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Insignes de l'escadrille AR 19 - SAL 19

Insigne du bougnat peint sur le fuselage des Dorand AR 1 de l'escadrille AR 19 en 1917 - Dessin réalisé depuis une photo.

Insigne peint sur le fuselage des avions de l'escadrille SAL 19 - Epoque Salmson 2A2 - Dessin : Albin Denis

Dessin du fanion offert par un
groupe de dames de Clermont-Ferrand

Fanion de l'escadrille F 19 pendant la Grande Guerre - L'original était déposé au SHAA de Vincennes en 1939 - Dessin Albin Denis

Fanion personnel d'un aviateur de l'escadrille F 19 pendant la Grande Guerre - Collection Pascal Pougniet que je remercie pour son aide.

Insignes métalliques des unités
détentrices de ses traditions

Insigne métallique de la 3ème escadrille du GR II / 51 - Insigne datant des années 30 - Finition bronze - Photo collection Albin Denis.

Insigne métallique de la 3ème escadrille du GR II / 51 - Insigne datant des années 30 - Finition étain - Photo collection Albin Denis.

Insigne métallique de la 3ème escadrille du GR II / 52 alors que l'unité était stationnée à Oran-la-Sénia puis Beni Ounif du 25 juin 1940 à la fin janvier 1942 - Photo collection Albin Denis

Insigne de la 1ère escadrille du GBM 2/52 "Franche-Comté" en 1945 - L'unité volait alors sur B-26 Marauder - Photo collection Albin Denis

Insigne métallique de la 1ère escadrille de l'ET 2/61 "Franche-Comté" - Insigne actuel - Cette unité vole sur Hercules C-130 H et H-30 - Photo collection Albin Denis

Insigne métallique du GR II / 52 de 1941 - Sa 3ème escadrille était détentrice des traditions de la SAL 19 de la Grande Guerre - Insigne collection Patrice Gout que je remercie pour son aide.

Insigne métallique du GBM II / 52 "Franché Comté" de 1944 - Sa 1ère escadrille était détentrice des traditions de la SAL 19 de la Grande Guerre - Photo collection Albin Denis

Insigne de la 62ème escadre de transport - Cette grande unité comprend le GT I/62 "Algérie" dont les escadrilles reprennent les traditions des escadrilles SPAbi 55 et SAL 8 de la Grande Guerre et le GT II/52 "Franche-Comté" dont les escadrilles reprennent les traditions des escadrilles SAL 19 et BR 104 de la Grande Guerre - Fabrication A. Augis - Insigne valable pour la période allant du 1er mai 1946 au 1er août 1949 - Photo Collection Albin Denis.

Unités détentrices des traditions
de l'escadrille SAL 19

Symbolique

En 1917, l'escadrille 19 n'a toujours pas d'insigne distinctif. Le Lieutenant Jean-Marie de Saint-Martin, un observateur de l'unité et parent du célèbre caricaturiste Sem, lui demande de réaliser plusieurs dessins en lui précisant que la F 19 était escadrille du 13ème Corps d'armée, normalement stationné à Clermont-Ferrand. Sem s'exécute et envoie plusieurs dessins dont celui de la tête de "Bougnat" au large sourire. Il est la représentation du charbonnier de la région, désigné familiérement en patois auvergnat comme le "Charbougnat".

Malheureusement, le lieutenant n'aura pas le temps de montrer les esquisses à son commandant d'unité, le Capitaine Delmer. Le 20 août 1917, il est envoyé en mission d'observation avec le Lieutenant Ernest Enjolras, à bord d'un Dorand AR 1. Leur avion est abattu après avoir été atteint de plein fouet par un obus de DCA allemand, dans les environs de la côte 304, entre Esnes et Malancourt (55). Les deux aviateurs sont tués sur le coup. Dans ses affaires personnelles, on retrouvera les dessins et la tête de "Bougnat" sera adopté à l'hunanimité par les pilotes de l'escadrille.

La 19 avait aussi un fanion, brodé et offert par un groupe de dames de Clermont-Ferrand ; l'escadrille le reçut à Froidos ou à Foucancourt. (fin 1917 - début 1918) C'était un rectangle de soie bleu de roi sur lequel étaient brodés en jaune d'or un entourage, au centre une hélice ailée et dans chaque angle le monogramme F19 dessiné par l'adjudant Barillet. Avant la guerre de 1939, ce fanion était exposé au Musée de l'Air.

Historique

Créée sur le terrain de Lyon-Bron en mai 1913, l'escadrille n° 19 est tout d'abord équipée de six avions Henri Farman HF 20 et prend l'appelation de HF 19. Sous le commandement du capitaine de Saint-Quentin, elle participe aux grandes manoeuvres de 1913. Elle fait mouvement sur Dijon au début de l'année 1914.

A la déclaration de guerre, la HF 13 fait mouvement sur la région de Nancy-Toul et accomplit de nombreuses missions de reconnaissance à longue distance et des réglages d'artillerie. Maintenant sous les ordres du Capitaine Michel Jolain, l'escadrille perçoit des Maurice Farman MF 7 et MF 11 et devient l'escadrille MF 19 en janvier 1915.

Le même mois, l'escadrille MF 19 devient escadrille du 13ème Corps d'armée et le restera jusqu'à la fin de la Grande Guerre. En septembre 1915, à partir du terrain de Tricot (60), ses équipages réalisent des missions de bombardement sur Montdidier, Saint-Quentin et Chaulnes. Le 13ème CA tenait la rive gauche de l'Oise, sur une ligne approximative allant de Ribecourt, Lassigny, Les Loges et Tilloloy.

En mars 1916, le 13ème Corps est engagé dans la région de Verdun, entre Béthincourt et Avocourt pour s'opposer à la grande offensive allemande en cours. L'escadrille s'installe, le 1er mars, sur le terrain de Clermont-en-Argonne.

Le sous-lieutenant observateur Jean Lemarie se rappelle d'une mésaventure qui lui est arrivé lors de son séjour à Brocourt-en-Argonne : "Le dimanche 2 Mars 1916, venant du Plessis-Belleville, les lieutenants observateurs Delmer et sous-lieutenant Lemarie se présentent à la MF 19 sur le terrain de Brocourt. On leur donne comme logement une chambre qu'ils partagent avec deux officiers d'approvisionnement du 36ème régiment d'artillerie. Elle est sombre, les lumières sont parcimonieuses; tant bien que mal les quatre officiers s'installent. Mais quelle est cette odeur ?… Cette puanteur ?… Ils cherchent et leurs yeux s'habituant à l'obscurité découvrent dans le fond de la pièce une alcôve et dans cette alcôve un lit ... et dans ce lit… le cadavre d'un paysan."

L'escadrille est engagée avec tous ses moyens sur le bois des Corbeaux, Bethincourt, Cumières, le Mort Homme, le bois de Malancourt, Montzeville et Avocourt. Malgré la supériorité aérienne adverse, l'adjudant Emile Stribick et le lieutenant Jean-Louis Mutel abattent un biplace au nord de Recicourt, le 12 mars 1916. C'est la première victoire homologuée de la 19 qui sera accompagnée d'une citation à l'ordre du 13ème corps d'armée.

En voici le texte extrait de l'ordre général n° 95 en date du 31 mars 1916 : Le Général commandant le 13ème CA cite à l'ordre du Corps d'Armée : "L'escadrille M.F. 19 qui sous le commandement énergique du Capitaine Jambois, a fait preuve, pendant les combats de Mars 1916, d'une activité intelligente et inlassable; a contribué, en combattant, à neutraliser l'action de l'aviation ennemie; a réussi dans des conditions difficiles à renseigner le commandement d'une manière très suivie, tout en assurant les réglages qui lui étaient demandés.". Le Général commandant le 13ème Corps d'armée signé : Alby.

L'avion de base de l'escadrille était alors le Farman F 40 qu'un pilote de l'escadrille nous décrit : "Lent, dangereux à manier, du moins pour un pilote moyen, il n'était pas recommandé pour le combat et encore moins pour le capotage qui avait pour conséquence d'expédier le moteur, accroché à l'arrière, sur l'équipage."

En janvier 1917, l'escadrille touche des Dorand AR 1 et devient la AR 19. Le Lieutenant Maurice Bouchon nous décrit cet avion : "Cet avion Dorand mérite une première critique : celle d'avoir été livré aux escadrilles avec une année de retard.... Deuxième critique, de conception : pour conserver le centrage de l'appareil dans toutes les conditions de remplissage, le réservoir avait été placé dans l'axe, entre l'observateur assis à l'arrière et le pilote assis à l'avant, qui se trouvaient ainsi éloignés d'environ deux mètres ; les aviophones étant alors rudimentaires et pratiquement inutilisables, les communications étaient très difficiles, la seule ressource pour l'observateur était d'alerter son pilote par de violents coups de poing frappés sur le réservoir et d'essayer de lui faire comprendre par geste ce qu'il voulait. A part cela, bien que lent et long à répondre, l’appareil était stable et sûr ; il permettait une bonne observation et l'avant de son fuselage semblait avoir été dessiné pour rendre inoffensif le capotage"

L'escadrille utilisa également des triplaces Moineau-Salmson SM-1 destinés à la photographie. Propulsé par deux hélices actionnées par un seul moteur avec des renvois d'angle compliqués, cet avion était dangereux, d'une pussance insuffisante, extrêmement tangent, il n'autorisait aucune faute et aucune imprudence. Il fut par la suite remplacé par des Caudron R 4 et des Letord. Le lieutenant Louis Plantier disposait pour lui-même d'un Nieuport 11.

Elle participe au sein du 13ème CA à l'attaque française sur la rive droite de l'Aisne, à la prise de Noyon, le 18 mars et l'engagement sur Saint-Quentin, le 13 avril 1917.

Le 19 mars 1917, l'équipage composé du MdL Maurice Stugocki (pilote) et du Slt Laurent Hericher(obs) abat un biplace allemand près de Beaurains, plus précisément à 5 km au Nord-Ouest de Noyon. Le sous-Lieutenant Laurent Héricher se souvient : "Le ciel était très couvert. Après un échange de balles, l'avion allemand s'éloigne; Stugocki remarque qu'il perd de l'altitude; il atterrit en effet dans les marais, près de Beaurains et capote. Les deux passagers se dégagent et semblent désemparés ; Stugocki me dit "tirez". Un des deux allemands se reprend, s'approche de l'appareil et se sauve; l'avion saute.
Des GVC munis de fusils font les aviateurs prisonniers le pilote est sous-officier, l'observateur, officier. Internés ils reçoivent la visite d’aviateurs français qui leur serrent la main.
Informé de ce fait, un général français publie un ordre du jour disant que s'il lui arrivait de serrer la main d'un allemand il éprouverait le besoin de désinfecter la sienne en la plongeant dans la m.... Intercepté par l'ennemi, ce document fut publié par lui, avec un commentaire soulignant la sauvagerie des Français."

Le 20 mars 1917, le lieutenant observateur Maurice Bouchon est affecté à l'escadrille AR 19 après deux années passées dans une batterie de 75 mm du 36ème régiment d'artillerie, des stages au Plessis-Belleville et à Cazaux. L'escadrille était alors basée à Rémy, à une dizaine de kilomètres à l'Ouest de Compiègne, sur un terrain assez grand, équipé de Bessonneau et de baraques Adrien, situé, en bordure de la D 122, qui va à Monchy-Humières. Il se rappelle de son chef, le capitaine Jean Mutel : " Le chef d'escadrille était le Capitaine Mutel. Sorti de Polytechnique dans le Corps des Mines en Juillet 1914, Mutel était blond, très grand, d'une minceur qu'accentuait son immuable tenue noire ; il avait l'air encombré de ses longues jambes et de ses longs bras. Une forte myopie, corrigée par des verres épais, ne l'empêchait pas de voir clairement les moindres détails du terrain qu'il survolait et, lorsqu'il enlevait son lorgnon, lui permettait d'étudier sans loupe les photographies.
Son aspect était froid; il était plutôt réservé et même timide il parlait avec douceur mais rayonnait une autorité qu'il n'avait pas besoin d'imposer; on l'acceptait sans contrainte parce qu'on la sentait clairvoyante, juste et fraternelle. Il est resté pour moi le modèle du chef; celui que l'on suit parce qu'il donne l'exemple. Il était aussi un camarade exquis et plein de bonté, et, dans les moments de détente, n'était pas le dernier à participer aux chahuts de la popote."

Il nous parle maintenant du lieutenant Louis Plantier : " Le chef pilote était le lieutenant Plantier. Breveté bien avant la guerre, il avait participé à de nombreux meetings et fut l'as incontesté du Farman; il avait une manière de décoller le F 40, en chandelle et en virage sur l'aile, qu'il aurait vertement sanctionné si un de ses subordonnés s'était permis de l'imiter. Grand, dégingandé, avec des baccantes noires et le képi en arrière, il arpentait la piste et les Bessoneau sur ses longues jambes, gourmandant avec son accent lyonnais le pilote qui les avait "retournés" et essayait de démontrer que, son avion étant déréglé, il ne pouvait partir en mission. Derrière suivait un berger allemand qu'on appelait "chien cochon", en raison des effluves qu'il dégageait à la popote. Plantier avait une trentaine d'années; on l'appelait cependant "le grand-père" en raison de son ancienneté dans le métier. Un détail que n'ont pas oublié ceux qui l'ont connu : entre la poire et le fromage, un couteau à la main concrétisant son avion, il expliquait des coups fumants."

Le 27 avril 1917, le Farman 42 de l'équipage composé de sergent Pierre Bouchon (pilote) et du lieutenant Gustave Favre (obs) est poursuivi jusqu'au sol, dans les lignes françaises, par un avion allemand. L'observateur est touché et doit être évacué. Le pilote s'en sort indemne.
Le 30 avril 1917, un drâme vient endeuiller l'escadrille. Le lieutenant Maurice Bouchon se rappelle : "Une mission avait été désignée sur Salmson-Moineau avec comme équipage le lieutenant observateur Malesset, occupant la place avant, le caporal Enrique Martinez pilote au milieu et un mitrailleur à l'arrière. J'ai dit ce que je pensais du Salmson-Moineau qui n'excusait ni faute, ni imprudence. Pour une raison quelconque, le départ fut retardé. Aussitôt l'équipage en place, sans essayer à nouveau son moteur, le pilote mit pleins gaz et décolla tirant trop sur le manche. Du sol, le personnel de l'escadrille regardait anxieux. Il entendit le moteur bafouiller et eut l'horrible spectacle de l'appareil s'écrasant droit devant lui. Le Lieutenant Malesset fut tué sur le coup, blessé le pilote guérit et recommença à piloter.. Quant au mitrailleur, il s'en sortit sans égratignure, sinon sans peur."

A partir du 2 juillet, l'escadrille AR 19 prend part à l'offensive sur Verdun et s'installa sur le terrain de Julvécourt à partir du 4 juillet 1917. Le terrain d'aviation occupait la côte 276 à l'Ouest de la commune, il était aligné sur ceux de Lemmes, Vadelaincourt, Froidos, qui à une quinzaine de kilomètres des lignes jalonnaient le front. L'escadrille fut placée sous les ordres de la 26ème division, commandée par le général Paufin de Saint Morel, dont l'objectif était la prise de la côte 304, sur la rive gauche de la Meuse, à l'Ouest du Mort Homme. Point culminant de la région, elle était le sommet d’un mamelon descendant vers les lignes françaises par une pente assez abrupte creusée d'un réseau très dense de tranchées et de boyaux hérissés de barbelés.
Une importante préparation d'artillerie était donc nécessaire avant le déclenchement de l'offensive. Elle commença dès Juillet pour s'intensifier jusqu'au jour J. A la 19 les missions se succédaient à un rythme rapide : réglages de tir, surveillances, reconnaissances à vue et photographiques ; les avions, leurs équipages, les mécaniciens, ainsi d'ailleurs que le personnel sédentaire de toutes spécialités, ne chômaient pas et les carnets de vols se remplissaient à une vitesse inaccoutumée.

L'escadrille va perdre son chef dans des circonstances dramatiques. Le lieutenant Maurice Bouchon nous en livre le récit : "Quelques jours plus tôt, parti sur Dorand AR avec St Martin comme observateur, il était allé sur un terrain de chasse prendre un avion de protection. Au moment ou il atterrissait un Spad lui coupa la piste et ce fut la collision. Le capitaine Mutel s'en tira ... avec un rhume de cerveau parce que pour démonter sa mitrailleuse, il avait dû se coucher dans l'essence qui coulait du réservoir. Quant à St Martin, il en sortit indemne.
Une huitaine de jours avant la date que nous prévoyions pour l'attaque, Mutel était épuisé par le travail qu'il avait fourni à terre et en l'air; il était adoré de son personnel. D'accord avec le capitaine Chapelet(chef aéro XIIIème armée), chef de secteur, ses officiers étaient arrivés à le convaincre que dans l'opération qui se préparait son rôle n'était pas de voler, mais de commander son escadrille et d'assurer les liaisons avec les formations terrestres. La mort dans l'âme, il s'était rendu à leurs raisons.
Chaque soir donc, quand toutes les missions étaient rentrées, quand il avait fait le bilan de la journée, il partait en liaison. Le 17 Août, avant la fin du dîner, il s'était levé de table comme d'habitude, emmenant avec lui l'observateur Liaudet; en partant, d'un geste gamin qu'il affectionnait, il nous avait salué à la "tourlourou", portant à son képi une main aux doigts écartés. Il se rendait au PC de la division, installé dans le petit village d'Esnes, très près des premières lignes.
Le repas terminé, chacun s'en fut rapidement au lit, car des vols devaient commencer de bonne heure le lendemain. Au milieu de la nuit, tous dormaient profondément; entre une heure et deux heures, la sonnerie du téléphone retentit, Hericher alla répondre… je n'oublierai jamais son hurlement:
“ Le Capitaine est tué ... Le Capitaine est tué…”
Instantanément toutes les portes s'ouvrirent, laissant apparaître des figures encore engourdies de sommeil, hébétées et soudain figées par la tristesse. Que s'était-il passé?
J'ai dit que le PC de la division était très près des premières lignes. Mutel avait laissé sa voiture et son chauffeur à l'arrière. Il était parti à pied avec Liaudet, avait fait sa liaison et était revenu à son véhicule. Encore debout à l'intérieur de la carrosserie découverte, il enfilait sa peau de bique, car les nuits étaient fraîches, lorsqu'un obus allemand de 150, un seul, vint éclater tout contre lui, sans aucun motif.
Mutel fut tué sur le coup. Blessé, Liaudet perdit un testicule. Quant au chauffeur, penché sur la manivelle pour mettre le moteur en marche, il fut protégé par la voiture et s'en tira indemne; c'est lui qui donna l'alerte.
Le capitaine Mutel fut enterré dans le petit cimetière de Ville-sur-Cousance, cérémonie simple et rapide car la mort n'interrompt pas la guerre, surtout en période d'opération active, et il fallait continuer à tourner, à voler...
Pour sa tombe, le charpentier de l'escadrille fit un entourage en bois et une grande croix."

Le réseau défensif de la côte 304 avait été copieusement arrosé pendant la préparation et sérieusement démoli, à l'exception d'une tranchée située en haut de la cote, en corniche si l'on peut dire, et, des boyaux qui l'alimentaient, l'ensemble étant pratiquement intact. Ceci ressortait nettement des rapports des observateurs et des photographies remis aux états-majors; ceux-ci ne daignèrent pas en tenir compte.
Craignant d'aborder de front la côte menant à la côte 304, le général Paufin de Saint-Morel avait décidé de décomposer sa manoeuvre en deux phases : Au cours de la première, ses régiments devaient se porter en profondeur sur la gauche du mamelon. Une fois installés dans cette situation ils devaient faire une rotation à droite et attaquer de flanc la position. Une fois installés sur le flanc gauche du mamelon, les fantassins devaient signaler à l’avion de liaison, par des feux de Bengale et des panneaux, qu'ils étaient prêts à passer à la seconde phase.
S'étant assuré qu'ils étaient prêts, l'observateur aérien, par des fusées, devaient déclencher l'attaque…Tous ceux qui ont fait des liaisons d'infanterie savent que, dans une opération comme celle qui était montée, la signalisation terrestre prévue était purement théorique et illusoire. Dans la nappe épaisse et dense de fumée répandue sur le sol par les arrosages d'artillerie, il était pratiquement impossible de sélectionner les fumées des éventuels feux de Bengale; quant aux panneaux les fantassins avaient une instinctive répulsion à les étaler, craignant la réaction de l'aviation ennemie.

Le lieutenant Bouchon reprend son récit : " Le jour J avait été fixé au 20 Août 1917, l'heure H très tôt le matin. Pour l'escadrille, la mission principale était la liaison d'infanterie : ceux qui devaient partir étaient beaucoup plus émus par l'ordre qu'ils avaient reçu de l'état-major que par les dangers qu'ils allaient courir en volant dans les trajectoires d'acier des tirs de barrages allemands ou français. Je suis parti le premier, avec Canton comme pilote ; il ne faisait pas jour puisqu'à notre essai la section radio répondit par projecteur. Nous savions que les "saucisses" étaient en l'air et pour éviter leurs câbles nous prîmes de l'altitude. (Rien n'était plus désagréable pour un avion que de rencontrer un câble de saucisse ; je ne connais qu'un pilote qui se soit tiré de cette redoutable embûche : Plantier sur un F 40… mais c'était Plantier.)
Cette zone dangereuse passée, nous sommes descendus à basse altitude sur les lignes, dans l'aube à peine naissante, nous crevant les yeux pour voir. Vingt minutes après notre décollage, crépitement d'une mitrailleuse. Etait-elle à terre ? Non; c'était un brave avion d'observation allemand qui, profitant de l'obscurité, s'était glissé derrière nous et nous avait seringué. Il tirait bien, puisqu'une de ses balles avait crevé, à quelques centimètres du fond, le réservoir qui m'isolait de Canton. Par les moyens indiqués plus haut, je parvins, avec peine, à lui faire comprendre la situation.
Force était de faire demi-tour. Nous sommes repartis vers Julvécourt, frôlant les obus de 75 qui nous secouaient terriblement, à tel point que nous ne nous sommes pas aperçus, sur le moment, que l'un avait traversé notre AR, heureusement sans éclater à son contact.
Comment, dira-t-on, savez-vous qu'il a traversé l'appareil ? C'est à l'atterrissage que nous l'avons constaté, en suivant sa trajectoire : un mat avant droit était cassé, l'aileron droit était arraché ; entre les deux, une corde à piano, restée tendue était cintrée en sa partie médiane. Suivant un secteur circulaire de 75 mm de diamètre ; le projectile avait du l'aborder tangentiellement par son ogive.
Dès notre atterrissage, nous fûmes remplacés par un équipage composé du Ltt de St-Martin observateur et du Ltt Eenjolras , pilote. Toute la journée l'escadrille attendit en vain leur retour. Le soir ou le lendemain, elle apprit des fantassins qu'un obus de 75, percutant leur fuselage entre le pilote et l'observateur, les avait tués tous les deux. Tombés entre les lignes, ils furent enterrés par les fantassins. Ce n'est que beaucoup de jours plus tard, après que les Allemands eussent définitivement évacués la côte 304, que leur tombe fut retrouvée : un tas de cailloux dans lequel étaient plantées une pale d'hélice et une croix grossière."

Le 19 août, parti en mission de commandement, un Letord de l'équipage du Sgt René Vicaire (pilote), Ltt René Lambert (obs) et le Sgt Hass (mitrailleur), fut attaqué trois fois par un avion ennemi. La troisième fois, celui-ci se présenta par l'arrière en enfilade, juste dans la ligne de tir du mitrailleur arrière qui lui envoya une rafale; sans doute le pilote fut-il tué net car l'avion descendit en vrille sans brûler et s'écrasa au sol immédiatement à l'intérieur des premières lignes françaises, au Sud de Malancourt (55).

La manoeuvre imaginée par le Général Paufin de Saint Morel échoua le 20 Août et les observateurs n'eurent pas à prendre la responsabilité qui leur avait été imposée : arrivant par des boyaux intacts à la tranchée que l'aviation avait signalée intacte, les troupes allemandes s'opposèrent à la progression française. Les journées des 21, 22 et 23 Août furent consacrées au pilonnage de cette tranchée. L'attaque fut reprise le 24, cette fois de front, elle réussit et les allemands abandonnèrent la cote 304.

L'escadrille reçoit alors une nouvelle citation, mais cette fois à l'ordre de la 2ème armée. En voici le texte extrait de l'ordre général n° 900 en date du 20 septembre 1917 :
" Escadrille d'élite. A montré sous la direction du Capitaine MUTEL, modèle de toutes les vertus militaires, mort au champ d'honneur, les plus hauts exemples de vaillance et d'abnégation.
A réussi plus de 1.000 réglages, 350 reconnaissances photographiques, 125 missions d'infanterie et livré plus de 100 combats. A toujours travaillé en liaison complète avec l'infanterie et l'artillerie, malgré le mauvais temps et un vent violent. Descendant à faible altitude pour renseigner le commandement, a puissamment aidé à la préparation et à l'attaque d'Août 1917. A abattu 4 avions ennemis.
Signé : le Général commandant la 2ème Armée, Guillaumat.
"

D'avril à août 1917, elle déplorera la perte de 5 pilotes et observateurs. Le 24 septembre 1917, l'escadrille fit mouvement sur Froidos, un village sur l'Aire. Le terrain était situé en bordure et au sud de la D 163 qui va de Ville-sur-Cousance à Froidos. L'Argonne était son secteur d'opérations.
Jusqu'alors les corps d'armées étaient dotés organiquement que d'une escadrille, pour le 13ème corps d'armée, la AR 19. Le rôle de plus en plus important de l'aviation ayant fini par s'imposer, le haut commandement a décidé d'augmenter les moyens aériens mis à la disposition des armées. Chaque corps d'armée devait désormais être doté des moyens suivants :
- une escadrille de corps d'armée, chargée des reconnaissances à moyenne distance au delà du front, des missions photographiques et des réglages d'artillerie lourde du corps d'armée.
- deux escadrilles divisionnaires chargées des réglages de l'artillerie divisionnaire, de la surveillance du front et des liaisons d'infanterie.

L'aéronautique du 13ème corps d'armée est désormais composé des escadrilles AR 19 - AR 264 - SPAbi 64. La AR 264 a été formée par dédoublement de l'escadrille 19, le 3 février 1918 et la SPAbi 64 rattachée au 13ème CA, le 28 décembre 1917. L'AR 19 transfère ses triplaces Letord à la 64, qui était commandée par le capitaineCharles Zeiller.

Le terrain de Froisos étant trop petit pour acceuillir trois escadrilles, l'ensemble des unités aériennes du 13ème CA va devoir déménager. Le terrain de Foucaucourt-sur-Thabas, en cours d'aménagement est choisit. Il se situait le long de la D 20 qui va de Foucaucourt à Triaucourt, au Sud-est de cette route. La AR 19 fait mouvement le 10 mars, la AR 264 rejoint le 26 mars et finalement, la SPabi 64, le 4 avril 1918. Comme nous pouvons le constater, il y a eu un certain décalage entre le transfert des différentes unités, ce qui occasionna de nombreuses liaisons sur les 7 km qui séparait les deux terrains.

Le 6 mai 1918, les pilotes s'envolèrent vers le Plessis-Belleville pour s'entraîner et prendre livraison des Salmson 2A2 que l'escadrille percevait. Elle devient alors la SAL 19. Cet avion tant attendu nous est décrit par le lieutenant Bouchon : "C'était le meilleur biplace pour l'époque, avec de remarquables performances de vitesse horizontale et verticale et d'altitude, mais dans lequel on avait conservé la fâcheuse disposition d'un long réservoir séparant les membres de l'équipage."

A partir du 30 mars 1918, elle participe à l'offensive sur Chateau-Thierry, la Champagne et l'Argonne. Elle réalise des missions de reconnaissance sur les combats qui se déroulent sur la Vesle, le canal de l'Aisne à la Marne et l'Aisne au profit des troupes engagées. Le 16 mai, le capitaine Marcel Tétu en prend le commandement. Cet officier deviendra général d'armée aérienne et commander les forces aériennes de coopération en 1940.
En juin 1918, opérant sur l'Argonne, la SAL 19 fut épargnée car la dernière offensive allemande s'arrêta exactement à la gauche de son secteur, de la main de Massige, à la limite de la IVème armée et de la IIème armée.

En août, la 19 exécute des reconnaissances sur la rive droite de la Meuse, sur les secteurs des Eparges, Damloup et la Woëvre. Le 13 septembre, elle quitte Foucaucourt pour Plivot (à 10 km au Sud-Est d'Epernay).
Jusqu'à l'armistice, elle occupe encore plusieurs fois de terrain comme Morangis (à 8 km au Sud d' Epernay), la Bouleuse (à 14 km à l'ouest de Reims), St Etienne-sur-Suippes ( à 15 km au nord de Reims) au Moulin d’Ecly (à 7 km au Nord-Ouest de Rethel).
De ces différents terrains, elle participe aux attaques sur la Vesle et l'Aisne et à la prise de la ligne Hunding. A l'armistice, le front du secteur qu'elle surveille atteint Signy-l'Abbaye (25 km au Nord de Rethel).

Sur proposition du capitaine Chapelet, commandant l'aéronautique du 13ème CA, l'escadrille SAL 19 reçoit sa troisière citation, la deuxième à l'ordre de l'armée. Elle lui a été attribuée par le Maréchal Pétain dans les termes suivants : "L'escadrille SAL 19, commandée par le Capitaine Tétu  : A montré les plus beaux exemples de courage, d'énergie et de dévouement en accomplissant à basse altitude des missions de champ de bataille pendant les dernières opérations sur la Vesle et sur l'Aisne. A toujours triomphé des avions ennemis par son haut moral et sa cohésion. Comme escadrille d'observation, a réussi en une année 300 réglages, 110 reconnaissances photographiques, 90 liaisons d'infanterie et livré plus de 100 combats, abattant 7 avions ennemis. Plus de 120 de ses avions ont été atteints par le feu de l'ennemi.
Par ordre 142 F, le droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de Guerre est conféré à cette unité. L'Aide major général inspecteur de l'Aéronautique et le Commandant de la Vè Armée sont avisés de cette décision."

Au 11 novembre 1918, la SAL 19 est stationnée au Moulin d'Ecly dans les Ardennes (08). Cette escadrille a réalisé 950 missions, dont 200 réglages d'artillerie, 450 missions photo et 300 missions d'accompagnement. Ses équipages ont remporté 9 victoires homologuées. Cent vingt avions sont rentrés atteints par balles et éclats d'obus.

L'escadrille SAL 19 devient la 4ème escadrille du 3ème régiment d'aviation, le 1er janvier 1920. En août, lors de la seconde réorganisation des escadrilles de l'aéronautique militaire française, elle devient la 1ère escadrille du 33ème RAO.
Devenue 3ème escadrille du GR II / 52, elle participera à la campagne de France de 1939-1940 avec ses Potez 637 puis avec des Potez 63.11.

 

Appellations successives

Lieux de stationnements

Rattachements de l'escadrille

 

Unités rattachées au 13ème Corps d'Armée

Carte des différents stationnements

Numéros des départements français

Batailles et missions importantes
de l'escadrille 19

 

Commandants

Personnels célébres

Avions utilisés

Relevés quantitatifs et
numéros avions


 

Morts : en rouge / Blessé ou indemne : en jaune

Décorations

La fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre a été conférée par le maréchal de France commandant en chef les armées de l'Est, en exécution à la circulaire ministérielle n° 2156 D du 22 février 1918, avec l'énoncé des citations à l'ordre de l'armée obtenues par cette unité.

1ère citation - Escadrille F 19 - "Escadrille d'élite. A montré, sous les ordres du capitaine Mutel, modèle de toutes les vertus militaires, mort au champ d'honneur, les plus hauts exemples de vaillance et d'abnégation. A réussi plus de 1000 réglages, 350 reconnaissances photographiques, 125 missions d'infanterie et livré plus de 100 combats. A toujours travaillé en liaison complète avec l'infanterie et l'artillerie, malgré le mauvais temps et un vent violent. Descendant à faible altitude pour renseigner le commandement, a puissamment aidé à la préparation et à l'exécution de l'attaque d'août 1917. A abattu 4 avions ennemis." (Ordre du 20 septembre 1917.)

2ème citation - Escadrille SAL 19 - "Commandée par le capitaine Tétu, a montré les plus beaux exemples de courage, d'énergie et de dénouement en accomplissant, à basse altitude, des missions de champ de bataille pendant les dernières opérations sur la Vesle et sur l'Aisne, a toujours triomphé des avions ennemis par son haut moral et sa cohésion. Comme escadrille d'observation, a réussi en une année 300 réglages, 110 reconnaissances photographiques, 90 liaisons d'infanterie et livré plus de 100 combats, abattant 7 avions ennemis; plus de 120 de ses avions ont été atteints par le feu de l'ennemi." (Décision du maréchal de France, commandant en chef les armées de l'Est, du 25 décembre 1918.)

 

 

 

Les hommes

MdL Octave Benoist - Pilote de la HF 19 - Mortellement blessé au cours d'une reconnaissance aérienne à bord du HF 20 n° 111 baptisé "Le Cantal",, a eu l'énergie de ramener son appareil et son passager jusqu'au terrain d'atterrissage de son escadrille, le 24 août 1914 - Décédé le lendemain à l'hôpital d'Epinal (88) - Citation à l'ordre de l'armée et fait chevalier de la Légion d'Honneur, dès le 26 août 1914.

Circonstances de sa mort : Le 24 août 1914, à 5 h du l'après-midi, le MdL Octave Benoist exécutait une reconnaissance sur le front des troupes françaises, dans la région de Baccarat. Il avait l'ordre d'atterrir, au retour, à proximité d'un de nos rassemblements, pour permettre un renseignement ou tout au moins de descendre assez bas pour jeter un tube porte-dépêche.
Il avait exécuté sa mission et revenait sur la rive gauche de la Meurthe. Il cherchait avec son passager, le Sgt fourrier Guyot, un rassemblement en vue de communiquer son message.
C'est ainsi qu'à Domptail, l'avion (HF 20 n° 111 baptisé "Le Cantal") se trouvait environ à 50 m d'une troupe que les aviateurs crurent françaises. Aussitôt, presque à bout portant, un feu de salve était dirigés vers eux, ils étaient au-dessus d'Allemands. L'avion était criblé de balles, le câble de gauchissement, des haubans, des longerons étaient à 1/2 sectionnés. Un projectile, perforant le plancher et blessait le passager à la jambe et au bras. Un autre, trouait la nacelle, atteignit le MdL Benoist en pleine poitrine, traversant le poumon droit en diagonale. Dans un admirable sursaut d'énergie, le pilote domptant la douleur et son affaiblissement, remit brusquement son avion en montée.
Pendant 25 mn, il continua son vol pour venir atterrir sur l'aérodrome d'Epinal. Il eut encore la force de descendre seul de son avion et d'appeler à l'aide par gestes. Il tomba épuisé dans les bras des mécaniciens et très simplement raconta ce qui s'était passé. Le lendemain, il mourrait à l'hôpital.

Ltt Gérard Barnabé Villa - Né le 27 avril 1884 à Maury (Pyrénées-Orientales) - Fils de Pierre Michel Villa et de Marie Louise Lafage - Profession avant engagement Etudiant - Classe 1904 - Recrutement de Perpignan sous le matricule n° 98 - Engagé pour 3 ans au 34ème régiment d'artillerie, le 23 février 1904 - Nommé Brigadier, le 22 septembre 1904 - Nommé Maréchal des Logis, le 25 septembre 1905 - Admis à l'école militaire de l'artillerie et du génie comme élève officier, le 1er octobre 1908 - Affecté au 14ème escadron du Train des Equipages comme sous-lieutenant, le 1er octobre 1909 - Affecté au 18ème escadron du Train des Equipages comme sous-lieutenant, le 27 mars 1911 - En Algérie du 22 avril au 31 juillet 1911 - En mission dans les régions sahariennes du 1er avril au 4 octobre 1911 - Nommé Lieutenant, le 1er octobre 1911 - En Algérie du 5 octobre 1911 au 19 septembre 1912 - Affecté au 14ème escadron du Train des Equipages, le 24 octobre 1911 - Détaché au 3ème groupe aéronautique de l'aéronautique militaire comme élève pilote, à compter du 5 août 1912 - Brevet de pilote militaire n° 233 en date du 18 mars 1913 - Pilote de l'escadrille HF 19 du 20 avril 1913 au 15 juillet 1914 - Pilote de l'escadrille HF 1, le 15 juillet 1914 au 17 août 1915 - Citation n° 645 à l'ordre du 33ème corps d'armée, en date du 21 avril 1915 - Chevalier de la Légion d'Honneur du 5 mai 1915 au 17 janvier 1917 - Nommé Capitaine à titre temporaire, le 30 septembre 1915 - Commandant de l'escadrille MF 35 du 17 août 1915 au 17 janvier 1917 - Commandant de l'aérodrome terrestre de l'école de tir aérien de Cazaux du 17 janvier 1917 au 3 janvier 1918 - Marié à Alice Jaboulet, le 23 avril 1917 - Nommé Capitaine à titre définitif, le 30 septembre 1917 - Adjoint au commandant de l'école d'Avord, le 3 janvier 1918 - Croix de Guerre avec 3 palmes de bronze et 2 étoiles en vermeuil - Commandant de l'école d'aviation de Chartres, le 1er mars 1919 - Affecté au 3ème régiment d'aviation de chasse de Châteauroux, le 23 septembre 1920 - Classé dans les cadres de l'arme de l'aéronautique, le 25 décembre 1922 - Affecté à l'état-major de la 6ème brigade d'aéronautique, le 8 septembre 1926 - Nommé Chef de Bataillon, le 25 juin 1928 - Commandant du parc d'aviation n° 31, le 7 décembre 1928 - Officier de la Légion d'Honneur, le 1er janvier 1930 - Affecté à l'état-major de la 3èmùe division aérienne, le 22 mai 1930 - Commandant du Parc n° 34, le 23 octobre 1930 - Affecté à la base du Bourget-Dugny, le 1er juillet 1932 - Nommé Lieutenant-colonel, le 25 mai 1935 - Affecté à l'entrepôt spécial de l'armée de l'Air de St-Cyr-l'Ecole, le 14 juin 1936 - En congé définitif du personnel navigant, le 27 avril 1937 - Rappelé en activité au bataillon de l'air 104 et affecté à l'état-major du bataillon, le 19 octobre 1939 - Affectation spéciale de 3 mois à la compagnie technique des pétroles à Paris - Décédé à Nice (06), le 7 septembre 1952 - Sources : LO - FM (AD 66) - JO.

* Citation n° 645 à l'ordre du 33ème corps d'armée, en date du 21 avril 1915 : "A rendu depuis le début de la campagne les plus grands services à l'escadrille en exécutant journellement des reconnaissances au-dessus des lignes ennemies. le 18 avril 1915, malgré une violente cannonade, qui avait endommagé son appareil, a continué sa reconnaissance. Il n'est rentré qu'après une heure trois quarts de vol, sa mission terminée."

* Citation n° 65 à l'ordre de la 10ème armée, en date du 3 mai 1915 : "Pilote de 1er ordre, a plus de 150 heures de vol sur l'ennemi; a montré les plus belles qualités d'intelligence, d'énergie et d'audace dans ses reconnaissances, en particulier le 18 avril où ayant eu, son avion gravement endommagé par des éclats d'obus est resté près de deux heures en l'air jusqu'à l'accomplissement de sa mission."

* Chevalier de la Légion d'Honneur accompagné d'une Citation n° 869 à l'ordre de l'armée, en date du 5 mai 1915 : "A montré les plus belles qualités d'intelligence, d'énergie et d'audace dans les missions qui lui ont été confiées, soit seul, soit avec passager. A près de 150 heures de vol sur l'ennemi; à deux reprises, a réussi, malgré une panne moteur sur les lignes allemandes, à ramener son avion, grâce à son sang-froid et à son adresse. A fait preuve de la plus grande endurance et du plus entier dévouement en assurant pendant quelques jours le service de l'artillerie lourde. Le 18 avril, malgré une violente canonnade qui avait endommagé son appareil, a continué sa reconnaissance et n'est rentré qu'après avoir terminé sa mission."

* Citation n° 70 à l'ordre de la 10ème armée en date du 31 mai 1915 : "Depuis plus de trois mois, sous l'impulsion de son chef, le capitaine Fuzier, travaille avec une hardiesse et un zèle tout à fait remarquable, ne se laissant arrêter ni par l'état de l'atmosphère, ni par les tirs de l'ennemi. A fourni par la photographie ou par des rapports précis, des renseignements aussi complets qui précieux, qui ont permis de connaître tous les travaux de l'ennemi de régler le tir de l'artillerie sur ces travaux et finalement de les préciser."

 

 

Les hommes

Sous-officiers pilotes de l'escadrille HF 19 photographiés le 23 mai 1914 à l'occasion des grandes manoeuvres du Sud-Ouest - De gauche à droite : Maître Pointeur Louis René Blot (brevet de pilote militaire n° 311 en date du 8 juillet 1913) - MdL Clément (brevet de pilote militaire n° 293 en date du 19 juin 1913) - MdL Pelletier-Doisy (brevet de pilote militaire n° 294 en date du 19 juin 1913) - Photo extraite du n° 818 de la revue "La vie au grand air", transmise par Thierry Matra que je remercie pour son aide précieuse.

MdL Georges Pelletier-d'Oisy - Né le 9 mars 1892 à Auch (Gers) - Fils de Charles Pelletier d'Oisy et de Jeanne de Kerkaosel - Engagé au 3ème régiment de Dragons, le 23 mai 1910 - Profession avant guerre Etudiant en droit - Passé à l'aviation comme élève pilote, le 14 octobre 1912 - Brevet de pilote militaire n° 294 en date du 19 juin 1913 - Pilote de l'escadrille HF 19 du 1er juillet 1913 au 1er mars 1915 - Nommé Maréchal des Logis, le 3 octobre 1913 - Nommé adjudant, le 1er novembre 1914 - Une citation à l'ordre du corps d'armée, le 2 novembre 1914 - Médaille militaire et une citation à l'ordre de l'armée, le 22 novembre 1914 - Chevalier de la Légion d'Honneur et une citation à l'ordre de l'armée, le 8 avril 1915 - Nommé sous-lieutenant à titre temporaire, le 27 septembre 1915 - Pilote de l'escadrille MS 12 du 1er mars 1915 au XX mai 1916 - Une citation à l'ordre de l'armée, le 15 juin 1916 - Pilote de l'escadrille N 69 / SPA 69 du XX mai 1916 au 18 février 1918 - Assure la livraison d'un SPAD VII 150 HP, le 17 septembre 1916 - Assure la livraison d'un SPAD VII 150 HP, le 20 octobre 1916 - Assure la livraison d'un Nieuport, le 25 janvier 1917 - Assure la livraison d'un avion, le 31 mars 1917 - Une citation à l'ordre de l'armée, le 15 juin 1917 - Nommé lieutenant à titre définitif, le 27 septembre 1917 - Hospitalisé à l'hôpital VR 75 du XXX au 18 février 1918 - Affecté à l'Etat-major du Groupe de chasse 16 à compter le 15 mars 1918 - 5 victoires homologuées - Détaché à la mission française d'aviation militaire de Constantinople, le 1er mars 1919 Raid entre Constantinople et Paris en 1919 - Raid sans escale entre Paris et Vienne en 10 heures de vol en 1920 - Raid sans escale entre Paris et Bucarest en 19 heures de vol en 1921 - Nommé au groupe d'aviation de Tunisie en 1922 - Raid entre Casablanca - Tunis, soit 1700 km en 1922 - Nommé officier de la Légion d'Honneur, le 30 décembre 1923 - Raid de 19.600 km en 20 étapes entre Villacoublay et Tokorosawa (Tokyo / Japon) à bord d'un Breguet 19A2 du 24 avril au 9 juin 1924 - Nommé commandant, le 25 mars 1930 - Nommé commandeur de la Légion d'Honneur en juillet 1931 - Participe à la Croisière Noire en 1933 - Affecté au commandement de l'aéronautique de l'Afrique Occidentale - Nommé Lieutenant-Colonel en fin 1936 - Commandant de la 25ème escadre de Tunis - Nommé Colonel, le 15 juin 1939 - Affecté au groupe de transport n° 15 en mai 1915 - Général de brigade aérienne, le 1er mai 1945 - Décédé à Marrakech (Maroc), le 15 mai 1953 - Le général Georges Pelletier d'Oisy repose dans le cimetère d'Auch depuis le 29 mars 1958 - Photo SHD section Air de Vincennes.

Slt Maurice Bouchon - Observateur de l'escadrille SAL 19 - Remarquez les pattes de col de l'artillerie lourde, cet officier est issu du 36ème RAC (regiment d'artillerie de campagne) - l'insigne de poitrine d'observateur et une Croix de guerre à deux étoiles ( en haut une étoile de vermeuil pour une citation à l'ordre du corps d'Armée et en bas une étoile de bronze pour une citation à l'ordre de la brigade ou du régiment) - Voir également l'oiseau fixé au foulard. Il s'agit d'un objet de bijouterie qui remplace l'insigne d'unité, avant qu'un modèle définitif ne soit adopté. Photo transmise par Jean-Claude Bouchon, son fils que je remercie pour son aide.

Ltt Georges Marie Antoine Perrin-Pelletier - Né le 27 avril 1888 à Paris - Fils de Jean Baptiste Perrin-Pelletier et Aimé Chagnon - Profession avant guerre Ingénieur des Mines - Engagé à l'école polytechnique, le 1er octobre 1908 - Nommé Sous-Lieutenant, le 10 novembre 1911 - Mobilisé au 5ème régiment d'artillerie, le 2 août 1914 - Nommé Lieutenant à titre définitif, le 8 juin 1914 - Passé à l'aviation comme observateur, le 23 septembre 1914 - Observateur de l'escadrille HF 19 du 23 septembre 1914 au 4ème trimestre 1914 - Une citation à l'ordre de l'armée en octobre 1914 - Chevalier de la Légion d'Honneur et une citation à l'ordre de l'armée, le 25 juin 1915 - Brevet de pilote militaire n° 1067 obtenu à l'école d'aviation militaire de Pau, le 8 juin 1915 - Pilote de l'escadrille C 27 du 2ème trimestre 1915 au 11 décembre 1915 - Une citation à l'ordre de l'armée en septembre 1915 - Chef pilote de l'école d'aviation militaire de Châteauroux à compter du 11 décembre 1915 - Chef des services techniques de l'école du tir aérien de Cazaux.

* Citation à l'ordre de l'armée : "Parti en reconnaissance malgré un très mauvais temps, est descendu très bas malgré les mouvements ennemis et les batteries en action. Blessé à la tête et les commandes de profondeur de son appareil ayant été brisées, a pu, grâce à une énergie admirable, repasser les lignes, sauver son observateur en atterrissant et rapporter les renseignements. A été blessé trois fois depuis le début de la campagne. Excellent pilote, donnat sans cesse le plus bel exemple de bravoure et d'énergie. Blessé le 9 septembre, à la suite d'une chute en avion; bien que gravement contusionné, a montré le plus grand courage en dégageant son observateur grièvement blessé. Enveloppé, à 2000 mètres, par les éclatements d'obus, n'a pas hésité à terminer la reconnaissance et, pour éviter la cannonade, à piquer droit à 800 m au-dessus des lignes allemandes, au risque d'être atteint par la fusillade. Donne constamment l'exemple du calme et du sang-froid."

 

Les avions

Henri Farman HF 20 "Ville de Dijon" à moteur Gnôme de 80 Hp affecté à l'escadrille HF 19 avec son pilote, le MdL Clément - Carte postale d'époque.

Henri Farman HF 20 "Ville de Vichy " à moteur Gnôme de 80 Hp affecté à l'escadrille HF 19 avec son pilote, le brigadier Georges Pelletier-d'Oisy - Carte postale d'époque.

Maurice Farman MF 7 - Cette photo ne montre pas à un appareil de l'escadrille 19 - Sera remplacée dès que je trouverais une photo correspondante

Letord - Cette photo ne montre pas à un appareil de l'escadrille 19 - Sera remplacée dès que je trouverais une photo correspondante

Salmson 2A2 en école - Cette photo ne montre pas à un appareil de l'escadrille 19 - Sera remplacée dès que je trouverais une photo correspondante.

Les avions

Les pilotes et observateurs de l'escadrille AR 19 posent à coté d'un Dorand AR 1 - Les Dorand serviront au sein de la 19 de janvier 1917 à avril 1918 - L'escadrille vole alors sur Dorand AR 1 - Salmson-Moineau SM 1 et avions Letord - Remarquez le dessin de la tête de "bougnat" - Photo : Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget - n° MA 17368

Dorand AR 1 de l'escadrille AR 19 en 1917 - Photo Jules Brunswick transmise par Jean-Michel Roche son petit-fils, que je remercie pour son aide.

Dorand AR 1 de l'escadrille AR 19 en bien mauvaise posture, après qu'il ait fini sa course contre un hangar d'un terrain occupé par les américains - Photo collection LCL Michael A. Buck du 186th Fighter Squadron de l'USAF que je remercie pour son aide.

Salmson-Moineau SM 3 n° 112 de l'escadrille AR 19 en 1917 - Photo SHD section Air de Vincennes.

 

Photos aériennes prises
par les équipages

Terrain de Villers-les-Nancy (54) - L'escadrille HF 19 a stationné sur place à trois reprises du 4 août à novembre 1916 - Cette photo, postérieure à la période concernée, a été prise en octobre 1918 - Photo Roger Kissel transmis par Roland Kissel, son fils, que je remercie pour son aide.

Terrain de Villers-les-Nancy (54) - L'escadrille HF 19 a stationné sur place à trois reprises du 4 août à novembre 1916 - Cette photo, postérieure à la période concernée, a été prise en octobre 1918 - Photo Roger Kissel transmis par Roland Kissel, son fils, que je remercie pour son aide.

Terrain de Toul (54) - L'escadrille HF 19 a stationné sur ce terrain du 5 au 15 septembre 1914 puis comme escadrille AR 19 du 1er au 23 janvier 1917 - Photo Roger Kissel transmis par Roland Kissel, son fils, que je remercie pour son aide.

Escadrille MF 19 - Ouest de Nouvron - le 1er juillet 1916 - Altitude 1800 m - Photo transmise par Sébastien que je remercie pour son aide.

Le village d'Osly photographié par l'équipage composé du MdL Bouchon, pilote et du Slt Ballet, observateur de l'escadrille F 19 pour le compte du 13ème CA - Détail de la prise de vue : altitude 1800 m - Date : 28 juillet 1916 - Photo Collection Van den Avenne que je remercie pour son aide.

Le Sud-Est de Morsain photographié par l'équipage composé du MdL Bouchon, pilote et du Slt Ballet, observateur de l'escadrille F 19 pour le compte du 13ème CA - Détail de la prise de vue : altitude 2300 m - Date : 29 juillet 1916 - Photo Collection Van den Avenne que je remercie pour son aide.

Le Nord-Est de Nouvron photographié par l'équipage composé du MdL Bouchon, pilote et du Slt Ballet, observateur de l'escadrille F 19 pour le compte du 13ème CA - Détail de la prise de vue : altitude 2100 m - Date : 4 août 1916 - Photo Collection Van den Avenne que je remercie pour son aide.

Photos aériennes prises
par les équipages

Photo de reconnaissance de l'escadrille MF 19 prise le 23 août 1915 - Photo famille de Guibert transmise par M. Patrick Chevillotte que je remercie pour leur aide.

Photo de reconnaissance de l'escadrille MF 19 prise le 10 septembre 1915 - Photo famille de Guibert transmise par M. Patrick Chevillotte que je remercie pour leur aide.

Tranchées de 1ère ligne entre Saint Aurin et Lancourt (Ouest de Roye) photographié par l'escadrille MF 19 prise le 12 septembre 1915 - Photo famille de Guibert transmise par M. Patrick Chevillotte que je remercie pour leur aide.

Photo de reconnaissance de l'escadrille MF 19 prise le 12 septembre 1915 - Vue du bois carré à l'Est du bois des Loges - Sud-Ouest de Roye - En haut à droite, un poste d'écoute français et en bas au milieu, un poste allemand - Photo famille de Guibert transmise par M. Patrick Chevillotte que je remercie pour leur aide.

Le Sud-Est de Nouvron photographié par l'équipage composé du Sgt Stugocki, pilote et du Ltt de Fabry, observateur de l'escadrille F 19 pour le compte du 13ème CA - Détail de la prise de vue : altitude 3000 m - Date : 25 août 1916 - Photo Collection Van den Avenne que je remercie pour son aide.

Le Sud de Morsain photographié par l'équipage composé du Slt Plantier, pilote du Ltt Mutel, observateur de l'escadrille F 19 pour le compte du 13ème CA - Détail de la prise de vue : altitude 1700 m - Date : 6 août 1916 - Photo Collection Van den Avenne que je remercie pour son aide.

Le Nord-Ouest de Nouvron photographié par l'équipage composé du Slt Plantier, pilote et du Ltt Mutel, observateur de l'escadrille F 19 pour le compte du 13ème CA - Détail de la prise de vue : altitude 1700 m - Date : 6 août 1916 - Photo Collection Van den Avenne que je remercie pour son aide.

 

Remerciements à :

- M. Jean-Paul Bonora pour le prêt de ses photos.
- M. Van den Avenne
pour le prêt de ses photos.
- Famille de Guibert et M. Patrick Chevillotte pour la communication des archives de la famille.
- M. Jean-Claude Bouchon pour l'envoi de photos, de l'historique de la SAL 19 écrit par son père Maurice, observateur de l'escadrille SAL 19.
- M. Jean-Michel Roche pour l'envoi de la photo prise par son grand-père Jules Brunswick.
- LcL Michael A. Buck du 186th Fighter Squadron pour l'envoi de la photo du Dorand AR 1.
- M. Patrice Gout pour l'envoi des photos des insignes de sa collection et ses précisions sur la datation des insignes.
- M. Pascal Pougniet pour l'envoi des photos du fanion de sa collection.
- M. Thierry Matra pour l'envoi de la photo des sous-officiers pilotes publiée dans la revue "La vie au grand air".
- M. Roland Kissel pour l'envoi des archives de Roger Kissel, son père.

Bibliographie :

- Les escadrilles de l'aéronautique militaire française - Symbolique et histoire - 1912-1920 - Ouvrage collectif publié par le SHAA de Vincennes en 2003.
- L'aviation française 1914-1940, ses escadrilles, ses insignes - par le Commandant E Moreau-Bérillon - publié à compte d'auteur en 1970.
- The French Air Service War Chronology 1914-1918 par Frank W.Bailey et Christophe Cony publié par les éditions Grub Street en 2001.
- De l'Aéronautique militaire "1912" à l'Armée de l'Air "1976" par Myrone N. Cuich publié à compte d'auteur en 1978.
- La saga des Bougnats par le lieutenant-Colonel Henri Guyot dans Air Actualités n° 450 de mars 1992 pages 39 à 42.
- Les "As" français de la Grande Guerre en deux tomes par Daniel Porret publié par le SHAA en 1983.
- Les Armées françaises dans la Grande Guerre publié à partir de 1922 par le Ministère de la Guerre.
- Encyclopédie illustrée de l'aviation publié par les éditions Atlas en 1986.
- Site Internet "Mémoires des hommes" du Ministère de la défense - Voir le lien
- Site Internet "Les Insignes de l'Armée de l'Air" de Jean-Jacques Leclercq - Voir le lien
- Site Internet "Les traditions des escadrilles de l'Armée de l'Air" de Henri Guyot - Voir le lien

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