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Historique de l'escadrille 62

Le 18 août 1917, le Slt Jean Favre de Thierrens est blessé au cours d'une mission de reconnaissance. Le lendemain, le Sgt Brunel tire deux cents coups sur un Drachen en ascension. Le dirigeable ennemi, bien que touché, ne flambe pas et ne sera pas homologué. Le 24 août, deux très importantes missions photo sont accomplies par les équipages de la 62. Deux des Sopwith 1 A2 de l'escadrille escortés par la totalité des monoplaces ratissent la zone d'Anizy-le-Château - forêt de St-Gobain - Crépy - Laon. Pour tripler les chances de réussite, un SPAD VII photo couvre en même temps la zone Nord d'Anizy-le-Château et du Réservoir (région de Laon).

Slt Jean Paul Jacques Favre de Thierrens - Né le 18 février 1895 à Nimes - Fils de Charles Favre de Thierrens et Gabrielle Soulas - Profession avant guerre Peintre des Beaux-Arts - Engagé au 38ème régiment d'artillerie, le 10 décembre 1914 - Ecole de Fontainebleau - 32ème régiment d'artillerie - Passé à l'aviation comme élève pilote en décembre 1915 - Brevet de pilote militaire n° 3398 obtenu à l'école d'aviation militaire d'Etampes, le 12 mai 1916 - Stage de transformation à l'école d'aviation militaire d'Avord - Stage de perfectionnement à l'école d'aviation militaire de Châteauroux jusqu'au 23 juillet 1916 - Pilote de l'escadrille F 215 de la fin juillet 1916 au 21 janvier 1917 - En convalescence du 1er au 19 janvier 1917 - Stage de Haute-Ecole à l'école d'aviation militaire de Pau à partir du 21 janvier 1917 - Une citation à l'ordre du corps d'armée en décembre 1916 - Une citation à l'ordre de l'armée en janvier 1917 - Pilote de l'escadrille SPA 62 du 26 mars 1917 au 13 septembre 1919 - Commandant de l'escadrille SPA 62 du XX mai au 13 septembre 1919 - Six victoires aérienne homologuées toutes remportées à l'escadrille SPA 62 - 104 reconnaissances aériennes - Chevalier de la Légion d'Honneur, le 12 juin 1918 - Croix de Guerre 14-18 - Démobilisé le 13 septembre 1919 - S'est fait connaitre comme peintre de 1953 à 1971, année où sa vue baisse - Décédé le 17 octobre 1973 à Paris - Photo famille Détraz que je remercie pour son aide.

Le 7 septembre, le Sgt Alfred Quette descend un avion ennemi qui tombe au Nord-Ouest de Réservoir (région de Laon). Le 8 septembre, mission photo en Sopwith 1 A2 sur la région des batteries. Cette fois, les objectifs recherchés étant plus précis, un appareil de 0,50 cm de foyer est privilégié. Le lendemain, un SPAD VII équipé Photo va surveiller les mouvements de troupes sur les routes et voies ferrées aboutissant à Laon. Le 10 septembre, l'Adj Quette allonge la liste de ses victoires en abattant un autre appareil près de Filian (Sud de Laon). Le 12 septembre, toujours sur la zone de Laon, deux missions photos, mettant en œuvre un appareil automatique italien et un appareil de 0,50 m sont accomplies. Elles permettent de préciser les défenses des abords de la ville.

Epave d'un SPAD VII codé "3" de l'escadrille N 62 accidenté sur le terrain de Saconin-et-Breuil pendant l'été 1917 - L'avion a été dépecé par les mécaniciens et les récupérateurs de souvenirs - Plusieurs avions ont été accidenté pendant cette période - Si on se fit au numéro d'ordre de l'avion, "3" dans l'ordre hiérarchique, il peut s'agir du 1er accident du Cne François Coli, le 21 juin 1917 ou celui du Ltt Serge André, le 16 juillet 1917 - L'avion trop emdommagé, n'a pas été réparé, ni même récupéré pour pièces - Photo famille Detraz que je remercie pour son aide.

Le 16 septembre, deux pilotes de l'escadrille, le Sgt Alfred Quette et le Sgt Blanc Louis prennent en chasse un avion adverse et l'abattent près de Courtecon (secteur de Laon). Les deux pilotes Quette et Blanc font encore parler d'eux en attaquant deux avions. Le premier est abattu par les deux hommes au-dessus de Corbeny et le second par l'Adj Quette seul près de Courleu. Ce beau doublé ne sera pas homologué par manque de témoin.

Le 30 septembre, le duo Sgt Quette et Sgt Blanc accrochent une nouvelle victoire à leur tableau de chasse. Le Sgt Quette remporte ici sa 5ème victoire. Ce pilote a livré plus de trente combats aériens au cours de ce seul mois de septembre.

Le 2 octobre, le Sgt Alfred Quette est blessé dans un accident au sol et le Slt de Francq disparaît en mission de reconnaissance à bord de son Nieuport 23. Le 7 octobre, après les durs combats dans ce secteur, le N 62 est entièrement équipée d'avions SPAD VII et XIII. Elle change donc d'appellation pour devenir la SPA 62. Le 20 octobre, les avions de la 62 reçoivent l'ordre de survoler les tranchées françaises de première ligne, de les photographier pour préciser l'occupation et le degré de camouflage des troupes. Le 21 octobre, le Slt Jean Favre de Thierrens Jean abat un Albatros près de Chavignon (Sud-Ouest de Laon) et en endommage un autre au sud-ouest du Réservoir. Ce pilote se distingue avec son pull-over écarlate qu'il ne quitte jamais. Il devient pour ses camarades "Favre Le Rouge".

Le lendemain, la mission en Sopwith est prioritaire à toutes les autres. Les résultats relevés par l'observateur sont immédiatement envoyés dans un message lesté qui est largué sur le terrain d'Ambrieff. Du 23 au 27 octobre, après un séjour particulièrement difficile dans ce secteur, la N 62 commandée par le Cne Coli participe à l'offensive de la Malmaison. Il s'agit cette fois de procurer des vues d'enfilade sur la vallée de l'Ailette et des feux de flanc sur les positions ennemies de la crête du Chemin des Dames. Il faudra enlever à l'ennemi les observatoires qu'il possède dans la direction de l'Aisne.

Cne François Coli - Pilote de l'escadrille N 62 - Né le 5 juin 1881 à Marseille (13) - Profession avant guerre Capitaine au long cours - Marié 3 filles - Engagé volontaire pour la durée de la guerre, le 13 octobre 1914 - Muté au 278ème RI, le 14 octobre 1914 - Nommé caporal, le 21 novembre 1914 - Pieds gelés en décembre 1914 - Nommé sergent, le 11 janvier 1915 - Nommé Adjudant, le 16 janvier 1915 - Nommé Lieutenant de réserve à titre définitif, le 21 février 1915 par décret du 21 février 1915, publié au JO du 21 février 1915 - Nommé capitaine à titre temporaire, le 19 juin 1915 par décret du 27 juin 1915, publié au JO du 1er juillet 1915 - Blessé, contusions multiples par éclats d'obus, le 3 octobre 1915 - Citation ordre n° 8 de la 123ème brigade, le 3 octobre 1915 - Passé à l'aviation comme élève pilote, le 12 janvier 1916 Elève pilote à l'école d'aviation de Tours, le 20 janvier 1916 - Brevet de pilote militaire n° 3413 à l'école d'aviation de Tours, le 16 mai 1916 - Stage de perfectionnement à l'école d'aviation d'Avord à partir du 22 mai 1916 - Stage du tir théorique à l'école d'aviation de Pau - Stage du tir aérien à Cazaux à partir du 15 juillet 1916 - Stage de Haute Voltige à l'école d'aviation de Pau - GDE division Nieuport à partir du 11 septembre 1916 - Pilote de l'escadrille N 62 du 3ème trimestre 1916 au 20 août 1918 - Commandant de l'escadrille SPA 62 du 28 février 1917 au 20 août 1918 - Citation à l'ordre de la 6ème armée, le 19 mars 1917 - blessure commotion cérébrale accident Spad VII n° 1389 - Chevalier de la Légion d'Honneur publié au JO du 14 juillet 1917 - Blessure au bras gauche par hélice, le 20 septembre 1917 - Citation à l'ordre de la 6ème armée, le 24 octobre 1917 - Croix de Guerre 14-18 - Perte de son oeil droit des conséquences d'un accident de Spad VII, le 10 mars 1918 - Retour de convalescence, le 24 avril 1918 - Nommé Officier de la Légion d'Honneur, a droit au port personnel de la fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire, publié au JO du 21 septembre 1918 - Croix de Guerre belge, le 19 novembre 1918 - Mission à Dakar, le 3 mai 1919 - Contusions multiples et fractures des suites d'un accident d'avion à Kenitra (Maroc), le 24 mai 1919 - Mis en congé illimité de démobilisation, le 26 août 1921 - Maintenu en réserve, le 5 janvier 1922 - Affecté au 122ème RI, le 20 décembre 1923 - Admis dans l'aéronautique par changement d'arme, le 17 septembre 1925 - Affecté au 35ème régiment d'aviation de Lyon-Bron, le 22 septembre 1925 - Nommé capitaine à titre définitif, le 12 juillet 1926 - Disparu en mer avec Charles Nungesser lors de la tentative de traversée de l'Atlantique du 9 mai 1927 - Médaille d'Honneur de L'American Legion, le 13 juin 1927 - Photo collection Yves Peytavin de Garam que je remercie pour son aide.

Les groupes de combat présents dans la région, et la SPA 62 qui les renforce, ont des missions multiples. Ces structures offensives, très mobiles, doivent interdire à l'ennemi la vue du dispositif français. Dans ce cadre, les escadrilles reçoivent la mission de neutraliser tous avions adverses surpris dans ce secteur et assurer la protection des avions de réglage d'artillerie. Ils seront amenés à éliminer les dirigeables d'observation et éventuellement de mitrailler les troupes au sol.

Le 23 octobre, par un temps complètement bouché, les avions s'élancent à seulement 50 mètres d'altitude au-dessus des lignes adverses de la région des batteries. Ils ne pourront remplir qu'une faible partie de leur mission de couverture en raison de la météo guère favorable. Le lendemain et le surlendemain, les avions sont chargés de la surveillance du réseau de voies ferrées et plus particulièrement de la zone de la gare de Laon. Du 2 au 6 novembre, les missions de reconnaissance ne varient guère. Les objectifs prioritaires restent la région de Laon et de Crépy-sur-Serre. Plusieurs missions quotidiennes vont se succéder sur cette zone à risque.

Pour ces photos de détails, l'escadrille va déployer ses trois Sopwith 1 A2 équipés d'appareil de 0,50 m de foyer et ses deux SPAD VII photo équipés eux-aussi en 0,50 m de foyer. Toute la zone autour de Laon, de l'arrière front allemand, de la zone des batteries de la région de la Malmaison et de Prouvais est entièrement couverture. Tous les ouvrages de campagne sont recensés, analysés et reportés sur les cartes de secteur qui sont fournies à l'artillerie et à l'infanterie. Ce travail de fourmis, on devrait plutôt dire de Coqs, va payer et permettre une issue de la bataille beaucoup plus rapide que prévue.

Le 6 novembre, l'escadrille reçoit un nouveau modèle d'appareil photo italien de 0,50 m de foyer à pellicule. Ils sont immédiatement testés sur les batteries de la région de la Malmaison - Prouvais. La section photo compte alors deux appareils de 0,26 m, un de 0,50 m et deux appareils automatiques à pellicules de 0,50 m. A la fin de la bataille, les troupes alliées ont repris le Chemin des Dames et repoussé les Allemands au nord de l'Ailette.

Recensement des photos prises au cours de la mission effectuée par l'escadrille N 62, le 10 novembre 1917 - Chaque rectangle correspond à une prise de vue - Photo famille Détraz que je remercie pour son aide.

En date du 16 novembre 1917, l'unité reçoit une 2ème citation à l'ordre de l'armée. Elle est décernée par le Général Maistre, commandant la VIème Armée. Le Général Philippe Pétain, commandant en chef du front Nord-Est, décore son fanion de la fourragère aux couleurs de la croix de guerre.

Remise de la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre par le Général Philippe Pétain, le 16 novembre 1917 - Photo famille Detraz que je remercie pour son aide.

Remise de la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre par le Général Philippe Pétain au Cne François Coli, commandant de l'escadrille SPA 62, le 16 novembre 1917 - Photo famille Detraz que je remercie pour son aide.

La dotation de la 62 évolue. L'escadrille, qui comptait trois Sopwith 1 A2 biplaces pour les missions de reconnaissance en plus de ses dix SPAD VII monoplaces, les reverse et touche à leur place quatre SPAD XI biplace. Ces appareils ne suscitent pas l'enthousiasme car enclins à de nombreux problèmes moteur.

Les 23 et 25 novembre, l'escadrille se consacre entièrement aux missions de reconnaissance. Malgré la tempête qui sévit sur la région, l'équipage du Ltt Borzecki survole en basse altitude la région des batteries et ramène des renseignements vitaux sur le dispositif adverse. Son SPAD XI était équipé pour la circonstance du nouvel appareil photo. Depuis son arrivée comme observateur d'artillerie, le Ltt Borzecki a réalisé plus de 500 clichés à l'arrière du dispositif allemand. C'est lui qui a accompli les missions les plus difficiles réalisées à la 62.

Le 1er décembre, un SPAD photo survole les terrains d'aviation allemands de la région de Montcornet et du Sud de Ville-au-Bois-les-Dizy. Le 6 décembre, le Slt Jean Favre de Thierrens abat un Albatros près de Colligis (Sud de Laon). Le 22 décembre, à bord d'un Bréguet XIV, le Slt Hubert Petry revient d'une mission de reconnaissance lointaine avec les mains et le visage gelés.

La SPA 62 passe l'hiver 1917 - 1918 sur le terrain de la ferme Saint-Amant (Saconin-et-Breuil). En raison de l'arrivée de quarante divisions adverses en provenance du front de l'Est, consécutive à la paix entre les allemands et les russes, le G.Q.G français se prépare à repousser une grande offensive allemande. Le haut commandement ennemi veut obtenir la décision avant que l'intervention américaine ne devienne effective. Les Allemands vont attaquer d'abord et principalement les Britanniques qui tiennent le front entre l'Oise et la mer du Nord, ensuite viendront les Français. Le VIème Armée tient un front de 90 km entre l'Oise et la ville de Reims avec seulement onze divisions (huit françaises et trois britanniques).

La SPA 62 participe aux missions de reconnaissance sur son secteur pour déceler les mouvements qui pourraient indiquer le secteur principal de l'attaque. Des missions de reconnaissances lointaines photographiques ou à vues directes sont exécutées par les "Coqs". A chaque fois, c'est un dispositif mixte alliant un biplace de reconnaissance et plusieurs chasseurs monoplaces qui est mis en œuvre.

Accident d'un SPAD VII codé "13" de l'escadrille SPA 62 sur le terrain de Saconin-et-Breuil, le 19 janvier 1918 - L'avion est complétement détruit mais son pilote est indemne, il pose parmi les mécaniciens sur la gauche de la photo - Photo Famille Detraz que je remercie pour son aide.

Le 22 janvier 1918, le G.C 14 renforcé des escadrilles SPA 62, SPA 79 et N 158 sont chargées de la protection du ciel vers Paris. Le 25 janvier, la 62 amène une reconnaissance sur Marle et Montcornet. Le 3 février, c'est à nouveau le réseau ferroviaire de la région de Laon qui fait l'objet des attentions des équipages de l'unité. Tous les changements importants sont consignés par les observateurs et immédiatement transmis à l'Etat-major de la VIème Armée.

Le 7 février, les renseignements collectés par les personnels de la SPA 62 lui voudront une 3éme citation à l'ordre de l'aéronautique de la VIème Armée commandée par le Général Duchêne. Le 13 février, les avions sont chargés de repérer tous les terrains d'aviation adverses de la région Sissonne - Goudelancourt -Montigny - Le Franc - Clermont-les-Fermes - Boncourt. Le 17 février, après plusieurs tentatives infructueuses en raison de la météo et de la chasse allemande, une très importante mission de reconnaissance à longue portée est accomplie. Un Bréguet XIV, prêté par la BR 213 et monté par le Sgt Fabien Lambert et du Ltt Robert Bruneaux des Allées (Obs), ratisse la zone Fourmies - Hirson - St Michel. A 6000 m d'altitude et enfoncés de 50 km dans les lignes ennemies, les deux avions sont alors attaqués par huit monoplaces de chasse à la lisière Nord de la forêt de Nouvion. Heureusement la couverture de chasse de la 62 est efficace et permet à l'avion d'observation de regagner les lignes françaises sans trop de mal après avoir tiré 200 cartouches.

Le 22 février, le MdL Auguste Lamur remporte une victoire sur un Drachen. Le 9 mars, en patrouille de protection d'une mission photo à longue distance du Ltt Charles Borzecki au Nord de Laon et de la forêt de St Gobain, le dispositif de la 62 est attaqué par onze avions ennemis. Dans le combat qui suit, trois avions adverses tombent désemparés dont un en flammes. Le Caporal André Bosson (SPAD VII n° 5325) est crédité de l'avion abattu avec certitude. Celui-ci est tombé à Clachy-Therret, au Nord de Laon. Son adversaire lui a placé une balle dans l'aileron droit.

Slt Charles Alexandre Bronislas Borzecki - Né le 4 novembre 1881 à Paris - Fils d'Alexandre Borzecki et de Caroline Lorch - Appelé au 15ème bataillon d'artillerie à pied, le 15 octobre 1901 - Nommé brigadier, le 15 mars 1902 - Nommé chef des postes de photos électriques, le 15 mars 1902 - Fin du service militaire, le 1er novembre 1903 - Mobilisé au 3ème régiment d'artillerie, le 2 août 1914 - Nommé Maréchal des Logis, le 15 septembre 1914 - Passé à l'aviation comme opérateur section photo, le 1er novembre 1914 - 14ème escadron du Train des Equipages jusqu'au 28 juin 1916 - Observateur de l'escadrille C 43 du 28 juin 1916 au 3ème trimestre 1916 - Nommé Adjudant, le 30 novembre 1916 - Observateur de l'escadrille N 62 / SPA 62 du 3ème trimestre 1916 au 1er trimestre 1918 - Brevet de pilote militaire n° 12082 obtenu au GDE, le 10 mars 1918 - Il est le plus titré des observateurs de l'aéronautique militaire française - Titulaire de 5 victoires homologuées, une à l'escadrille C 43 et 4 à l'escadrille N 62 / SPA 62 - Après guerre Chef de la section photographique du service aéronautique de l'Indochine en 1929 - Commandant de l'aéroport de Hanoi en 1942 - Chevalier de la Légion d'Honneur en février 1917 - Médaille Militaire, le 4 août 1916 - Croix de Guerre 14-18 - 7 citations à l'ordre de l'armée dont septembre 1915, le 4 août 1916, octobre 1916, janvier 1917, février 1917, mars 1917 - 2 blessures pendant la Grande Guerre - Commandeur de la Légion d'Honneur en 1938 - Croix de Guerre 39-45 - Décédé à la Flèche (Sarthe), le 30 mai 1959 - Photo collection Daniel Porret que je remercie pour son aide.

Installation d'un appareil de prise de vues de 0,50 m de foyer (magasin de 18 plaques photo) monté sur un monoplace de type SPAD VII - Ce système a été conçu par le Ltt Charles Borzecki, l'As observateur de l'escadrille N 62 - Dessin extrait d'un bulletin de section technique de l'aéronautique militaire.

Le 10 mars, au retour d'une mission de reconnaissance, en panne moteur, le SPAD VII piloté par le Cne François Coli s'écrase contre un hangar Bessonneau. Il a, entre autres blessures, un œil arraché. Ses hommes sont atterrés, le service de santé arrive mais le Capitaine refuse énergiquement de se laisser évacuer sans avoir donné des ordres qu'il qualifie d'urgent. Le visage pâle, la souffrance est immense malgré les efforts qu'il fait pour le cacher, il parvient à articuler l'ordre suivant : "A inscrire immédiatement sur une pancarte la consigne que voici : Il est interdit à tous les hommes de cette escadrille à l'exception de leur chef de pénétrer avec leur appareil dans les hangars par toute autre voie que les portes prévues à cet effet."
L'ordre fut exécuté et Coli, évacué, laissa derrière lui, une escadrille au courage encore plus galvanisé par l'attitude hors du commun d'un chef qu'elle admirait. Après avoir été soigné aux hôpitaux du Val de Grâce et Lariboisiere, il reprendra son commandement le 24 avril 1918.

Sgt André Louis Bosson - Né le 1er juin 1894 à Esmans (Seine et Marne) - Fils de Joseph Calixte Bosson et de Adrienne Chaumeron - Engagé pour la durée de la guerre, le 7 septembre 1914 - Affecté au 2ème régiment de Génie à partir du 10 septembre 1914 - Nommé caporal, le 8 novembre 1914 - Une citation à l'ordre du régiment en mai 1917 - Passé à l'aviation comme élève pilote, le 15 juin 1917 - Brevet de pilote militaire n° 8912 obtenu à l'école d'aviation militaire de Juvisy, le 25 septembre 1917 - Pendant sa formation sur Caudron G III, il a réalisé 26h30 de vol - Nommé sergent, le 27 mars 1918 - Médaille Militaire, le 16 juin 1918 - Croix de Guerre 14-18 - 7 victoires aériennes homologuées du 9 mars au 4 juin 1918 - Grièvement blessé en combat aérien de plusieurs balles au ventre et aux jambes, dans les environs d'Hartennes, au Sud de Soissons, le 20 juillet 1918 - Son Spad VII s'est écrasé et il n'a pu être sauvé par 3 soldats allemands arrivés sur place - Son corps n'a pas été retrouvé par la suite car ses papiers avaient été emportés par l'un des soldats - Le Sgt André Bosson volait habituellement sur le Spad VII n° 5325 baptisé "Nénette" dont vous pouvez voir une photo ci-dessus - Photo collection Philippe Bosson, son neveu, que je remercie pour son aide.

Le 12 mars, le Caporal André Bosson est en mission de protection d'une mission photo. Au-dessus de Crépy, il engage un triplan Fokker DR 1 et l'abat à l'Ouest de Laon. Le 15 mars, c'est au tour de l'Adj Alfred Quette d'abattre un avion ennemi au-dessus d'Orgeval (Sud-Est de Laon).

Recensement des photos prises au cours de la mission effectuée par le Slt Charles Borzecki, observateur et As de l'escadrille SPA 62, le 12 mars 1918 - Chaque rectangle correspond à une prise de vue - Il s'agit quasiment d'une barre ininterrompue du front allemand dans cette région - Photo collection Daniel Porret (+) que je remercie pour son aide.

Le 17 mars, l'escadrille est chargée d'exécuter une ronde de surveillance sur les lignes. Elle fait partir un biplace SPAD de type XI à moteur Hispano 220 cv (n° 6084) et deux monoplaces SPAD VII. L'itinéraire fixé est Soissons, route de Laon, le Réservoir, les lignes jusqu'à Craonne, retour au Réservoir, forêt de Pinon, les lignes jusqu'au Sud de la Fère, retour par Coucy-le-Château. La patrouille a l'ordre de ne pas entrer dans les lignes ennemies. Elle doit en outre se maintenir à une altitude suffisante pour gagner un terrain d'atterrissage en cas de panne moteur, toujours à prévoir avec le biplace de type XI peu fiable à cette époque. Arrivé à hauteur du Réservoir (région de Laon), le biplace de l'équipage Caporal Raymond D'Argence, pilote à la 62 et Brig Lebig mitrailleur à la BR 213 s'enfonce vers Laon et la forêt de Samoussy au lieu d'obliquer à l'Est pour survoler les lignes. Les 2 monoplaces pilotés par les Adj Louis Blanc et Alfred Quette le dépasse et lui montre à deux reprises la direction à prendre. Le Caporal d'Argence acquiesce par un balancement d'aile qu'il a compris le message. Après quelques minutes et après avoir traversé une masse nuageuse, les pilotes des monoplaces se retournent et constatent qu'il a disparu. Au bout de 20 mn de recherches, ils rentrent au terrain. Il est vraisemblable que les deux hommes se soient déroutés volontairement avec l'idée d'attaquer un Drachen. Ils ont été, soit abattus par les troupes au sol ou contraint d'atterrir suite à une panne moteur assez fréquente sur ce modèle.

Après une intense préparation d'artillerie qui met en œuvre 3755 pièces d'artillerie et 2508 pièces de campagne, les Allemands, avec 69 divisions, attaquent le 21 mars sur un front de 80 kilomètres de la Scarpe à l'Oise. La zone est plus précisément située de Croisilles, au Sud-Est d'Arras à la Fère au Sud-Ouest de Saint-Quentin. Ce secteur, tenu par les Anglais, est percé et l'ennemi avance jusqu'au delà de Montdidier. C'est le début de la 2ème bataille de Picardie.

Le début de cette grande offensive va coïncider avec les premiers tirs à longue portée sur Paris. En effet, à partir du 23, dans l'après-midi, un obus tombe sur la capitale à raison d'un coup tous les 1/4 d'heures. La 62 est mise en alerte. Le branle-bas est immédiat et tous les avions décollent pour ratisser le secteur qui leur a été désigné. Deux heures de patrouilles à 5000 mètres, puis 6000 mètres, sans résultat, aucun avion ennemi n'est aperçu. Ils ne rencontrent que des ailes françaises du Camp retranché de Paris ou des escadrilles voisines. Pourtant, les projectiles continuent à tomber sur la capitale !
Malheureusement pour l'escadrille, ces recherches en secteur ennemi vont faire plusieurs victimes au sein de la couverture de chasse. Le Ltt Lecocq, en protection d'une mission photo, est abattu en combat aérien et son SPAD VII tombe désemparé à l'Ouest de Coucy-le-Château. Le Slt Jean Favre de Thierrens est blessé pendant le même combat contre la chasse allemande.

Bredouilles, les pilotes discutent entre eux de la possibilité d'un bombardement aussi prolongé, par avions imperceptibles, et se souviennent alors de ce que leur avait dit le capitaine Coli avant son accident. Au mois de janvier, il était revenu de l'Etat-major de la VIème Armée, avec lequel il tenait une liaison quotidienne. Là-bas deux prisonniers, interrogés, avaient déclaré que les Allemands travaillaient dans le plus grand secret à l'établissement de voies ferrées, spécialement camouflées et destinées à des pièces à très longue portée qui devaient bombarder Paris. Donc l'hypothèse qui n'avait pas été trop prise au sérieux, se révélait alors dans toute sa réalité. Il était temps de chercher au sol un canon capable d'un tel prodige.

Tenant la route, l'hypothèse est diffusée immédiatement à toutes les escadrilles. Dès lors, tous les moyens d'observation possibles (avions, ballons, sections de repérage par le son) sont mis en œuvre pour repérer l'emplacement exact des pièces. Les avions de la SPA 62 sont envoyés en mission de reconnaissance lointaine avec l'ordre d'identifier tous les emplacements susceptibles d'accueillir un canon de cette taille. Ils sont alors quotidiennement opposés à la chasse allemande qui couvre la zone ainsi qu'à une artillerie antiaérienne puissante.

Un 21/36 cm "Wilhelm Geschütze" au pas de tir sur le champ de tir de la Marine à Altewalde, près de Cuxhaven, au Nord de l'Allemagne - Remarquez le haubannage du tube pour assurer sa rigidité - Photo collection Général Jacques Guély - Les amis du Patrimoine de l'armement de Bourges.

Un des Lange 21 cm Kanone in Schiessgerüst en essai réel au pas de tir sur le champ de tir de la Marine à Altewalde, près de Cuxhaven, au Nord de l'Allemagne - Trois de ces supers canons seront déployés dans la forêt de Saint-Gobain - Photo collection Général Jacques Guély - Les amis du Patrimoine de l'armement de Bourges.

Le lendemain, les coups tombent tous les cinq minutes et les experts sont vite contraints de parler de plusieurs pièces qui tirent en alternance. Le temps presse, les sections de repérage par le son n'obtinrent pas de résultats en raison du tir d'un groupement de 170 mm, qui s'effectuait au même instant que les engins recherchés. Heureusement, c'est l'aviation qui sera plus heureuse.
Trente heures après le premier impact, l'emplacement exact d'une pièce est localisé et photographié par une escadrille du secteur. La 62 assure la protection rapprochée des Bréguet XIV A2 envoyés au-dessus du site. Quelques jours plus tard, les deux autres pièces seront à leur tour repérées. Les observateurs voient à diverses reprises plusieurs pièces en action.

Il s'agit en réalité de trois pièces de 210 mm disposées chacune à l'extrémité d'un épi et dissimulées en forêt de Saint-Gobain, sur la contre-pente d'un petit éperon montagneux, le mont de Joie au Nord-Ouest de Crépy-en-Laonnois. Les différents emplacements, séparés chacun de 800 à 900 mètres, sont camouflés et recouverts de filets de camouflage. Ces super canons, un sur position bétonnée et deux sur plate-formes métalliques, pèsent chacun 142 tonnes et ont une portée de 130 km au maximum. Ils se trouvent pour l'instant à 13 km des lignes françaises et à 120 km de Paris. Pour camoufler ses tirs, l'ennemi utilise toute une panoplie de moyens allant des nuages de fumée artificielle, des batteries d'artillerie voisines qui font feu en même temps et des escadrilles de chasse qui se relayent pour protéger le secteur. Les Parisiens baptisent vite la pièce, qu'ils croient unique, la "Grosse Bertha", mais sa dénomination allemande est 21/36 cm "Wilhelm Geschütze".

Photo aérienne datée du 11 avril 1918 et révélant les 3 emplacements des 21/36 cm "Wilhelm Geschütze" installés par les Allemands dans la forêt de Saint-Gobain - Origine VIème armée - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo collection Général Jacques Guély - Les amis du Patrimoine de l'armement de Bourges.

Carte d'état-major d'époque détaillant les emplacements des trois Paris Kanonen dans la forêt de St-Gobain - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Carte transmise par M. Thierry Ehret que je remercie pour son aide.

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Un 21/36 cm "Wilhelm Geschütze" de la forêt de Saint-Gobain vient d'être assemblé et entièrement camouflé - Photo collection Général Jacques Guély - Les amis du Patrimoine de l'armement de Bourges.

Les servants d'un 21/36 cm "Wilhelm Geschütze" de la forêt de Saint-Gobain posent pour la postérité - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo collection Général Jacques Guély - Les amis du Patrimoine de l'armement de Bourges.

L'artillerie française est alertée. Elle déplace les 19ème et 20ème batteries du 78ème Régiment d'artillerie (4 pièces de 305 mm sur voie ferrée) sur Vailly-sur-Aisne qui ouvrent le feu à partir du 24. En même temps, sont appelées de Lorraine, la 23ème batterie du 77ème Régiment d'artillerie (2 pièces de 340 mm Mle 1893 sur voie ferrée) et la 22ème batterie du même régiment (2 pièces de 340 mm Mle 1912 sur voie ferrée). Les premières sont mises en place sur les épis de Missy - Condé-sur-Aisne et tirent à partir du 26. Les secondes sont aptes au tir à partir du 30, après de gros travaux de déviation de voies, sur les épis de Bucy-le-Long. Toutes les pièces sur voies ferrées tirent ensemble 60 à 80 coups sur le secteur ennemi. Il est nécessaire de rappeler que la durée de vie des pièces françaises est de 300 coups. Un autre groupe de canons, cette fois de 145 mm, placé sous les ordres de la VIème Armée est placé dans la région de Coucy-le-Château et tire 200 à 300 coups par jour.

A 25 km de distance, les pièces lourdes ouvrent le feu et pilonneront les installations ennemies sans interruption jusqu'au 28 mars. Les Français ne connaissant pas les résultats de leurs tirs de contrebatteries sur les pièces de Crépy-en-Laonnois, il est donc nécessaire de multiplier les reconnaissances aériennes sur le réseau voie ferrée de la zone Chaulnes, Péronnes, Ham et Chauny pour éviter toute nouvelle installation de pièces à longue portée.

Du coté allemand, les pièces de la forêt de Saint-Gobain sont très actives mais sont endommagées les une après les autres. Une 1ère pièce, touchée par un tir de contrebatterie, explose et tue dix-sept servants et techniciens, le 25 mars. Une 2ème touchée de la même manière sera démontée et réformée, le 27 mars. Toutefois, les canons sont remplacés par des armes similaires qui tireront respectivement 48 et 64 obus avant d'être démontées.

Au cœur de la bataille, le 26 mars, l'escadrille fait mouvement sur le terrain d'Ambrieff (Sud-Est de Soissons) pendant une semaine et revient à la ferme Saint-Amant. La SPA 62 multiplie les missions d'appui de l'infanterie, de protection des missions d'observation et de mitraillage de l'infanterie allemande. Au sol, les renforts envoyés par le Général Pétain empêchent la prise d'Amiens.

Le 29 mars, le SPAD XI n° 3235 s'écrase à l'atterrissage à Ambrief. Les deux membres d'équipage sont indemnes. Quelques jours plus tard, le 3 avril, un autre SPAD XI, le n° 5343, se met en pylône. Ici encore, les hommes sont saufs. Le 4 avril 1918, déménagement sur le terrain d'Autheuil-en-Valois (Ouest de la Ferté-Milon).

Le 5 avril, le Slt Jean Favre de Thierrens est à nouveau blessé cette fois dans un accident aérien. Le 7 avril 1918, autre mouvement sur le terrain de la ferme de Saint-Amant (Saconin-et-Breuil). Elle y retrouve une autre escadrille de la VIème Armée : la BR 213 escadrille d'ALGP (Artillerie lourde à longue portée) qui vole sur Bréguet XIVA2. Les escadrilles de chasse du secteur reçoivent les ordres suivants : apporter leur appui aux autres armes, notamment par des actions incessantes en mitraillant les colonnes, les rassemblements ou les bivouacs. Le combat aérien n'est à engager que dans la mesure nécessaire pour permettre l'accomplissement de la mission.

Ferme Saint-Amant sur le territoire de la commune de Saconin-Breuil photographiée pendant l'hiver 1917-1918 - Photo famille Detraz que je remercie pour son aide.

Vue panoramique constituée de 4 photos restituant les alentours du village de Saconin-et-Breuil pendant l'hiver 1917-1918 - L'escadrille N 62 a stationné sur le terrain de la ferme St-Amand du 8 mai 1917 au 15 mars 1918 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo Famille Detraz que je remercie pour son aide.

Vue aérienne du village de Saconin-et-Breuil et de la ferme de Saint-Amant - Photo Google Map.

Le 9 avril 1918, les allemands déclenchent leur 2ème offensive, cette fois dans les Flandres sur la plaine de la Lys. Ils prennent Armentières, Merville et Bailleul. Toutefois, les objectifs escomptés ne sont pas réalisés, Béthune et Ypres restent aux mains des alliés. Les Allemands n'entendent pas rester sur ces échecs et changent de tactique. Avant de reprendre l'offensive contre les Britanniques, Ludendorf va tenter d'attirer les réserves françaises vers le Sud. Il s'efforcera de les épuiser pour avoir les mains libres dans le Nord.

Alignement des SPAD VII et XI de l'escadrille SPA 62 sur le terrain de Saconin-et-Breuil en avril-mai 1918 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo Famille Detraz que je remercie pour son aide.

Alignement des SPAD VII et XI de l'escadrille SPA 62 sur le terrain de Saconin-et-Breuil en avril-mai 1918 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo Famille Detraz que je remercie pour son aide.

Breguet XIV A2 affecté à l'escadrille BR 213 mais effectuant les missions importantes des observateurs d'armée affectés à la SPA 62 - C'est cette utilisation particulière qui est rappelé avec la reprise de l'insigne du coq batailleur de la 62, peint sur le fuselage - De la même façon, la bande tricolore présente sur tous les avions de la 62, est reprise sur cet appareil - Le cor de chasse sur la dérive est l'insigne personnel du pilote, certainement un rappel de son affectation d'avant l'aéronautique, un bataillon de Chasseurs - Photo collection Jean-Paul Borderelle que je remercie pour son aide.

Breguet XIV A2 affecté à l'escadrille BR 213 en avril-mai 1918 - Cet avion porte les marques distinctives de cette unité, une bande oblique noir-jaune-noir de fuselage et la tête de lama peinte dans un rond, adopté par le Cne Guichard, commandant de l'escadrille, pour rappeler ses liens avec l'Argentine - Les observateurs de la BR 213 étaient spécialisés dans le réglage des pièces d'artillerie lourde à longue portée - Photo collection Jean-Paul Borderelle que je remercie pour son aide.

Le 13 avril 1918, trois Salmson 2 A2 de l'escadrille SAL 8 équipés d'appareils de 1,20 m de foyer survolent les épis allemands de la forêt de Saint-Gobain. Ils prennent un ensemble de photos de détail des installations camouflées ennemies. Quatre SPAD VII de chasse de la SPA 62 assure la couverture de cette reconnaissance vitale.

Un Salmson 2A2 équipé sensiblement comme ceux de l'escadrille SAL 8 quand ils survolèrent les pièces allemandes de la forêt de Saint-Gobain - L'appareil photo accroché sur le haut du fuselage est un exemplaire de 0,50 m de foyer - Photo Guy Tourangin transmise par son fils que je remercie pour son aide.

Le Général Franchey D'Esperey, commandant le groupe d'armées du Nord, décerne une lettre de félicitations à l'escadrille pour ses vols de repérage des pièces. A la date du 1er mai 1918, le site du Mont de Joie n'est plus utilisé et seuls resteront en place la cuve bétonnée et les supports métalliques.

La destruction des pièces allemandes aura un tel retentissement dans la capitale que des souscriptions sont lancées et d'importantes sommes d'argent collectées. La générosité des parisiens va faire régner l'abondance dans toute la région où stationne l'escadrille. Elle recevra des wagons entiers de provisions sous la forme de vins, fruits, primeurs. A partir de cet instant, les subsistances de la 62 vont vivre dans l’opulance et la popote reconnue comme fameuse par toutes les unités du secteur. Le 4 mai, le Slt Lucien Gauthier disparaît en mission de chasse avec son SPAD VII.

La zone ennemie face à la VIème Armée étant en effervescence, des missions de reconnaissance à longue distance sont lancées sur l'arrière du secteur allemand. Pour l'instant, 45 divisions de réserve n'ont toujours pas été localisées. Ces missions devront vérifier l'occupation des localités, la présence de bivouacs, de parcs. Elles devront, en outre, repérer tous convois, colonnes sur routes ainsi que les gares et les abords des voies ferrées.

Le 10 mai, plusieurs reconnaissances photos ratissent les alentours de Laon. La première, avec un appareil de 0,50 m survole Laon, la forêt de Samoussy et le camp de Sissonne. La seconde, avec un 0,26 m (18x24) fait de même sur Aaulnois-sous-Laon - Chivres-en-Laonnois - Nizy-le-Comte.

Le 15 mai, une patrouille de protection de la 62 livre un combat très dur contre un groupe d'avions ennemis. Le chef du dispositif, le Ltt Jean Favre de Thierrens abat un LVG type C qui tombe en flammes près de Monampteuil (Sud de Laon). Deux autres patrouilles de la 62 engagent à plusieurs reprises des appareils ennemis et en abattent trois. Ils ne seront pas homologués.

Slt Charles Alfred Quette, pilote de l'escadrille SPA 62 - 10 victoires homologuées - Né le 19 mai 1895 à Paris (75) - Incorporé au 89ème régiment d'infanterie - 2ème régiment d'infanterie - Mécanicien / mitrailleur des escadrilles MS 38 - C 64 - Brevet de pilote militaire n° 5680 à l'école d'aviation du Crotoy, le 17 mars 1917 - pilote de l'escadrille SPA 62 - Cité à l'ordre de la 6ème armée, le 1er juillet 1918 - Tué au combat dans les environs de Vierzy (02), le 5 juin 1918 - Photo Marius Tirefort transmise par la famille Tirefort que je remercie pour son aide.

Le 17 mai, l'Adj Alfred Quette descend un monoplace et l'Adj Louis Blanc un biplace. Les deux appareils sont tombés dans la région de Laon. Le 18 mai, une autre mission vitale est accomplie avec l'équipage MdL Charles Delaye et Ltt Paul Brousse (obs). Il ramène 35 clichés excellents de la zone Guise - Landrecies - Berlaimont - Aulnoye - Avesnes - Fourmies - Hirson. Le 25 mai, le Ltt Favre de Thierrens abat un biplace Rumpler dans la région d'Ambrief (Sud-Est de Soissons). Le lendemain, en fin de mission, l'équipage MdL Charles Delaye et Ltt Robert Brumauld des Allées se perd dans la brume, pique au Sud et atterrit à Lizy-sur-Ourcq. La VIème Armée tient le secteur allant de Varesnes (Nord-Est de Noyon) à Courcy (Nord.Ouest de Reims) avec au centre, le Chemin des Dames.

Le 27 mai, après une préparation d'artillerie puissante et largement dotée en obus à l'hypérite, l'infanterie allemande s'élance avec 33 divisions pour une troisième attaque, cette fois sur Arras et le Chemin des Dames. Ce secteur a la réputation d'être la position la plus solide du front français mais se révèle vite comme très faiblement défendue. Les Allemands, attaquant entre Coucy-le-Château et Courcy, enfoncent les positions françaises et progressent à toute vitesse vers la Marne, la forêt de Villers-Cotterets et la montagne de Reims. L'activité ennemie est soutenue sur toute la zone. Par dispositifs de 10 à 15 avions, les Allemands s'en prennent aux avions du secteur. Plusieurs groupes volant en basse altitude mitraillent les colonnes et les convois sur les routes des alentours. L'aviation de réglage ennemie est très active et de nombreuses reconnaissances sur les arrières français sont réalisées par des biplaces rapides, très manœuvrants et volant bas.
Les reconnaissances de la 62 repèrent plusieurs bataillons allemands qui se dirigent vers Dhuizel, Longueval et Fismes. Les troupes françaises en britanniques se replient. Le Sgt André Bosson, alors qu'il a déjà effectué deux missions de chasse à vue avec deux combats, attaque un biplace ennemi et le descend. Le Slt Etienne Mougeot est grièvement blessé d'une balle en combat aérien.

Slt Etienne Mougeot - Né le 22 avril 1888 à Oran - Fils d'Etienne Mougeot et de Antoinette Barselo - Avant guerre mécanicien - Appelé au 1er régiment de Zouaves, le 1er octobre 1909 - Mobilisé au 2ème régiment de Zouaves, le 2 août 1914 - Passé à l'aviation comme mécanicien en mars 1915 - Mécanicien de l'escadrille N 92 - Brevet de pilote militaire n° 3012 en date du 18 mars 1916 - Pilote de l'escadrille N 62 puis SPA 62 du 21 novembre 1916 au 16 février 1918 - Convalescence à l'hôpital du 15 janvier au 21 février 1917 - Médaille Militaire le 22 juillet 1917 - Légion d'Honneur - Croix de Guerre 14-18 - 5 citations à l'ordre de l'armée dont 22 juillet 1917 et 15 juin 1917 - Une citation à l'ordre du Corps d'armée, le 14 mai 1917 - Photo mise en ligne par le site Gallica de la Grande Bibliothèque de France.

Le même jour, une pièce similaire à celles de la forêt de Saint-Gobain, fait feu à partir du bois de Corbie, à Beaumont-en-Beine, prés de Ham (à 110 km de Paris). La pièce est cette fois sur affût orientable. Les escadrilles d'observation sont à nouveau envoyées pour repérer cette pièce. L'étude des photographies aériennes permet de voir un embranchement de voie ferrée qui se dirige vers le secteur déterminé par les sections de repérages par le son (SRS 8 et SRS 10). Le canon allemand tire 104 coups avant de changer de position en raison de l'offensive française qui la menace directement. Elle déménage alors dans le bois du Châtelet, à Brécy au Nord de Château-Thierry. La distance avec Paris n'est plus que de 80 km. Elle tire 14 obus, les 15 et 16 juillet avant de repartir sur Beaumont-en-Beine. Les Allemands réinstallent leur canon et déclenche la dernière phase de tir en expédiant 64 coups du 5 au 9 août. Chaque fois, les reconnaissances aériennes repèrent la pièce et transmettent à l'artillerie sa position précise. Des pièces lourdes de 340 mm sont alors amenées à portée et un feu de contrebatterie envoyé, rendant très vite, la position des artilleurs allemands, intenable.

Carte d'état-major d'époque détaillant les positions du village de Beaumont-en-beine, le bois de Corbie et l'emplacement du Paris Kanonen qui a tiré 104 obus sur Paris à partir de cet affut orientable - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Carte transmise par M. Thierry Ehret que je remercie pour son aide.

Le 28 mai, la ville de Soissons est prise. Sur tout la largeur du front, les unités de chasse et de reconnaissance françaises multiplient les vols pour identifier les unités allemandes qui participent à la grande offensive et tenter de découvrir les faiblesses du dispositif ennemi. Au cours de ces deux journées, la 6ème Armée a perdu ses positions sur la majeure partie de son front et a été rejeté en rase campagne. Au centre de sa zone d'action, l'avance ennemi a atteint 30 km de profondeur. Les avions envoyés au-dessus des lignes adverses signalent d'importantes forces ennemies descendant vers le sud, dans la région de Fismes, où de fortes concentrations de troupes sont repérées. Plusieurs combats aériens très difficiles sont livrés par les pilotes. L'Adj Alfred Quette abat un biplace qui tombe dans les lignes françaises et un groupe de 4 avions pilotés par les Adj Blanc, Adj Veau, Sgt Bosson et Sgt Dupont abat un biplace. L'Adj Louis Blanc, qui pilotait un SPAD VII, ne revient pas de cette mission.

Le 29 mai, la SPA 62 s'installe sur le terrain de May-en-Multien (Nord-Est de Meaux). Le 30 mai 1918, la 62 envoie plusieurs reconnaissances sur l'Aisne et sur la Vesle pour surveiller l'afflux des renforts allemands de ce secteur. Après avoir accompli trois reconnaissances à vue et livré un combat, le Sgt André Bosson abat un Albatros. C'est sa 3ème victoire en trois jours et sa 5ème sur son tableau de chasse. De son coté, l'Adj Alfred Quette abat un biplace. C'est sa 9ème victoire homologuée.

Le 31 mai, les Allemands obliquent sur Paris. Sur le front de la 6ème Armée, ils progressent dans la région de l'Ourcq. Le Ltt Favre de Thierrens, associé à cinq autres appareils de la SPA 155, abat un monoplace Albatros D.V qui tombe près d'Ivord (Sud-Ouest de Villers-Cotterets). Il sera homologué pour de Thierrens et le Slt Patissier de la SPA 155. Le 1er juin, Château-Thierry est pris par l'ennemi. L'escadrille s'installe près de la ferme Profit en commune de Chauconin-Neufmontiers (Nord-Ouest de Meaux). C'est seulement à partir du lendemain, que les avions envoyés en reconnaissance signalent que les arrières adverses sont moins garnis qu'auparavant. Le Sgt Abel Dupont abat un biplace.
Le 2 juin, les reconnaissances de l'arrière front allemand se heurtent à de très puissants dispositifs de chasse ennemis. Malgré les attaques incessantes, la dernière mission réussit à forcer l'étau adverse et ramène ses photos. Deux avions sont probablement abattus mais le Cne Maurice Rebreguet est porté disparu avec son SPAD VII. Le 3 juin, quatre Bréguet XIV de la BR 213 escortés de quatre SPAD VII des Coqs ratissent les déplacements ennemis sur l'axe Grand-Rozoy - la Fère-en-Tardenois - Beuvardes - Rocourt-Saint-Martin - Priez - Neuilly-Saint-Front. Ils reçoivent le GC 21 en renfort.

Breguet XIV A2 n° 734 de l'escadrille BR 213 au décollage - Les avions de cette unité, spécialisée dans le réglage des pièces d'artillerie lourde sur voie ferrée, vont être engagés d'abord dans la recherche des super canons allemands, puis dans le réglage des tirs de contre-batteries - Les observateurs d'armée, affectés à l'escadrille SPA 62, vont utiliser sans modération ces avions rapides, robustes et parfaitement adaptés à cette mission, contrairement aux SPAD XI dont était dotée la 62 - Photo famille Détraz que je remercie pour son aide.

Le 4 juin est une journée faste pour la 62 avec trois victoires. Sept SPAD de l'escadrille couvrent six Bréguet XIVA2 de la BR 213 sur l'arrière front allemand de la zone Château-Thierry - Dormand - Le Charmel - Beuvardes - Coincy - vallée de l'Ourcq. Les nuages omni-présents sur la région obligent le dispositif français à descendre à 1200 mètres. Il livre alors plusieurs féroces combats pendant lesquels l'Adj Alfred Quette abat un biplace (10ème victoire), le Sgt Emile Damidaux, blessé d'une balle au bras, abat son premier avion et le duo Favre de Thierrens et Bosson qui se partagent une victoire sur un monoplace Albatros.

Pilotes de l'escadrille SPA 62 à l'été 1918 - De gauche à droite : 2ème Adj Fabien Lambert - 3ème Sgt André Bosson (7 victoires homologuées), 5ème Slt Charles Quette (10 victoires homologuées) - Si vous pouvez mettre un nom sur les autres pilotes, veuillez contacter l'auteur du site - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Photo Marius Tirefort transmise par la famille Tirefort que je remercie pour son aide.

Du 4 au 6 juin, arrêt de l'offensive sur l'Aisne. La chasse du Groupement Ménard intervient lourdement sur la Savières (Sud de Soissons) et contribue à arrêter net une autre attaque ennemie en préparation. L'aviation alliée étant chargée de retarder au maximum l'avance des allemands, le dispositif et les missions des unités aériennes vont faire l'objet d'importants changements. Ces modifications vont permettre un renforcement de l'aviation au Nord de l'Oise tout en maintenant une puissante activité aérienne entre l'Aisne et la Marne. La SPA 62, en plus de ces missions normales, est chargée de mitrailler les renforts de troupes ennemis qui convergent sur la vallée de l'Ourcq. Ces missions vont être particulièrement coûteuses. L'escadrille, qui est engagée dans sa totalité, va perdre beaucoup de personnel de valeur.

Le 5 juin, les forces du Kaiser sont maintenant à 60 km de Paris. Le groupement Ménard avec ses escadrilles de chasse est affecté au secteur de Montdidier, Noyon avec mission d'exécuter des missions sur la région de Roye et d'effectuer une attaque de masse contre les Drachen allemands. Les Coqs vont encore porter leur action à l'arrière de l'ennemi dans la zone Fère-en-Tardenois - Arcy-Ste-Restitue - Ambrief. Les Allemands sont décidés à interdire à tout prix les incursions lointaines dans leurs lignes. La qualité exceptionnelle des chasseurs qui vont être employés pour cette mission va en démontrer la preuve. Les combats atteignent un degré rarement vu. Au cours de cette mission, deux avions sont abattus. Le Slt Quette (SPAD VII n° 5603) et le Sgt Bernard (SPAD VII n° 7216) disparaissent en mission dans la région de Vierzy au Sud de Soissons. Seul le Sgt Bernard s'en tirera et sera fait prisonnier par les Allemands après avoir fait un atterrissage forcé dans leurs lignes.

Le Slt Charles Quette était titulaire de 10 victoires homologuées et 2 probables. Avant d'être affecté à la 62, il avait eu un doigt arraché par l'hélice de son appareil alors qu'il réarmait la mitrailleuse enrayée. Il avait alors montré sa main au pilote et continué à tirer sans se soucier de la douleur. Les Coqs perdent un pilote de très grande valeur.

Le 9 juin, la 62 part vers le terrain de la Ferme Lardoise près de Charmentray (Ouest de Meaux). Le 10 juin, l'escadrille avec 36 victoires homologuées, reçoit une 4ème citation à l'ordre de l'armée, décernée par le Général Degoutte, commandant la VIème Armée. Le 11 juin, le groupement Ménard quitte le secteur de la VIème Armée pour être mis à la disposition de la Xème.
A partir du 15 juin, les troupes allemandes stoppent leur avance. Ainsi s'achève, au milieu de juin, l'attaque commencée par les Allemands le 27 mai, sur le Chemin des Dames et poursuivi sans discontinuer pendant trois semaines.

Officiers pilotes et observateurs de l'escadrille SPA 62 pendant leur séjour sur le terrain de Charmentray du 9 juin au 31 août 1918. Sur la table, la mascotte de l'escadrille, un coq bien entendu ! - Ces hommes ne sont pas tous identifiés : au premier rang assis de gauche à droite - Slt Paul Tarascon (pilote 12 victoires en 1918) - Cdt inconnu mais qui m'appartient pas à la 62, peut-être le chef de l'aéronautique de la 6ème armée - Cne François Coli (pilote et commandant de l'escadrille SPA 62) - Ltt inconnu - 2ème rang debouts de gauche à droite : inconnu - inconnu - inconnu - Slt Jacques Favre de Thierrens (pilote 6 victoires en 1918) - Ltt Robert Brumeault de Allées (chef des observateurs de la SPA 62) - Ltt Paul Brousse (observateur) - Ltt Emile Thiry (observateur) - Ltt Hubert Petry (observateur) - Slt inconnu - Cliquez sur l'image pour agrandir - Photo collection colonel Michel Caplet que je remercie pour son aide.

Le 16 juin, une incursion sur la vallée de l'Ourcq permet de surveiller la zone de Marizy-St-Mard - Latilly - Breny - la Fère-en-Tardenois. Le 23 juin, deux patrouilles de la 62 accrochent chacune un biplace allemand. Les avions ne sont pas homologués. Le Sgt Albert Voisin, qui pilote le SPAD VII n° 1231, est abattu en combat aérien par le Ltn Heldmann du Jasta 10. Il est fait prisonnier. Le 28 juin, la mission commune de la BR 219 et de la SPA 62 donne lieu à quatre combats où deux avions allemands sont probablement abattus. Ils ne seront pas homologués.

Cne François Coli, commandant de l'escadrille SPA 62, après son retour de convalescence suite à l'accident grave qui a failli lui coûter la vie, le 10 mars 1918 - L'avion, à l'arrière plan, est un Breguet XIVA2 appartenant à l'escadrille BR 219 qui prêtait souvent ses avions à la 62 - Remarquez la croix de guerre ornée de 7 palmes de bronze marques de 7 citations à l'ordre de l'armée - Photo dédicacée par François Coli à sa fille Myriam - Photo collection M. Yves Peytavin de Garam.

Pilotes : Cne François Coli commandant l'escadrille, Slt Jean Paul Favre de Thierrens, Slt Etienne Mougeot, Slt Paul Tarascon, Adj Théodore Chatenet, Adc Maurice Delépine, Adj Laurent Veau, Adj Auguste Lamur, Adj Fabien Lambert, Sgt Abel Dupont, MdL Charles Delaye, Sgt André Bosson, MdL Maurice Renault, Sgt Emile Damidaux, Sgt Henri Viart, Sgt Pierre Rejon, Sgt Jean Toussaint, Sgt Maurice Bodin, Cap Virard, Cap Constant Vallet.
Observateurs : Ltt Robert Brumauld des Allées, Ltt Eugène Davier, Ltt Paul Brousse, Slt Lucien Balloux, Ltt André Mamy, Ltt Emile Thiry , Ltt Hubert Petry, Cap Roger Jouanneau.
Mitrailleurs : Sgt Hubert Marot, MdL Marius Tirefort, Sgt Henri Fontelle, Sgt Eugène Cabot, 2CL Léon Duclos.

Adc Maurice Delépine - Né le 13 septembre 1891 à Saint-Denis-Hors (Indre et Loire) - Fils de Sylvain Charles Delépine et de Anne Girault - Avant guerre Clerc de notaire - Appelé au 66ème régiment d'infanterie, le 10 octobre 1912 - Incorporé au 66ème RI, le 10 octobre 1912 - Nommé Caporal, le 8 novembre 1913 - Nommé Sergent, le 4 août 1914 - Nommé Adjudant, le 16 septembre 1914 - Blessé à la joue gauche avec fracture au bord alvéolaire du maxillaire supérieur gauche à Souchez, le 31 mai 1915 - Affecté au 54ème RI, le 22 juillet 1916 - Blessé au niveau de l'os hyoïde à Bouchavesnes, le 5 octobre 1916 - Détaché au 1er groupe d'aviation comme élève pilote, le 18 mai 1917 - Brevet de pilote militaire n° 7609 à l'école d'aviation de Chartres, le 21 juillet 1917 - Affecté à l'école d'aviation d'Avord, le 2 août 1917 - Nommé Adjudant-Chef, le 25 avril 1918 - Pilote de l'escadrille SPA 62 à partir du 14 novembre 1917 jusqu'au 1er janvier 1920 - 2 victoires homologuées - Blessé à Charmantray, le 16 juillet 1918 - Médaille Militaire et Croix de Guerre, le 28 décembre 1918 - Marié à Germaine David, le 28 avril 1919 - Pilote du 1er RAC de Thionville-Basse-Yutz du 1er janvier 1920 au 22 novembre 1922 - Chevalier de la Légion d'Honneur, le 21 novembre 1922 - Décédé des suites d'un accident aérien dans les environs d'Epernay, le 22 novembre 1922 - Cette photo est magnifique car elle montre un très grand nombre de détails de sa tenue : 6 chevrons d'anciennetés, c'est à dire le premier chevron pour une année de présence au front et les autres pour 6 mois, ce qui donne 3 ans et demi de présence au front - La fourragère au couleur de la Médaille Militaire avec rappel "SPA 62" sur la patte d'épaule marquant peut-être une fourragère obtenue à titre individuelle - Les médailles suivantes, de gauche à droite : la Médaille Militaire, la Croix de Guerre 14-18 avec 4 palmes et 3 étoiles, la Croix de Guerre belge - le rappel de décoration des blessés et l'insigne métallique d'escadrille du coq batailleur dit de "Boutin" - De l'autre coté l'insigne de pilote militaire - Photo SHD de Vincennes.

L'Adc Marcel Delepine pose à côté de son SPAD VII baptisé "Maimaine" - Photo Marius Tirefort transmise par la famille Tirefort que je remercie pour son aide.

Le 7 juillet, pendant une mission sur la vallée de l'Ourocq, l'Adc Maurice Delepine abat un avion ennemi. Le 14 juillet, l'effort est porté sur la surveillance des mouvements de troupes aux passages de la Marne entre Château-Thierry et Mareuil-le-Port. De même, les carrefours routiers de Rocourt-St-Martin - Coincy - la Fère-en-Tardenois - Coulonges - Villers-Agron sont survolés pour détecter les manœuvres suspectes de l'adversaire. Les Adc Maurice Delepine et Adj Laurent Veau sont blessés dans l'accident de leurs SPAD. Le 15 juillet, les Allemands commencent une grande offensive qui doit contourner Reims et opérer une percée au Sud de la Marne. Ils ont engagé tous leurs moyens en troupes, chars d'assaut et batteries d'artillerie. Les Français, grâce aux multiples missions de reconnaissance, délimitent presque complètement le cadre de l'offensive adverse. L'attaque commence à 1h10, dans une zone comprise entre Château-Thierry et l'Argonne, par une habituelle préparation d'artillerie qui se voit jusqu'à Paris. A l'Est de Reims, l'échec est total. L'offensive ennemie, qui subit les feux de l'artillerie, espère prendre le contrôle de la voie de chemin de fer qui relie Paris à Reims.

Le 17 juillet, en raison de leur échec, les Allemands suspendent les opérations pour préparer une nouvelle attaque dans les Flandres. Ils retirent ainsi vers le Nord leur artillerie lourde. De son coté, Foch prépare la riposte des alliés et compte attaquer le flanc Ouest de la poche de Château-Thierry, dans le dos des divisions ennemies qui luttent vers Epernay du 15 au 17 juillet. A la mi-juillet, les troupes américaines arrivant au rythme de 170.000 hommes par mois et l'empire britannique ayant reconstitué ses forces, Foch dispose enfin des moyens qui lui manquaient jusqu'alors.

Le 18 juillet, à 4h30, la 10ème Armée du Général Mangin et la 6ème Armée du Général Degoutte s'élancent sur un front de 45 km au niveau de la forêt de Villiers-Cotterets. Les lignes allemandes sont enfoncées. Au Nord de l'Ourcq, la Xème Armée progresse de 7 km à travers le plateau du Soissonnais tandis qu'au Sud, la VIème fait de même malgré un terrain plus accidenté.

La SPA 62 appuie les troupes engagées au sol sur la vallée de l'Ourcq, entre l'Ourcq et la Marne, sur la gare de la Fère et sur les voies ferrées du secteur. L'escadrille participe généralement aux missions de l'escadre n°1, arrivée en renfort. L'aviation procède à une attaque générale des Drachen du secteur et des ponts sur la Marne. La SPA 62 assure en plus un dispositif d'alerte sur le terrain de May-en-Multien. Dans l'ensemble, l'aviation ennemie se montre peu mordante et travaille surtout dans ses lignes. Le Ltt Paul Tarascon remporte une nouvelle victoire. Il engage un groupe de cinq Albatros allemands et en abat un qui tombe près de Villers-Cotterets. C'est sa 13ème victoire. L'escadrille est citée pour la 4ème fois à l'ordre de la VIème Armée.

Ltt Paul Alban Pierre Tarascon, pilote de l'escadrille N 62 et SPA 62 - 12 victoires homologuées - Né le 8 décembre 1882 à le Thor (Vaucluse) - Fils d'Alfred Tarascon et de Claire Gaguou - Avant guerre minotier - Se forme seul à l'aviation dès 1911 en achetant un Blériot - Titulaire du brevet civil n° 1741 du 14 décembre 1914 - Il est victime d'un grave accident lors du crash de son Blériot à moteur Anzani consécutif à la rupture d'un câble de commande - Il reste dix mois à l'hôpital et doit subir l'amputation de son pied droit - Bien que réformé à titre définitif, il réussit à s'engager au 4ème régiment d'infanterie coloniale, le 16 août 1914 - Personne ne s'est soucié de lui faire subir le moindre examen médical. Tarascon avise alors le médecin major et lui explique que, malgré sa bonne volonté, il se voit difficilement servir dans cette arme. Peu après, il est muté à l'école d'aviation de Pau comme instructeur sur avion, en charge de former les élèves sur biplace. C'est là qu'il apprendra à voler à des pilotes comme Guynemer, Heurtaux, Dorme, de la Tour. En 1916, désirant se mesurer avec l'ennemi, il demande à être muté en unité combattante - Il est successivement muté aux escadrilles N 31, N 3 et N 62 et SPA 62. c'est au sein de l'escadrille 62 qu'il va s'illustrer et remporter ses 12 victoires homologuées. Paul Tarascon est décédé le 11 juin 1977 - Il repose, avec sa femme Simonne décédée en 2002, au cimetière de Châteauneuf-de-Gadane (Vaucluse) - Voir la photo de sa tombe en bas de cette page - Photo mise en ligne sur le site Gallica de la Grande Bibliothèque de France.

La dernière monture du Ltt Paul Tarascon à l'escadrille SPA 62, un SPAD VII n° 7XX - Il faut dire que cet As a été fidèle aux avions Nieuport le plus longtemps possible, testant même un Nieuport 28 pour reculer l'échéance de son passage sur SPAD VII qu'il devait trouver moins maniable - En octobre 1917, toujours affecté à cette unité, il est passé comme tous les autres pilotes sur SPAD VII, la fin d'un cycle - Cet avion, moins bien accepté par l'As, ne porte pas le nom de baptème de tous ces avions "Zigomar" - Photo Paul Tarascon transmise par Henri Tarascon, son neveu, que je remercie pour son aide.

Le 19 juillet, les Allemands lâchent pied pans la poche de Château-Thierry et partent en retraite. Les pilotes de l'escadrille de Coqs manifestent encore leur caractère batailleur en expédiant plusieurs avions ennemis au sol. C'est d'abord l'équipage MdL Maurice Renault et Ltt André Mamy (obs) sur SPAD XI qui abat un hostile puis les Sgt André Bosson et Emile Damidaux de faire de même. Aucune de ces victoires ne sera homologuée car toutes tombées en territoire tenu par les Allemands. Le MdL Maurice Renault est blessé en combat aérien.

Le 20 juillet, une patrouille de cinq avions monoplaces est chargée de la protection de trois avions biplaces opérant dans la région de Tardenois sur Neuilly-St-Front - Oulchy-le-Château - Arcy-Ste-Restitue - La Fère-en-Tardenois. La mission terminée sans incident, le dispositif regagne les lignes françaises. Au passage de celles-ci vers Ooulchy-le-Château (Sud de Soissons), le Sgt Bosson fit demi-tour et se dirigea de nouveau vers les lignes ennemies. Habitués à le voir les abandonner après chaque patrouille pour se livrer à la chasse libre, ses camarades de combat continuèrent leur route sans autre préoccupation. Le soir, le Sgt Bosson ne rentra pas au terrain. Il détenait huit victoires dont sept homologuées. Les recherches d'après guerre permirent d'apprendre que son avion était tombé près d'Hartennes (Sud de Soissons). Le pilote souffrait d'une très grave blessure au ventre et avait les jambes traversées par des projectiles. Il est mortsur place malgré les soins prodigués par trois soldats allemands arrivés après le crash de son SPAD.

Décorations du Sgt André Bosson - Né le 1er juin 1894 à Esmans (Seine et Marne) - Fils de Joseph Calixte Bosson et de Adrienne Chaumeron - Engagé pour la durée de la guerre, le 7 septembre 1914 - Affecté au 2ème régiment de Génie à partir du 10 septembre 1914 - Nommé caporal, le 8 novembre 1914 - Une citation à l'ordre du régiment en mai 1917 - Passé à l'aviation comme élève pilote, le 15 juin 1917 - Brevet de pilote militaire n° 8912 obtenu à l'école d'aviation militaire de Juvisy, le 25 septembre 1917 - Pendant sa formation sur Caudron G III, il a réalisé 26h30 de vol - Pilote de l'escadrille SPA 62 - Nommé sergent, le 27 mars 1918 - Médaille Militaire, le 16 juin 1918 - Croix de Guerre 14-18 - 7 victoires aériennes homologuées du 9 mars au 4 juin 1918 - Grièvement blessé en combat aérien de plusieurs balles au ventre et aux jambes, dans les environs d'Hartennes, au Sud de Soissons, le 20 juillet 1918 - Son Spad VII s'est écrasé et il n'a pu être sauvé par 3 soldats allemands arrivés sur place - Son corps n'a pas été retrouvé par la suite car ses papiers avaient été emportés par l'un des soldats - Le Sgt André Bosson volait habituellement sur le Spad VII n° 5325 baptisé "Nénette" dont vous pouvez voir une photo sur cette page - Photo collection Philippe Bosson, son neveu, que je remercie pour son aide.

L'escadrille déplace plusieurs avions sur le terrain de Montreuil-aux-Lions (Nord de la Ferté-sous-Jouarre) pour suivre la remontée de la VIème Armée. Le 22 juillet, le Sgt Pierre Rejon descend un avion ennemi. Il ne sera pas homologué car tombé coté allemand. Le 24 juillet, l'Adj Fabien Lambert est légèrement blessé en combat aérien lors d'une mission de protection sur Soissons - Braine - Bazoches - La-Fère-en-Tardenois - Jaulgonne. Le lendemain, une patrouille de la 62 s'en prend à un avion adverse et l'abat. Encore ici, pas d'homologation car la victime est tombée dans sa zone. Le 26 juillet, la mission pousse les SPAD sur Mont-St-Père - Saponay - Arcy-St-Restitue - Dravegny - Jaulgonne où ils doivent surveiller les réseaux ferrés et terrestres. Ce type de mission sera poursuivi jusqu'au 28 inclus.

MdL André Léopold Gabriel Lebrun - Né le 11 août 1896 à St-Lèger-aux-Bois (Oise) - Fils de Léon Henri Lebrun et de Marie Pinsson - Engagé au 19ème régiment de Dragons, le 13 janvier 1915 - Passé à l'aviation comme élève pilote, le 10 octobre 1917 - Brevet de pilote militaire n° 10956 obtenu de l'école d'aviation militaire d'Istres, le 20 janvier 1918 - Stage de perfectionnement à l'école d'aviation militaire d'Avord - Stage Sopwith de bombardement à l'école du Crotoy du 29 mai au 8 juin 1918 - Stage au CIACB du 8 au 17 juillet 1918 - Pilote de l'escadrille BR 279 à partir du 22 juillet 1918 - Pilote de l'escadrille SPA 62 - Tué en combat aérien entre Chacrise et Muret Crouttes (02), le 1er août 1918 - Il faisait équipage avec le Ltt Robert Brumauld des Allées, le chef des observateurs de la SPA 62, qui a été également tué au cours de cette mission - Croix de Guerre 1914-1918 - Je n'ai plus l'origine du document.

Le 1er août, l'équipage MdL André Lebrun et Ltt Robert Brumauld des Allées, parti en reconnaissance en Bréguet XIV A2 sur les ponts de l'Aisne entre Vailly-sur-Aisne et Pontavert, est abattu. Cet officier avait déjà accompli de très nombreuses missions à longue distance et avait été distingué par dix citations à l'ordre de l'Armée. Le 4 août, tout le terrain est repris. L'offensive de Ludendorff a abouti à l'inverse du résultat escompté avec les réserves allemandes qui ont dû descendre de la région de Lille vers l'Aisne, obligeant ainsi à abandonner l'attaque des Flandres. Le 7 août, deux nouvelles victoires sont ajoutées au tableau de chasse de l'escadrille. D'abord, l'Asp Léon Viort et le Sgt Pierre Rejon sur SPAD monoplaces abattent un avion ennemi puis l'équipage Adc Maurice Delepine / Ltt Paul Brousse (obs) accompagné du Sgt Edmond Virard, à bord d'un monoplace, contre un autre avion adverse.

Sgt Pierre Paul Victor Réjon - Né le 29 juin 1895 à la Trinité (Martinique) - Fils de Raoulb Réjon et de Eugénie Tisserand - Profession avant guerre Etudiant - Engagé pour 4 ans au 33ème régiment d'infanterie, le 22 août 1914 - 84ème régiment d'infanterie - Passé à l'aviation comme élève pilote, le 8 juillet 1917 - Brevet de pilote militaire n° 8938 obtenu à l'école d'aviation militaire d'Istres, le 26 septembre 1917 - Stage de transformation à l'école d'aviation militaire d'Avord jusqu'au 17 novembre 1917 - Pilote de l'escadrille N XX du 28 décembre 1917 au 17 février 1918 - Pilote de l'escadrille N 160 du 17 février au 12 avril 1918 - Pilote de l'escadrille N 84 / SPA 84 du 13 avril au 19 mai 1918 - Pilote de l'escadrille SPA 62 du 7 juin 1918 au 7 septembre 1919 - Son SPAD VII était baptisé "ZAZA" - Décédé au cours d'un accident d'hydravion Breguet, lors d'un vol de réglage pour le compte de la Société des Transports Aériens Guyanais (STAG) où il était employé, à Saint-Laurent-du-Maroni, le 14 août 1922 - Cet accident a causé la mort, en outre de Pierre Rejon, celles de Maurice Réjon, son frère et de deux mécaniciens Fénelon Canavi et Emile Joseph - Photo collection Jean-Paul Borderelle que je remercie pour son aide.

Ltt Robert Marie Brumauld des Allées - Né le 20 août 1892 à Ruffec (16) - Fils de Henri Brumault des Allées et de Isabelle Bonneau - Appelé au 21ème régiment de Chasseurs à cheval, le 8 octobre 1913 - Muté au 205ème RI - Passé à l'aviation comme observateur en février 1915 - Observateur de l'escadrille C 10 - Observateur de l'escadrille C 27 du 24 août 1917 au 7 janvier 1918 - Stage photo au parc 2 du 7 au 20 janvier 1918 - Observateur de l'escadrille SPA 62 du 20 janvier au 1er août 1918 - Tué au combat, en compagnie du MdL André Lebrun entre Chacrise et Muret Crouttes (02), le 1er août 1918 - Chevalier de la Légion d'honneur en avril 1917 - 8 citations à l'ordre de l'armée dont octobre 1914 - avril 1916 - avril 1917 - novembre 1917 - Photo M. Rouget de Gourcez que je remercie pour son aide.

Le 9 août, le Sgt Abel Dupont descend un avion allemand qui ne sera pas homologué. Le 14 août 1918, le Bréguet XIVA2 de l'équipage Ltt Alfred Palats / Ltt Paul Brousse est abattu en mission de reconnaissance sur la rivière Aisne et sur le Chemin des Dames. Les deux hommes sont tués. Le 20 août, le Cne Louis Blamoutier (Obs) succède au Cne Coli à la tête des "Coqs". Le 25 août, plusieurs SPAD monoplaces survolent la gare de Laon et ses alentours pour recenser les mouvements de trains. Le 28 août, l'Asp Léon Viort et le Sgt Emile Damidaux disparaissent en mission. Ils regagneront tous les deux l'unité après avoir atterri dans les lignes.

Breguet XIV A2 affecté à l'escadrille BR 219 et prêté à l'escadrille SPA 62 - Photo Marius Tirefort transmise par la famille Tirefort que je remercie pour son aide.

Cne Louis Eugène Blamoutier - Né le 18 août 1888 à Soissons (Aisne) - Fils de Léon Blamoutier et de Lucien Pasquier - Profession avant guerre Clerc de notaire - Engagé au 67ème régiment d'infanterie en octobre 1906 - 45ème régiment d'infanterie - Nommé Lieutenant, le 2 septembre 1914 - Passé à l'aviation comme observateur, le 2 décembre 1914 - Chef de la section photo de la 6ème armée du début 1915 au 13 janvier 1917 - Brevet de pilote militaire n° 5962 obtenu directement à la VIème armée, le 15 avril 1917 - Commandant de l'escadrille SPA 62 du 20 août 1918 au XX mai 1919 - Croix de Guerre - Chevalier de la Légion d'Honneur, le 10 décembre 1916 - 2 citations à l'ordre de l'armée, le 15 janvier 1915 - le 10 décembre 1916 - Photo famille Blamoutier-Sureau que je remercie pour son aide.

Le 31 août, après avoir remporté dix neuf nouvelles victoires, l'escadrille, complètement épuisée et ayant subi des pertes importantes, est envoyée en repos sur le terrain de Coupru (Ouest de Château-Thierry) pour être reconstituée. La dernière mission de la SPA 62 dans la région est effectuée le 5 septembre sur les ponts de l'Ailette.

La VIème Armée est retirée du front à partir du 7 septembre et transportée dans les Flandres où une grande offensive est en préparation avec l'armée belge. Elle est intégrée au Groupement des Flandres du Roi Albert (constitué le 12 septembre) qui comprend en plus des troupes belges, la 2ème Armée britannique et la VIème Armée française. C'est donc dans ce secteur que la SPA 62 est de nouveau engagée au combat.

Soldat de 1ère classe Emile Edouard Théophile Cosson - Né le 28 décembre 1887 à Challans (Vendée) - Fils d'Emile Cosson et d'Antoinette Bonnet - Profession avant guerre Fraiseur - Entré en service actif (service militaire), le 6 novembre 1907 au 18ème régiment d'infanterie de Pau - Marié avec Marguerite Merket domiciliée 10 rue Jannot à St-Denis - Mobilisé au 18ème RI du 2 août 1914 au 28 juin 1918 - Nommé soldat de 1ère classe, le 21 août 1918 - Muté au Parc n° 3, le 19 septembre 1918 - Mécanicien de l'escadrille SPA 62 du 19 septembre 1918 à la fin de la guerre - Photo Emile Cosson transmise par Mme Anne Gautier, sa petite nièce que je remercie pour son aide.

Le 25 septembre, l'Etat-major crée une nouvelle escadrille, la BR 244 sur Bréguet XIVA2. Du personnel des escadrilles 156, 62 et 90 est affecté à cette nouvelle unité. Pour sa part, la SPA 62 se voit privée de trois pilotes dont les MdL Renault et Delage ainsi qu'un observateur, deux mitrailleurs de combat ou photo et de 9 hommes de troupe. Après constitution de la BR 244, les trois escadrilles qui fournissent du personnel reçoivent quatre SPAD : trois de type XIII et un de type VII. Quatre pilotes de SPAD et six mécaniciens Hispano Suiza viennent compléter la SPA 62.

Le 28 septembre, début de la 2éme bataille de Belgique : le groupement des Flandres attaque du lac Blanckaert (4 km au Sud de Dixmude) au Sud de Ypres. Les troupes enlèvent de vives luttes la 1ère ligne allemande et entament fortement la seconde. La 62 couvre une mission photo sur Dixmude - Kortemark - la route de Thourout à Roulers - Ypres, les Caporaux Henri Gérard et Gaston Gaulhiat sont abattus en combat aérien et sont portés disparus. Gérard a été tué en combat aérien dans les environs de Poperinghe (Belgique), probablement par l'Uffz Konrad Boness du Jasta 53, et le SPAD VII de Gaulhiac endommagé après un combat contre le Ltn Wolff du Jasta 60. le pilote a réussi à le poser derrière les lignes allemandes et a été fait prisonnier.

Fokker D.VII du Ltn. Richard Kraut, pilote du Jasta 4 - Remarquez à l'arrière plan, un SPAD VII appartenant avant sa capture, à l'escadrille SPA 62 - Sur l'aile supérieure, les Allemands ont peint la devise "Gute Leute" - Je ne suis pas arrivé à trouver à quel pilote appartenait cet appareil - Cliquez sur l'image pour détailler le SPAD VII de la SPA 62 capturé par les Allemands - Photo collection Gregory VanWyngarden que je remercie pour son aide.

Le lendemain, Dixmude et les hauteurs des alentours sont reprises. Les Allemands entament alors un large mouvement de repli. Ensuite, bataille des crêtes de Flandre. Les troupes franco-belges reprennent le célèbre môle de la forêt d'Houthulst (Nord-Est d'Ypres) et de progressent régulièrement. Le 8 octobre, le Sgt René Bodin abat un avion adverse. Le lendemain, une reconnaissance d'armée sur Courtrai - Roulers - Thourout - Lichtervelde - Ardoye est réalisée. Le 14 octobre, les troupes alliées atteignent la Lys entre Ménin et Courtrai, les allemands sont dans l'obligation de se replier sur la position Hermann (Est de Bruges, cours de l'Escaut jusqu'à Valenciennes, cours de la Selle jusqu'au Cateau). Le 15 octobre, le dispositif allié change de nom et devient le Groupe d'Armées des Flandres. A partir du 16, poussée sur la Lys et sur l'Escaut.

Le 20 octobre, l'escadrille ratisse le cours de l'Escaut entre Melsen et Kerkhove et passe au peigne fin les terrains d'aviation de la région de Gand. Dès le 23 octobre, la 62 se divise et utilise des terrains auxiliaires avancés. Cette technique permettra de serrer aux plus près l'avancée des troupes au sol et de répondre très rapidement à toute réaction adverse. Le 25 octobre, les Coqs photographient les ponts et les inondations de l'Escaut. Le lendemain, basée à Eringhem, l'escadrille envoie six SPAD sur le terrain de Beveren. Ces avions sont renforcés de deux Bréguet XIV A2 de la BR 238. Le 27 octobre, c'est l'ensemble de la SPA 62 qui fait le déplacement et s'installe à Beveren, près de Roulers.

Du 22 octobre au 3 novembre, le Groupe d’Armées des Flandres franchit la Lys et vient border l'Escaut de Gand à Tournai. Il atteint finalement la région de Bruxelles, le 10 novembre. Le 30 octobre 1918, le Brig Trouvé est blessé dans un accident d'avion. Le 1er novembre, trois victoires sont homologuées dans la même journée. Les Sgt Lamouline, le Slt Etienne Mougeot et l'Adj Abel Dupont abattent chacun un avion adverse.

SPAD VII baptisé "Mektoub" piloté par le Slt Etienne Mougeot, pilote de l'escadrille SPA 62 du 21 novembre 1916 au 16 février 1918 - Photo collection SHD de Vincennes.

Le 9 novembre, une reconnaissance à vue sur la voie ferrée de Grammont à Nineve est accomplie à 100 mètres d'altitude et à 10 km dans les lignes ennemies. Cinq pilotes participent à ce vol : Adc Delepine, MdL Thiery, MdL Bodin, MdL Lamouline et Sgt Beney. Les SPAD du MdL Lamouline et du Sgt Beney rentrent criblés d'impacts. Le 10 novembre, le MdL Thierry abat un avion qui ne sera pas homologué. C'est le dernier combat de l'escadrille avant l'armistice. Pendant cette période, l'escadrille accomplit de nombreuses missions derrière les lignes adverses. Au 11 novembre 1918, la 62 est au grand complet sur le terrain de Beveren près de Roulers, en alerte et prête à décoller pour une mission d'urgence.

Les sous-officiers pilotes de l'escadrille SPA 62 photographiés à proximité du terrain de Roulers, le 11 novembre 1918 - Cette photo est signée au dos de tous les aviateurs présents ce jour. Parmi les noms connus et les orthographes déchiffrés, nous pouvons citer : Adc Maurice Delépine (assis au centre) - Sgt Pierre Rejon (debout 1er à droite) - Sgt Emile Damidaux (1er rang et 2ème à gauche) - Adj Fernand Guth (mécanicien) - Caporal Constant Vallet - Adj Maurice Bodin - Adj Abel Dupont - Sgt Emile Lamouline - Adj Laurent Veau - MdL Maurice Renault - Sgt Henri Viart - Les noms donnés n'ont pas de rapport avec leur position sur la photo - Si un lecteur de cette page possède la même photo annotée, veuillez prendre contact avec l'auteur du site - Cliquez sur l'image pour l'agrandir - Je remercie pour son aide M. Jean-Albert Rejon pour la communication des archives de la famille Réjon.

La SPA 62 termine le premier conflit mondial à la tête de 75 victoires et 674 clichés photographiques. Elle a fait sa réputation grâce à des reconnaissances à longue distance et ses prises de vues photographiques à l'arrière du front ennemi. Une 5ème citation à l'ordre de l'armée lui est décernée le 18 décembre 1918 et une seconde fourragère aux couleurs de la médaille militaire viennent orner son fanion.

Nouveau déménagement le 19 décembre pour le terrain de Diest où l'escadrille passera l'hiver 1918 -1919. Elle reste sous les ordres de la VIème Armée. Les troupes stationnées en Belgique devant évacuer le pays pour le 1er avril 1919, l'escadrille reçoit l'ordre de mouvementer sur Azelot (Sud-Est de Nancy) pour être affectée au GC 19 de l'escadre de combat n° 1 pour l'occupation des pays rhénans. L'échelon roulant fait le déplacement à l'aide de 21 wagons. Le 6 avril 1919, les SPAD de la 62 arrivent à Azelot. La SPA 62 vient remplacer la SPA 85 en voie de dissolution au sein du G.C 19. Toute la zone de Nancy est occupée par les différents groupes de chasse et de bombardement. Plusieurs dépôts d'essence, Chaudeney, Tantonville, Soulosse, alimentés de 150.000 litres chacun sont chargés de fournir le carburant des escadrilles. Les munitions proviennent des deux dépôts du fort du Tillot et de Tantonville.

Le Ltt Jean Favre de Thierrens prend le commandement de l'escadrille après mutation du Cne Blamoutier. Il a remporté six victoires homologuées, est l'auteur de 104 reconnaissances à longue portée et a été cité sept fois à l'ordre de l'Armée. Le 21 mai 1919, l'escadrille fait alors mouvement pour Walheim. Quatre hangars Bessonneau sont construits sur cette plate-forme pour accueillir les avions. Le 4 juillet, nouveau changement où elle fait mouvement pour Marxheim.

Pilotes de l'escadrille SPA 62 en date de juin 1919 : Ltt Jean Paul Favre de Thierrens, Slt Ernest Guidreau, Ltt Pierre Valuy, Ltt Emile Lacouture, Slt Léon Viort, Slt Bouchard, Ltt Jacquin, Adc Maurice Delepine, Adj Abel Dupont, Adj Maurice Bodin, Adj Pierre Rejon, Adj René Baslu, MdL Robert Thiery, Sgt Gabriel Renay, MdL Louis Trouvé , Sgt René Luneau, MdL Hughes Van Biema, MdL Douls, Sgt Georges Colomb, MdL Robert Gauthier, MdL Henri Cornic, MdL Antoine Reynier.

 

Remerciements à :

- la famille Detraz pour l'envoi des photos du soldat Jean Detraz.
- la famille Blamoutier-Sureau pour l'envoi des photos du Cne Louis Blamoutier.
- la famille Tirefort
pour l'envoi des photos de Marius Tirefort, mitrailleur.
- M. Philippe Bosson
pour l'envoi des photos du Sgt André Bosson, son oncle.
- M. Daniel Porret pour l'envoi des photos de sa collection.
- M. Rouget de Gourcez pour l'envoi de la photo du Ltt Robert Brumauld des Allées.
- M. Yves Peytavin de Garam pour l'envoi des archives du Cne François Coli.
- Général Jacques Guély pour la communication des photos des 21/36 cm "Wilhelm Geschütze" de sa collection.
- Général Pierre André Moreau pour la communication des photos déposées au Musée du Patrimoine de l'Armement de Bourges.
- Mme Martine Henry, secrétaire du Général Pierre André Moreau.
- M. Gregory VanWyngarden pour l'envoi des photos de sa collection.
- M. Jean-Paul Borderelle pour l'envoi des photos de sa collection.
- M. Daniel Porret pour l'envoi des photos de sa collection.
- M. Henri Tarascon pour l'envoi des photos de Paul Tarascon, son oncle.
- Mme Anne Gautier pour l'envoi des photos d'Emile Cosson, son grand oncle.

Bibliographie :

- JMO de l'aéronautique de la VIème armée de 1915 à décembre 1918 - SHD section Terre de Vincennes - cartons n° 26 N 42 et 26 N 43.
- Ordre de bataille de l'aéronautique de la VIème armée - SHD section Air de Vincennes - Cartons A 108 - A 109 - A 110.
- La VIème armée - SHD section Air de Vincennes - Cartons A 274 et 275.
- JMO 6ème armée - Offensives sur le terrain - Cartons 26 N 39 / 26 N 40 / 26 N 41.
- Les unités aériennes 14-18 - SHD section Air de Vincennes - Cartons 282 / 283 / 284.
- Carnets de comptabilité en Campagne (CCC) de l'escadrille 62
- Années 1915 - 1916 - 1918 - SHD Section Air de Vincennes - cartons 2 A 153-9 à 13 et 2 A 154-1et 2.
- La SPA 62 par J. Favre de Thierrens - Revue des forces aériennes françaises n° 252 de novembre 1968 pages 427 à 429 - Bibliothèque du SHD section Air de Vincennes - Cote 8P116
- Les escadrilles de l'aéronautique militaire française - Symbolique et histoire - 1912-1920
- Ouvrage collectif publié par le SHAA de Vincennes en 2003.
- L'aviation française 1914-1940, ses escadrilles, ses insignes - par le Commandant E Moreau-Bérillon - publié à compte d'auteur en 1970.
- The French Air Service War Chronology 1914-1918 par Frank W.Bailey et Christophe Cony publié par les éditions Grub Street en 2001.
- Les Armées françaises dans la Grande Guerre publié à partir de 1922 par le Ministère de la Guerre.
- Les "As" français de la Grande Guerre en deux tomes par Daniel Porret publié par le SHAA en 1983.
- Site Internet "Mémoires des hommes" du Ministère de la Défense - Voir le lien
- Site Internet "Traditions des escadrilles de l'Armée de l'Air" de Henri Guyot - Voir le lien
- Site Internet "Les Insignes de l'Armée de l'Air" de Jean-Jacques Leclercq - Voir le lien
- Site Internet " Pages 14-18 " de Joël Huret.

 

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