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Symbolique

Cette unité a compté un certain nombre d'insignes. Dans un premier temps, le Cne François de Castel fait peindre sur son avion un fanion rouge et blanc herminé comme insigne personnel. Plus tard, il fera adopter celui-ci quand il prendra le commandement de l'escadrille N 97. Le Ltt Antoine du Doré, qui lui succède, fait adopter une tête d'Eole gonflant ses joues. Ensuite, c'est l'idée du Caporal Pierre Meunié qui est choisit. Elle consiste en un buste de pilote, de couleur noire dans un médaillon blanc cerclé de noir, posé sur une bande bleu / blanc / bleu. Trop compliquées à mettre en oeuvre, car changeant avec chaque pilote, les silhouettes sont abandonnées lors du départ du Cne Henri Le Cour-Grandmaison en mars 1918. C'est finalement un fanion noir et jaune portant un martinet qui est adopté par le Ltt Marcel Hugues, peu après sa prise de commandement. Pour Hugues, le martinet est un oiseau rapide et agile mais dont le nom représente également un chatiment. De plus, le jaune et le noir sont les couleurs traditionnelles des boucaniers, aventuriers habiles et courageux, des hommes qui plaisaient au chef de la 95.

Historique

Les détachements de chasse 517 et 519 de la IIème Armée, commandés par le Ltt Hérissant, sont pris en compte par l'Escadrille N 85 stationnée à Vadelaincourt (Sud-Ouest de Verdun), à partir du 15 avril 1917.
Ce regroupement rassemble, en plus de l'officier commandant, les pilotes suivants : Slt Bordas, Adj Siriez, Adj Germain, Sgt Dely, MdL Escudier, MdL Meire, MdL Martelliere, MdL de Montrichard, MdL Tricon, MdL Canton, Caporal Schroeder.

Le 17 avril 1917, l'Adj Jacques Sirieys (Dét 519) disparaît en mission, aux commandes du Nieuport 23 n° 2537. Le 1er mai 1917, les détachements 517 et 519 font mouvement sur Souilly (Sud-Est de Verdun). Le 6 mai 1917, le Ltt Hérissant, commandant les détachements de chasse 517 et 519, se tue à l'atterrissage sur le terrain de Souilly, aux commandes d'un Spad VII..
Le 10 mai 1917, le Ltt Antoine du Doré prend le commandement des deux détachements qui deviennent le 13 mai, l'Escadrille NP (Nieuport Parasol). Le 16 mai, l'Escadrille NP devient la N 106 et finalement le 18 mai devient l'Escadrille N 95.

Le Cne François de Castel prend le commandement de la N 95 :

Le 20 voit la création officielle de l'Escadrille N 95 sur le terrain de Souilly. Elle est équipée d'avions Nieuport 23, 24 bis et Sopwith 1 1/2. Elle devient escadrille de chasse de la IIème Armée du général Guillaumat. Le Capitaine François de Castel en prend le commandement le 23 du même mois. Cet officier a servi dans l'aviation militaire dès juillet 1913. A la déclaration de guerre, il prend le commandement de la 21ème escadrille équipées d'avions civils réquisitionnés. Après quelques mois, les avions étant presque tous hors d'usage, il demande à retourner dans son arme d'origine. Il est alors affecté au 118ème Régiment d'infanterie en novembre 1914. Il est grièvement blessé, le 28 décembre 1914, à Baisselle dans la Somme. A son retour de convalescence, les usines commençant à produire des avions et les pilotes expérimentés étant rares, il est transféré à l'escadrille VB 106. Il prend ensuite le commandement de la V 84 à Salonique où il participe à tous les bombardements nocturnes sur Monastir.

Le 30 mai 1917, au cours d'une mission de protection, le Nie 23 du MdL Canton est touché par deux éclats qui endommagent l'aile droite. Pendant son commandement, le Cne de Castel a fait peindre sur le fuselage de son avion, 2 hermines de Bretagne sur 2 bandes blanches séparant 3 bandes rouges (cet insigne deviendra celui de la N 97 quand le Capitaine y sera muté).
En juin 1917, le Ltt du Doré vole sur Spad VII et les autres pilotes volent sur Nie 24. Le 3 juin 1917, le Caporal Bois attaque un triplace au Sud de St Mihiel sans réussir à l'abattre. Le MdL de Montrichard est attaqué par trois avions ennemis pendant une mission de protection d'un Caudron de reconnaissance. Malgré sa mitrailleuse qui s'enraye, il réussit à intimider l'adversaire par ses évolutions et permet à l'avion, qui est sous sa protection, d'accomplir sa mission. Le 5 juin 1917, on trouve la N 95 et la N 23 comme escadrilles d'armée basées à Souilly. Les autres terrains sur le secteur de la IIème Armée sont Lemmes, Vadelaincourt , Osches, Julvacourt, Autrecourt ,Froidos, Issoncourt, Mondrecourt et Evres.

Le Ltt Antoine du Doré prend le commandement de la N 95 :

Le 16 juin 1917, départ du Cne de Castel pour la N 97, le Ltt du Doré le remplace à la tête de la N 95. Le Ltt du Doré adopte comme insigne (personnel) une tête de bébé gonflant les joues pour souffler, une manière de personnifier Eole, dieu des vents.

Le 17 juin 1917, le Sgt Schroeder, qui assurait la protection d'un Caudron, est attaqué par un chasseur Albatros. Son avion est endommagé lors du combat qui suit. Du 29 au 30 juin 1917, engagements en couverture de l'attaque de la côte 304, d'Avocourt et du Morthomme.

Les pilotes de la N 95 en juillet 1917 :

* Un pilote vole sur Spad VII : Ltt Antoine du Doré.
* Trois pilotes volent sur Nie 24 bis : Sgt François Martellière, MdL Claude de Montrichard, Cap Bernard Schroder.
* Sept pilotes volent sur Nie 24 : MdL Yves Canton, MdL Félix Crosnier, Brig Jean Vialla, Sgt Georges Meyer, Cap René Bois, Cap Maurice Gaudry, Cap Pierre Meunié.
* Un pilote vole sur Nie 23 : Cap André Gundelach.
* Un pilote sans avion affecté: MdL Aimé Escudié.

Le 3 juillet 1917, le Caporal Bois est blessé au combat. Il est évacué vers l'hôpital de campagne le plus proche. Le 7 juillet 1917, déplacement à Crugny (Ouest de Reims). L'escadrille est incorporée à la IVème Armée de Général Maistre.

Le 15 juillet 1917, l'avion du MdL Canton est touché par deux fois lors de l'attaque d'un biplace allemand. Du 17 juillet au 1er août 1917, mouvement de l'escadrille vers Maisonneuve près de Chaudun (Sud de Soissons). Elle va former, avec les N 68 et N 97, le groupe de chasse de la VIème Armée (Général Maistre) qui tient le front de la champagne pouilleuse.
Le 25 juillet 1917, le Sgt Meyer, accompagné du MdL Canton et du Brigadier Bois, attaquent deux biplaces ennemis et tirent plus de cent coups. Malgré tous leurs efforts, ils échouent et n'arrivent pas à abattre un adversaire. Le 26 juillet 1917, cinq pilotes sont engagés dans dix combats. Le Ltt du Doré, le Brigadier Bois, les Sgt Meyer, Martellière, le MdL Canton utilisent toutes leurs munitions sans réussir à abattre un avion adverse. Leurs attaques obligent néanmoins les avions ennemis à rentrer dans leurs lignes. Le jour suivant, c'est au tour du Sgt Meyer, MdL Canton et Caporal Gundelach d'avoir la même mésaventure. Ils attaquent plusieurs biplaces ennemis avec le seul résultat de les obliger à rentrer chez eux.

Au cours de la dernière patrouille, le Sgt Meyer et le MdL Canton attaquent un autre biplace qui tombe verticalement. Malheureusement sans témoin, cette victoire ne sera pas homologuée. Le 28 juillet 1917, le Sgt Schroeder et le MdL Canton engagent un avion adverse, tirant tous les deux un total de 170 coups, sans obtenir un résultat visible.
Le 2 août 1917, la Ni 95 déménage pour Senard (Ouest de Triaucourt-en-Argonne). Elle travaille maintenant pour la IIème Armée Le terrain de 1200 m sur 600m est équipé d'un certain nombre de baraques de type Adrian. Ces constructions en bois sont réparties comme telles : quinze baraques de 7 x 8 mètres dont 5 pour les officiers (8 chambres par baraque), 8 pour les sous-officiers (2 par escadrille), 2 pour les cuisines (2 popotes par baraque) et 4 baraques de 33 x 7 mètres pour la troupe (80 hommes par baraque).
La Ni 95 peut disposer de plusieurs hangars démontables de type Bessonneau. Ceux-ci de tailles variables (20 x 28 et 26 x 28 mètres) permettent d'abriter entre 12 et 16 avions de type Nieuport.

A partir de ce terrain, la Ni 95 prend part la 2ème bataille de Verdun et aux opérations qui s'y déroulent. Du 10 août au 8 septembre 1917, l'offensive va permettre à IIème Armée la reconquête de la côte 304, du Morthomme, des côtes de l'Oie et du Talon Samogneux. L'action de l'aviation française, sur ce secteur, devient plus offensive. Les avions allemands tentent à de maintes reprises d'attaquer les ballons de réglages d'artillerie mais se trouvent toujours dominés. Le gros travail des réglages et de prises de vues au-dessus des lignes adverses en sera singulièrement facilité.
Sur tout le front de la IIème Armée, plusieurs groupes de chasse allemands tentent de disperser les ballons d'observations français tout en évitant le combat contre les escadrilles de chasse.

Le 5 août 1917, les MdL Canton et Vialla engagent un biplace ennemi à l'Est de Soissons. Au cours de ce combat, l'avion du MdL Canton (Nie 24 n° 3915) est touché et tombe en flammes. Le pilote réussit néanmoins à se poser dans les lignes françaises et est évacué en ambulance vers l'hôpital de Mont-Notre-Dame (Sud-Est de Soissons).

L'escadrille reçoit des volontaires américains qui viennent grossir les rangs. Le Cap André Gundelach est le premier, le 12 juillet bientôt suivi du Cap John Aams, le 12 août. Le Cap Joseph Stehlin suivra ensuite le 18 août.

Première victoire homologuée pour la N 95 :

Le 4 septembre 1917, au cours d'une patrouille, le Ltt Thobie, le Sgt Meyer et le Cap Gundelach attaquent un biplace ennemi qui tombe en flammes au-dessus de la forêt de Pinon (Nord-est de Soissons). L'avion du Ltt Thobie est touché deux fois lors de l'attaque. Seuls Thobie et Gundelach se verront homologuer cette victoire. Le Sgt Meyer, bien que faisant parti de la patrouille, n'a pas participé au combat. C'est la première victoire homologuée de la N 95.

Le 5 septembre 1917, le MdL de Montrichard engage un biplace et l'abat. Malheureusement, l'avion adverse s'écrase dans ses lignes dans la région de Soissons empêchant toute homologation. Les Sgt Bois et Stehlin abattent un biplace qui tombe en flammes à Lafffaux-Allemant (Nord-Est de Soissons), le 8 septembre 1917. C'est la deuxième victoire homologuée de l'escadrille. Le MdL Canton est blessé au combat, le 10 septembre 1917. Le 23 septembre 1917, l'Adj Martelliere et le Cap Stehlin attaquent un biplace qui est contraint de se replier vers ses lignes.

La N 95 est citée à l'ordre de la VIème armée :

Le 26 septembre 1917, la N 95 est citée à l'ordre de la VIème Armée. Cette citation résume l'activité de l'escadrille : "443h de vols de guerre, 79 croisières de chasse, 30 protections de reconnaissance photo et d'avions d'artillerie, a livré 35 combats durant lesquels 2 avions ont été abattus".

Au cours de son séjour sur le terrain de Senard, la N 95 est victime de plusieurs bombardements nocturnes. (nuits des 28, 29 septembre, 1er et 2 octobre 1917) sans résultat matériel, ni perte. L'ennemi manifeste une grande activité sur les camps et terrains d'aviation de notre arrière front surtout sur Epernay, la vallée de la Vesle, Châlons. A l'Est de l'Argonne, il se montre encore plus agressif et fait accompagner ses attaques locales sur la côte 304 et sur le plateau de Pommerieux d'un très grand nombre d'avions à caractère offensif.

Le Cne Le Cour Grandmaison prends le commandement:

Le 1er octobre 1917, déménagement pour Bebain (Meuse). Les hommes sont logés en baraques Adrian et sous tentes D.W. A partir de cette date, le Ltt Le Cour Grandmaison prend le commandement de l'Escadrille (il vient de la N 89).

Les Silhouettes :

Sous son commandement, le Sergent Pilote Pierre Meunié propose de peindre le profil en noir du pilote de chaque avion, dans un médaillon blanc cerclé de bleu, le tout dans une bande horizontale blanche bordée de bleu parcourant toute la longueur du fuselage. Cela permettant aux pilotes de se reconnaître en vol. L'escadrille fut surnommée un temps les "Silhouettes". Ce principe fut abandonné au départ du Capitaine car trop contraignante avec les arrivées et les départs de pilotes.

Dès octobre 1917, certains pilotes commencent à voler sur Nieuport 27 : Ltt Le Cour Grandmaison, Sgt Schroeder et Sgt Meyer. Retour de l'escadrille à Souilly, le 14 octobre 1917. Elle effectue de nombreux mitraillages de tranchées en plus de ses missions habituelles. Le 24 octobre 1917, le Ltt Grenes mitraille la zone autour d'Anglemont et les positions adverses de la colline 344. Le Sgt Meyer et le Cap Gravereau mitraillent les tranchées ennemies et consomment plus de 100 coups.
Le 30 octobre 1917, le Ltt Grenes attaque et mitraille un convoi allemand. Le Sgt Schroeder, le MdL Vialla et le Cap Fleuru engagent un appareil ennemi qui réussit àe replier vers ses lignes.

En novembre 1917, toute la N 95 vole sur Nieuport 27 :

Le mois de novembre 1917, 14 pilotes qui volent sur Nieuport 27 :
Ltt Henri le Cour Grandmaison, Ltt François Grenes, MdL Claude de Montrichard, Sgt Bernard Schroeder, MdL Jean Vialla, Sgt Georges Meyer, MdL Félix Crosnier, MdL Maurice Gaudry, MdL Octave Chauveau, Sgt René Hurlimann, Caporal Pierre Meunié, Caporal Louis Fabel, Caporal Jules Fleury, Caporal Henri Segretin et 70 hommes dont 27 mécaniciens avions, 2 armuriers, 2 ouvriers bois et 1 voilier.

Le 29 novembre 1917, le Sgt Meyer et le MdL Chaveau mitraillent les tranchées allemandes près de Brabant-sur-Meuse (Nord-Ouest de Verdun). Le lendemain, le MdL Gaudry, accompagné par le Sgt Meyer et le Cap Fleury, remplissent la même mission.

Le mois de décembre 1917 est encore marqué par un très grand nombre de missions de mitraillages de tranchées. Le 1er décembre 1917, le Cap Fleury rentre de patrouille avec de nombreux trous d'éclats dans son avion. Le 3 décembre 1917, le Sgt Meyer et le Cap Fleury mitraillent Forges-sur-Meuse (Nord-Ouest de Verdun) et les tranchées au Nord de Samogneux. Le jour suivant, les MdL Gaudry, Chaveau, les Sgt Meyer, Hurliman et le Cap Fleury mitraillent le bois des forges. Le Nieuport 27 du Sgt Hurliman revient les ailes percées par les tirs allemands.

Le 6 décembre 1917, le Sgt Meyer attaque les tranchées de liaison au Nord de Forges-sur-Meuse et sur le bois des Caures (Nord de Verdun). Là encore, son avion est touché par plusieurs projectiles, manière à montrer le danger de telles missions. Les MdL Gaudry et Chaveau, quant à eux, mitraillent les tranchées du Nord de Bettancourt.
Le 10 décembre 1917, le Sgt Meyer, encore lui, attaque les tranchées du Nord de la colline 344. Le 15 décembre 1917, c'est toujours le même pilote, accompagné du Sgt Hurliman, qui attaque les tranchées allemandes du bois des Caures et de la ravine de Beaumont.
Le 21 décembre 1917, les Sgt Meyer et Hurliman repassent au-dessus les tranchées adverses au Nord des Forges et sur la ravine de Beaumont en insistant particulièrement sur les tranchées de communications. Le 24 décembre 1917, Le Sgt Meyer et le Cap Fleury straffent une position de mitrailleuses dans le bois des Caures.

Le 1er janvier 1918, le Sgt Meyer et le Cap Fleury mitraillent Consenvoye. Le 19, trois chasseurs allemands attaquent la patrouille du Sgt Meyer et du MdL Chaveau qui rentre d'une mission de mitraillage sur le bois des Caures. Pendant le combat qui suit, le moteur du Nieuport 27 du Sgt Meyer est touché. Malgré l'avarie, le pilote réussit à rompre le combat et à rentrer sans mal.

Après de durs combats autour de Souilly et du bois des Forges, la N 95 abandonne une partie de son personnel qui va grossir les rangs de la N 160 créée le 20 janvier. C'est ainsi que les MdL Chaveau, Grosnier et les Sgt Meyer et Hurliman rejoignent la N160. La N 95 reçoit en remplacement le MdL Perin et les CAP Lacouture, Jardy et Georgin.

En janvier 1918, tous les pilotes volent sur Nieuport 27 soit 13 avions. Il faut ajouter Spad VII pour le Cne le Cour Grandmaison et un Spad VII pour le Cne Raymond de Bernis, Commandant le groupe des escadrilles de l'armée, soit un total pour la N 95 de 15 avions. Pour ces avions, l'escadrille dispose de 80 mécaniciens dont 27 mécaniciens avions, 3 armuriers, 2 ouvriers bois et 12 conducteurs.

Affectation de la N 95 au GC n° 19 :

Le 3 février 1918, le Sgt Fabel disparaît au cours d'une mission et est porté disparu. Il réapparaît le lendemain après avoir fait un atterrissage forcé dans les lignes françaises. Le 13 février 1918, l'Escadrille N 95 fait mouvement sur Villeseneux (Sud de Reims). Elle est affectée au Groupe de Chasse n° 19 qui vient d'être constitué sur ce même terrain.

Ce groupe, commandé par le Cne Alfred Deullin, est constitué de 4 escadrilles : SPA 73, SPA 85, N 95 et SPA 96. Le G.C 19 avec les G.C 15 et 18 forment l'Escadre de combat n° 1, commandée par le chef de bataillon Ménard. La formation de cette grande unité est effective le 10 février 1918.

L'escadrille devient la SPA 95 :

Le 27 février 1918, l'escadrille N 95 reçoit neuf Spad VII (moteur 8Ac de 180cv) dont 7 proviennent de ST- Cyr et cinq Spad XIII en échange de ses Nie 27. Le Spad VII n° 3015 reste affecté à l'escadrille qui prend le nom de SPA 95. Les Nieuport 27 sont reversés à l'annexe de la région aérienne de Villeneuve.

A cette période, les pilotes de l'escadrille sont : Cne Henri le Cour Grandmaison, Ltt François Grenes, Slt Maurice Brunel, Slt Claude de Montrichard, Adj Bernard Schroeder, MdL Jean Vialla, Sgt Pierre Meunié, Sgt Louis Fabel, Sgt Jules Fleury, MdL Léon Perin, MdL Maurice Gaudry, Caporal Lucien Lacouture, Cap Lucien Georgin, Cap Jean Mingam, Cap Gustave Jardy. L'unité compte en plus 82 personnels au sol.

A partir du 10 mars 1918, l'escadrille, comme toutes celles qui composent le groupe de chasse 19, met en place une patrouille à la verticale de la Marne entre Châlons et Epernay. Ce barrage, à 5500 mètres, a pour but d'interdire toute incursion ennemie tentant de franchir la Marne à haute altitude. Les pilotes sont équipés de masques à oxygène. Seuls les avions s'enfonçant de plus de 15 km dans les lignes françaises seront attaqués, sans jamais les poursuivre jusqu'aux lignes. Les pilotes reçoivent l'ordre de ne pas dépasser Châlons à l'Est et Epernay à l'Ouest. Leur mission principale est la protection des terrains d'aviation de la région de Villeneuve.
Le 14 mars 1918, l'escadrille assure la protection des Bréguet XIV B2 qui rentrent de mission de bombardement. Ils s'attachent plus particulièrement à couvrir les avions qui rentrent isolés derrière le groupe.
Le 16 mars 1918, la 95 envoie cinq Spad en mission de chasse et le 17, six de ses avions partent en couverture de 19 Bréguet XIV du GB 6 qui bombardent la gare de Juniville (Sud de Rethel).
Le 21 mars 1918, malgré les ordres formels, certains pilotes des groupes de combat continuent à ne pas rester en poste lors de leur patrouille de barrage. Décidé à frapper fort, le commandement punira du conseil de guerre tout pilote qui aura quitté sa zone de patrouille. Le 22 mars 1918, par un temps très mauvais, cinq groupes de combat et un groupe de bombardement de jour entrent dans la bataille et mitraillent les convois et rassemblements adverses.

Prise de commandement du Ltt Marcel Hugues :

Le 23 mars 1918, le Ltt Hugues prend le commandement de la SPA 95. Ce valeureux pilote a fait ses premières armes au sein de la SPA 81 où il a remporté 10 victoires. Le titre d'As lui a été décerné le 3 mars 1917 après 5 victoires homologuées.

Le lendemain, l'aviation française domine celle des Allemands dans la région de St Quentin, Roye, Ham, La Fere. Tous les rassemblements ennemis sont mitraillés et bombardés. Deux cent vingt-cinq sorties seront réalisées dans la journée. Le 24 mars 1918, c'est la zone Jussy, Ham, St Quentin qui est attaquée. Le 25 mars 1918, dans le secteur Roye, Guiscard, Chauny, l'aviation de combat gagne la suprématie aérienne.
Le 26 mars 1918, des missions d'exploration de l'arrière front allemand des IV et Vème Armées sont effectuées. Un groupe de quatre Bréguet XIV B2 de la Br 117 sont envoyés à la recherche de rassemblements et de convois sur la zone Beine - La Neuville-En-Tourne - Cauroy -Semod. Un des appareils est muni d'un appareil photographique. La SPA 95 assure la protection du groupe avec cinq appareils. Dès qu'ils sont repérés, les convois de la route Noyon, Ham, Roye sont mitraillés et des troupes sortant de Noyon dispersées par une attaque à la mitrailleuse à seulement 20 mètres d'altitude.

Le 27 mars 1918, c'est au tour des Drachen de la ligne Roye, Noyon de faire les frais des attaques des unités de chasse françaises.
Malgré les actions incessantes de l'aéronautique militaire, les unités alliées se replient sur une ligne entre l'Oise et la route Nesle, Roye, Montdidier, Sud de Noyon, Lassigny de Montdidier.
Le 28 mars 1918, l'Escadrille est transférée au Plessis-Belleville (Sud-Est de Senlis) dans le secteur de la VIème Armée. Sur le trajet, 60 chasseurs et 20 bombardiers de la 1ère escadre de combat attaquent les troupes allemandes qui affluent sur le champ de bataille entre Noyon et la Somme.

Le Ltt Marcel Hugues, le chef de la SPA 95 :

Le Ltt Marcel Hugues, qui est maintenant le chef de la SPA 95, a fait ses premières armes dans l'infanterie. Il a connu l'enfer des tranchées et des charges à la baïonnette. C'est au cours de l'une d'entre elles qu'il échappe de peu à la mort. Une balle ricoche tour à tour sur un bouton de capote, une bouche de bretelle et finalement sur la médaille de Saint Christophe donnée par sa mère. Ce n'était pas son jour ! Une autre fois, énervé par la réflexion de son chef de section au sujet de ses absences des patrouilles de nuit, il bondit de la tranchée et part droit vers les lignes adverses en pariant qu'il ramènerait un journal allemand et des cigarettes. L'ennemi est complètement surpris par ce français bien téméraire et ne tire aucun coup de feu sur les 80 mètres de sa course. Après avoir discuté avec les Allemands, il regagne les lignes françaises avec les trophées promis, ayant ainsi démontré son courage. L'affaire sera vite enterrée.

L'insigne de l'escadrille :

En arrivant à l'escadrille, il estime très vite que les silhouettes sont peu conformes à l'idée qu'il se fait d'une escadrille de chasse. Il choisit alors le martinet comme insigne car cet oiseau fait la chasse aux insectes dans un vol très rapide aux trajectoires imprévisibles ce qui illustre bien la méthode de combat qu'il a mis au point avec succès. Le nom de l'oiseau, évocateur à double sens, laisse entendre qu'il a l'intention avec ses hommes de combattre avec ardeur contre l'ennemi. Les couleurs noires et jaunes adoptées pour le fanion rappellent les couleurs des boucaniers. Aventuriers habiles et courageux qui représentaient le type d'homme dont il voulait utiliser les couleurs.

De même, sa grande connaissance de la mécanique va permettre à la SPA 95 se faire un bond dans les performances. Les Spad avaient une fâcheuse tendance à caler lors de figures d'acrobatie, les loopings en particulier. Le Ltt Hugues transforma le réglage des masselottes des carburateurs afin d'augmenter la contenance d'essence dans la cuve. Aidé du Cap Louis Christophe, mécanicien avion, qui fabriqua un appareil avec un manomètre indiquant la pression d'air envoyée au réservoir, chaque avion fut réglé et apte au combat en ½ heure.
Il faut ajouter que ce n'était pas la première fois que le Capitaine modifiait les avions qui lui était confié. Déjà à la N 81, conscient des défauts de jeunesse du Spad, il réfléchit aux problèmes d'alimentation en essence de l'avion. En piqué rapide et prolongé, le moteur calait. Le réservoir d'essence, partiellement circulaire, se trouvait sous les pieds du pilote dans le bas du fuselage. Il ne faisait aucun doute que la pression devenait insuffisante lors des évolutions de ce type. Or les Sopwith britanniques possédaient sur l'une des jambes de force du train d'atterrissage, une petite éolienne entraînant une pompe à air. Avec l'aide de Maitre, son mécanicien avion, il monta cet équipement sur les Spad, fit modifier les canalisations d'arrivée de façon à ce que l'air arrive régulièrement dans le réservoir d'essence. Le problème était résolu.

Maintenant stationnée à Plessis-Belleville, elle prend part aux combats qui opposent à partir du 21 mars, les 2ème, 17ème et 18ème Armées allemandes sur le front des 3ème et 5ème Armées britanniques. C'est le début de la deuxième bataille de la Somme. Le front se déroule sur 110 km entre Arras et Anizy.
Le 30 mars 1918, violente attaque allemande à l'Ouest de Montdidier. L'aviation ennemie se montre très active, les patrouilles françaises rencontrent de nombreux groupes de très bons pilotes de chasse.

Terrain de Villeneuve :

Le 1er avril 1918, la SPA 95 déménage sur le terrain de Villeneuve. Son personnel comprend 96 hommes dont 34 mécaniciens avions (dont 3 sous-off) et 5 armuriers. L'aviation allemande est encore très active entre Montdidier et Lassigny. On signale de gros dispositifs de 15 triplans Fokker DR 1. Les patrouilles ennemies sont nombreuses à l'intérieur de leurs lignes et guettent les avions français venus bombarder. Un ensemble de dix Albatros, manœuvrant bien, abat un Bréguet XIV. Le 2 avril 1918, les Allemands sont dominés dans la voie des airs, les triplans et autres Albatros ne s'engagent qu'avec prudence.
Le 4 avril 1918, par de très mauvaises conditions météorologiques, le Ltt Hugues effectue une reconnaissance aérienne pour observer les mouvements de l'adversaire. Il repère une très grosse activité ennemie dans le secteur de Moreuil - Rouvrel - Sauvillers. Plusieurs régiments d'infanterie sont aperçus en train de s'infiltrer dans le bois au Nord de Braches, sur les pentes descendantes vers l'Avre. De même, sont repérées des troupes qui sont débarquées de camions au Sud-Est de Louvrechy. Il recevra les félicitations du Cdt Ménard quelques jours après.
Le 5 avril 1918, les Allemands attaquent avec force entre la Somme et Grivesnes. Le 7 avril 1918, l'ennemi ayant attaqué en force dans la région de la forêt de Coucy, les groupes de chasse 18 et 19 font mouvement. La SPA 95 est maintenant stationnée à Palerne (Sud-Ouest de Pierrefonds). Dès son arrivée, les chasseurs sont envoyés dans la région de Thennes - Grivesnes où ils aperçoivent 14 monoplaces Albatros. Les combats qui suivent ne donnent pas de résultats concluants.
Le 11 avril 1918, le Slt Pierre Claret de Fleurieu, récemment affecté à l'escadrille, va prendre part à sa première mission de combat. Ce jeune officier, sorti premier des écoles de tir, d'acrobatie et de combat, est immédiatement pris en charge par le Ltt Hugues. Celui-ci le met tout de suite dans l'ambiance : "Fleurieu, écoutez-moi. Vous êtes un très jeune pilote, vous ne savez rien. Si vous voulez rentrer vivant tout à l'heure, votre seule chance de salut est de me suivre d'aussi près que possible. Collez à mon avion. Ne me perdez pas une seconde, sinon vous êtes mort. Tachez d'être calme, essayer de voir et de comprendre ; je vous préviens, ce n'est pas commode."

Le Ltt Hugues décolle suivi de ses cinq équipiers. Au bout de 10 minutes, le groupe survole les premières lignes et aperçoit rapidement les Drachen ennemis et les petits nuages noirs des obus de défense contre avions. La patrouille est accrochée par des chasseurs ennemis.
Le Slt Claret de Fleurieu se rappelle : " Je regarde de toutes mes forces, le ciel à l'air vide. Nous sommes à 3000 mètres. Hugues, que je suis à quelques mètres, fait deux ou trois petits changements de direction à droite et à gauche. Soudain, il vire à la verticale très violemment, et pique à mort après avoir battu deux ou trois fois des ailes. Je le suis, pensant qu'il s'agit d'un exercice car, malgré le battement d'ailes, je ne vois toujours rien. Tout à coup, sur un renversement, de longues traînées de feu sortent de ses mitrailleuses. Devant lui, un avion allemand flambe et tombe en vrille. Je suis tellement excité que je tire à mon tour sur le malheureux qui n'avait vraiment pas besoin que je l'aide à mourir; et je remonte en chandelle toujours dans la queue de mon chef d'escadrille et pas très fier de mon manque de sang froid. A peine en haut de la chandelle, nous tombons en plein carrousel. Les avions allemands et les nôtres passent et repassent devant moi dans tous les sens tirant à qui mieux mieux. Puis deux nouveaux avions tombent en flammes et s'écrasent au sol. "

Le biplace abattu par le Ltt Hugues est tombé en flammes près du Mesnil-St-Georges (Est de Montdidier). Le chef de la 95 attaque ensuite un autre biplace qu'il endommage. C'est l'avion qui a été également attaqué par le Slt de Fleurieu et par le Sgt Fleury. Malgré ces attaques, l'avion adverse réussira à regagner ses lignes en traînant de longues volutes de fumées.
Pendant cette mission, le Sgt Fleury a été attaqué par cinq chasseurs Albatros. Il réussit malgré tout à rentrer sans dommage. En regagnant le terrain, le Ltt Hugues, surpris par une forte odeur, constate avec effroi que ses pieds pataugent dans plusieurs centimètres d'essence. Il est alors à plusieurs kilomètres des lignes. La manœuvre s'avère délicate : il n'avait pas de parachute et ne pouvait diminuer l'essence par crainte de couper le moteur. Il entame une lente descente en laissant un doigt sur le contact moteur et se pose sur le terrain de Plessis-Menil à 25 km des premières lignes. L'incident était dû au couvercle du carburateur qui s'était dévissé et avait sauté.

Claret de Fleurieu peut maintenant réfléchir à sa première mission qui a été bien mouvementée : " Mon amour propre était mis à rude épreuve. J'enregistrais qu'il fallait dans un ciel où les avions évoluaient à six cents km/h de vitesse réciproque, essayer avant toute action de voir et de comprendre tout ce qui se passait en haut, en bas, à droite et à gauche. Cependant, cette humiliante expérience allait m'être fort utile."
Le lendemain, le Sgt Fleury remporte une victoire sur un biplace allemand en Picardie.

Terrain de Airaines :

Déplacement sur le terrain de Airaines (Ouest d'Amiens) du 13 avril au 28 mai 1918. L'Escadre de chasse n° 1 commandée par le Cdt Ménard est déployée entièrement avec les G.C 15 et 18 à Montagne et1 le G.C 19 à Airaines. Cinquante-huit camions ont été nécessaires pour transférer le matériel des différentes escadrilles engagées.
Les Allemands ont amplifié leur poussée sur Moreuil - Marcelcave. Les patrouilles de chasse ainsi que les avions d'observation et de réglage d'artillerie sont nombreux. Ils attaquent dans la région de Hangard avec de nombreux rassemblements d'infanterie qui sont signalés dans la zone Villers-aux-Erables - Coutoire - Erches - Beaufort. Tous les villages sont pleins de troupes avec de nombreuses colonnes qui montent en ligne.
Le 18 avril 1918, tous les groupes de chasse sont engagés à la protection de l'offensive française pour la reprise de la rive gauche de l'Avre au Nord de Moreuil. La 95 envoie tous ses avions disponibles pour assurer la neutralisation des Drachen et l'attaque des rassemblements de troupe adverses. Des patrouilles spécialement équipées de mitrailleuses de 11 mm sont désignées pour attaquer les lignes de ballons ennemis.
Le 19 avril, 1918 l'offensive française a repris le Sud de Thennes et a pris pied dans le bois à l'Ouest de Morisel. Chaque groupe de chasse engage en permanence la moitié de ses avions disponibles et assure un roulement pour toujours avoir des
avions en l'air. Les Drachen sont harcelés jusqu'à ce qu'ils aient été abattus ou ramenés au sol. Ces attaques sont menées en masse. En fin de mission, les pilotes recherchent les objectifs au sol et les harcèlent à la mitrailleuse.
Le 21 avril 1918, Quinze Spad attaquent les ballons de la région de Contoire. Les avions se heurtent à des patrouilles de Pfalz au-dessus d'Amiens qui rompent immédiatement.
Le 25 avril 1918, les Allemands ont violemment attaqué le front franco-anglais entre la ferme de l'Espérance et le bois de Vaire, mais la ligne française au Sud d'Hangard est intacte, le village est presque entièrement encerclé. L'adversaire tente de faire travailler leurs avions de réglage. L'escadre de combat n° 1 reçoit mission d'attaquer tout avion au-dessus de ce secteur et d'incendier les Drachen. Le G.C 19 est engagé dans sa totalité.
Le 26 avril 1918, les Britanniques ont repris Villers-Bretonneux. La SPA 95 participent à tous les combats pour la maîtrise de l'air. Le lendemain, la bataille est violente entre Hangard et Villers-Bretonneux. Le groupement Féquant prête son appui à la 1ère Escadre de combat, qui est encore une fois engagée en totalité.
Le 28 avril 1918, l'aviation ennemie est en grande effervescence dans le secteur Béthune -Bailleul. L'aviation britannique doit se porter à la gauche de son secteur, l'escadre n°1 prolonge sa zone de combat entre Thennes et Albert. La SPA 95 envoie deux patrouilles s'opposer à l'aviation de réglage dans la zone de Mesnil-St-Georges et la Somme. Ces missions sont reconduitent jusqu'au 1er mai. Le 2 mai 1918, l'activité ennemie est intense dans le secteur Mailly - Renneval - Hangard. Les aviateurs français croisent et affrontent plusieurs groupes de chasse, d'abord 12 Albatros monoplaces puis plusieurs groupes de 3 chasseurs Pfalz. La SPA 95 est fortement sollicitée. Le Ltt Hugues attaque un biplace mais sa mitrailleuse s'enraye. Son ailier, le Cap Lacouture tire sur l'avion adverse mais n'obtient aucun résultat visible. Le Slt de Fleurieu continue le combat et abat un appareil adverse qui tombe dans la proximité de Saulchoy-sous-Poix (Sud-Ouest d'Amiens). Les avions du Slt de Fleurieu, des Cap Lacouture et Gaudry sont rentrés avec des trous de shrapnell. Celui du Ltt Hugues a été touché par le tir de l'adversaire et présente plusieurs impacts de balles.

Le 3 mai 1918, les forces françaises ont exécuté un mouvement qui les a amenées aux abords de Castel. L'activité aérienne ennemie n'est active que sur ses lignes. Dès le matin, très nombreux avions de réglage d'artillerie, des Rumpler de reconnaissance, des groupes de 2 à 3 biplaces de combat et en permanence une dizaine de monoplaces renforcés par six autres gardant les Drachen, sillonnent le ciel. L'activité principale se concentre entre Moreuil et Montdidier. Les Bréguet XIV de l'escadre n° 12 bombardent Chaulnes et sont couverts dans leur action par les G.C 18 et 19. Les chasseurs de la 95 affrontent l'ennemi à de nombreuses occasions. Le Ltt Hugues et le Sgt Fleury attaquent successivement deux biplaces, ils abattent le premier en flammes dans les lignes françaises près de Hailles (Sud-Est d'Amiens) et endommage le second au-dessus de Bove.

En fin de journée, le triplace de guet aérien de la C 46 ayant signalé un regain d'activité au-dessus du secteur Moreuil - Marcelcave, deux fortes patrouilles des G.C 18 et 19 sont envoyées. Le Slt Brunel et le MdL Quiles (Spa 48) attaquent un biplace ennemi et l'obligent à se poser dans les lignes françaises entre Gentelles et Domart sur la Luce. L'avion est intact et ses deux occupants sont faits prisonniers. Dans le même secteur, le Slt Brunel donne l'assaut un autre biplace qu'il abat. Malheureusement ce combat ne sera pas homologué faute de témoin. La dernière confrontation permet au Cap Lacouture d'éliminer un biplace allemand à Villers-Bretonneux (Est d'Amiens).

Le 4 mai 1918, les avions ennemis, bien que nombreux, refusent le combat sur les lignes françaises. Dix-neuf Bréguet XIV du GB 9 bombardent Chaulnes. Ils bénéficient de la protection de vingt Spad du G.C 19. Le groupe d'assaut est attaqué par douze biplans et triplans de chasse. D'un autre coté, les patrouilles de la 95 répètent les assauts sur les avions de réglage. A cet occasion, le Cap Mingam attaque un biplace qui réussit à s'échapper dans les nuages et à disparaître.
Le 6 mai 1918, l'escadrille s'accroche à plusieurs reprises contre les Albatross et des Fokker Dr 1. Une patrouille, composée des Ltt Grenes, Slt Brunel, Slt de Montrichard, Adj Schroeder, Sgt Fabel, Cap Mingam, attaque un biplace et l'oblige à rentrer précipitamment vers ses lignes. Le 7 mai 1918, regain d'activité dans le secteur de Montdidier où quatorze Drachen sont repérés en ascension. Le 9 mai 1918, l'escadrille participe à la couverture d'un bombardement du GB 5 sur CAIX et de l'aviation britannique qui fait de même sur Chippilly. Le lendemain, la 95 assure de nouveau la protection d'un raid de Bréguet XIV du GB 6 qui bombarde la gare de Harbonnieres. A cette occasion, les Spad attaquent plusieurs biplaces dans la zone allemande et se font contrer par dix triplans à queue rouge.

Le 14 mai 1918, cinq patrouilles du G.C 19 occupent leur secteur. A basse altitude, ils rencontrent plusieurs biplaces qu'ils attaquent immédiatement. L'un d'eux, pris en chasse à 400 m, sur Castel, est abattu par le Sgt Fleury. L'avion ennemi tombe désemparé près de Villers-aux-Erables (Sud-Est d'Amiens). Le Sgt Lacouture engage un autre biplace et le poursuit jusqu'au sol dans la région de Mezieres. L'avion français reçoit un projectile dans l'aile droite pendant le combat. Le 15 mai 1918, après un combat où ils poursuivent l'adversaire sur plusieurs kilomètres dans les lignes adverses, le Slt de Fleurieu et le Sgt Fleury abattent un biplace qui tombe entre Lagny et Candor (Nord-Ouest de Noyon). Le 16 mai 1918, la SPA 95 envoie sept Spad pour couvrir les Bréguet XIV du GB 9 qui bombardent le terrain d'aviation de Chipilly.

Le 19 mai 1918, cinq patrouilles sont envoyées sur le retour de la mission de bombardement de Rosières-en-Santerre. Plusieurs combats contre des monoplaces et des biplaces sont livrés. A cette occasion, le Slt de Fleurieu et le MdL Marinovith (de la SPA 94) attaquent un biplace allemand qui se brise en vol et s'écrase au Sud-est de Moreuil (Sud d'Amiens). Plus tard dans la journée, une action combinée mettant en œuvre les G.C 15, G.C 19, GB 5, GB 6 est réalisée sur Harbonnières et Rosières-en-Santerre. La mission de la journée du 20 mai 1918 consiste à attaquer les avions d'observation et les ballons ennemis sur la ligne de front Albert - Mailly-Raineval.

Quinze Drachen sont en action entre 1500 et 2000 mètres et protégées par de grosses patrouilles de monoplaces. Quarante à cinquante appareils ont été vus dans les environs immédiats des ballons d'observation. Le 21 mai 1918, les trois groupes de combat sont engagés dans une opération ayant pour but de gêner le travail des avions de réglage et des Drachen. La SPA 95 avec dix avions attaque les ballons en ascension entre Contoire et le Quesnel. Le MdL Périn attaque à la mitrailleuse de 11 mm celui de le Quesnel. L'observateur, qui a évacué en catastrophe, est mitraillé ainsi que l'équipe du treuil, par le Slt Brunel et le MdL Périn. Plusieurs biplaces de combat et deux monoplaces tentent alors de dégager les dirigeables allemands. Le MdL de Gaillard de la Valdène, en couverture, remporte deux victoires sur des monoplaces adverses au-dessus de le Quesnel. En fin de mission, il est attaqué par une patrouille de chasseurs ennemis. Dans l'engagement qui suit, il ne peut empêcher son avion de tomber en vrille et n'arrive à le reprendre qu'à une altitude de 200 m. Son Spad a été touché par quinze projectiles. L'avion du Sgt Fabel, qui participait à cet affrontement, a été touché deux fois.

Le 27 mai 1918, deux armées allemandes lancent une offensive entre Berry-au-Bac (Nord-Ouest de Reims) et Anizy-le-Château (Nord-Est de Soissons) sur le Chemin des Dames. Les 1ère et 7ème allemandes remportent un succès initial qui oblige l'état-major français à renforcer les trois armées françaises en difficulté (V, VI et Xème armées). Le G.C 19 avec ses quatre escadrilles de chasse est déployé dans le secteur de la Xème Armée. Auparavant, il n'y avait que 3 escadrilles pour couvrir ce secteur.
Le 28 mai 1918, le Ltt Hugues et le Slt Brunel effectuent une reconnaissance profonde derrière les lignes ennemies pour reconnaître les passages sur la Somme dans une zone comprise entre Corbie (Est d'Amiens), Bray-sur-Somme, Péronne, Ham, Noyon. Plus tard dans la journée, la patrouille de la 95 est attaqué au-dessus d'Arcy-Ste-Restitue par un groupe d'avions ennemi qui réussit à isoler le MdL de Gaillard de la Valdène. Son avion est alors attaqué par quatre chasseurs. Le Français, serré de très près, notamment par deux adversaires, reçoit plusieurs projectiles dans les ailes et dans son moteur. Après une série de vrilles et de glissades, il voit les avions allemands abandonner le combat le croyant probablement tué. Une panne sèche l'oblige à atterrir dans un champ situé entre les deux lignes allemandes et françaises, tout près de Loupeigne (Sud - Est de Soissons). Le MdL saute de son avion et se dirige au hasard vers une ligne de tirailleurs située à 500 mètres devant lui. A cet instant, un appel de clairon se fait entendre derrière lui, il se retourne et aperçoit le Ltt Genec commandant la 4ème Compagnie du 1er bataillon de Chasseurs, qui lui fait signe de venir vers lui. En effet, de Gaillardmarchait tout droit vers les lignes allemandes. Le sauvetage du Spad étant impossible, les deux hommes y mettent le feu sous les balles de l'adversaire qui a compris la situation.

Grave blessure du Slt Claret de Fleurieu :

Du 29 mai au 2 juin 1918, aménagement sur le terrain de Verrines (Nord-Est de Senlis). Le 29 mai 1918, un groupe de cinq avions décolle. Le Slt de Montrichard est en avant du dispositif. Soudain, le Slt Claret de Fleurieu, son meilleur ami, voit sortir d'un nuage juste au-dessus de lui, six allemands qui l'attaquent. L'un est déjà dans sa queue et commence à tirer. Il se rappelle : " Je me rends compte que Claude va brûler d'une seconde à l'autre, bien qu'il se défende comme un beau diable. Mais ils sont six : je pourrais descendre les deux qui sont le plus haut, mais cela ne le tirera pas d'affaire, les autres sont trop très ! Si je veux le sauver, il faut descendre d'abord l'allemand qui est dans sa queue. Je lève la tête une seconde avant de piquer et je vois sortir d'un autre nuage au-dessus de moi, six autres avions à croix noires, cela en fait douze ! Je suis perdu, mais mourir pour mourir, il faut le faire payer cher, le plus cher possible. J'attaque l'allemand le plus près de Claude. Une rafale. Je ne sais pas si je touche, mais c'est probable car il dégage brutalement sur sa gauche. Je le suis pour l'achever et juste à l'instant où je tire ma deuxième rafale, je reçois ce qui me fait l'effet d'un gros coup de bâton dans le bras droit. Misère de moi, mon bras n'obéit plus. Je lâche mon manche à balai, et de la main gauche, je secoue ma main droite. Rien à faire. Un jet de sang m'inonde, je dois avoir l'artère coupée. Si je n'atterris pas en quelques secondes, je suis fichu dans trois ou quatre minutes. Alors je pique à mort, plein moteur, en pilotant de la main gauche ; les boches, trop légers, ne peuvent pas suivre. J'arrive aux lignes françaises, un champ de blé, je redresse, coupe le moteur et perds connaissance deux secondes, le temps de fracasser mon avion, qui après trois ou quatre cabrioles s'immobilise; j'ai la tête en bas, les pieds en l'air, je tiens à l'avion par mes ceintures de sécurités. Mon artère coupée m'envoie régulièrement au rythme du cœur un jet de sang dans la figure. Je cherche fébrilement un lien hémostatique que nous avons tous dans nos carlingues. Impossible à atteindre. Allons ! … C'est fini ! " Mais ses camarades ont suivi et se sont posés à sa suite. Ils soulèvent la queue du Spad et le détache de son inconfortable position. Le Slt de Montrichard, aidé du Slt Brunel, lui met immédiatement un garrot pour arrêter l'hémorragie.

C'est le pilote qu'il a sauvé il y a quelques instant qui le sauve à son tour. Drôle de retour de chose ! Bien que dans les lignes françaises, les hommes sont la cible des tirs allemands. De Montrichard, qui a déjà reçu une trentaine de projectiles dans son avion, trouve que ça suffit et traîne prestement son ami dans la tranchée la plus proche.
Les pilotes sont aiguillés par des artilleurs sur l'hôpital de Villers-Cotterets. Là, 3000 blessés hurlent de douleur sous les tentes. Le Slt de Fleurieu est alors allongé sur une civière à la suite de deux à trois cents blessés qui attendent d'être pansés ou opérés.

Claret de Fleurieu est amputé :

Le Ltt Hugues, qui a été en difficulté pendant le combat avec un moteur tournant par à-coup, arrive pour aider ses hommes. Constatant très vite que son pilote ne sera soigné avant 24 heures, il va voir, avec de Montrichard, le chirurgien qui opère à ciel ouvert. Ils réussissent à force de persuasion à le faire passer en priorité. Le médecin, qui n'a pas dormi depuis deux nuits, veut pratiquer d'emblée l'amputation car c'est une blessure par balle incendiaire. L'os est en miettes. Hugues le supplia de ne rien faire : une intervention non mutilante fut réalisée au cours de laquelle le Ltt Hugues fit office d'anesthésiste. Aussitôt après la voiture de l'escadrille l'emmène directement à Paris à l'Astoria, avenue des Champs Elysées, entre les mains d'un des chirurgiens les plus prestigieux de France, le docteur Thierry de Martel.
Le Slt Claret de Fleurieu se rappelle : " A cette époque, personne ne savait traiter la gangrène gazeuse. Or, des morceaux de balle au phosphore brûlaient au contact de l'oxygène du sang. De plus, ils avaient entraîné dans l 'énorme plaie, des bouts de vareuse et d'étoffe plus ou moins propres. La gangrène se déclara au niveau du poignet, il fallut me couper la main puis le bras, trois, quatre, cinq, six fois, la gangrène montait, montait toujours. Je reçus l'extrême onction. Heureusement et bien qu'il me jugeât bien faible pour supporter une septième opération, de Martel décida le lendemain de m'amputer une dernière fois, très haut, bien au-dessus du coude. La gangrène s'arrêta net. " Il était sauvé.
Le 30 mai 1918, malgré l'opposition des troupes au sol, l'escadrille va multiplier les mitraillages.

Le Slt Brunel, l'Adj Schroeder et le Sgt Fleury straffent l'infanterie adverse. Le Ltt Grenes tire cent cinquante coups sur les troupes ennemies près de Cramaille (Sud-Est de Soissons) et de la rivière Ourq. Tous les avions qui participent à ces missions, très dangereuses, reviendront troués par les projectiles adverses. Le 31 mai 1918, le Ltt Grenes, le Sgt Fleury et le MdL Gaudry prennent à partie un chasseur allemand déjà engagé par trois autres Spad. Dans la mêlée qui suit, l'avion du Ltt Grenes est touché. Son pilote doit rompre le combat avec'une tuyauterie d'huile sectionnée par une balle.

Le 1er juin 1918, le G.C 19 est engagé dans sa totalité par patrouilles légères sur le front de Vierzy à Neuilly-St-Front. Les avions sont chargés de mitrailler les concentrations de troupes et tous les objectifs qui en valent le coup. Plusieurs combats contre des avions d'observation et des patrouilles de chasse de dix et vingt-quatre appareils sont engagées sans résultat. Le 2 juin 1918, une violente attaque ennemie à l'Est de Reims marque le commencement de la 3ème bataille de l'Aisne. Les Allemands sont repoussés avec de lourdes pertes. La SPA 95 fait mouvement sur le terrain du Plessis-Belleville. Elle y restera jusqu'au 13. Dès son arrivée, l'escadrille est envoyée sur le front de l'Ourcq à la Marne. Ils y réaliseront plusieurs combats contre la chasse adverse. Les Spad mitraillent des troupes vers Ancienville, un convoi de voitures attelées près de Neuilly-St-Front, puis la route de Barcy Signy à Vierzy.

Le 3 juin 1918, l'offensive allemande redouble de force dans le secteur de Troesnes - Chaudun - Vertes-Feuilles. Sur ce dernier point, l'ennemi appuie son infanterie par des chars et pèse de tout son poids vers Villers-Cotterets. Les français reculant dans la Ferté-Milon, il est nécessaire de stopper les mouvements adverses. La 95 avec la totalité du groupe de chasse 19 plonge dans le secteur Longpont - Chaudun. Partout ils sont opposés à de grosses patrouilles de chasse de dix à douze appareils. En milieu de journée, l'escadrille couvre les Bréguet XIV du GB 5 dans la région d'Oulchy - Neuilly-St-Front. Trois patrouilles de 18 à 20 chasseurs monoplaces portant un damier noir et blanc sur le fuselage passent à l'attaque. La mêlée est générale, le MdL Gaudry et le Sgt Lacouture abattent chacun un monoplace adverse. Le MdL Gaudry en endommage un autre. Le Slt Brunel, blessé à la jambe, est contraint de faire un atterrissage forcé au niveau de la ligne de front. L'avion du Sgt Pierre Meunié est abattu. Le pilote sera porté disparu. Les pertes des belligérants sont lourdes : six avions pour les Allemands, quatre pour les français (un pour la SPA 95 et trois Bréguet XIV des BR 117 et 127)

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1918, le terrain de stationnement de la SPA 95 est lourdement bombardé. Le Caporal René Labarrère, mécanicien, est tué par les éclats d'une bombe. Le 5 juin 1918, les avions mitraillent une batterie et obligent les Drachen du secteur de redescendre. Le 6 juin 1918, la 95 appuie un bombardement du GB 6 sur la ville et la gare de Roye. Multiplication des attaques sur l'axe Ham - Noyon.

Le 9 juin 1918, après une première attaque de la 18ème armée allemande sur un front de 30 km, la 7éme armée allemande attaque sur un front de 9 km. Cette offensive a pour but de prendre Compiègne. L'ennemi s'enfonce sur 9 km de profondeur en direction de Lassigny (Ouest de Noyon).

Deux groupes de chasse, les GC 19 et 15 sont chargés du secteur Grivesnes - Lassigny - Noyon. En fin de journée, une opération combinée mettant en œuvre les 3 groupes de chasse et l'escadre 12 est montée pour neutraliser une forte concentration adverse dans la région de Orviller Sorel - Ressons-sur-Matz. Un régiment d'infanterie est pilonné dans le village de Cuvilly.
Les forces adverses ne seront mises en échec que le 11 avec l'utilisation de blindés et de gaz. Le 12 juin, la 95 en compagnie de toutes les escadrilles de la 1ère Escadre de combat assure la couverture d'un bombardement dans la région de Ressons-sur-Matz - Riquebourg. Le lendemain, l'effort général se concentre sur Coeuvres et Corcy où les 3 GC livrent treize combats aériens.

Terrain de Marly-la-Ville :

Le 14 juin 1918, L'escadrille se déplace sur Marly-la-Ville au Sud de Chantilly. Sa dotation en avions Spad est de 16. Les anglais agissent toute la journée entre Montdidier et l'Oise et bombardent Ressons-sur-Matz. La 95 intervient dans la zone Ooise - Ourcq où elle rencontre quelques fortes patrouilles ennemies auxquelles elle livre combat. Le lendemain, en fin d'après-midi, l'ensemble du G.C 19 et la moitié du G.C 15 sont engagés en force pour appuyer la progression française dans le secteur de Coeuvres et pour mitrailler au sol les allemands qui se replie dans la région de utry.

Le 17 juin 1918, l'ensemble des escadrilles de l'Escadre de Combat n° 1 poursuit sa lutte contre l'aviation ennemie entre l'Ourcq et l'Oise et concentre particulièrement ses forces entre Vingre et Saint-Pierre-Aigle. L'escadrille reçoit pour mission de nettoyer le ciel pendant l'opération au Nord de l'Aisne. Pendant un des combats qui les opposent à l'aviation adverse, l'avion du Sgt Jean Mingam est touché et disparaît dans la région de Saconnin. Il rejoindra l'unité le lendemain après s'être posé en campagne et récupéré par les troupes alliées. Le 22 juin 1918, après plusieurs jours de mauvais temps, la SPA 95 et les escadrilles du Groupe sont chargées d'attaquer les avions entre l'Aisne et le Clignon. Le dispositif français rencontre plusieurs patrouilles adverses fortement constituées au niveau de la lisière Est de la forêt de Villers-Cotterets. Les combats ne donnent rien de concret.
Le 24 juin 1918, l'escadrille couvre le même secteur que les jours passés et surprend plusieurs biplaces qui piquent et fuient le combat. A cette occasion, le Sgt Fleury en endommage un sérieusement dans la région du Clignon. Le lendemain, six appareils de l'escadrille attaquent un ensemble adverse de dix appareils très groupés. Plusieurs combats très violents sont livrés et permettent aux pilotes d'accrocher deux victoires supplémentaires au palmarès de l'escadrille. Les patrouilles des Ltt Hugues et de montrichard et des Sgt Fleury et MdL Gaudry abattent chacune un biplace qui tombe dans la région de Cutry - Chaudun. Le 26, dans le même secteur, l'activité de chasse adverse est très importante avec de nombreuses patrouilles de triplans et de Fokker D IV.

Le 28 juin 1918, la Xème Armée exécute une opération d'envergure dans la région de Amblény - St-Pierre-Aigle. Le G.C 19 avec ses escadrilles est chargé d'éliminer les avions allemands au-dessus de la zone et de se concentrer sur les Drachens et les avions de réglage du secteur Nouvron - Vingre - Tartiers et Corcy - Vierzy. En arrivant sur les lignes, ils ne rencontrent qu'un biplace de réglage d'artillerie vers Vierzy qu'ils poursuivent. Le MdL de Gaillard de la Valdène l'abat en flammes au-dessus de Dommiers (Sud-Ouest de Soissons)

Terrain de Villers-en Lieu :

Le 5 juillet 1918, l'escadrille fait mouvement et s'installe sur le terrain de Villers-en-Lieu (Nord-Ouest de Saint-Dizier). L'escadre de combat n° 1 est maintenant affectée au front de Champagne. Ses avions de chasse prennent rapidement l'ascendant sur l'ennemi avec de fortes patrouilles offensives.

Le 15 juillet 1918, les Allemands qui attaquent entre Prunay (Est de Reims) et Massiges (Nord-Est de Ste-Ménéhould) ne surprennent pas les forces françaises. Les nombreuses reconnaissances aériennes avaient révélé de nombreux indices offensifs sur l'arrière front ennemi. Ainsi on avait surpris la construction de nouvelles voies ferrées et l'extension des terrains d'aviation des 1ère et 3ème Armées allemandes. De plus, l'activité dans les gares s'amplifiait depuis le 1er juillet. Pour coller au front, la 95 est déplacée sur le terrain de Rancourt (Nord-Est de Bar-le-Duc) où le G.C 19 est mis à la disposition de la IVème Armée. Les actions offensives sont concentrées sur les ponts de la Marne où des troupes allemandes sont observées. Plusieurs passerelles sont bombardées malgré l'intervention très dure de la chasse adverse. Pendant ces combats, le MdL de Gaillard de la Valdène descend un monoplace à St-Hillaire-le-Petit (Est de Reims). Partout, les Spad s'en prennent aux colonnes en marche et aux rassemblements adverses.

A partir du 18 juillet 1918, la SPA 95 est stationnée sur le terrain de Gourgancon (Sud-Est de Chalons). Les troupes françaises lancent une attaque pour reprendre Chateau-Thierry et redresser le front entre Soissons et Reims.
Le 20 juillet 1918, les troupes allemandes se replient sur Fismes, Soissons et le plateau d'Ambrieff. Le jour suivant, les Spad s'en prennent aux forces qui circulent sur l'axe Beuvardes - Courmont - Le Chermel. Ces localités et leurs abords sont mitraillés sans arrêt ainsi que les batteries d'artillerie en position vers Courmont et Villeuneuve-sur-Fère.

Terrain de Pierre-Morains :

Nouveau déménagement pour le terrain de Pierre-Morains (Sud-Est de Chalons) le 24 juillet 1918. Maintenant, ses missions consistent à épauler la Vème armée. L'objectif est le secteur de Cravaille - Fère - Coulonges - forêt de Ris où l'aviation ennemie, volant à basse altitude, est pourchassée et les fantassins mitraillés. Le 28 juillet 1918, les allemands ayant continué leur repli devant les VIème et Vème Armées, les escadrilles de chasse continuent leur travail de sape sur la chasse adverse. Le Slt Maurice Brunel est blessé au cours d'un atterrissage forcé. Son Spad, en panne de moteur, heurte un talus qui bordait la piste. Il est évacué sur l'hôpital de Connantre où il doit subir l'amputation de sa jambe gauche. Le 31 juillet 1918, en revenant de patrouille, l'avion du Sgt Lacouture s'écrase près de Villeseneux. Il est envoyé à l'hôpital pour soins.

Le 3 août 1918, les patrouilles de la 95 sont envoyées sur Bazoches. Le MdL de Gaillard de la Valdène attaque et abat un biplace. L'avion ennemi tombe en flammes entre Jonchery-sur-Vesles et Fismes (Ouest de Reims). C'est la cinquième victoire confirmée de ce pilote qui devient un As. Il était titulaire de trois précédentes victoires lors de son passage aux escadrilles MF 123 et MF 80. Le 5 août 1918, le MdL de Gaillard de la Valdène remporte une nouvelle victoire sur un biplace allemand.

Le 7 août 1918, transfert de la 95 dans le secteur de la 1ère Armée pour le terrain de Fouquerolles. Elle prend part à la réduction du saillant d'Amiens du 8 au 15 août pour la 3ème bataille de Picardie. L'attaque va se concentrer sur deux secteurs, le premier par la 4ème Armée britannique sur une ligne allant de Roye à Amiens et le second par les 1ère et 3ème Armées françaises sur le Sud de Montdidier et sur l'axe Lassigny - Roye. L'offensive étant un grand succès, les forces poursuivent sur l'axe Soissons -Arras.

Le 12 août 1918, le Sgt Fabel est blessé au cours d'un accident dû à un manque de puissance moteur au décollage. Le 13 août 1918, le MdL de Gaillard de la Valdène est obligé de se poser à l'Ouest de Compiègne après que son avion ait été touché lors d'un combat aérien. Le lendemain, le MdL Perin est blessé dans le capotage de son avion. Le 20 août 1918, les trois G.C attaquent et dispersent les convois de la région de Chauny - Blérancourt - Coucy-le-Château. Mille deux cents cartouches seront tirées. Le Ltt Marcel Thomas est sérieusement blessé lors d'une attaque sur une batterie de mitrailleuses ennemies et forcé d'atterrir d'urgence près de Mampoet.

Le 22 août 1918, les escadrilles des groupes de combat 15, 18 et 19 sont engagées deux fois en cinq heures pour couvrir l'offensive de la Xème Armée. Le 22 août 1918, le Cne Hugues remporte une nouvelle victoire sur un biplace à Hombleux (Sud-Est de St-Quentin).

Terrain de Verrines :

Le 25 août 1918, stationnement de l'escadrille à Verrines. Le 29, mise aux ordres de la Xème Armée, le G.C 19 reçoit pour mission la destruction des Drachens et le mitraillage des axes Brancourt - Coucy - Leuilly - Anizy - Terny -Chavignon - Laffaux. Vingt combats sont livrés par le groupe. Dans la mêlée, le MdL de Gaillard de la Valdène remporte une victoire sur un Fokker D.VII. Plus tard, l'escadrille participe à la protection d'un bombardement d'Anizy-le-Château. Le 1er septembre 1918, l'escadrille contribue à la défense d'avions sur le front de la Xème Armée. Un biplace est attaqué entre Crouy et Terny à 900 mètres d'altitude. Il pique dans ses lignes en tirant une fusée triple de couleur blanche. Les aviateurs détectent une activité intense sur le réseau de voies ferrées des alentours de Laon - La Fère - Marle. Après avoir effectué le même type de mission pendant plusieurs jours, la SPA 95 arrive le 5 sur le terrain d'Ochey (Sud-Est de Nancy).

Terrain de Ochey :

Le 7 septembre 1918, le Brigadier Albert Tournie se tue dans le crash de son Spad. Ochey et tous les terrains occupés par les avions de la division aérienne sont placés sous les ordres du Col William Mitchell et du Gal John J.Pershing.

Terrain de Cernon :

Dès le 8 septembre 1918, l'escadrille est envoyée sur le terrain de Cernon (Sud de Châlons-sur-Marne) situé en secteur de la IVème Armée. Cette grande unité est chargée d'attaquer à l'Ouest de la Meuse entre Vienne-le-Château et Auberive-sur-Suippes pour la bataille de Champagne et d'Argonne. Grâce à ce mouvement, on a pu retrouver certains des numéros des avions de l'unité : Spad n° 15430, 7098, 3455, 6750, 8824, 7912, 10140, 7182, 8830, 7093.

Pendant le transfert entre les deux terrains, le Ltt William Huber (USA) est blessé lorsque son avion se retourne près de Foug. L'escadrille y restera jusqu'à la fin du mois. Jusqu'au 11 septembre 1918, la 95 installe son nouveau campement et effectue plusieurs vols d'entraînement et de reconnaissance du secteur. Le lendemain, toutes les escadrilles françaises, présentes dans le secteur, participent à l'attaque avec la 1ère armée américaine. Il s'agit ici d'actions offensives sur l'aviation et les Drachens allemands, d'attaques de colonnes et de la couverture des flancs de l'attaque. Les convois de la région de Vigneulles et de St Benoit, ainsi qu'une batterie anti-tank sont mitraillés. Comme la réaction de l'aviation adverse est très faible, les Spad peuvent se concentrer sur les colonnes de la région de Dampvitoux, sur les campements de la forêt de Rupt du Mad et des convois de St-Benoit.

Le 13 septembre 1918, plusieurs convois sont mitraillés sur les routes de Waville à Mars-la-Tour et de Chambley à Gorze. En fin de journée, la chasse adverse qui était peu active, devient mordante.Plusieurs affrontements très durs ont lieu contre deux patrouilles de Fokker D.VII au Sud de Gorze puis contre vingt avions du même type au Sud de Chambley. L'Adj Fleury y remporte une victoire sur un D.VII à Ancy (Sud-Est de Metz).

Le 14 septembre 1918, le G.C 19, en maraude, ne rencontre qu'un biplace que les Slt Schroeder et Sgt Lacouture abattent au-dessus de Vittonville. Le lendemain, les escadrilles sont chargées de balayer le ciel devant et sur les flancs des américains. La SPA 95 travaille sur le flanc droit du front Pont-à-Mousson - Manhoue (Est de Château-Salins). Au cours des patrouilles, le Sgt Lacouture attaque un biplace à 6000 m au-dessus de Maizieres-les-Vic (Sud de Dieuze) mais doit rompre le combat faute de munitions. L'Adj Fleury a plus de succès et abat un biplace sur la forêt de Mondon (Est de Lunéville). Le MdL de Gaillard de la Valdène remporte également une victoire probable sur un avion adverse près de St Dié. Le Spad du Sgt Louis Fabel a été abattu. Fait prisonnier, ce valeureux pilote ne rentrera à l'escadrille qu'après l'Armistice.

Le 16 septembre 1918, plusieurs patrouilles du G.C 19 tentent vainement d'intercepter un avion de reconnaissance à longue distance, à 6000 mètres, au-dessus de Nancy. Le 19 septembre 1918, l'activité aérienne ennemie est quasiment nulle, les Spad de la 95 sont chargés de barrer le passage aux éventuelles missions de reconnaissance sur la zone allant de la Moselle à Château-Salins.

Le 26 septembre 1918, la division aérienne est entièrement engagée dans l'attaque menée par la 1ère Armée US et la IVème Armée française opérant en liaison. L'effort principal des escadrilles de chasse et de bombardement est concentré sur le front de la IVème Armée avec attaques des sites de Drachens et balayage du ciel sur cinq kilomètres en avant du front. La 95 est engagée entre Manre et Ardeuil où plusieurs combats sont livrés sans résultat. Au retour, le Slt Schroeder est blessé à la face au cours du capotage de son Spad.

Le lendemain, l'escadrille est en protection d'un raid de bombardement de 86 Bréguet XIV de l'escadre 12 sur la vallée de l'Aire. Deux patrouilles de Fokker D.VII tentent alors d'attaquer les bombardiers au-dessus de leurs objectifs. La couverture de chasse, composée de 14 Caudron R.XI et des escadrilles du G.C 19, fait magnifiquement son travail et disperse les importuns.

L'Adj Fleury et le Sgt Lacouture s'octroient un D.VII au-dessus de Aure (Nord de Suippes) et le MdL de Gaillard de la Valdène fait de même contre un biplace.
L'escadre n°1, dont la SPA 95 fait partie, aura participé à toutes les batailles terrestres qui ont eu pour but d'arrêter les dernières offensives allemandes en Picardie et en Champagne. De même, elle a pris une part importante dans la 2éme bataille de la Marne, l'offensive franco-britannique en Picardie et la réduction du saillant de Saint-Mihiel par les Américains.
Retour sur le terrain d'Ochey, le 30 septembre 1918.

Terrain de Ochey :

Cne Marcel Hugues commandant d'escadrille (infanterie) - Slt Bernard Schroeder (infanterie) - Slt Marcel Cote (infanterie) - Adj Maurice Caudry - Adj Jules Fleury (aviation) - Adj Eugène Legros (aviation) - MdL Jean de Gaillard de la Valdène - MdL Léon Périn Léon - Sgt Jean Mingain - Brigadier Claudius Coquet - Caporal André Germain - Brigadier Jean Poublan - Caporal Louis Eon - Caporal Auguste Hervouet - Caporal Louis Goutte - Caporal Amédée Jancel - Caporal Gustave Demeuldre avec 109 personnels au sol dont 25 mécaniciens avions (3 sous-off) - 19 monteurs d'avions - 4 armuriers (1 sous-off) - 2 ouvriers en bois - 1 voilier. 17 Spad XIII et un Spad XII (l'avion du chef).

Le 1er octobre 1918, tous les groupes de chasse fournissent des patrouilles sur le front de la IVème Armée. Quelques patrouilles de D.VII sont rencontrées entre 2000 et 4000 mètres et sont attaquées. Les Allemands, guère combatifs, préfèrent rompre le combat et regagner leurs lignes. Deux jours plus tard, les groupes de chasse 18 et 19, renforcés par tous les Caudron R.XI disponibles, assurent la protection d'une mission de l'Escadre 12 sur la région de Semide - Contreuvre. Des Fokker D.VII, arrivés à la rescousse, ne pourront approcher les Bréguet XIV et seront repoussés avec des pertes importantes.

Le 4 octobre 1918, l'escadrille bénéficie d'une citation collective attribuée à l'Escadre de combat n°1.

Le 5 octobre 1918, deux groupes de bombardement de l'Escadre 13 reçoivent la région de La Neuville en Tourne à Fuy - Cauroy - Machault (Nord-Est de Reims) pour objectif. Croisant respectivement à 800 et 1700 mètres d'altitude, les Bréguet XIV sont couverts par les G.C 15 et 19. La protection immédiate est assurée par cinq Caudron R.XI de la C 46. Cette fois encore, les Spad de chasse sont dissuasifs et permettent aux bombardiers d'accomplir leur mission sans être inquiétés par les patrouilles de Fokker D.VII du secteur. Le lendemain, plusieurs Spad reconnaissent la région de Suippes à Retourne. Le Brigadier Georges Boudet disparaît au cours d'une patrouille associant les G.C 18 et 19 sur le front de la IVéme Armée.

Le 10 octobre 1918, la IVème Armée ayant demandé de porter l'effort sur sa droite où le 38ème C.A progresse, les Bréguet XIV sont engagés par escadres successives à 10 minutes d'intervalle, avec mission de bombarder Vouziers et la région environnante où d'importants mouvements ont été signalés. Chaque dispositif français est couvert par les Caudron R.XI et les Spad des différents G.C. La 95 intervient sur le front Machault - La neuville en Tourne à Fuy.

Mort du Sgt Lucien Lacouture :

Le 12 octobre 1918, la 95 étant en repos, les pilotes effectuent plusieurs missions d'entraînement. Au cours de l'une d'entre elles et par une météo particulièrement mauvaise avec pluie et brume, le Sgt Lucien Lacouture se perd dans des nuages bas et s'écrase près de Sézanne. Il est transporté très grièvement blessé dans l'hôpital le plus proche pour y recevoir des soins et sera décoré de la Médaille Militaire le 18. Malheureusement, son état s'étant aggravé, il décède le 2 novembre. Il était titulaire de trois victoires homologuées et d’une probable. Ce valeureux pilote sera fait chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume, le 1er décembre 1918.

Le 14 octobre 1918, par un temps très mauvais, l'action du G.C 19 se concentre sur la région Château-Porcien - Rethel. Le 21 octobre, après plusieurs jours de mauvais temps empêchant toute activité aérienne, l'Escadre n° 1 envoie des patrouilles pour reconnaître les lignes situées sur le front de la Vème Armée et maintient une permanence en vol jusqu'à la nuit entre Sissonne et Vouziers.

Le 23 octobre 1918, les escadres n° 1 et 2 envoient des patrouilles légères sur le front Sissonne - Rethel. Plusieurs combats sont livrés contre des D.VII allemands. Le Sgt Mingam attaque un Rumpler biplace de grande reconnaissance, tue l'observateur et abat probablement l'avion adverse au Nord de Nantheuil-sur-Aisne..

Le 29 octobre 1918, la Véme Armée attaquant sur le front St-Quentin-le-Petit - Condé-lez-Herpy, la 1ère division aérienne porte tout son effort dans la région de Seraincourt - Remaucourt - Son et les ravins environnants où des nombreux rassemblements de troupes et de convois ont été observés. Les escadrilles du G.C 19 participent à un jalonnement dans la région de Waleppe - St-Fergeux (Nord de Château-Porcien).

Terrain de la ferme d'Alger :

L'escadrille SPA 95 se déplace sur la ferme d'Alger (Sud-est de Reims), le 30 octobre 1918. En novembre 1918, la SPA 95 compte 18 pilotes, 19 Spad et 106 hommes pour la maintenance au sol. Le 1er novembre 1918, les Spad de l'escadrille couvrent une mission de jalonnement qui n'est pas inquiétée malgré la présence de 15 Fokker D.VII patrouillant au-dessus de leurs lignes. Le 3 novembre 1918, l'Adj Eugène Legros disparaît en patrouille dans les environs de le Chesne, au Nord-Est de Vouziers.

Le 4 novembre 1918, les escadrilles des G.C 19 et 15 assurent la protection d'une nouvelle mission de jalonnement sur la ligne Semuy - Le Chesne - Pierremont. Une patrouille de la 95 dégage deux Salmson 2A2 attaqués par des Fokker D.VII et remporte ainsi les deux dernières victoires de l'escadrille pour le premier conflit mondial. Les appareils ennemis, des D.VII, sont abattus par le Slt Cote et le Brig Foublan au-dessus des bois de Mont-Dieu. Le lendemain, un mouvement de repli ennemi s'étendant de l'Escaut à la Meuse ayant été signalé, l'ordre est donné aux escadrilles d'effectuer des reconnaissances sur le front de la IVème Armée et sur le flanc gauche de la 1ère Armée américaine. Malgré des conditions météorologiques très défavorables, nuages bas, pluie et fort vent, les Slt Cote, MdL de Gaillard de la Valdène, Périn et le Brigadier Coquet effectuent une reconnaissance profonde en basse altitude sur la zone Vendresse - Raucourt - Mouzon (Sud-Est de Sedan).

Citation collective attribuée à l'EC n° 1 :

Le même jour, l'escadrille bénéficie d'une citation collective attribuée à l'escadre de combat n°1 (ordre n° 10312 du 4 octobre 1918). Le 6 novembre 1918, l'escadrille participe aux patrouilles de secteur sur Rethel - Novy-Faisseult - Launois - Poix -Terron- Bouvellemont.

Plusieurs mois après son amputation, le Ltt de Fleurieu demande avec insistance sa réintégration au Cdt Brocard. Après une vive discussion, il obtient un avion et la permission de le faire modifier en usine. Toutes les mitrailleuses seront groupées sur une seule détente et le tir du canon par un bouton, le tout, sera inséré dans une poignée tournante, placée sur le manche. Le pilote pourra mettre les gaz et faire les corrections altimétriques en tournant cette manette de gauche à droite, ce qui permettrait en même temps de pousser sur le manche pour le décollage. De fleurieu put ainsi regagner son ancienne unité, piloter du bras gauche et reprendre le combat avec ses camarades pour les derniers jours de la guerre.

Le 10 novembre 1918, la dernière mission de guerre de l'escadrille consiste en une reconnaissance de Charleville et de ses alentours.

L'armistice est signé :

A l'Armistice du 11 novembre 1918, l'escadrille SPA 95 se trouve à la ferme d'Alger près de Reims. Quand la nouvelle arriva, la plupart des hommes eurent les larmes aux yeux. Tous savaient que l'Allemagne était à genoux mais la cessation des hostilités les frustraient d'une victoire totale.

Bilan de l'escadrille et les meilleurs pilotes :

A cette date, l'escadrille totalise 15 victoires homologuées et 19 non homologuées. Les meilleurs pilotes de l'escadrille sont : le Cne Marcel Hugues avec 12 victoires homologuées, le MdL Jean de Gaillard de la Valdène avec 6 victoires homologuées et 9 probables, l'Adj Jules Fleury avec 4 victoires homologuées et 5 probables. Elle a perdu 4 pilotes tués au combat et 3 par accident.

Terrain de Gondreville :

Le 16 novembre 1918, la 95 fait mouvement sur Gondreville près de Toul. Très vite, elle se déplace à nouveau pour s'installer à Azelot (Sud-Est de Nancy), dans le dernier trimestre 1918. A partir de ce terrain, les pilotes assureront plusieurs vols de convoyage d'avions allemands capturés. Le 21 décembre 1918, le Sgt Gustave Delmeudre ramène un Fokker D.VII de Sarreguemines vers Azelot.

16 pilotes sur Spad XIII : Ltt Marcel Hugues - Ltt Pierre de Claret de Fleurieu - Slt Marcel Cote - Adj Jules Fleury - Sgt Jean Poublan - Sgt Amédée Jancel - MdL Léon Périn - Sgt Gustave Demeuldre - MdL Maurice Grosbois - Sgt Auguste Hervouet - MdL Jean de Gaillard de la Valdène - Sgt Louis Eon - Sgt Charles Gabeau - Caporal Louis Goutte - Caporal Henri Maingeaud.

Démonstration aux jeux olympiques :

En mars 1919, le Cne Hugues est désigné par le Col de Vaulgrenand pour former l'escadrille de démonstration d'acrobatie réclamée par le baron de Coubertin pour les jeux Olympiques de Lausanne. Le 5 avril 1919, de retour de la manifestation, Hugues s'arrêta à Belfort pour voir sa fiancée et envoya un télégramme à son chef direct. Malheureusement le message n'arriva jamais. Le Colonel infligea 30 jours d'arrêts de rigueur au Capitaine et la cassa de son commandement. Le Cne Hugues préféra démissionner. Sa carrière militaire reprendra en 1939 comme commandant du G.C II / 5 "Lafayette".

A partir d'avril 1919, la chasse française reçoit pour mission l'occupation de certaines régions d'Allemagne. Il incombe à l'Escadre de combat n° 1 d'occuper la Rhénanie, le Palatinat et la Hesse. Le 1er mai 1919, les G.C 15, 18 et 19 sont dispersés à Sarrebruck, Morhange et Sarreguemines en attendant que des terrains soient disponibles derrière la tête de pont de Mayence.

Terrain de Ilbesheim :

Le 26 mai 1919, la 95 fait mouvement pour le terrain de Ilbesheim et termine son transfert le 29. Le groupe de chasse 19 a amené sur place 19 hangars Bessonneau pour abriter ses avions. Le 24 mai 1919, l'Escadre de combat n° 1 est dissoute ainsi que ses trois groupes de combat.

Naissance du Groupement de Chasse n° 1 :

L'ensemble donne naissance au Groupement de chasse n° 1 (G.C) avec trois groupes à trois escadrilles : 1er groupe avec les escadrilles SPA 37 - SPA 81 - SPA 93 / 2éme groupe avec les escadrilles SPA 31 - SPA 48 - SPA 94 / 3éme groupe avec les escadrilles SPA 73 - SPA 95 - SPA 62.

Terrain de Fremersheim :

Le 26 mai 1919, la SPA 95 fait mouvement sur Fremersheim (Allemagne) où l'escadrille est logée chez l'habitant.

Prise de commandement du Cne Andersen Kai :

Le 4 juin 1919, le Cne Andersen Kai prend le commandement de la SPA 95. L'escadrille fait mouvement vers Marheim (près de Mayence) pour l'armée d'occupation du Rhin, le 1er juillet 1919 puis fait mouvement vers Basse-Yuyz près de Thionville (57), à la caserne Leconte en fin 1919.

Pilotes de la SPA 95 en date de septembre 1919 : Cne Andersen Kai commandant l'escadrille, Ltt Marcel Thomas, Ltt Antoine Raffaelli, Slt Claude de Montrichard, Sgt Amédée Jancel, Sgt Gustave Delmeudre, Sgt Henri Maingeaud, Sgt Henri Salinie, MdL L Hannes, MdL Robert Gauthier, MdL René Douls, MdL Jean Oulie, Sgt Colomb. En octobre 1919, les pilotes de l'escadrille sont réduits à sept pilotes : Ltt Lacouture commandant l'escadrille, Ltt André Voisin, MdL Léon Périn, MdL Maurice Grosbois, MdL Armand Fougère, MdL Hannescesar, Brig Marcel Lepetit.

 

Insignes de l'escadrille 95
peints sur les fuselages.

Insigne personnel du Cne François de Castel pendant sa période de commandement à la tête de la N 95 du 20 mai au 16 juin 1917. Après la mutation de cet officier au commandement de l'escadrille N 97, cet insigne deviendra l'insigne de l'unité. Dessin Albin Denis.

Représentation imaginée de l'insigne de la tête de bébé gonflant ses joues pour souffler - Pour l'instant, il n'existe pas de photographie de cet insigne personnel ou collectif - Si un des lecteurs de ce site possède une photo le montrant, veuillez prendre contact avec l'auteur - Dessin Albin Denis.

Pendant le commandement du Cne Henri Le Cour-Grandmaison du 8 octobre 1917 au 23 mars 1918, le sergent Pierre Meunié, pilote de l'escadrille N 95, propose de peindre le profil en noir du pilote de chaque avion, dans un médaillon blanc cerclé de bleu, le tout dans une bande horizontale blanche bordée de bleu parcourant toute la longueur du fuselage. Cela permettait aux pilotes de se reconnaitre en plein vol. L'escadrille fut surnommée un certain temps, les "silhouettes". Cette pratique fut abandonnée après le départ du capitaine car jugée trop contraignante avec les arrivées et départs des pilotes. Dessin Albin Denis.

Une des variantes de l'insigne de la SPA 95. Certains avions de l'unité portait 3 insignes sur les flancs et sur le dos. Cet insigne a été adopté par le Cne Marcel Hugues, commandant de l'unité du 23 mars 1918 au 4 juin 1919. Il estime que les silhouettes ne sont guères conformes à l'idée qu'il se fait d'une escadrille de chasse. Il choisit alors le martinet comme insigne car cet oiseau fait la chasse aux insectes dans un vol très rapide aux trajectoires imprévisibles, ce qui illustre bien la méthode de combat qu'il a mis au point avec succès. Le nom de l'oiseau, évocateur à double sens, laisse entendre qu'il a l'intention avec ses hommes de combattre avec ardeur l'ennemi. Les couleurs noires et jaunes adoptées pour le fanion rappelent les couleurs des boucaniers. Des aventuriers habiles et courageux qui représentaient le type d'homme dont il voulait utiliser les couleurs. Dessin Albin Denis.

Autre variante de l'insigne de la SPA 95. Dessin Albin Denis.

Insignes métalliques
de l'escadrille SPA 95

Insigne métallique personnel de l'escadrille SPA 95 de 1918 - Cet insigne a été remis à l'Adc Guy Castelain, mécanicien avion du GC I/4 sur H-75 / P-39 Airacobra / P-47 D Thunderbolt pendant la période 1942 à 1945, après la seconde guerre mondiale par un ancien de la 95 en visite dans l'unité - Insigne fabriqué en petite série par un mécanicien car le Sgt Gustave Demeuldre, frère de l'As tué au combat, arbore le même sur sa tenue en fin 1918 - début 1919 - Photo transmise par son fils Yves que je remercie.

Insigne métallique personnel d'un aviateur de l'escadrille SPA 95 - Rond Emaillé - Fabriqué par Gardille - Fixation par deux anneaux - Figure dans le livre de Philippe Bartlett - Photo Albin Denis.

Unités détentrices des traditions
de l'escadrille SPA 95

Insignes métalliques des unités
détentrices de ses traditions

Insigne métallique peint de la 1ère escadrille du GC I/4 époque 1939-1940 - Fabrication Augis - Insigne collection M. Patrice Gout que je remercie chaleureusement pour son aide.

Insigne métallique de la 1ère escadrille du GC I/4 époque 1939-1940 - Fabrication Augis - Fixation par deux anneaux - Insigne collection M. Jean-Jacques Leclercq que je remercie chaleureusement pour son aide.

Insigne de la 1ère escadrille du GC I/4 époque 1942-1944 - Fabrication Drago Paris Nice - Identifie à coup sûr la période 1940-1944 - Insigne ayant appartenu à l'ADC Guy Castelain, mécanicien avion du GC I/4 sur H-75 / P-39 Airacobra / P-47 D Thunderbolt pendant la période 1942 à 1945 - Attention, le flash a donné une couleur bleutée qui n'est pas conforme avec la réalité et que je ne suis pas arrivé à enlever - Si vous possèdez un exemplaire de cet insigne, veuillez prendre contact avec l'auteur du site - Photo transmise par son fils que je remercie.

Insigne de la 1ère escadrille de l'escadron de chasse 1/3 "Navarre" stationné sur la base aérienne 139 de Lahr-Hugsweier de juin 1961 à septembre 1967 - Insigne non homologué - Le 1/3 Volait alors sur North American F-100 D et F Super-Sabre - Insigne non homologué - Fabrication marquée Klein-Quenzer A.G Odar-Oberstein - Photo Albin Denis.

Insigne de la 1ère escadrille de l'escadron de chasse 1/3 "Navarre" - Fabrication A.Augis Lyon - Si un lecteur possède cet insigne et peut préciser la période concernée, qu'il veuille bien me contacter - Photo droits réservés.

Insigne de la 1ère escadrille de l'escadron de chasse 1/3 "Navarre" stationné sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey de septembre 1967 à nos jours - Insigne homologué au SHD de Vincennes sous le n° 1116 en 1977 - Il s'agit d'une variante car la hampe a lieu d'être jaune est noire - Fabrication époque Mirage III E - Photo Patrice Gout que je remercie pour son aide.

Insigne de la 1ère escadrille de l'Escadron de chasse 1/3 "Navarre" stationnée sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey de septembre 1967 à nos jours - Insigne homologué au SHD de Vincennes sous le n° 1116 en 1977 - Le 1/3 volait alors sur Mirage III E puis sur Mirage 2000 D, sa monture actuelle - Fabrication FIA - Fabrication années 1995-2000 - Photo Albin Denis.

Fanions des unités
détentrices de ses traditions

Fanion actuel de la 1ère escadrille de l'EC 1/3 "Navarre" - Cette unité vole sur Mirage 2000 D depuis 1994 et a été engagé successivement en Bosnie, Kosovo, ex-Yougoslavie - Afghanistan - Libye - Photo Albin Denis.

Groupes de chasse - Escadrons

Insigne du GC I/4 "Navarre" époque 1944-1950 - Fabrication A. Augis Lyon en aluminum peint - Insigne fabriqué à la fin de la seconde guerre mondiale ou juste après - Photo Albin Denis.

Insigne de la 4ème escadre de chasse valable pour la période allant du 1er mai au 31 octobre 1944. Entièrement équipée de P-47D Thunderbolt, elle était composée de 3 groupes de chasse à 2 escadrilles, à savoir le GC I/4 "Navarre" (escadrilles héritières des traditions des escadrilles SPA 95 et SPA 153 de la Grande Guerre) - GC II/3 "Dauphiné (SPA 37 / SPA 81) - GC II/5 La Fayette (SPA 124 / SPA 167) - Insigne conservé par Christian Bardier , fils du Cdt Bernard Barbier - Photo Jean-Jacques Leclercq que je remercie pour son aide.

Insigne de l'EC I/4 "Navarre" époque 1950-1960 - Fabrication A. Augis Lyon - Photo Ebay France.

Insigne de l'escadron de chasse 1/3 "Navarre" époque Mirage III E - Il a été homologué au SHD de Vincennes sous le n° A 1092 en 1977 - Cette unité a stationné sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey du 3 septembre 1967 à nos jours où elle vole sur Mirage 2000 D - Le 1/3 "Navarre" a utilisé opérationnellement le Mirage III E du 2 mai 1966 au 12 mars 1993 - Sa 1ère escadrille détenait les traditions de l'escadrille SPA 95 de la Grande Guerre - Insigne fafrication Paris Insignes - Photo Albin Denis.

Insigne actuel de l'escadron de chasse 1/3 "Navarre" époque Mirage 2000 D - Il a été homologué par l'auteur de ce site au SHD de Vincennes sous le numéro A 1284 en 1996 - Cette unité stationne sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey du 3 septembre 1967 à nos jours où elle vole maintenant sur Mirage 2000 D - Le 1/3 "Navarre" a utilisé opérationnellement le Mirage 2000 D à partir de juillet 1993 - Sa 1ère escadrille détient les traditions de l'escadrille SPA 95 de la Grande Guerre - On trouve une série de cet insigne avec l'attache dans le sens vertical - Fabrication Asie du Sud-Est - Le numéro 02 correspond au rang dans l'enregistrement des personnels au sein de l'unité - Le cahier du suivi est tenu par les traditions de l'escadron - Photo Albin Denis.


Lieux de stationnements

Appellations successives

Commandants de l'escadrille

Personnels célèbres

Décorations

Citation de l'escadrille

Comprise dans la citation collective ci-après : L'escadre de combat n° 1 : "Unité remarquable de puissance de combat et d'une valeur morale de premier ordre. Formée et commandée par le Chef de bataillon Ménard, dont l'autorité et le magnifique exemple, ont fait de cette formation d'élite, un instrument de combat redoutable, engagée dans toutes les grandes actions les plus violentes de l'année, a contribué au résultat final, apportant dans la lutte le concours de sa puissante intervention. Volant par tous les temps, a sans cesse dominé l'ennemi en incendiant ses ballons d'observation, en détruisant ses appareils ou en les rejetant très loin dans ses lignes, permettant à nos avions d'observation et de bombardement d'effectuer leurs missions. Par son intervention énergique, en mitraillant sans cesse à basse altitude et jusqu'à 15 kilomètres dans les lignes, les formations ennemies, a pris largement sa part au succés dans la bataille. Pendant ces sept derniers mois de lutte ardente, a abattu 106 avions, incendié 42 Drachens, tiré sur les objectifs des quantités considérables de munitions.". A l'ordre de l'armée par le Général commandant en chef les armées du Nord et du Nord-Est - Ordre n° 10132 du 4 octobre 1918.

Rappel : L'escadre de combat n° 1 est composée des escadrilles SPA 37, SPA 81, SPA 93, SPA 97, SPA 48, SPA 94, SPA 153 - SPA 155, SPA 73, SPA 85, SPA 95 et SPA 96.

 

Carte des différents stationnements

Numéros des départements français

Types d'avions utilisés

Numéros des avions connus

Rattachements de l'escadrille


Victoires de l'escadrille 95

Morts: en rouge / Indemnes et blessés : en jaune

 

 

 

 

 

Les hommes

Ltt Marcel Hugues - Né le 5 janvier 1892 à Belfort - Engagé au 23ème RI de Belfort - Nommé caporal, le 25 avril 1911 - Nommé sergent, le 28 septembre 1912 - Nommé sergent-major, le 3 août 1914 - Affecté au 172ème RI, le 15 avril 1914 - Affecté au 407ème RI - Passé à l'aviation, le 22 septembre 1915 comme élève pilote - Brevet de pilote militaire n° 2104 obtenu à l'école d'aviation d'Avord, le 15 octobre 1915 - GDE du Plessis- Belleville du 26 décembre 1915 au 10 février 1916 - Pilote de l'escadrille MF 22 du 10 février au 8 mai 1916 - Ecole de perfectionnement à l'école de Pau - Stage de tir à l'école du tir aérien de Cazaux du 17 juin au 8 juillet 1916 - Pilote de l'escadrille N 77 du 23 septembre 1916 au 17 mars 1917 - Pilote de l'escadrille N 97 du 17 mars au 30 avril 1917 - Escadrille N 81 / SPA 81 du 30 avril 1917 au 6 mars 1918 - Nommé lieutenant, le 6 juillet 1917 - 10 victoires homologuées à la N 81 / SPA 81 - Croix de Guerre - Escadrille SPA 95 du 7 mars 1918 au 4 mai 1919 - Nommé Capitaine, le 28 juin 1918 - 2 victoires homologuées et 2 NH à la SPA 95 - Chevalier de la Légion d'Honneur - 12 victoires homologuées pendant la Grande Guerre - Commandant du Groupe de Chasse II / 5 "La Fayette" d'avril 1939 au 20 août 1940 - Décédé à l'hôpital de Fontainebleau, le 14 juillet 1982 - Repose dans le cimetière de Rougegoutte, territoire de Belfort - Photo SHD de Vincennes / Fond Bourasset - Hugues.

Sous-Lieutenant Maurice Brunel - Né à Marseille, le 25 mars 1893 - Fils de Jean Joseph Brunel et de Anne-Marie Graffen - Appelé au 17ème régiment de Dragons, le 12 août 1914 - 26ème régiment de Dragons - 108ème régiment d'artillerie - Ecole d'aviation militaire de Dijon (présélection PN et cours théorique) - Passé à l'aviation comme élève pilote, le 1er octobre 1916 - Brevet de pilote militaire n° 5203 à l'école d'aviation militaire d'Avord, en date du 21 janvier 1917 - Pilote de l'escadrille N 62 - Pilote de l'escadrille N 95 - Photo SHD de Vincennes.

Ltt Pierre Claret de Fleurieu - affecté à la SPA 95 au début du 2ème trimestre 1918 - Grièvement blessé d'une balle incendiaire au bras droit, le 29 mai 1918 - Ce pilote a obtenu 3 victoires homologuées pendant le mois de mai - Photo famille de Fleurieu que je remercie pour son aide.

MdL Jean Pierre Marie Joseph de Gaillard de Lavaldène - Né le 2 septembre 1895 à Aix-les-Bains (Savoie) - Fils de Henri Joseph Léopold de Gaillard de Lavaldène et de Camillede Talode du Grail - Domiciliés au 20, rue La Fontaine à Paris 16ème (75) - Avant guerre étudiant - Classe 1914/1915 - Recrutement du 2ème bureau de la Seine sous le matricule n° 208 - Mobilisé au 3ème régiment de Dragons, le 5 septembre 1914 - Probablement blessé au combat et réformé - Engagé volontaire dans l'aéronautique militaire comme élève pilote - Brevet de pilote FAI n° 2157 délivré par l'Aéroclub de France, le 12 juillet 1915 et obtenu à Etampes - Détaché comme élève pilote, à l'école d'aviation militaire de Chartres en novembre 1915 - Brevet de pilote militaire n° 2408 obtenu à l'école d'aviation militaire de Chartres, en date du 17 janvier 1916 - Présent à Chartres, jusqu'au 22 janvier 1916 - Pilote du GDE du 22 janvier au 20 février 1916 - Nommé Brigadier, le 31 mai 1916 - Pilote de l'escadrilles MF 123 (3 victoires homologuées) du 20 février 1916 au 9 février 1917 - Médaille Militaire et citation à l'ordre de l'armée, en date du 14 mars 1916 - Citation à l'ordre de l'armée, en date du 24 mars 1916 - Citation à l'ordre de l'armée, en date du 12 octobre 1916 - Hospitalisé, le 9 février 1917 - Soins et convalescence, jusqu'au 18 mai 1917 - Pilote du GDE du 3 juin au 21 août 1917 - Convoyage d'un avion de la RGA de Sacy vers la SOP 128, le 18 août 1917 - Pilote de l'escadrille SOP 128 du 21 août 1917 au 17 octobre 1917 - Hospitalisé à Ham, à compter du 23 août 1917 - Evacué sur un hôpital de l'intérieur - En convalescence du 4 au 18 octobre 1917 - Stage Sopwith et Breguet 14 B2 au GDE du 18 octobre au 19 novembre 1917 - Lâché sur Sopwith 1B1 et 1B2, le 24 octobre 1917 - Lâché sur Breguet 14 B2, le 4 novembre 1917 - Nommé Maréchal des Logis, le 12 novembre 1917 - Pilote de l'escadrille BR 123 (mais n'apparait pas dans les CCC - Pilote de l'escadrille SPA 95 (2 victoires homologuées et 4 probables) du (2ème trimestre 1918) au 24 juin 1919 - Hospitalisé, le 8 décembre 1918 - Rentré de convalescence, le 22 janvier 1919 - Nommé Sous-lieutenant de réserve, à titre définitif, en date du 26 mars 1919 - Affecté au 1er régiment d'aviation de chasse, caserné à Thionville-Basse-Yutz (Moselle) du 1er janvier 1919 au 1er janvier 1924 - Chevalier de la Légion d'Honneur et citation à l'ordre de l'armée, en date du 16 juin 1920 - Nommé Lieutenant de réserve, le 2 novembre 1922 - Affecté au 38ème régiment d'aviation mixte de Thionville-Basse-Yutz (Moselle), par changement de dénomination du 1er régiment d'aviation de chasse, le 1er janvier 1924 - Marié avec Marie-Louise de Ricles en 1927 - Marié avec Diana Guest en 1949 - Décédé à Lausanne (Suisse), le 26 août 1977 - Photo collection Daniel Porret (+) que je remercie pour son aide - Sources : Pam - JORF - L'Aérophile - La Guerre Aérienne Illustrée - CCC de l'escadrille SPA 95 - CCC de l'escadrille MF 123 - Site Geneanet - Dernière mise à jour : 26 février 2017.

* Citation à l'ordre de l'armée du Cal Jean de Gaillard de la Valdène, pilote à l'escadrille MF 123, en date du 24 mars 1916 : "Pilote très allant et très adroit, toujours prêt à remplir les missions les plus périlleuses. le 14 mars 1916, n'a pas hésité à livrer un combat à trois avions ennemis. Bien que montant un appareil inférieur en vitesse, a su garder sur ses adversaires, grâce à son adresse, la supériorité morale et l'initiative de la lutte qui s'est terminée par la chute verticale d'un avion ennemi."

* Chevalier de la Légion d'Honneur et citation à l'ordre de l'armée du Slt Jean Pierre Joseph Marie de Gaillard de la Valdène, pilote au 1er régiment d'aviation de chasse, en date du 16 juin 1920 : "Dans l'aviation de bombardement et dans l'aviation de chasse, a fait preuve d'un entrain, d'une ardeur au combat et d'un mépris du danger dignes de tous les éloges. Cinq victoires officielles. Quatre citations. Trois blessures."

Ltt Antoine Jean-Marie Joseph Barbier du Doré - Né le 4 juin 1889 à Angers (Maine et Loire) - Parents demeurant au château de la (Chataidière) à Segré (Maine-et-Loire) - Service militaire au 5ème régiment de Cuirassiers à compter du 8 octobre 1909 - Profession avant guerre Etudiant - Brevet de pilote militaire n° 1421 obtenu à l'école d'aviation d'Avord, le 24 août 1915 - RGA du Bourget jusqu'au 15 septembre 1915 - Pilote de l'escadrille MF 63 du 15 septembre 1915 au 29 avril 1916 - RGA du Bourget du 29 septembre au 1er octobre 1915 - RGA du Bourget du 6 au 12 février 1916 - RGA du 26 au 28 février 1916 - GDE du 29 avril au 20 août 1916 - Pilote de l'escadrille N 68 du 20 août 1916 au 6 mai 1917 - Pilote du détachement 517 du 6 mai au 16 juin 1917 - Pilote de l'escadrille N 95 du 16 juin au 8 octobre 1917 - La N 95 est issue de la réunion des détachements de chasse 517 et 519 - Affecté au GQG américain à compter du 8 octobre 1917 - Marié avec Jacqueline Ghislaine Marie Josèphe, le 18 août 1919 - Décédé en 1969 - Il est photographié aux commandes d'un Nieuport 11 de l'escadrille N 68 à l'été 1916 - Photo famille Barbier du Doré que je remercie pour son aide.

Sgt Gustave Emile Demeuldre - pilote de l'escadrille SPA 95 - Il est le frère de l'As Omer Demeuldre aux 13 victoires homologuées - Né le 16 octobre 1916 à Cambrai (59) - Fils de Paul Demeuldre et de Julia St Aubert - Abant guerre mécanicien - Appelé au 146ème RI, le 12 avril 1915 - Passé à l'aviation comme mécanicien, le 4 juillet 1917 - Mécanicien des escadrilles MF 63 - SPA 84 - Brevet de pilote militaire n° 14137 à l'école d'aviation militaire d'Istres, le 18 juin 1918 - Pilote de l'escadrille SPA 95 - Remarquez l'insigne métallique de l'unité - Un exemplaire est présenté dans la rubrique insignes - Photo Famille Demeuldre que je remercie pour son aide.

Sgt Gustave Emile Demeuldre - pilote de l'escadrille SPA 95 - Il est le frère de l'As Omer Demeuldre aux 13 victoires homologuées - Né le 16 octobre 1916 à Cambrai (59) - Fils de Paul Demeuldre et de Julia St Aubert - Abant guerre mécanicien - Appelé au 146ème RI, le 12 avril 1915 - Passé à l'aviation comme mécanicien, le 4 juillet 1917 - Mécanicien des escadrilles MF 63 - SPA 84 - Brevet de pilote militaire n° 14137 à l'école d'aviation militaire d'Istres, le 18 juin 1918 - Pilote de l'escadrille SPA 95 - Remarquez l'insigne métallique de l'unité - Un exemplaire est présenté dans la rubrique insignes - Photo Famille Demeuldre que je remercie pour son aide.

Sgt Gustave Emile Demeuldre - pilote de l'escadrille SPA 95 - Il pose à côté d'un Spad XIII qu'il a cassé dans l'immédiat après guerre - Photo Famille Demeuldre que je remercie pour son aide.

Suite à l'invitation de M. E. Petit, directeur de l'école d'aviation suisse, quatorze avions de l'aéronautique militaire française ont atterri sur le terrain de Lausanne - la Blécherette, le 6 avril 1919 - Il s'agit de la première visite d'avions militaires étrangers en Suisse - De droite à gauche : un SPAD XIII malheureusement sans marque visible - Un SPAD XIII codé "3" de l'escadrille SPA 85 - Un SPAD XIII codé "10" de l'escadrille SPA 37 - Un SPAD XIII de l'escadrille SPA 95 et deux autres SPAD, dont l'un est codé "4" - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Carte postale d'époque. Cliquez sur l'image

Les hommes

Des pilotes de l'escadrille SPA 95 posent devant un des Spad XIII de leur unité en 1918 - A l'extrème gauche, le Ltt Marcel Louis Thomas et à l'extrème droite, le Sgt Demeuldre - Photo SHD de Vincennes / Fond Bourasset - Hugues.
* Ltt Marcel Thomas - Né le 10 janvier 1893 à Nyons (Drome) - Fils de Jules Thomas et de Zoé Jubic - Engagé au 30ème bataillon de Chasseurs Alpins, le 17 septembre 1914 - Muté au 13ème bataillon de chasseurs alpins - Passé à l'aviation comme élève pilote, le 15 novembre 1917 - Brevet de pilote militaire n° 11242 à l'école d'aviation militaire de Châteauroux, le 3 février 1918 - Pilote de l'escadrille SPA 95 du 1er juin 1918 au XXX - Croix de Guerre 14-18 - 4 citations : une à l'ordre du régiment en mars 1915 - une à l'ordre de la brigade en juillet 1915 - une à l'ordre de la division en septembre 1916 - une à l'ordre du corps d'Armée en novembre 1916.

Trois pilotes de la SPA 95 posent sur le terrain d'Azelot en novembre 1918 - De gauche à droite, le Ltt Marcel Thomas, au centre inconnu et à droite le Ltt Pierre Claret de Fleurieu - Photo SHD de Vincennes / Fond Bourasset - Hugues.

Intérieur d'une tente de pilote de la SPA 95 pendant l'été 1918.
Photo SHD de Vincennes - Fond Bourasset - Hugues.

Pilotes de l'escadrille SPA 95 sur le terrain d'Azelot en novembre 1918 - Au centre, le ltt Marcel Thomas - Photo SHD de Vincennes / Fond Bourasset - Hugues.

Pilotes de l'escadrille SPA 95 sur le terrain d'Azelot en novembre 1918 - Le 2ème à partir de la droite, le Ltt Marcel Thomas - Photo SHD de Vincennes / Fond Bourasset - Hugues.

Pilotes de l'escadrille SPA 95 sur le terrain d'Azelot en novembre 1918 - 2ème à partir de la gauche, le Ltt Marcel Thomas, le 3ème à partir de la droite avec l'appareil photo, le Cne Marcel Hugues, commandant de la SPA 95 et à l'extrème droite, le Sgt Gustave Demeuldre, frère de l'As Omer Demeuldre - Photo Famille Demeuldre que je remercie pour son aide.

Suite à l'invitation de M. E. Petit, directeur de l'école d'aviation suisse, quatorze avions de chasse et de bombardement appartenant à l'aéronautique militaire française ont atterrit sur le terrain de Lausanne - la Blécherette, le 6 avril 1919 - De droite à gauche : Sgt Serre - Sgt Louis Piron (pilote) - Ltt Piron (observateur) - Adj Yves Marie Lautredou (pilote BR 108) - Cne Branger (observateur) - Adj Emile Lhert (pilote BR 108) - Sgt Pierre Gillet (pilote BR ) - Cne Guy de Lavergne (commandant du détachement et du GB 11) - Sgt Louis Jacquot (pilote BR 131) - Cne Marcel Hugues (commandant de la SPA 95 et 12 victoires homologuées) - Ltt Pierre Claret de Fleurieu (pilote SPA 95 et 3 victoires homologuées) - Adj Louis Marot (pilote SPA 37) - Cne Robert de la Perrelle - Adj Tremblay (pilote BR 108) - Ltt Durand - Ltt François Battesti (pilote SPA 73 et 7 victoires homologuées) - Photo famille de Fleurieu que je remercie pour son aide.

Sgt Amédée Louis Jancel - Né le 11 février 1895 à Chambéry (Savoie) - Fils d'Auguste Jancel et d'Eugènie Duchesne - Avant guerre mécanicien - Engagé au 2ème groupe d'aviation comme mécanicien, le 15 juillet 1915 - Mécanicien de l'escadrille SPA 38 - Brevet de pilote militaire n° 12895 à l'école d'aviation militaire d'Istres, le 24 avril 1918 - Stage Haute école à l'école d'aviation de Pau - Stage du tir aérien à l'école du tir aérien de Cazaux - Stage au CIACB - Pilote de l'escadrille SPA 95 - Photo famille Jancel que je remercie pour son aide.

Sgt Amédée Louis Jancel - pilote de l'escadrille SPA 95 - Photographié à côté de son Spad XIII sur le terrain d'Azelot à la fin 1918 - Photo famille Jancel que je remercie pour son aide.

Les pilotes de la SPA 95 en compagnie du Cne Albert Deullin, chef du GC 19 dont dépend l'escadrille - Au centre Deullin et à droite le Ltt Marcel Thomas - Photo SHD de Vincennes - Fond Bourasset - Hugues.

 

Photo de Adj Jules Fleury -

Adj Jules Henri Valéry Fleury - Né le 14 juin 1897 à Curciat-Dongalon (Ain) - Fils de Jules Joseph Fleury et de Marie Céline Eugénie Burtin - Profession avant guerre Ouvrier électricien - Classe 1917 - Recrutement de Bourg-en-Bresse (01) sous le n° matricule 416 - Mobilisé au 2ème groupe d'aviation de Lyon comme mécanicien, à compter du 8 janvier 1916 - Mécanicien sur moteur Clerget - Mécanicien au 3ème groupe d'aviation de Bordeaux du 27 février 1916 au 27 février 1917 - Affecté au 2ème groupe d'aviation, le 27 février 1917 - Affecté au Parc 6, à destination de l'escadrille N 79, du 4 au 6 mars 1917 - Mécanicien de l'escadrille N 79 du 6 mars au 20 mai 1917 - Elève pilote à l'école militaire d'aviation de Dijon, pour formation théorique, à partir du 20 mai 1917 - Brevet de pilote militaire n° 7397 obtenu à l'école militaire d'aviation de Chartres, le 10 juillet 1917 - Insigne de pilote militaire n° B 5806 et B 27.968 - Nommé Caporal, le 10 juillet 1917 - Stage de perfectionnement à l'école militaire d'aviation d'Avord - Stage de "Haute Ecole" à l'école militaire d'aviation de Pau, jusqu'au 28 septembre 1917 - Pilote au GDE du 28 septembre au 22 octobre 1917 - Pilote de l'escadrille N 95 du 22 octobre 1917 au 12 mai 1919 - Nommé Sergent, le 1er janvier 1918 - Détaché au GDE du 28 février au 7 mars 1918 - Citation à l'ordre de l'armée en date du 29 avril 1918 - Citation à l'ordre de l'aéronautique en date du 10 mai 1918 - Citation à l'ordre de l'armée en date du 21 mai 1918 - Nommé Adjudant, le 1er août 1918 - Hospitalisé le 12 mai 1919 - Médaille Militaire et une citation n° 12242 à l'ordre de l'armée en date du 12 décembre 1918 - Démobilisé le 30 octobre 1919 - Epouse Marie Lucie Florentine Bridon, le 20 décembre 1919 - Affecté dans la réserve au 2ème régiment de bombardement, le 12 février 1920 - Passé au 22ème régiment d'aviation (changement de dénomination), le 1er août 1920 - Profession après guerre électricien puis directeur technique d'une entreprise -   Affecté, dans la réserve, au 32ème régiment d'aviation, le 8 avril 1921 - A accompli une période d'entrainement à l'entrepot spécial d'aviation n° 1 du Bourget-Dugny du 14 au 29 juin 1921 - Affecté au groupe de chasse du 35ème régiment d'aviation, le 25 octobre 1922 - A accompli une période d'entrainement à l'entrepot spécial d'aviation n° 1 du Bourget-Dugny du 6 au 20 novembre 1922 - Nommé Sous-lieutenant de réserve, le 31 juillet 1923 - Affecté au 34ème régiment d'aviation, le 3 août 1923 - Nommé Lieutenant de réserve, le 30 juin 1927 - Chevalier de la Légion d'Honneur, le 2 janvier 1928 - A accompli une période d'entrainement au 34ème régiment d'aviation du 30 septembre au 14 octobre 1929 - A accompli une période d'entrainement au 34ème régiment d'aviation du 10 au 27 octobre 1930 - A accompli une période d'entrainement au 34ème régiment d'aviation du 5 au 19 octobre 1931 - A accompli une période d'entrainement au la base aérienne n° 4 du 4 au 9 septembre 1933 - Nommé Capitaine de réserve - Décèdé des suites d'une maladie, à Grasse (Alpes Maritimes), le 18 janvier 1941 - Jules Fleury repose au cimetière du Perreux sur Marne (94). 

* Citation n° 5 à l'ordre du GAR en date du 29 avril 1918 : "Pilote adroit et très allant, s'est toujours montré volontaire pour toutes les missions les plus périlleuses. A livré son premier combat, le 12 avril 1916 et a abattu son adversaire dans les lignes ennemies."

* Citation à l'ordre de l'aéronautique en date du 10 mai 1918 : "Le 15 mai, a remporté sa 3ème victoire en abattant un avion ennemi qui s'est écrasé dans ses lignes."

* Citation à l'ordre de l'armée en date du 21 mai 1918 : "Pilote remarquable par son entrain, son adresse et sa crânerie, se révèle comme un chasseur de premier ordre. Le 3 mai 1918, livre son deuxième combat, triomphe de son adversaire qui tombe en flammes dans nos lignes et remporte sa deuxième victoire."

* Médaille Militaire et une citation n° 12242 à l'ordre de l'armée en date du 12 décembre 1918 : "Pilote remarquable possédant les plus belles qualités militaires. Modèle d'énergie et de bravoure. A abattu le 27 septembre 1918, son quatrième avion ennemi qui s'est écrasé dans ses lignes - Trois citations."

 

Photo du MdL Jean Rimbaud

MdL Jean Camille Rimbaud - Né le 28 mai 1890 à Charlieu (Loire) - Fils d'Antoine Rimbaud et de Marie Julie Vermorel - Profession avant guerre Ajusteur / mouleur en cuivre - Classe 1910 - Recrutement du bureau central de Lyon sous le matricule n° 438 - Service militaire au 1er régiment d'artillerie de montagne, à compter du 10 octobre 1911 - Nommé Maréchal des Logis en septembre 1914 - Blessé au combat, le 29 décembre 1914 - Affecté au 2ème régiment d'artillerie de montagne - Affecté au 37ème régiment d'artillerie - Affecté au 56ème régiment d'artillerie - Affecté au 62 ème régiment d'artillerie - Affecté au 63ème régiment d'artillerie - Passé à l'aéronautique militaire comme élève pilote, le 15 novembre 1916 - Brevet de pilote militaire n° 5451 obtenu à l'école d'aviation militaire de Chartres, le 21 février 1917 - Brevet de pilote civil (FAI) n° 5665 délivré par l'Aéroclub de France, le 12 avril 1917 - Stage de perfectionnement "Avions rapides" à l'école d'aviation militaire d'Avord - Stage de "Haute Ecole" à l'école d'aviation militaire de Pau, jusqu'au 16 mai 1917 - Pilote de l'escadrille N 95 du 28 mai au 7 juin 1917 - Pilote de l'escadrille N 92 du 10 juin au 7 octobre 1917 - Citation à l'ordre de la division en septembre 1917 - Pilote de la RRAé (RGA) du 7 octobre au 21 décembre 1917 - Pilote de l'escadrille N 82 / SPA 82 du 21 décembre 1917 au 21 mars 1919 - Nommé Adjudant, le 7 février 1918 - Citation à l'ordre de l'armée, en date du 28 mars 1918 - Citation à l'ordre de l'armée, en date du 16 juin 1918 - Nommé Adjudant-chef, le 20 août 1918 - Citation à l'ordre de l'armée, le 6 novembre 1918 - Médaille Militaire et citation à l'ordre de l'armée, en date du 8 novembre 1918 - En mission QGA du 20 janvier au 23 février 1919 - Affecté au dépôt de matériels d'aéronautique n° 2, le 21 mars 1919 - Chevalier de la Légion d'honneur et citation à l'ordre de l'armée, en date du 28 décembre 1927 - Affecté au 33ème régiment d'aviation de 1927 à 1929 - Stage du brevet de navigation aérienne au 32ème régiment d'aviation de Dijon-Longvic - Elève de l'école militaire et d'application de l'aéronautique de Versailles - Nommé Sous-lieutenant - Affecté à l'entrepot spécial d'aviation n° 1 - Nommé Lieutenant, le 25 septembre 1931 - Affecté à la commission de réception des avions de série - Nommé Capitaine, le 15 novembre 1936 - Officier de la Légion d'Honneur, le 16 juin 1938 - Affecté au bataillon de l'air 109 de Tours le 19 janvier 1940 - Pendant la 2ème guerre mondiale, a appartenu aux forces françaises de l'intérieur (section Honneur et Patrie), jusqu'au 15 septembre 1943, date de la destruction de sa section par la Gestapo - Décédé à la Rochelle (17), le 26 mai 1976 - Sources : Pam - Liste des brevets militaires - CCC escadrille N 95 - CCC escadrille N 92 - CCC escadrille N 82 / SPA 82 - FM département du Rhône - Dernière mise à jour : 13 avril 2016.

NB : En attente des pages manquantes de sa fiche matricule (contact avec les archives départementales du Rhône en cours).

* Citation à l'ordre de l'armée, en date du XX septembre 1917 : "Pilote adroit et courageux. Au front depuis le début de la campagne n'a cessé de faire preuve des plus belles qualités militaires déjà proposé deux fois pour une citation. Au cours des attaques d'août 1917, a accompli de très nombreuses missions de protection immédiates d'avions de corps d'armée  mitraillant à très faible altitude les batteries et tranchées adverses. Au cours de ces missions, a eu son avion très sérieusement atteint par l'artillerie."
 
* Citation à l'ordre de l'armée n° 330 de l'Adj Jean Camille Rimbaud, au 2ème régiment d'artillerie de montagne, pilote à l'escadrille SPA 82, en date du 28 mars 1918 : "Excellent pilote de chasse, plein d'entrain et de bravoure, a abattu dans les lignes ennemies un avion protégé par sept monoplaces. A attaqué à plusieurs reprises un Drachen ennemi en le pourchassant jusqu'à une très faible altitude pendant qu'il était ramené au sol malgré un feu intense de mitrailleuses de terre. 198 heures de vol sur l'ennemi, déjà cité à l'ordre."
 
* Citation à l'ordre de la 4eme armée de l'Adj Jean Camille Rimbaud, au 2ème régiment d'artillerie de montagne, pilote à l'escadrille SPA 82 , en date du 18 juin 1918 : "Détaché au 13eme groupe de combat. Remarquable pilote de chasse. Infatigable et très brave, le 27 mai 1918 avec un seul camarade de combat, a attaqué au milieu d'un groupe de douze un avion ennemi et l'a abattu en flammes. Les 28, 29, 30 et 31, volant à une très faible altitude, a mitraillé sans relâche les groupements ennemis (deuxième appareil abattu)"
 
* Médaille Militaire et citation à l'ordre de l'armée de l'adjudant-chef Jean Camille Rimbaud, au 2ème régiment d'artillerie de montagne, pilote à l'escadrille SPA 82, en date du 8 novembre 1918 : "Pilote de chasse d'une magnifique ardeur, ne cessant de faire preuve des plus belles qualités de courage et d’entraîner ses camarades par son superbe exemple. A abattu le 1er octobre 1918 un avion ennemi et remporté sa 3ème victoire. Une blessure; Trois citations."


Les avions

Nieuport 17 n° 2282 de l'escadrille N 95 à l'époque des "silhouettes" adoptées pendant la période de commandant du Cne Henri Le Cour Grandmaison - Cet avion ne porte pas la bande bleu / blanc / bleu - Photo collection Michel Caplet que je remercie pour son aide.

Les avions

Départ en mission pour le Cne Marcel Hugues, commandant de la SPA 95 - On voit nettement le fanion noir et jaune au martinet dessiné sur le flanc de ce Spad VII - Photo SHD section Air de Vincennes / Fond Bourasset - Hugues.

Caserne d'aviation occupée par le 1er Régiment d'aviation de Chasse (1er RAC) sur la commune de Basse-Yutz, au Sud de la ville de Thionville, à compter du 1er janvier 1920 - A l'origine, ces batiments étaient occupés par un régiment de cavalerie allemande - Le 1er janvier 1924, le 1er RAC est devenu, par changement de dénomination, le 38ème régiment d'aviation mixte - La dénomination "Mixte" signifie que cette grande unité comportait à la fois des unités de chasse et d'observation - Carte postale collection Monique Gallais que je remercie pour son aide.


Monuments commémoratifs
et tombes

Grande tombe en trois parties de la famille Hugues dans le cimetière de Rougegoutte (Territoire de Belfort) - Y reposent Marcel Hugues, l'As aux 12 victoires homologuées (1892 - 1982) et sa femme Angèle Hugues, née Herbelin (1895 - 1963) - Photo Jean Loup Frommer du Souvenir Français que je remercie pour son aide.

Monuments commémoratifs
et tombes

Détail de la tombe de la famille Hugues dans le cimetière de Rougegoutte (Territoire de Belfort) - Y reposent Marcel Hugues, l'As aux 12 victoires homologuées (1892 - 1982) des escadrilles N 81, SPA 95, commandant du GC II/5 en 1939-1940 et sa femme Angèle Hugues, née Herbelin (1895 - 1963) - Photo Jean Loup Frommer du Souvenir Français que je remercie pour son aide.

 

Remerciements à :

- Mme Aurélie-Agathe Bourasset pour la communication des archives de Marcel Hugues, son grand-père.
- la famille Bourasset-Richon, en particulier Simone et Colette, les filles de Marcel Hugues.
- M. André Bourasset
pour la communication des archives de Marcel Hugues, son beau-père.
- la famille du Slt Claret de Fleurieu
pour la transmission des archives de la famille.
- la famille du Sgt Gustave Demeuldre, frère de l'As Omer Demeuldre, pour la transmission des archives de la famille.
- la famille du Sgt Amédée Jancel, pour la communication des archives de la famille.
- Colonel Michel Caplet pour la communication des photos extraites de sa collection.
- M. Yves Castelain, fils de l'Adc Guy Castelain pour la transmission des photos des insignes de la SPA 95 et de la 1 du GC I/4.
- la Famille Barbier du Doré pour la communication de la photo du Ltt Antoine Barbier du Doré.
- M. Alain Ganneau (décédé le 13 juillet 1913) pour ses précisions sur Jules Fleury, son arrière grand-oncle.
- Mme Michèle Ganneau pour m'avoir transmis le message de son mari.
- Mme Monique Gallais pour l'envoi de la carte postale de la caserne du 1er RAC de Thionville-Basse-Yutz.
- M. Jean-Loup Frommer pour l'envoi des photos de la tombe de la famille Hugues.

Bibliographie :

- Archives du SHD de Vincennes - unités aériennes 14-18 - cartons 282 - 283 - 284.
- Ordres d'opérations et compte-rendus journaliers de l'escadre n° 1 année 1918.
- Carnets de Comptabilité en Campagne (CCC) de l'escadrille N 95 puis SPA 95
- Cotes 2A180/9 à 2A181/4.
- Témoignage oral du Colonel Marcel Hugues -
Section orale - réalisé le 3 janvier 1980.
- Témoignage écrit du Colonel Marcel Hugues
daté du 29 novembre 1974.
- Témoignage de M. Franck Bailey
daté du 22 janvier 1999.
- Témoignage de M. Pierre Meunié
daté du 26 mars 1979.
- Témoignages du Colonel François Blech (+)
datés du 19 décembre 1996 et du 22 mars 1999.
- L'escadrille SPA 95 par Frank Bailey et R Duiven -
Cross and Cockade - Volume 19 n° 1 page 71 à 88 - été 1978.
- Carnets de vol et archives de Gustave Demeuldre
transmis par sa famille, le 24 novembre 1999.
- Aménagements des terrains d'aviation -
SHD de Vincennes carton n° 260.
- Déploiement de l'Aéronautique sur le secteur de la IIème armée - Lettre n° 465 émise par la IIème armée, le 5 juin 1917 - SHD de Vincennes.
- Les escadrilles de l'aéronautique militaire française - Symbolique et histoire - 1912-1920
- Ouvrage collectif publié par le SHAA de Vincennes en 2003.
- L'aviation française 1914-1940, ses escadrilles, ses insignes - par le Commandant E Moreau-Bérillon - publié à compte d'auteur en 1970.
- Les Armées françaises dans la Grande Guerre publié à partir de 1922 par le Ministère de la Guerre.
- The French Air Service War Chronology 1914-1918 par Frank W.Bailey et Christophe Cony publié par les éditions Grub Street en 2001.
- Les "As" français de la Grande Guerre en deux tomes par Daniel Porret publié par le SHAA en 1983.
- De l'Aéronautique militaire "1912" à l'Armée de l'Air "1976" par Myrone N. Cuich publié à compte d'auteur en 1978.
- Les Insignes de l'Aéronautique Militaire Française jusqu'en 1918 par Philippe Bartlett - publié par les éditions Indo Editions en 2002.
- Site Internet "Les Insignes de l'Armée de l'Air" de Jean-Jacques Leclercq - Voir le lien
- Site Internet "Traditions des escadrilles de l'Armée de l'Air" de Henri Guyot - Voir le lien
- Site Internet "Mémoires des Hommes" du Ministère de la Défense - Voir le lien

 

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