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Les photos

Le Cne Pennès a été blessé par un éclat de grenade qui lui a brisé le tibia droit, le 8 mai 1915 - Déclaré inapte définitivement, il refuse d'être démobilisé et passe, sur sa demande dans l'aéronautique militaire. Malgré son pied droit paralysé, un handicap qu'il conservera toute sa vie, il devient élève pilote à l’école d’aviation de Chartres de mars à mai 1916 puis est breveté pilote dans la même école, le 18 mai 1916 - Cette photo montre le MF 11 à moteur 80 HP n° F 1750 de l'école militaire d'aviation de Chartres entre mars et mai 1916 - Il est équipé d'un systéme de patins anti-retournement pour limiter au maximum les accidents de décollage et d'atterrissage - Photo Roger Pennès transmis par Alexis Musnier, son arrière petit-fils, que je remercie pour son aide.

Le Cne Roger Pennès aux commandes d'un MF 11 de l'école d'aviation militaire de Chartres entre mars et mai 1916 - Photo Roger Pennès transmis par Alexis Musnier, son arrière petit-fils, que je remercie pour son aide.

Le Cne Roger Pennès a commandé l’escadrille F 221 à Verdun, du 23 novembre 1916 au 6 avril 1917 - Photo Roger Pennès transmis par Alexis Musnier, son arrière petit-fils, que je remercie pour son aide.

Après le commandement de l'escadrille F 221 du 23 novembre 1916 au 6 avril 1917, Roger Pennès est nommé commandant de l’aéronautique du 8ème corps d’Armée en avril 1917 puis commandant de l’aéronautique du 2ème corps d’Armée, commandement qu’il conservera jusqu’à la fin de la guerre - Photo Roger Pennès transmis par Alexis Musnier, son arrière petit-fils, que je remercie pour son aide.

En juin 1939, le général Pennès prend rang et appellation de général d’armée aérienne - Il est nommé à la tête de la Zone d’Opérations Aériennes Est à Nancy (ZOA Est), le 3 septembre 1939 puis commandant de la 5ème armée aérienne à Alger, le 25 octobre 1939 et finalement commandement des forces aériennes et des forces anti-aériennes de l’Afrique du Nord (AFN) et de la 5ème région aérienne, le 1er novembre 1939 à Alger - Photo Roger Pennès transmis par Alexis Musnier, son arrière petit-fils, que je remercie pour son aide.

Photo de la vitrine consacrée au général Roger Pennès par le musée du Souvenir des Ecoles de Saint-Cyr-Coëtquidan - La famille a légué la plus grande partie des souvenirs du général Pennès au Musée en 2016 car il était cyrard de la promotion "La Tour d’Auvergne" - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo Alexis Musnier, son arrière petit-fils, que je remercie pour son aide.

 

 

Général d’armée aérienne Roger Pennès

par son arrière petit-fils Alexis Musnier.

 

Roger Pennès est né le 18 mai 1883 à Paris (75) - Fils d'Edouard Pennès et d'Augustine Barat - Domiciliés au 70, boulevard St-Germain à Paris 5ème 5ème (75).

Les origines familiales :

Issu d’une famille originaire de Cognac installée à Paris dans les années 1830, son père Edouard Pennès (7 nov. 1845 à Paris – † 25 mai 1927 à Paris) est pharmacien à Paris et maire adjoint du 5ème arrondissement. Sa mère, Augustine Barat (10 oct. 1857 à Paris – † 29 nov. 1928 à Zahlé (Liban)), est issue d’une vieille famille parisienne.

Roger Pennès compte parmi ses ancêtres un colonel d’infanterie de l’Empire, Joseph Boissin (29 sept. 1773 à Remoulins – † 29 avril 1852 à Givet), qui, durant les Cent-Jours, contribua au ralliement de toute l’armée à l’Empereur, dans le sillage du général de La Bédoyère. Le souvenir de cet aïeul a sans doute joué un rôle dans sa vocation militaire.

Ce dernier est le quatrième d’une fratrie de 7 frères et sœurs. Parmi eux, Paul Pennès est tué le 9 mai 1915 à Carency (Pas de Calais), durant les offensives d’Artois de la Première Guerre Mondiale. Pierre Pennès, devient pour sa part officier de carrière dans l’armée de l’Air. Enfin, Jean Pennès devient caricaturiste et sera célèbre sous le nom de plume de Sennep au cours des années 1930-1960.

Le 14 avril 1920 à Marrakech, il épouse Marcelle Pazard (24 avr. 1895 à Poitiers – † 12 avr. 1986 à Charly-sur-Marne), fille d’un officier principal d’administration d’artillerie, alors en poste au Maroc. Ils auront deux enfants : Paul Pennès (10 mars 1921 – † en juin 2014) et Nicole Pennès (23 déc. 1924 Paris – † 16 déc. 2014 à Charly-sur-Marne). La descendance du général Pennès se compose aujourd’hui de 7 petits-enfants, 33 arrière-petits-enfants et 42 arrière-arrière-petits enfants.

Ecole de Saint-Cyr et les années d’avant-guerre :

Roger Pennès entre à l’Ecole Spéciale Militaire de Saint Cyr, le 29 octobre 1903 et en sort le 1er octobre 1905 dans la Cavalerie.

Après une année d’application à Saumur de 1905 à 1906, il est affecté comme sous-lieutenant au 13ème régiment de Cuirassiers caserné à Chartres, d’août 1906 à novembre 1912 et en sort comme lieutenant. Il est ensuite affecté au 5ème régiment de Chasseurs d’Afrique carserné à Alger, de novembre 1912 à mars 1915.

La Grande Guerre :

Lorsque la guerre éclate, il est alors lieutenant et rejoint la région de Charleroi avec son régiment et l’ensemble des chevaux. Il débute alors la rédaction de son carnet de campagne, document toujours conservé dans la famille.

Il participe à la retraite de Charleroi, la bataille de la Marne, la bataille de l’Yser puis aux combats en Argonne.

Citation à l’ordre de la 3ème armée, en date du 14 février 1915 : "A donné l’exemple, depuis le début des opérations, des plus belles qualités de sang froid et de courage, en particulier les 21 et 29 août, en ramenant son peloton en ordre sous un feu meurtrier et en recueillant des hommes tombés et le 28 janvier, en maintenant le calme et la discipline dans une tranchée de première ligne particulièrement exposée et dans laquelle des bombes venaient de causer de grands ravages." Citation comportant l’attribution de la croix de Guerre 1914-1918 avec palme.

Il passe, à sa demande, pour la durée de la guerre, au 19ème Bataillon de Chasseurs à Pied à partir du 22 mars 1915 et est nommé capitaine à titre temporaire. En effet, l’infanterie manque d’officiers et le combat à cheval se révèle rapidement impossible, voire inutile.

Le capitaine Pennès est blessé le 8 mai 1915 au cours d’une contre-attaque en forêt d’Argonne, secteur de Bagatelle, au Four de Paris par un éclat de grenade à la jambe droite (fracture du tibia droit, destruction nerf sciatique, paralysie partielle du pied). Ce jour là, le bataillon perd 3 officiers et 130 hommes.

Le capitaine Pennès est fait chevalier de la légion d’Honneur, le 19 mai 1915 : "Officier d’une rare valeur. Passé sur sa demande de la cavalerie dans l’infanterie, s’est signalé de suite par sa clairvoyance, sa froide intrépidité, son inlassable initiative. Blessé grièvement à la tête de sa compagnie, le 8 mai, en l’entrainant à l’attaque." (Ordre du jour de l’Armée du 19 mai 1915 avec citation accompagnant la nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur et comportant l’attribution de la croix de Guerre 1914-1918 avec palme).

Hospitalisé de mai 1915 à février 1916, il est nommé capitaine à titre définitif en septembre 1915 (au titre de la Cavalerie) puis est déclaré inapte définitivement à faire campagne en février 1916 (paralysie des extenseurs du pied droit et du tibia antérieur).

Passage dans l’Aviation :

Refusant d’être démobilisé, il passe, à sa demande, dans l’aviation le 6 mars 1916. Malgré un pied droit immobilisé (handicap dont il sera affecté toute sa vie), il devient élève pilote à l’école d’aviation de Chartres de mars à mai 1916 puis est breveté pilote le 18 mai 1916.

Après une période de perfectionnement à Châteauroux, il est affecté pilote à l’escadrille F 25 de la IIème Armée à Verdun, le 1er août 1916.

Le capitaine Pennès commande l’escadrille F 221 à Verdun, du 23 novembre 1916 au 6 avril 1917 puis est nommé commandant de l’aéronautique du 8ème corps d’Armée en avril 1917 (durant les attaques du Mont Cornillet, à l’Est de Reims).

Il est ensuite nommé commandant de l’aéronautique du 2ème corps d’Armée (actions en Lorraine, à Verdun et Saint Mihiel), commandement qu’il exerce jusqu’à la fin de la guerre.

Il est cité à l’ordre du corps d’Armée, le 22 octobre 1918 : "Excellent commandant de secteur aéronautique qui réussit à obtenir de ses escadrilles les meilleurs résultats par son énergie, son activité et l’exemple qu’il leur donne en toute occasion. S’est fait remarquer à Verdun en octobre 1917. Vient encore de se signaler dans les opérations du 12 et 13 septembre 1918 où ses propres reconnaissances et celles des unités sous ses ordres ont, malgré la tempête, le feu et les attaques aériennes ennemies, parfaitement renseigné le commandement et largement contribué au succès de l’attaque." (Ordre du jour du 2ème corps d’Armée colonial n° 226/R du 22 octobre 1918 – citation comportant l’attribution de la croix de Guerre 1914-1918 avec étoile d’or).

Entre métropole et outre-mer :

A l’issue de la Grande Guerre, il commande en second le Centre d’Instruction d’Aviation de Chasse et de Bombardement (CIACB) à Champfleury-La Perthe (Aisne) de septembre 1918 à mars 1919.

Séjour au Maroc 1919 – 1922.

En mars 1919, le capitaine Pennès est affecté à l’aéronautique du Maroc comme commandant de groupe. Il commande ainsi le groupe de bombardement du Maroc à Meknès (37ème Régiment d’Aviation), de mars 1919 à mai 1922.

* Officier de la Légion d'Honneur du Capitaine Roger Jean Eugène Pennès au 37ème régiment d'aviation, en date du 12 mars 1921 : "17 ans de services, 6 campagnes, 1 blessures, 1 citation."

En 1921, au Maroc, pendant les opérations d'Issoual, en bordure de la zone espagnole, le Cne Pennès et le médecin Epaulard utilisèrent une escadrille de 6 avions pour ramener le même jour 18 blessés graves sur l'hôpital de Meknès, ce qui représente un trajet de 75 km en une demi-heure.

Durant cette période, il participe à 22 missions de guerre en territoire dissident, tant comme pilote que comme observateur. En juin 1922, le capitaine Pennès est affecté au poste de commandant en second du 37ème Régiment d’Aviation, à Meknès, fonction qu’il tiendra jusqu’en décembre 1923.

Il est cité à l’ordre de l’Armée, le 5 juillet 1922, avec attribution de la croix de guerre des TOE avec palme : "Depuis son arrivée au Maroc, a créé et organisé le groupe de bombardement, l’a conduit lui-même aux opérations du Moyen Atlas pendant l’hiver 1919-1920 où l’aviation repoussait les dissidents sur la rive gauche de l’Oum Er Rebia, à celles de Taza et enfin à Ouezzam. Placé à la tête de six escadrilles, prit une part prépondérante au succès de ces dernières opérations par sa méthode, son sang-froid, l’entrain dont il a su animer, en donnant lui-même l’exemple, les pilotes et les observateurs placés sous ses ordres." (Ordre du jour de l’Armée n° 5923/TOE du 5 juillet 1922 avec citation comportant l’attribution de la croix de Guerre des TOE avec palme).

 Il est promu au grade de chef de bataillon (au titre de l’Infanterie), le 19 septembre 1922.

L’Ecole de Guerre :

Alors qu’il vient de demander et d’obtenir une prolongation de son séjour au Maroc jusqu’en 1925, le chef de bataillon Pennès est désigné en décembre 1923 pour remplir la fonction de professeur à l’Ecole Supérieure de Guerre. Il est adjoint puis titulaire du cours d’aéronautique de l’Ecole de Guerre de janvier 1924 à juillet 1927. Il est promu au grade de lieutenant-colonel (au titre de l’Aviation), le 25 décembre 1926.

Le Levant 1927 – 1929 :

Le lieutenant-colonel Pennès est affecté en juillet 1927 au 39ème Régiment d’Aviation (basé à Rayak, au Liban) en tant que commandant en second, poste qu’il tiendra jusqu’en octobre 1929. Le Levant vient alors de connaitre la guerre des Druzes et la France cherche à rétablir des relations normales avec les autorités Druzes et à développer économiquement la région. Au cours de cette période, il effectue un grand nombre de mission en Irak, en Syrie et au Liban et commande en particulier le secteur de la Bekaa (Liban).

En juillet 1928, au cours d’une liaison en Irak auprès de l’aviation britannique, son avion tombe en panne dans le désert irakien à 70 km au Nord-Ouest de Bagdad ; son équipage et lui sont isolés par une tempête de sable durant plusieurs jours (du 27 juillet au 1er août), ce qui rend impossible leur sauvetage. Ils sont finalement secourus par un Anglais passant non loin en Rolls Royce.

Ils parviennent ensuite à poursuivre leur mission, ce qui lui vaut une citation à l’ordre de la Division le 22 mars 1929 : "Officier supérieur d’une rare valeur. Pilote énergique, toujours sur la brèche, donnant un merveilleux exemple de cran et d’allant au personnel navigant du régiment. Vient d’accomplir une liaison par avion, Bagdad et retour, au cours de laquelle il a fait preuve d’une indomptable énergie en poursuivant, malgré une interruption provoquée par une violente tempête de sable, le voyage commencé. Commande en outre le secteur de la Békaa avec autorité et distinction." (Ordre du jour de la Division n°110.A du 23 mars 1929 avec citation comportant l’attribution de la croix de Guerre des TOE avec étoile d’argent).

Durant cette période, le lieutenant-colonel Pennés rencontre le Père Antoine Poidebard, jésuite missionnaire en Syrie et au Liban, pionnier de la photographie et de l'archéologie aérienne, et se passionne pour ce sujet.

Temps de commandement de régiment :

Le lieutenant-colonel Pennès est affecté en août 1929 comme commandant du 5ème Groupe d’ouvriers aéronautiques (GOA) et de l’école pratique d’aviation d’Avord, commandement qu’il conservera jusqu’en septembre 1930. Il est promu au grade de colonel, le 25 décembre 1929. Par décision du Ministère de l’Air, il est affecté en août 1929 à l’état-major général des Forces aériennes à Paris. Il y dirige le 3ème bureau.

Commandeur de la Légion d'Honneur du Colonel Roger Jean Eugène Pennès, à l'école pratique d'aviation d'Avord, en date du 10 juillet 1930 : "26 ans de services, 13 campagnes, 1 blessure, 2 citations, 3 ans de bonifications pour services aériens. Officier du 12 mars 1921."

Il est ensuite réaffecté en régiment par décision ministérielle en octobre 1931, comme commandant du 34ème Régiment d’Aviation au Bourget. Il sera commandant du régiment du 15 décembre 1931 à novembre 1932. Il est alors désigné en mai 1932 pour suivre les cours du Centre des Hautes Etudes Militaires (CHEM), affectation qu’il rejoindra en septembre 1932. Durant sa scolarité au CHEM, il est affecté à l’Inspection du Matériel et des Installations, à la direction des Forces aériennes de Terre puis à la Direction du Matériel Aérien Militaire.

Temps de commandement de brigade :

Le colonel Pennès est désigné en octobre 1933 pour prendre le commandement par intérim de la 8ème Brigade aérienne à Metz. L’armée de l’Air vient alors d’être officiellement créée, le 1er avril 1933. Il est promu au grade de général de brigade, en date du 3 septembre 1934 et est nommé au commandement en titre de la 8ème Brigade aérienne de Metz. Il exercera cette fonction jusqu’en août 1936.

L’Algérie 1936 - 1938 :

Le général Pennès est affecté en août 1936 comme adjoint au général commandant la 5ème Région aérienne d’Alger. Il rejoint son affectation en décembre 1936. Il est nommé au grade de général de division par décret du 16 juin 1937 et maintenu dans ses fonctions. Il est ensuite nommé commandant de la 5ème région aérienne d’octobre 1937 à avril 1938. Le général Pennès est nominé à la tête du 1er Corps Aérien à Paris, le 22 février 1938, affectation qu’il ne rejoindra qu’en avril 1938.

Un contexte difficile au sein du haut commandement :

Il accède à ces nouvelles fonctions dans un contexte particulièrement tendu pour l’armée de l’Air. En effet , aviateurs et terriens "s’affrontent sur le problème de l’organisation du haut commandement en temps de guerre. L’essentiel du débat […] concerne la subordination et la répartition des forces aériennes au cas où un conflit viendrait à éclater en Europe. Tel qu’il a été conçu, le projet […] reviendrait à placer les forces aériennes sous l’autorité du commandement terrestre."

En septembre 1938, en pleine crise de Munich, il est enfin convenu que les forces aériennes affectées à un même théâtre d’opérations seront placées sous les ordres d’armées aériennes commandées par des aviateurs. Il faut ajouter à ce problème de subordination que les forces aériennes françaises ne sont pas regroupées sous un commandement unique. Elles se composent en effet des forces aériennes réservées, (chasse, bombardement, reconnaissance stratégique) dépendant de l’armée de l’Air, et des forces aériennes organiques (avions de chasse, de corps d'armée, d'observation et de réglage d'artillerie) dépendant de l’armée de Terre et sur lesquelles l’armée de l’Air n’ a qu’un pouvoir d’inspection technique.

L'Armée de Terre avait en effet conservé ces moyens dits "organiques" afin de pouvoir effectuer ses missions de renseignement et de réglage des tirs d'artillerie. La plupart des moyens aériens sont donc affectés organiquement aux armées terrestres, avec notamment près de 50 % de l’aviation de chasse.

Ces deux questions cruciales de la subordination et de la répartition des forces aériennes, qui creusent un véritable fossé entre l’armée de l’Air et l’armée de Terre, concerneront personnellement le général Pennès quelques mois plus tard.

Des responsabilités multiples :

Parallèlement à ses fonctions de commandant du 1er Corps Aérien, le général Pennès est nommé directeur adjoint du Collège des Hautes Etudes de la Défense Nationale, le 12 août 1938, puis Inspecteur général de l’aviation de bombardement, le 15 octobre 1938 et enfin membre du Conseil Supérieur de l’Air en janvier 1939. En juin 1939, le général Pennès prend rang et appellation de général d’armée aérienne.

A la tête de la ZOA Est :

Dès la déclaration de guerre, le 3 septembre 1939, une réorganisation des forces aériennes est décidée par le général Vuillemin, chef d’état-major général de l’armée de l’Air.

L’armée de l’Air est en effet structurée en trois armées aériennes adaptées à trois théâtres d’opérations terrestres :

  • la 1ére armée aérienne, au Nord-Est ;
  • la 3ème armée aérienne, au Sud-Est ;
  • la 5ème armée aérienne, en Afrique du Nord .

A ces armées sont affectées des unités "réservées" appartenant à l’armée de l’Air et des unités "organiques", qui dépendent tactiquement de l’armée de Terre (cf. paragraphe précédent). Ces dernières sont placées sous l’autorité d’un "commandement des forces aériennes mises à la disposition des armées terrestres, qui coiffe deux commandements des forces aériennes de groupes d’armées terrestres, neuf commandements de forces aériennes d’armées terrestres et trente commandements de grandes unités terrestres, c’est-à-dire de corps d’armées, de divisions légères motorisées, de divisions de cavalerie."

Afin de simplifier cette structure inadaptée, le commandement des forces aériennes mises à la disposition des armées terrestres est supprimé, ainsi que les commandements subordonnés. Deux Zones d'Opérations Aériennes (ZOA) Nord et Est sont créées, qui réunissent des forces aériennes "réservées" et des forces aériennes "organiques" reliées aux groupes d'armées du Nord-Est, les ZOA doivent permettre de faciliter la coordination interarmées et limiter la dispersion des forces.

Les corps aériens sont alors dissous et le général Pennès est nommé le 3 septembre 1939 à la tête de la Zone d’Opérations Aériennes Est à Nancy (ZOA Est).

Affaire Pennès – Prételat :

Dès sa prise de fonctions à la tête de la ZOA Est, de nombreuses frictions apparaissent entre le général Pennès et le général Prételat, commandant du Groupe d’Armées n°2, dont le poste de commandement est situé à Dijon. Les deux chefs s’opposent en effet sur le problème de la subordination des moyens aériens, opposition compliquée par une incompatibilité de caractères manifeste : "Pendant l’offensive sur la Sarre, le déploiement de l’aviation de chasse au profit de l’armée de Terre s’est heurté à de grandes difficultés. Les groupes de chasse mis à la disposition des armées terrestres étant retenus par les forces aériennes réservées, leur participation à la couverture des armées terrestres a été plus que restreinte, à l’exception de quelques missions laissées à la diligence des commandants de groupes. Prételat, furieux, ne mâche pas ses mots. Il déplore la suppression du commandant des forces aériennes de groupes d’armées qui lui a été rattaché au début des hostilités. Il se plaint aussi de devoir référer de ses besoins à un chef de la ZOA Est qui ne fait, selon lui, aucun effort. […]. Dans un ouvrage publié après la guerre, le commandant du groupe d’armées n° 2 fournira quelques précisions sur une affaire qui a pris le caractère d’un conflit virulent entre aviateurs et terrestres et révèle, plus profondément, les graves différends qui les opposent sur l’emploi de l’arme aérienne. Le 1er octobre, il transmet au commandant de la ZOA Est un rapport qui insiste sur l’état déplorable des groupes mis à la disposition de ses armées. Il demande non seulement des explications, mais aussi quels remèdes peuvent être apportés à cette situation."

Cet incident remonte jusqu’au général Vuillemin, qui reçoit le général Prételat. Le 23 octobre, le général Vuillemin, qui n’est pas en bons termes avec le général Gamelin et craint lui-même d’être remplacé, décide de muter le général Pennès. Le 24 octobre, le général de Saint-Céran, rapporte dans ses mémoires : "Il y a eu du grabuge. Pennès a cassé les vitres chez Prételat. J’ignore pourquoi. Il part à Alger, Tétu le remplace, Bouscat devient chef d’état-major au ministère. Permutation triangulaire." Le général Pennès quitte son commandement à la tête de la ZOA Est le 25 octobre et est nommé à la tête de la 5ème armée aérienne à Alger.

Dépassant le cadre de l’affrontement entre le général Pennès et son homologue du groupe d’armées n° 2, cette controverse prend ainsi rapidement "l’allure d’une explication d’ensemble sur les conceptions d’emploi des forces aériennes et l’état matériel de l’armée de l’Air"  et aura des conséquences ultérieures sur la conduite des opérations.

Retour en Algérie :

Le général Pennès prend ainsi le commandement des forces aériennes et des forces anti-aériennes de l’Afrique du Nord (AFN) et de la 5ème région aérienne, le 1er novembre 1939 à Alger. Il connait bien l’AFN pour y avoir déjà passé six ans sur deux séjours. Ce commandement est l’un des trois grands de l’armée de l’Air et va très rapidement se révéler d’une importance capitale. Il est également maintenu dans sa fonction de membre du Conseil Supérieur de l’Air du 1er janvier au 17 mai 1940. Devant théoriquement être atteint par la limite d’âge le 18 mai 1940, il est maintenu temporairement dans ses fonctions pour la durée de la guerre par décision ministérielle du 27 avril.

Suite à l’armistice du 22 juin 1940, ses fonctions évoluent sensiblement : le 9 juillet, il est nommé représentant permanent du chef d’état major de l’armée de l’Air ayant autorité sur toutes les directions du Ministère de l’Air stationnées en AFN. Les difficultés de liaison avec l’AFN amènent en effet le gouvernement à procéder à une large décentralisation du commandement.

La situation des forces aériennes en AFN est alors critique : le personnel et le matériel ayant pu quitter la France avant l’armistice afflue en Afrique ( "A partir du 18 juin et durant encore une semaine, des centaines d’avions militaires (probablement quelque 800) franchirent la M éditerranée pour chercher refuge en Afrique du Nord." ) et il s’agit de reprendre en main matériellement et moralement des unités disparates, privée de pièces de rechange, de mécaniciens et de personnel navigant. Cette force aérienne n'a en réalité de puissance que sur le papier et est tout juste capable de mener une action défensive.

Fin juin, le général Pennès envoie en France une mission afin de faire diriger sur l’AFN les matériels de combat et les pièces de rechange existant encore dans les dépôts de Marseille, Tarbes et Béziers. Mais le désordre et la panique qui règnent en métropole font échouer cette tentative.

C’est dans ce contexte que les Britanniques attaquent l'escadre française de l'amiral Gensoul à Mers el-Kébir le 3 juillet 1940. En réaction à cette agression, le général Pennès donne l'ordre aux forces aériennes d’Afrique du Nord de se tenir prêtes à intervenir. Le 5 juillet, après négociation avec l’Allemagne et l’Italie, le général Pujo, ministre de l’Air à Vichy, autorise le général Pennès à lancer les premières actions d’interception et de bombardement contre les forces aériennes et navales britanniques. Il mobilise donc tous les avions disponibles et donne l'ordre de procéder à une rapide remise en état d'autres appareils pour lutter contre les incursions aériennes anglaises.

180 sorties de chasse et 35 missions de reconnaissance sont ainsi menées lors des combats de Mers el-Kébir. Toutefois, en raison des importants délais nécessaires à sa remise en service, l'aviation de bombardement ne peut intervenir et une tentative d'interception de la flotte anglaise se solde par un échec. Si le bilan est assez maigre (deux avions britanniques détruits et deux autres endommagés), cette bataille est capitale pour l'armée de l'Air. En effet, les clauses de l'armistice seront assouplies et la démobilisation des forces aériennes est reportée. L’occupant autorise ainsi le gouvernement de Vichy à conserver sur le pied de guerre en Afrique du Nord six groupes de chasse, neuf groupes de bombardement et six groupes de reconnaissance.

Par ailleurs, un vif ressentiment se développe assez logiquement contre l'Angleterre au sein des forces françaises stationnées en Afrique du Nord. Bon nombre des aviateurs placés sous les ordres du général Pennès, qui ne rêvaient que de reprendre un jour la lutte, ne peuvent se résoudre à voir dans l'Angleterre un allié et refusent de rallier le général De Gaulle à Londres.

Le 14 juillet, une action de bombardement sur Gibraltar est décidée par l’amiral Darlan suite à l’affaire de Mers el-Kébir et à la tentative britannique de couler le cuirassé Richelieu dans la rade de Dakar le 7 juillet. Le général Pennès est chargé de diriger cette opération avec des unités du Maroc et d'Oranie, à partir de son P.C. d'Oujda (Nord-Est du Maroc). Le 18 Juillet, l’ordre d’opération est annulé par le gouvernement de Vichy afin d’éviter une rupture irrémédiable avec les Britanniques.

Le 18 août 1940, le général Pennès est à nouveau maintenu temporairement dans ses fonctions (alors qu’il a été atteint par la limite d’âge de son grade le 18 mai) "en raison des dispositions prises en AFN contre une agression éventuelle britannique".

L’opération sur Gibraltar est finalement déclenchée, le 24 et le 25 septembre, suite à l’attaque de Dakar par les Britanniques le 23 septembre. Six escadrons de bombardiers de l' armée de l'Air et quatre escadrons de la  Marine nationale sont engagés conjointement mais les résultats seront assez limités. Il s’agit de la dernière action offensive de l’armée de l’Air. Par décision ministérielle du 19 septembre , le général Pennès est ensuite placé en position de congé du personnel navigant à partir du 25 septembre 1940 et est remplacé dans ses fonctions de commandant supérieur de l’Air en AFN par le général Odic.

Retour en métropole et activités dans la Résistance :

Après avoir rapatrié sa famille en métropole, à Toulon puis à Paris et enfin à Charly-sur-Marne (Aisne), le général Pennès prend contact avec des réseaux de Résistance. En août 1943, il se met à la disposition du général Giraud (alors à Londres) via le colonel Corbasson, mais sans réponse. Il entreprend la même démarche auprès du général Martial Valin (également à Londres) mais sans résultat. De 1943 à 1944, il fait partie du réseau Kummel (évasion d'aviateurs alliés) : il participe à des opérations de recueil, guidage, hébergement et ravitaillement d'aviateurs anglais et américains dans la région de Château-Thierry, Lagny, Paris et banlieue.

Cette activité devenant impossible à partir de juillet 44, le général Pennès prend contact avec l'organisation FFI pour être employé plus activement. Il participe avec les FFI à la préparation d'un plan de débarquement de troupes et de matériels en arrière de l'ancienne ligne Hindenburg.

Il est ainsi nommé chef d'état major de la région A des FFI en août 1944 et passe dans la clandestinité sous le pseudonyme de "Barat". Il se déplace dans la Somme, l'Aisne, le Pas de Calais pour prendre contact avec les groupements FTP  de Cambrai, Roubaix, Péronne, Arras, St-Quentin, etc. Cette activité semble avoir cessé définitivement en septembre 1944. Le général Pennès est placé définitivement en congé du personnel navigant et est admis en 2ème section des officiers généraux le 18 mai 1945.

Il se retire à Charly-sur-Marne où il décède le 23 décembre 1975.

Ses décorations :

1. Décorations françaises :

- Légion d’Honneur :

  • Chevalier : 19 mai 1915.
  • Officier : 12 mars 1921.
  • Commandeur : 11 juillet 1930.
  • Grand Officier : 13 décembre 1938.

- Croix de guerre 1914-1918 (2 palmes et 1 étoile d’or)  : 1915 et 1918.
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Croix de guerre des TOE (1 palme et 1 étoile d’argent)  : 1922 et 1928.
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Croix du combattant.
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Médaille coloniale avec agrafe « Maroc » : 1920.
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Médaille commémorative Syrie-Cilicie : 1926.
-
Médaille interalliée de la Victoire : 1923.

2 . Décorations étrangères :

- Croix de guerre belge avec palme : 1920.
- Etoile de Commandeur de l’Ordre de l’Ouissam Alaouite chérifien : Maroc en 1923.
- Médaille commémorative libanaise : le 30 octobre 1929.
- Officier de l’Ordre de Léopold : 1930.
- Plaque de Grand-Officier de l’Ordre du Nichan-Iftikhar : Tunisie en 1937.
- Croix de commandeur de l’Ordre royal de Victoria : 1938.

Sources :

CCC escadrille MF 25 - CCC escadrille F 221 - JORF - L'Aérophile.

 

Remerciements à :

- M. Alexis Musnier pour la communication des archives du Général Roger Pennès, son arrière-grand-père.

Bibliographie :

- Les escadrilles de l'aéronautique militaire française - Symbolique et histoire - 1912-1920 - Ouvrage collectif publié par le SHAA de Vincennes en 2003.
- The French Air Service War Chronology 1914-1918 par Frank W.Bailey et Christophe Cony publié par les éditions Grub Street en 2001.
- Le Journal Officiel de la République Française mis en ligne sur le site "Gallica" de la Grande Bibliothèque de France.
- Carnets de Comptabilité en Campagne des escadrilles mis en ligne par le Site "Mémoire des Hommes."
- Les "As" français de la Grande Guerre en deux tomes par Daniel Porret publié par le SHAA en 1983.
- Les Armées françaises dans la Grande Guerre publié à partir de 1922 par le Ministère de la Guerre.
- Base de données "Personnels de l'aéronautique militaire" du site "Mémoire des Hommes".
- Base de données "Mort pour la France" du site "Mémoire des Hommes".

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René Gibaud René Patay

 

 

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