En 1916, comme les escadrilles de chasse se multiplient dans
l'armée française, il devient urgent de les différencier
plus facilement. Le Grand Quartier Général demande à chaque
unité d'adopter
un emblème.
Le Capitaine Brocard, chef des escadrilles de Cachy, réunit son personnel
et demande à tous d' imaginer le futur insigne de leurs unités.
De tous
les
dessins
qui sont proposès,
viennent largement en tête les animaux et plus particulièrement
les coqs. Ils sont vraiment de toutes tailles et de toutes
couleurs. C'est le symbole de la France et presque désiré par
tous. Mais ce n'est pas lui qui représentera l'escadrille
N 3 du célébre Guynemer.
En effet, le Capitaine Brocard reconnaît cette presque unanimité
mais déclare que le coq ne vole pas merveilleusement bien et impose
alors
une cigogne. Le choix du chef que l'on ne peut changer. Cet oiseau
symbolisera à merveille l'Alsace et la Lorraine que la France veut
reprendre
à
tout prix.
Plusieurs jours plus tard, la N 3 adopte une cigogne aux ailes
basses conçue
par un soldat de la section de camouflage d' Amiens.
L'escadrille N 62 opte alors pour le coq. Il personnifiera à merveille
l'esprit combatif et le courage des aviateurs. Le premier
modèle choisi est celui qui figure sur les pièces d'or
de 20 fr. d'avant guerre. Vous pouvez en voir les différents
modèles sur la bande supérieure. A partir de cet instant, la N
62 devient l' escadrille des "Coqs".
D'ailleurs, plusieurs
pilotes de la N 3, déçus
que le gallinacé n'ai pas été choisi, passent
volontairement à la
62 en mai 1916. Désormais renforcé de sept pilotes de la N 3,
l'escadrille N 62 va pouvoir accomplir ses missions avec des moyens
renforcés constitués de Nieuport
11 pour la couverture de chasse et
de Nieuport 12 et 16 pour la reconnaissance aérienne, sa mission principale.
Au fil des mois et des hommes qui passent, le dessin du coq qui orne
les fuselages ne caractérisera
plus suffisamment le caractère batailleur des pilotes. Une variante
va voir le jour. Cette fois, c'est un coq agressif, prêt au
combat, tête basse, plumes au vent qui est plébiscité par
les pilotes.
L'auteur de ce nouvel emblème est le Sergent Georges
Boutin de la section photo. Il ajoute une devise en latin "Unguibus
et Rostro", des ongles et du bec, pour personnaliser encore
plus l'envie de se défendre vigoureusement en usant de tous
les moyens. L'apparition de ce nouveau coq date de 1917. Il est certain
que les deux variantes aient cohabité une certain temps sur les fuselages.
Sur la bande supérieure, vous trouverez les reproductions des différents
insignes.