai 1940 :

Le 4ème escadrille (SPA 62), ayant perdu huit avions, détruits ou gravement endommagés, n'étant plus en mesure d'assurer les missions, c'est la 3ème escadrille qui va prendre la relève.

La situation des 9ème et 2ème armées est devenue critique. Les Allemands ont franchi la Meuse de Namur à Mézières. Leur avance n'est plus contenue par nos troupes au sol qui refluent en désordre. Les bombardements répétés sur les arrières des armées ont hâté leur désorganisation. La mission prévue est de harceler les colonnes ennemies aux débouchés des passages de la Meuse.

Dans la matinée, une patrouille triple légère (6 Bloch 152) de la 3ème escadrille décolle du terrain d'Etampes. Le dispositif se compose du Cne Véniel (n° 178 codé "1"), Adj Munier (n° 164 codé "9"), Ltt Brun (n° 122 codé "3"), Slt Fontaine (n° 357 codé "7"), Adc Autier (n° 189 codé "6"), Sgc Gaudon (n° 221 codé "4"). L'escadrille, dont le potentiel avion est très diminué, n'a pu mettre en ligne que six Bloch MB 152.

Le pont de bateaux de Monthermé :

En se posant sur le terrain de Laon-Couvron, ils sont accueillis par le Ministre de l'Air. La patrouille reçoit l'ordre de protéger un dispositif britannique composé de bombardiers Bristol Blenheim Mk IV des squadron 82 et 139 chargés de détruire le pont de bateaux à Monthermé.

Les unités britanniques engagées :

Bristol Blenheim Mk IV codé "XD + E" du Squadron 139 à la mi-avril 1940 - Le 15 mai 1940, le Sqn 139 était basé à Plivot, à 9 km à l'Est d'Epernay (Marne) - Il est passé du Blenheim Mk I au Mk IV en septembre 1939 - Les lettres code du squadron étaient XD + (lettre d'identification individuelle), ici "E" - Un des Blenheim Mk IV de cette unité, le XD + J serial L 9411, a été abattu pendant la mission - Photo collection Imperial War Museum.

Bristol Blenheim Mk IV codé "UX + A " du Squadron 82 en mars-avril 1940 - Le 15 mai 1940, le Sqn 139 était basé Horsham-St-Faith (Norfolk / Angleterre) - Il est passé du Blenheim Mk I au Mk IV en août 1939 - Les lettres code du squadron étaient UX + (lettre d'identification individuelle), ici "A" - Photo collection Imperial War Museum.

Les unités allemandes :

Ce sont les Messerschmitt Me 109 E3 de la 3/JG 53 qui ont affronté le dispositif franco-britannique, le 15 mai 1940. Ils ont abattu deux MB 152 du GC II/1, un Blenheim Mk IV du Squadron 139 de la Royal Air Force et endommagé fortement deux MB 152 qui n'ont pu être réparé et ont été abandonnés sur place - Ce jour, trois pilotes du 3/JG 53 ont revendiqué quatre victoires sur les MB 152, il s'agit de l'Ofw Erich Kuhlmann (3ème victoire) - Oblt Wolfgang Lippert (5ème victoire) - Ltt Julius Haase (3ème et 4ème victoires) - Malheureusement pour les Français, ces aviateurs allemands avaient déjà remporté plusieurs victoires aériennes et possédaient une réelle expérience en combat aérien - Dans l'engagement, deux Me 109E sont endommagés et font un atterrissage forcé - Ils étaient pilotés les Fw Hilman et Krüger, tous les deux du 3/JG3 - Photo collection Bundearchiv.

Le pont de bateaux de Monthermé :

Pont de bateaux érigés par les Allemands pour permettre aux blindés de franchir la Meuse en remplacement du pont détruit par les Français - Il était l'objectif de la mission de bombardement britannique du 15 mai 1940 - Photo transmise par Jacques Parent que je remercie pour son aide. Cliquez sur l'image pour l'agrandir

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Après avoir décollé à 14h30, ils rencontrent une grosse formation de chasseurs ennemis, composée d'une trentaine de Me 109 et plusieurs Me 110, qui occupe l'espace à la verticale de Monthermé. Une des patrouilles arrive dans le soleil et plonge d'une hauteur de 500 mètres sur l'arrière du dispositif franco-britannique. Le Cne Vériel ne peut contrer et prend un obus dans le plan fixe de dérive. Son avion part aussitôt en vrille. Il parvient à reprendre son contrôle, à seulement 300 mètres d'altitude, pour se retrouver en face à face avec un Me 109 qui l'avait suivi dans sa descente. Instinctivement, il tire une rafale à bout portant et le voit partir en chandelle et percuter dans la forêt de Château-Regnault. Ne pouvant plus manoeuvrer avec son plan fixe très endommagé, le Cne Vériel rentre à Couvron, tout en étant poursuivi par deux Me 109 sur 10 km. Ces deux chasseurs ennemis l'arrosent sans toutefois l'abattre. Les mécaniciens compteront 360 impacts sur son appareil démontrant ainsi la solidité de l'appareil.

Photo aérienne de la région de Monthermé (Ardennes) - Les blockhaus français sont en bleu - L'axe de progression de la 6ème panzer division est marqué en rouge - Les Allemands arrivant par la Belgique en haut à droite, ont passé la Meuse à l'aide de ponts de bateaux devant Monthermé et ont ensuite poursuivi leur progression à l'intérieur des terre - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo IGN datée du 6 août 1949.

La première attaque sur le Cne Véniel a alerté ses équipiers qui n'ont pu faire face en raison de l'écrasante supériorité numérique des Allemands. Trois avions sont abattus, ceux des Ltt Brun, Adc Autier et Adj Munier. Seul le Ltt Brun a survécu à cette mission d'enfer.

Après l'attaque contre de Cne Véniel, le Bloch 152 de Brun est atteint par une rafale adverse. Son appareil est touché au pare-brise, à la planche de bord, au fuselage. Une importante fuite d'huile macule le poste de pilotage mais heureusement le moteur continue à fonctionner normalement. Une balle, qui a ricoché, le touche superficiellement au pied gauche. Ne voyant plus rien, il est contraint de rompre le combat. Il se dégage par une vrille et peut atterrir en bordure de la route qui relie Rethel et Rozoy-sur-Serre, à 3 km de Fraillicourt. Il est finalement évacué avec une formation du 507ème régiment de chars qui vient de recevoir l'ordre de se replier.

Bloch MB 152 n° 178 codé "1" du Cne Véniel, le 15 mai 1940 - Touché par un obus dans le plan fixe de dérive, son pilote a réussit à reprendre son avion parti en vrille, puis à toucher un de ses adversaires - Ne pouvant plus lutter, il a été contraint de rentrer sur Couvron tout en étant harcelé par deux Me 109 qui arrosent son appareil pendant 10 km - Photo transmise par François Iung que je remercie pour son aide.

Représentation du combat de l'Adj Munier, aux commandes du Bloch 152 n° 164 codé "9", contre plusieurs Me 109 allemands dans les environs de Monthermé, le 15 mai 1940 - Notre valeureux pilote a succombé face au nombre de ses adversaires - Peinture J.M Matéo que je remercie pour son aide.

La mort au combat de l'Adc Autier et de l'Adj Munier :

L'Adj René Munier a été tué au cours des combats aériens. Son Bloch MB 152 n° 164 codé "9" a été abattu par un Me 109 et s'est écrasé dans le bois de Fays, à 200 mètres du dépôt de charbon Perrin, au lieu-dit Les Woieries, au Nord-Est de Monthermé (Ardennes). Pendant des mêmes affrontements, l'Adc Raymond Autier, son camarade, a également perdu la vie. Son Bloch MB 152 n° 189 s'est écrasé dans le bois du Fays, à environ 250 mètres des établissements Perrin, au Sud de Monthermé.

Adc Raymond Autier, pilote de la 3ème escadrille du GC II/1, tué au combat dans les environs de Monthermé, le 25 mai 1940 - Photo transmise par François Iung que je remercie pour son aide.

Seuls deux pilotes (Slt Fontaine, Sgc Gaudon) sur six rentrent. Quatre pilotes de la 3ème escadrille du GC II/1 n'ont pas donné de nouvelles, il s'agit du Cne Véniel, Ltt Brun, Adc Autier et Adj Munier. Les deux premiers, ont posé leurs avions endommagés en campagne, sont saufs et les deux derniers ont été tués au combat.

Le sergent Maurice Gaudon sera tué, aux commandes de son Bloch 152 n° 621 codé "13", le 6 juin 1940. Après avoir décollé du terrain de Brétigny-sur-Orge, il livre un combat aérien contre des Me 109E pendant lequel son avion est gravement endommagé. Il tente un atterrissage en campagne mais avec le circuit hydralique touché, un seul volet sort. Le MB 152 part en tonneau, suivi d'une vrille et s'écrase au sol, dans les environs de Plessis-Paté, à 10 km à l'Ouest de Corbeil-Essonnes. Gaudon est tué et son avion détruit.

Le Ltt Aimé Brun rentrera dans la Résistance, en mars 1941, dans le réseau "Alliance", secteur de Dijon. Il sera arrêté le 4 janvier 1944. Le sous-lieutenant Jean Fontaine, élément très actif du réseau "Alliance", également, sera arrêté le 21 septembre 1943. Tous deux, seront déportés au camp de concentration du Struthof, à Natzwiller. Puis, dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, ils seront abattus d’une balle dans la nuque et incinérés dans le four crématoire du camp.

Le Cne Victor Veniel, seul survivant au conflit, il rentrera dans la Résistance, dans les réseaux "Brutus et Mithridate". En 1943, il rejoindra l'Angleterre, par l'Espagne, où il sera arrêté et emprisonné. Il y rencontrera un ancien ingénieur Alsacien, ayant travaillé chez Messerschmitt. Il lui confiera ses dessins, du projet "Messerschmitt 262", qu'il doit faire passer, à Londres.

Les britanniques ont perdu le Blenheim Mk IV codé XD+J (serial L9411) appartenant au squadron 139 qui avait décollé du terrain de Plivot (Marne). Il a été abattu, comme les deux Bloch MB 152 du GC II/1, par des Me 109E du Staffel 3 du JG 53. Le bombardier britannique s'est écrasé entre les villages de Floing et Glaire, sur la rive Est de la boucle de la Meuse, à 3 km au Nord-Est de Sedan. Son équipage de trois hommes était composé des Officer pilot Kenneth Mitchell Alves De Souza (pilote) - Sergeant Edmund Winchester Tough (observateur) - Aircraftman 2nd class William John McCarthy (mitrailleur). Les trois aviateurs britanniques ont été tués.

Tombes de l'équipage britannique du squadron 139 dans le cimetière municipal de Floing (Ardennes) - De gauche à droite : Aircraftman 2nd Class William John McCarthy, mitrailleur - Sergeant Edmund Winchester Tough, observateur - Officer pilot Kenneth Mitchell Alves De Souza, pilote - La date du 16 mai 1940, qui est inscrite sur leurs tombes, marque probablement la date de la découverte de leur avion - Photo transmise par François Iung que je remercie pour son aide.

A la fin de la journée, après deux jours d'opérations, le groupe II/1 a perdu neuf avions, quatre sont encore disponibles sur 17 engagés.

La vie sans René :

L'Adc Autier et l'Adj Munier sont portés disparus. Leurs familles vont rester longtemps dans l'incertitude. Le soir du 15 mai, Paulette, son épouse, accompagnée de Mme Crocq, l'épouse de Jean Crocq, se rend au poste de commandement du groupe II/1 à Buc. Elles sont accueillies par le commandant Robillon et le capitaine Véniel. Ils leur expliquent la mission , sur la carte, avec la seule réponse "non rentré de mission".

Le 13 juin, Madame Crocq, avec ses trois garçons, emmène en exode Paulette et Anne, chez ses beaux-parents, en Ford A à Angles sur l'Anglin, dans la Vienne, à 280 kms d'Etampes.

Ce n'est que le 20 octobre qu'elles pourront rentrer en Lorraine. Elle va s'installer dans la ferme de ses parents à Norroy en septembre 1940. Ils y resteront jusqu'en octobre 1942. Heureusement, le père de Paulette possédait une maison rue de l'Archelle à Norroy avec deux petits logements dont l'un était libre. Dès que ce logement fut habitable, les meubles de leur maison d'Etampes furent rapatriés, amenant un peu de confort à la famille.

Plus tard, Paulette Munier a trouvé du travail à la sécurité sociale de Pont-à-Mousson. Elle fit plusieurs voyages dans les Ardennes, en compagnie de son frère Pierre et ses enfants, dans le but de retrouver le point de chute de l'avion de son mari. Malheureusement, en vain.

Son avion retrouvé un an après :

Après de longues démarches, ce n'est qu'en octobre 1941, grâce à Mme Germaine l'Herbier-Montagnon, infirmière pilote secouriste de l'Air (IPSA) que l'avion et René Munier seront identifiés.

L'avion, à moitié enfoncé dans le sol, avec des débris d'aile encore accrochés dans un arbre et les restes mortels de son pilote, toujours aux commandes, sont finalement retrouvés en août 1941. René Munier a été mis en terre dans le petit cimetière provisoire Sainte-Anne, à la sortie de Monthermé, sur la route de Charleville, le 17 octobre 1941.

Points de chute des deux Bloch 152 de la 3ème escadrille du GC II/1 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo droits réservés.

Débris du Bloch 152 n° 164 et la tombe initiale de l'Adj René Munier dans le bois de Fays, au lieu-dit Les Woieries, au Nord-Est de Monthermé (Ardennes) pendant l'été 1941 - Son avion et le corps du pilote ont été retrouvés en août 1941 - Le corps de René Munier a été transféré dans le petit cimetière provisoire Sainte-Anne, à la sortie de Monthermé - Le corps de son camarade Autier l'y a rejoint quelques temps après - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Débris du Bloch 152 de l'Adj René Munier dans le bois de Fays, au lieu-dit Les Woieries, au Nord-Est de Monthermé (Ardennes) en 1942 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Croix de l'Adj René Munier dans le petit cimetière Ste-Anne de Monthermé - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Deux photos du cimetière provisoire Sainte-Anne, à la sortie de Monthermé, sur la route de Charleville - Le corps de l'Adj René Munier y a été transféré, le 17 octobre 1941 - Il y est resté jusqu'au 1er octobre 1949 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Son pistolet de service, un Ruby 7,65 mm, qui avait été récupéré par M. Ponce Pigeot, a été restitué à la famille. Son appartenance à l'Adj Munier a été confirmée par le Cdt Robillon, commandant du GC II/1.

Pistolet Ruby 7,65 mm de l'Adj René Munier - Il avait été récupéré dans les débris par un ressortissant belge puis restitué à M. Pigeot qui l'a rendu à la famille - Photos François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Dérive du Bloch MB 152 n° 164 de l'Adj René Munier - Malheureusement, les couleurs se sont atténuées avec les années - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

La montre de bord du Bloch MB 152 de l'Adj René Munier - Ses aiguilles étaient bloquées à 15h15, l'heure de sa mort - Photo transmise par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Plaque d'instruction de l'affut AB 39 du canon Hispano-Suiza HS-404 de 20 mm monté sur le Bloch MB 152 - Elle a été retrouvée dans les débris de MB 152 n° 164 par Paulette Munier - Photos François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Bloc d'armement issu du Bloch MB 152 n° 164 codé "9" de l'Adj René Munier - Cette pièce a été collectée sur les lieux de l'impact par son épouse qui a fait plusieurs voyages sur les lieux - Photos François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Plaque provenant du Bloch MB 152 n° 164 de l'Adj René Munier, pilote de la 3ème escadrille du GC II/1, tué au combat dans le bois de Fays, au lieu-dit Les Woieries, au Nord-Est de Monthermé (Ardennes), le 15 mai 1940 - Elle a été retrouvée dans les débris de MB 152 n° 164 par Paulette Munier - Photos François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Vilebrequin provenant d'un moteur en étoile Gnôme-et-Rhône 14N-49 de 1080 ch - Photos François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Paulette Munier continua à venir chez les Pigeot pour honorer la mémoire de son mari. Petit à petit, elle collecta des souvenirs ramassés sur le lieu des derniers instants de son mari. C'est grâce à elle que la famille a pu conserver nombre de pièces historiques provenant du Bloch 152 n° 164. L'Adc Autier sera lui aussi retrouvé dans les mêmes circonstances en 1941. Son Bloch 152 s'étant enflammé après l'impact, le pilote est mort carbonisé. Il sera également enterré dans le petit cimetière provisoire Sainte-Anne, à la sortie de Monthermé.

Décorations à titre posthume :

Son corps ayant été retrouvé, prouvant malheureusement qu'il n'a pas été fait prisonnier, l'Adj René Munier est décoré, à titre posthume, de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre 1939-1940.

* Médaille Militaire, Croix de Guerre et citation n° 88 à l'ordre de l'armée aérienne, à titre posthume, de l'Adj René Munier, groupe d'aviation de chasse II/1, en date du 13 juillet 1943 : "Excellent pilote de chasse, très courageurx et plein d'allant. A trouvé une mort glorieuse, le 15 mai 1940, dans la région de Monthermé, au cours d'un combat acharné contre des chasseurs ennemis supérieurs en nombre."

Croix de guerre 1939-1945 avec palme décernée, à titre posthume, à l'Adj René Munier, pilote de la 3ème escadrille du GC II/1 - Photo François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Citation n° 88 à l'ordre de l'armée aérienne, à titre posthume, de l'Adj René Munier, pilote du groupe d'aviation de chasse II/1, en date du 13 juillet 1943 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Document transmis par François Iung, son petit-fils que je remercie pour son aide.

Hommage posthume du Sgt Christian Mazo, formé au vol de nuit par René Munier, à son camarade tué au combat, le 15 mai 1940 - Document transmis par François Iung que je remercie pour son aide.

Transfert du corps :

Le 1er octobre 1949, son corps a été transféré dans le caveau de la famille Munier dans le cimetière communal de Norroy-lès-Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle).

Tombe actuelle de l'Adj René Munier (1913 - 1940) et de son épouse Paulette, née Antoine (1913 - 2003) dans le cimetière communal de Norroy-lès-Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) - Photo François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Hommages de la nation aux aviateurs :

Chaque année, à partir de 1997, l'Union Nationale des Combattants de Monthermé rend un hommage aux deux pilotes du GC II/1 morts pour la France, le 15 mai 1940.

Le 16 mai 1998, a eu lieu une cérémonie en hommage à l'Adj René Munier, pilote du GC II/1 mort pour la France dans les environs de Monthermé (Ardennes), le 15 mars 1940 - Sa veuve Paulette Munier, née Antoine, y participait - La cérémonie était organisée par l'Union Nationale des Combattants (UNC) du département des Ardennes, section de Monthermé, sous la présidence de M. Claude Billy - Quatorze porte-drapeaux étaient présents - M. Keller, maire de Monthermé a été décoré de la médaille du mérite UNC - Le premier hommage avait eu lieu l'année précédente - Depuis 1997, un hommage de la famille et des anciens combattants lui est rendu à la même période - Photo transmise par François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Le 5 mai 2004, comme chaque année, la famille s'est rassemblée pour rendre hommage à l'Adj René Munier, pilote du GC II/1, tué à la suite d'un combat aérien, dans le bois de Fays, au lieu-dit Les Woieries, au Nord-Est de Monthermé, le 15 mai 1940 - Malheureusement, Paulette Munier, sa veuve, n'est plus là, elle est décédée en 2003 - Sa fille Anne Iung était présente - Depuis huit ans, les anciens combattants se réunissent pour rendre l'hommage qui lui est dû à ce valeureux pilote - Dix-sept porte-drapeaux étaient rassemblés - Cette année-là, un escalier en béton a été construit pour faciliter l'accès au site et des graviers ont été répandus autour de l'arbre - Photo transmise par François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Le 5 juin 2005, a eu lieu la cérémonie annuelle en hommage à l'Adj René Munier et à l'Adc Raymond Autier dans le bois de Fays, au lieu-dit Les Woieries - Comme chaque année, elle était organisée par l'UNC de Monthermé - Le point de chute de l'avion de l'Adc Autier ayant été identifié dans le même bois, un hommage commun sera désormais rendu aux deux pilotes du GC II/1 morts pour la France, le 15 mai 1940 - Cette photo montre les porte-drapeaux rassemblés autour du cratère d'impact du Bloch MB 152 de l'Adj Munier - Vingt-cinq membres des familles Munier et Autier étaient présents - Photo transmise par François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Le 7 mai 2006, le monument commémoratif en hommage aux deux pilotes du GC II/1 tués au combat, le 15 mai 1940 - A droite de l'arbre, le cratère d'impact du MB 152 de l'Adj Munier - Le morceau de drapeau de dérive du MB 152 n° 164 a été amené par la famille - Photo transmise par François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Le 5 mai 2013, rassemblement des familles Munier et Autier devant le monument commémoratif aux deux pilotes du GC II/1 tués au combat, le 15 mai 1940 - Photo transmise par François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

La passerelle d'accès au site - A gauche, le panneau explicatif et au fond, le monument en hommage aux deux aviateurs de la 3ème escadrille du GC II/1 morts pour la France, le 15 mai 1940 - Photo de 2020 transmise par François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

A'occasion du 80ème anniversaire, le site a été restauré, grâce à la mobilisation de l'Office National des Forêts, de la ville et de la section du Souvenir français de Bogny-sur-Meuse. Pour caude de COVID 19, les cérémonies de 2020 et 2021 n'ont pu être célébrées.

Panneau explicatif associé au site en hommage à l'Adj René Munier et Adc Raymond Autier, pilotes de la 3ème escadrille du GC II/1, morts pour la France, dans le ciel de Monthermé, le 15 mars 1940 - Photo du 29 juin 2020 transmise par François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Site en hommage à l'Adj René Munier et Adc Raymond Autier, pilotes de la 3ème escadrille du GC II/1, morts pour la France, dans le ciel de Monthermé, le 15 mars 1940 - Au centre, le cratère d'impact du Bloch MB 152 n° 164 piloté par l'Adj René Munier - Photo du 29 juin 2020 transmise par François Iung, son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Paulette Munier est décédée en 2003. Elle était très active dans l'association des Ailes mutilées, à la Croix rouge française. Elle était la marraine du drapeau de Norropy-les-Pont-à-Mousson.

Sources :

Fiche matricule 33-549-00093 - Base de données des militaires décédés au cours de la seconde guerre mondiale - Archives familiales - Liste des brevets militaires - Bulletin de décès - JORF - Liste des revendications de l'aviation allemande de 1939 à juin 1940 - Site Internet "Mémorial Gen Web" - Site Internet "Aérostèles" - Site Internet "France-Crashes 39-45" - Site Internet "Remonter le temps" de l'IGN - Archive orale cote AI 8Z 133 : Lcl Victor Veniel, enregistrement du 6 mars 1979.

Dernière mise à jour :

Le 28 décembre 2021.

 

Remerciements à :

- M. François Iung pour la transmission des archives de René Munier, son grand-père.
- J.M Matéo pour la transmission de la peinture du dernier combat de René Munier.
- M. Lionel Brunet, petit-fils d'Albert Balmer.
- Mme et M. Françoise et Pierre Roger.
- M. Jacques Parent.
- M. Jacques Hemet.

Bibliographie :

- Site Internet "www.munier-pilote-1940.fr" consacré à René Munier
par François Iung, son petit-fils - Voir le lien
- Le Journal Officiel de la République Française mis en ligne sur le site "Gallica" de la Grande Bibliothèque de France.
- Site Internet "Mémoires des Hommes" du Ministère de la Défense - Voir le lien

Si vous avez des documents écrits ou photographiques pouvant compléter les données de cette page, veuillez contacter l'auteur du site

Marius Luca Marcel Guillot

 

 

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